M'J, Cli'dJtn.n
<»uill«'iiiiii
tiuiier notre voyage par terre jusqu'à Rome; et ajn'ès avoir fait conuaître nos intentions an gouvernement, on nous eon- «luisit au lazaret, espèce de fort renfermé «Tune [)art entre les murailles et de l'autre, eutre la mer.
« Nous y fûmes constitués prisonniers sans pouvoir communiquer avec personne.
* Xous comptions parmi nous une douzaine de prêtres, deux 8(eurs <le charité, deux missionnaires Lazaristes et quelques dames anglais<^s. C'était plus qu'il n'en fallait pour former une petite communauté composée de tous les éléments capables d'y répandre l'intérêt et la vie.
« Constitués par chambres, nous résolûuies de suivre une règle pour mieux employer notre temi)s.
<v Vu de nos jeunes missionnaires s'était emparé de la cloche et donnait le signal des exercices; nos Sceurs de charité étaient chargées du soin de la chajjellc; je disais la messe à laquelle tout le monde assistait et communiait; la journée se passait à lire, à écrire, à causer; de jeunes troubadours tyroliens pris avec nous, venaient de temps en temps au milieu de la cour, exécuter leurs danses champêtres au son du fifre et du hautbois; puis, quand le soir était tombé, réunis sur les parapets des remparts, au clair de la lune qui répandait ses pâles rayons sur notre prison, nous chantions ensemble les litanies de la S"' Vierge dont les échos répétés au loin, attiraient vers nos murs quantité d'habitants, curieux de connaître ce noiiveau genre de {prisonniers qui savaient si bien charmer les loisirs de leur captivité!.. .
« Quand nous dûmes nous séparer, ce fut avec un vrai sentiment de peine Je pris ensuite la route de Kome. (')
« Passant à (juelques lieues de Florence, j'aurais bien désiré faire une apparition daus cette ville où, l'année précédente, j'avais reçu un accueil si bienveillant.
« Obligé de me rendre le i)lus tôt possible à Rome, je ne ])us qu'écrire une lettre de remerciement aux bienfaitrices que j'y avais, et je m'avançai vers la Ville F]ternelle, en passant par Pise, Sienne et Viterbe.
«• Ayant quelques heures à rester à Sienne, j'en jn-ofitai pour voir les lieux honorés par S'*" Catherine
« On voit encore, dans toute son intégrité, la maison de son père, la chambre on elle habitait, l'oreiller de pierre sur lequel elle prenait son court repos, la cave oi'i se trouvait le tonneau destiiié aux malades et qui ne désemplissait pas entre les mains de la servante de Dieu, le foyer où le démon la jeta une fois.
il) On se souvient <ine Mijjr (Tiiilleuiiu allait alors arraclifr à Pie IX, le fameux bref du 17 septembiv 1858.
<'lia|»iti»«' V - Koii voyait' «•« Ilalio
11 ne tHudrait pas, à 8ieime, recevoir avec le sourire du doute, les récits miraculeux de la vie de sa sainte thaumaturge, on y serait mal vu; et de fait, quand une ville croit et atteste des faits qui se sont i)assés dans son sein depuis <)()0 ans, sans (pie personne n'ait élevé de doute à cet égard, c'est bien là une prévention cpii vaut à elle seule une déuioustration.
« Conduits à l'église des dominicains dont elle avait pris l'habit, nous avons pu voir et baiser avec respect la tête de^ cette sainte Vierge, dont s'enorgueillit à si juste titre la cité de Sienne.
« A l'extrémité de l'église, se trouve un corridor oii l'histoire dit que Notre-Seigneur aijparaissait souvent à son hunible servante, venant réciter le bréviaire avec elle. Un tableau, fait de main de maître, la re])réscntc dans cette attitude, nuiis avec une circonstance (pii en relève bien l'état. Lorsque récitant l'otlice, elle arrive au Gloria Pat ri...., au lieu de dire: et Fdio selon la formule ordinaire, s'inclinant respectueusenieut vers Notre -Seigneur et s'adressant à Lui, elle Lui dit: et tihi, circonstance touchante qui n'a pas échappé an génie du peintre, et qu'il a su rendre avec une grâce intinie.
« S' lîernardin de Sienne a aussi répandu sur sa ])atrie, un lustre plus grand que toutes les gloires passées.
«Parmi les monuments de Sienne, on distingue surtout la cathédrale, remarijuable par la beauté de son frontispice, de ses mosaïques, de ses nuirbres et de ses sculptures.
« A Viterbe, nous nous agenouillons devant le corps de S*® llose, qui, placé dans une niche magnifique, sur un lit de i)arade, s'est conservé pendant près de <>00 ans, sans aucune trace de corruption.
« Ainsi, notre route à travers l'Italie était-elle marcjnée par mille rencontres intéressantes qui nous rappelaient le souvenir des saints!
« Peu de tem])s avant d'arriver à Home, je vis un autre monument de leur piété-
« A l'un des relais, voyant des religieuses agenouillées sur les marches d'un petit oratoire, j'eus la curiosité d'aller voir ce que c'était, et quelle ne fut pas ma surprise, lorsque au haut de la iK)rte, J'aperçus une inscri})tion latine portant que c'était le lieu où Notre-Seigneur avait apjjaru à St. Ignace, lorqu'il se rendait à Rome avec ses premiers compagnons, pour y obtenir rai)i»robation de sa société et lui a\ait adressé ces jia rôles: Ego rohis Roma projntias ero: .Je vous serai favorable à Borne.
« .l'en lis aussitôt nm devise, et Je ])riai à mon tour Notre- Seigneur de vouloir bien i)rendre en main les divers intéivts dont Je venais plaider la cause à Home.
^Igr Ciiiiilleiiiiii
« Eloijiiié de phisieiirs millieis de lieues du chef de l'Eglise, à la tète (rniie Mission {\\\\ ne taisait (jne eoniuieiieer et ((iril fallait établir sur des bases solides, j'axais bien des choses A eoniunuii(iuer au Souxerain Pontife et je ne pouvais tro|» demander les iiraees vt l'assistauee du Ciel, }>our (jumelles s'arranj;;eassent de la numière la i)lus eonvenable.
« Aussi, lors(jue pendant la route, des pensées <rjn(]uiétnde me traversaient l'esprit, J'avais recours à ma devise favorite: Propitivs csto ))iHii Borna.
« IMeiu de ces pensées, Rome vint bientôt s'offrir à mes regards avec ses dônies et ses cou])oles. Je saluai la Cité Eternelle, teri'e des saints, demeure de tant de pontifes et où siège aujourd'hui le glorieux Pie ]X.
« ,Ie l'ai trouvé toujours le uu^Mue, s'occupant (U's iutérêts généraux de l'Eglise a\ec une assiduité infatigable.
<^ Admis plusieurs fois à son audience, je lui fis connaître, dans toute la sincérité de nu>n âme, l'état de notre Mission. Le St. Père m'écouta avec une attention soutenue; [)uis, me Jetant l\ ses pieds. Sa Sainteté me releva avec bonté et uie donna raceolade, disant (pi' Elle ferait tout ce (pi'Elle j)ourrait pour alléger notre fardeau, ajoutant (luehpi'uiie de ces bonnes paroles dont Pie IX sait si bien trouver le secret dans son C(eur.
« de lui [)résentai ensuite mon jeune Chinois A-hoy, (jui, se Jetant aux pied du Pontife, Itii demanda une bénédiction j)oiir sa nation, afin qu'elle reçoive enfin la lumière de l'Evangile. . .
« Après avoir satisfait aux devoirs de ma position. J'avais à remplir ceux que m'imposait la piété.
« rie ne vous dirai pas tout ce cpi'on rencontre de i)ieux souvenirs à Rome; chaque siècle y a laissé son cachet i)articulier de sainteté et de grandeur, et l'on ne peut i)arcourir cette ville, sans se sentir pénétré de l'air de i)iété dont elle est comme imprégnée,
« Taudis (pie le milieu du Jour et la soirée étaient consacrés aux affaires, le matin, je m'avançais silencieusement x'ers (juchpie oratoire i)Ius remaniuable )>ar les souvenirs (pii s'y rattachent.
« C'était d'abord à la basilique de St. Pierre; à S"'. Marie-Majeure où se voit la tableau de la S"'. Vierge peint par St. Luc; à St. Jean de Latran, la première église bâtie par (!onstaiitin; à la Minerve; au Panthc^on; à S"'. Cécile, etc....
« Le soir, (jiiand la chaleur était tombée, nous allions, A-hoy et moi, visiter (piekiu'uii <les anciens monuments de Home: le Capitole, le Colisée ou quelqu'une des Catacombes....
« Enfin, ai)rès avoir salué une dernière fois la ville sainte, ofi J'avais re(;u tant de faveurs. Je partis [xuir ( 'ivitta-Vecchia. Le lendemain, jKU'tant les yeux du c(')té de l'Orient, Je nu' di-
<'li»l>ilri' V - V<».>aH;«' » >îi|»Ios.
loi
rigeai vers l'cnulroit où m'appelait iiion étoile, on jionr parler ))lus JiKsteiueut, la voix du (îiel «|ui nie disait; lit et vos iu vineam meam. - r^
« En (piittant ('i\'itta-\'eerliia, nous aiter(;nniesUstie, ancien port où St. Augustin eut la douleui' <le voir mourir sa sainte nière Moni(iue, au moment de s'embar<|uer pour rAfri(|ue.
« De là, nous n'a\ions »|u'à nous dirim'r <lireeteinent vers rE^> pte, (pli était le eliemin le plus court pour me rendre ;i ma destination; mais, le vai)eur qui passe à (Îivitta-V'eeeliia, côtoyant les riva<4'es de l'Italie, Je fus ol>li,i>é de le suivre; ce (pli me donUfi l'avantage de xoir Naples, Messine et Malte, villes (pli méritent de fixer rattention du vo\a^eur.
« Tout en arrivant à Na]»les, Je me diri,i;eai vers kv Séminaire des Missions Eti-anuères, destiné a former à la s(;i(^nce et aux vertus eccl(''siasti<pies les Jeunes (!hiuois (pii y sonlcnvoyés du fond de la Chine.
« C'était autant une satisfaction [xuir moi (pi'un devoir à remplir envers une maison <pii, de tous temi)S. a reudu de jH'rands ser\ ices à l'(euvre des Missions.
« Déjà, au siècle dernier, S' Alplioiise de Iji<»uori faisait eu ce lieu ses premiers essais de missionnaire, et il n'avait jkis tenu à lui ipi'il ne i)artît pour les i)ays lointains aux<iue]s il se destinait. :
« AuJ(Uir(riiiii, J'y tromai encore une dizaine de jeunes ('liinois, bien surpris de \'oii- arriver un éyé(iue (jui parlait leur lan.i>iie, et de trou\er dans le jeuiK^ éléxe (pli m'acc-onipa^nait, un compatriote axec le(piel ils i)ouvaient s'cMitretenir de la patrie.
« Mais ce (pii m'éditia le plus, ce fut de rencontrer là 31<;r Novella ('), liumble et saint religieux de S' i<'ran(;ois qui, a- ])rès avoir passé de l(Uii>iies aniKH's en Cliine, obliiLi'é, à cause de ses infirmités, de re\'enii- en Euro])e, consacrait son temps et son saA'oir a l'éducation de ces jeunes «^eiis destinés à continuer un Jour son ministère: tant il est vrai (pie les liomm(\s de Dieu trouvent toujours moyen de faire (pielque cliose [)Our sa i;loire, tout en se repirdant comme des serviteurs inutiles.
« Ai>rès avoir passé (iiiehpie tenii)s avec ce saint missionnaire et les autres P(''res, je jn-iai l'un d'eux de voiilt>ir bien me faire voir les princijiales curiosités de la ville, en ménageant le plus possible mon temps, et nous nous dirigeâmes tout d'abord vers la Métropole.
(1^ M<;r Joseph NovoUa O. S. F. ii;' :i ('arpiisi<i, ilineôsc do Vintiinillc u' 1:5 février ISUô. Evoque ilc Fataros cl idiidintour de M'j,i' Kiz/.olali; mort le -(> t'évru-i- 187-'
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>l$;i- <«iiill«'iiiiii
* Déjà t'IU' ('tait reniplit' d'uiu* loule iiimieiise, accoiiriu' de tous les iM)iiits <U' la \ ille et «les environs pour vo'w la nieixcillr (jui, Ions les ans, se renouvelle à la tête tle S' Jan\iei', patron de la eité.
* Tout le monde sait (pie le san>i du saint martyr, renfermé dans une tiole ou ampoule, devient li(iuide et se met en chullition dè>s qu'on ra])pro('lie de la tête.
« l)t\sireu\ de voir cette merveille, nous nous a\an(;âmes le plus [>rt\s possible du sanctuaire; déjà la tête de S' Janvier était i)hicée sur l'autel; le prévôt de la ^Métropole, revêtu de ses ornements de cérémonie, tenait en main l'ampoule renfermant le saujL; du martyr; tout le peu}>le était dans l'attente, et priait à haute voix le saint de ne pas le ])river <le la ^race dont il l'avait favorisé justprici.
<^ .l'avais eu soin de laisser paraître mes insignes éj>iscopaux, atin d'être admis à voir de plus près le prodige <iui tdlait s'accomplir.
«■ Etfecti veulent, le jn-évot m'ai)ercevant dans la foule, me tit approcher jusqu'au dernier degré de l'autel, me présenta la tête du martyr à baiser et me remit entre les nuiins la fiole <le son sang, en st)rte que je pus me rendre i)arfaitement com])te de tout ce (pli allait arriver. Le sang était comj»lètement coagulé et à l'état solide.
« Le prévê)t, prenant la tiole, la i)la<;a à côté de la tête, et resta «pielcpie temi)s en silence, tandis <pie le peu]>le faisait monter ses supi)lications vers le Ciel.
« Vn instant après, il agita l'amijoule, pour voir s'il s'y estait déjà opéré un changement; mais le sang était encore à l'état solide; il renouvela peu de tenîjts H]»rès la même épreu- \ e, mais sans i)lus de résultat; enrin, à une troisième tentative, le sang devint complètement liquide et se mir en ébullition. Alors le peuple jxuissa des cris de remerciement, et les cloches mises en branle, annoncèrent à tou.te la ville le prodige (pii venait d'arriver. (')
« Le [U'évôt eut encore la bonté de prendre la fiole et de me la remettre entre les mains, moins i)our constater à mes yeux une merveille contre lacpielle je n'avais aucun doute à élever, que pour me donner la satisfaction de vénérer de plus ])rès cette insigne et précieuse relique.
« On ne peut en effet se défendre «l'un sentiment de P'oi bien profonde, lors(pi'on voit ainsi la puissance de Dieu se manifester sous nos yeux; et j'admirais la simplicité de ce peu})le, heureux de se voir ainsi privilégié du Ciel.
(1) < V' prodiijf M e'ti' l'on^jtati.'' i).tr unmhr.' 'li- touristes l't écrivains do rciimn, fliint Aloxandio Fhima.-J lils.
<'li»l»i(rc V - %u|»I«'!>i t't le W'mii^o
« Mais à (|uel dessein cette merveille? Pouicnioi se lemm-
velle-t-elle tous les ans? Pourquoi n'a-l-elle lieu qyw iorsiiue le san^ est approché «le la tête?
« A tout cela il tant répondre <|u'on ne <leniande pas à Die
compte <le ses teuvres; ce qu'il y a de certain, c'est «|u'on ne peut supposer aucune supercherie, ni de la \>iU't du [u'uple, ni de la part des autorités civile et ecclésiasti(pie, qui seraient les premières a les trapi)er de leurs proscrii)tions ou de leurs anathèmes.
«Mais quand cette merveille n'aurait pour résultat <|ue «ie donner à ce peuple tidèle un signe de la i>rotection constante de son saint patron, ne serait-ce \y<\s assez i)our justiliev les œuvres <le Dieu, si toutefois elles avaient besoin de justitication aux yeux de créatures aussi faibles et aussi chétives (pie nous le sommes.
« Un autre point devait tout naturelleihent attirer notre attention: c'était le Vésuve, dont nous avions vu, le matin, les flammes s'élever eu lon^s tourbillons vers le Ciel-
«Nous avions peu de temps; mais il y avait le chemin de fer qui, en quelques minutes nous conduisit jusqu'au ])ied de la montagne; et là, i)our ménager encore plus notre temps, nous enfourchâmes chacun une espèce de mulet (pii, malgré sa petite taille, nous servait à merveille.
« En moins d'une heure, soutenant toujours la rapidité de notre course, nous arrivâmes non pas au bord du cratère (il ne faudrait }>as moins d'une journée pour cette ascension) ; mais à un point assez élevé, poui- fouler à nos pieds les bancs de laves vomies depuis <leux mois des Hancs de la montagne.
« Quel spectacle! et <pi'il est horrible à voir, lorsque <lu sommet de ce mont volcani(jue, s'échappe à gros bouillons la lave entiammée (pli porte partout où elle arrive, la désolation et la mort.
« Plusieurs fois déjà, la ville «îe Naples ;i été menacée d'être ensevelie sous ces débris écumauts, comme jadis au côté opposé, la ville d'Herculanum; niais tcuijours son saint patron Janvier éloigna d'elle un semblable malheur.
« 8ur les plateaux inférieurs et jusqu'à l'endroit où arrive Pinondatiou de la lave, s'étendent les vignes «pii produisent l'excellent vin connu sous le nom assez peu convenable de Laeri/ma Christi.
« Elles étaient alors couvertes de leurs raisins, et le temps et la chaleur semblaient bien excuser du péché de larcin celui qui eu aurait pris une grappe pour se rafraîchir.
« Je succombai donc à la tentatiou, et je priai mou guide d'aller me cueillir une grappe dans la vigne voisine; mais ce
yisr Giiilleiiiiii
bi'tive jeime liouime ne voulut jamais y consentir, et je dus avoir recours à la couiplaisanee de mon Chinois A-boy qui, espérant sans doute sa part de butin, fut de plus facile composition; mais, d'un autre côté, ne voulant pas passer i)our ji,aspilleur, je me contentai d'une grappe pour lui et pour moi, heureux d'avoir goûté an premier raisin du monde. .. .
« Le jour suivant, 21 Septembre, nous arrivâmes à ]\lessine....
« Trois jours après à INlalte, dont les murs et les bastions en font une place de guerre et rappellent ces temps heureux ofi, sons la protection des pieux chevaliers, elle était, ct)ntre les envahissements du Croissant, un des premiers boulevards «le la Chrétienté.
« Si son église 8t Jean n'est pas, sons le rapport de ses richesses, la in'emière église que j'aie vue, c'est au moins la seconde, après St Pierre de Rome.
« Toutefois on regrette (pi'une église aussi belle, n'ait, au lieu de voûte, qu'un simple plafond qui, bien (pi'il soit orné et élégant, ne saurait jamais donner à un éditice le grandiose «l'une voûte.
« Ne semble-t-il pas en ett'et, ([ue les hommes n'aient inventé les voûtes qu'atin de donner aux églises où ils sont renfermés, cette apparence de la voûte des cieux dont on jouit en [»leine campagne et surtout en pleine mer?
* Et sous ce rapport on pont dire «pie les anciens Grecs et le Moyen-Age ont peut-être mieux compris que nous les véritables beautés de l'architecture.
«11 nous restait une chose bien intéressante à voir pour des chrétiens et surtout p(uir un niissionuaire : c'était la grotte où l'apôtre 8t. Paul se réfugia en arrivant dans ces pays et où il se retirait la nuit, après les fatigues de sou apostolat.
« Evêque-missiounaire comme l'apôtre des nations qui n'eut jamais de siège particulier, il était juste que j'allasse \'isiter la demeure de ce prenjier modèle de la vie apostolicjue et apprendre de lui comment il faut sup})orter les peines et les privations qui accompagnent toujours la [)rédication de l'Evan-
gile.
« Aujourd'hui, une belle église s'élève au-dessus de la grotte ; mais la grotte elle-même a été conservée dans toute sa simplicité primitive, avec la pierre brute qui servait de meuble, de lit et de siège au grand apôtre.
« .Je m'y agenouillai, demandant à Dieu qu'il voulût bien bénir mon nouvel apostolat chez les Gentils..
« Prenant enfin congé des personnes que j'y avais visitées et des Pères Jésuites qui m'avaient donné l'hospitalité, je regagnai le navire, qui, poussé par la ^al)enr, arrivait, 4 jours après, à Alexandrie d'Egypte.