Chapitre IX - Opposition; lettre au I*. Itaniière
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faisait des restrictions à ses promesses, sougeait-il encore à entreprendre de nouveaux travaux.
Il priait son frère de demander à M. Ducat, architecte à Besançon trois plans de cliapelles, l'un pour le Oinjetière, un autre pour l'orphelinat des Sœurs et enfin un troisième i)our le lieu du massacre de M. Chapdehnne.
Les difïicultés que l'évêque rencontre, lui viennent non seulement de la part des autorités, mais encore du chargé.
Le 25 Juin 1804, U^ procureur Libois écrivait:
« M. ^'ranclet aimit une lettre et des j[>/rf/<s à présenter à M. Berthemy de la part de Mgr GnUtemin, pour lui demander de Fargenf; «Il m'a p>nrn. dit M. Franclet, jd us hostile que favorahle à votre cher évêque de Canton. Il trouve qu'il bâtit une église beaucoup) troq) grande; il en aurait désa]}prouvé le phni, si'l Vavait connu plus tôt; une église plus jjetite aurait bien suffi à des Ghinoifi qui ne méritent pas quon fasse tant pour eux; Mgr^ qui a trop empiète sur Vavenir, se trouve maintenant à court d'argent». (')
Ces remarques du Ministre de France, ]\[. Libois les faisait siennes et d'autant plus significatives, qu'elles semblaient tirer leur valeur de son prestige d'aïuHen Sui)érieur de Canton.
« Notre Procureur général, écrit l'évêque, connaissant mes ■projets, que je n'avais pas cru devoir lui cacher, les désapprouvait hautement et cela, non seulement devant nos missionnaires, mais encore devattt les commandants français résidant à Canton, et qui savaient bien me le dire à Toccasion.
« Yenayit un jour ici, lorsque les fondations de l'église étaient à peine achevées et voyant ce travail qnïur la première fois, M. Libois en est tout stui)éfait; et dans la surprise <piil éprouve, étendant ses deux grand ht bras et élevant les yeux au Ciel: «Mon Dieu! s'écrie-t-il, devant deux (ie nos inissionriMires présents, qu,e d'argent va s'engloutir dans ces constructions, et qu'il eiit été mieux employé ailleurs! . Qui sait même, îijoute-t-il, ,91 jamais ces travaux pourront s'achever, et s'ils ne seront qms une ruine pour la Mission et une honte pour celui qui les a entrepris!. ..Pauvres missionnaires, (pie je vous plains!.'»
« Le bruit de cette scène se répand bientôt parmi tous les confrères, les indisposant de plus en jdus contre mes œuvres €t contre moi :
« De son côté. If. Albrand, supiérieur du Séminaire de la rue du Bac, écrivant à plusieurs de mes missionnaires.
(1) Communiqué par M. Robert, procuvpiir à Hong-Kono-.
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7ie craï(/)iaif pas de leur adresse)- ces paroles que deux d'entre eux. crurent devoir me connunniguer: « Que fait donc votre pauvre préfet apostoliquef II ne voit ^^«6- qu'avec ses prétentions exagérées, il compromet le bien actuel et l'orenir de la Mission! ...Il serait bientôt temps de le ramener d(tns les voies de la. prudence et de la sagesse <pCil semble avoir abandonnées!»
« Quelques-uns de nos confrères ne furent <pn> trojt fidèles il suirre ces aris; mais bon nombre d'autres, et en pa>iiculier cinq c/t^s' qjlus nnriens et des plus cuiiables., partagenieut coinqdètement )iia façtni de roir ci cet égard, en me soutenaid de cœur, dons la lutte que J'avais èi soutenir.»
Pour faire diversion à ses eiiiinis, le prélat écrit aux Ames pieuses et leur recoinniaude ses œuvres.
Dans une lettre au V. Kauiière S. J., du 25 mars 18()4, il expli(pTe les raisons du vocable de sou église: « C'est, dit-il, avec uue bien vive satisfaction que j'ai reçu la lettre et le uuméro des Annales du 8. 8. Cœur.
« Votre bonne lettre me rappelle un ancien condisci[(le de Fribourg; et vous savez combien ce nom est cher à tous ceux qui ont passé leur enfance dans cette maison de bénédiction.
« Les Annales du S. S. Cœur nous sont d'autant i)lus précieuses, que nous aussi, nous aimons à mettre nos travaux, nos espérances et nos dangers sous le pati'onage du Cœur de .lésus, et que maintenant nous élevons en son honneur la première église de cette ville
« Mais, (|uel est donc le motif qui nous a engagés à la mettre sous le vocable du Sacré-Cœur f
« Plusieurs auparavant la désignaient sous quelque autre nom particulier, comme l'église de N. D. de Canton, l'église de St. François Xavier. Personne n'avait songé au Cœur adorable du Sauveur, et voilà que c'est la consolante dénomination qui lui est donnée.
« Pour bien comprendre la raison de ce choix, il est nécessaire de remonter à l'origine même de cette Mission.
« Le 2 octobre 184Î), M. Lalanne et moi nous partions de Hong-Kong' pour nous rendre à Canton où un autre Père (') nous avait jn'écédés, pour nous trouver une demeure.
« Arrivés à onze heures du soir, nous ne trouvâmes, dans notre nouvelle habitation qu'un vieux bahut «pii nous servit
(1) M. Renou, mis>:ionnai»e ilu Thibet.
i'iisipiir*' IX-ljOtti*e an I*. Kuiiii«^rt>
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de table et sur lequel nous étalâmes C(^ qui nous restait des provisions du jour.
« Nous avions lia te de terminer notre réfection, car il fallait célébrer le lendemain, jour de notre prise de possession.
« Immédiateuient ai)rés, nous préparâmes l'autel, formé d'une lari>e planche placée sur <leux tréteaux; puis, (piand il fallut trouver une inuii>e pour la décorer, je tirai de ma malle, nuiis sans aucun choix prémédité de ma p;îrt, une grande ima.ue du Sacré-Oanir (pi'oii fixa ;i la muraille, et elle resta là fort l()n^temi)s, connue le preuiier objet religieux (pii avait [♦résidé à notre installation, re<;u nos [jremiers hommages, consolé notre dénuement et ranimé notre courai>e au milieu des dilHcultés dont un ])remier établissement en Mission est toujours accompagné.
« Lorsque plus tard, il nous fallut plier bagage et quitter la ville de Canton, soit à l'approche des rebelles, soit au moment de l'incendie de la ville, la même image, li<lèle compagne de notre pèlerinage, ])artit avec nous et revint de même.
« Aussi, (piaiid on i)arla de la construction d'une église à Canton et du vocable à lui donner, son titre m«> parut tout trouvé; l'image du Sacré-C<imr nous avait servi dans les jours de notre pauvreté et de notre détresse, il ne convenait pas, lorsque l'horizon devenait meilleur, de l'éliminer du milieu de nous, pour la remplacer par une autre.
« Il fut donc décidé d'une voix unanime que la première église de Canton serait bâtie sous le vocable du ('(eur adorable de Jésus, nom qui i>araissait ettéctivenu'nt lui avoir été choisi par le Ciel, avant mêîue (pi'il fût (pu^stion de l'érection d'une église dans cette ville.
« Une autre circonstance assez insignifiante en elle-même, vint encore me confirmer dans cette résolution.
« Choisissant à Paris mes insignes éinscopaux, ou me présenta une Croix sur laquelle était gravé un Agneau portant sa croix. ' ■ -'. "'
« La forme de la Croix, sa grandeur, son prix, tout me convenait parfaitement, mais, comment m'en servir devant les Chinois qui ne souifrent guère la plus simple com[)araison avec un animal, et ne comprennent (pie difficilement le sens allégorique de cet emblème?
« J'en fis l'observation à l'orfèvre, qui me présenta aussitôt une figure du Sacré-C(X*ur en me disant qu'elle pouvait également s'adapter à la Ci-oix, et (ju'il allait l'arranger, chose que j'acceptai volontiers.
« Voilà donc l'image du S. Cœur qui se plac<' d'elle-même sur Tautel, lorsque nous célébrons notre première Messe d'ins-
.Mgr Ciiiiilleiiiiii
tallatioii à Ctiutou; elle nous suit dans les pénibles phases de uotre séjour ici, et elle vient eutin se poser sur la poitrine du premier éveque de la province. ^S'a-t-elle pas conquis sa place?
'< Et lors(iue après tant de misères et de persécutions, lujus bâtissons le ()reniier temple chrétien de cette ville, n'est-il pas juste (]u'elle domine encore au faîte de l'éditice, pour nous aider et nous pro.te,i;er de là, connue elle l'a fait i)ar le passé.
«Tels sont les premiers motifs (pii nous ont eni>a<>é s à dédier notre enlise au Sacré-C(tMir <le N.S. ; et si l'on en voulait d'autres d'un ordre plus élevé, je dirais que dans un pays comnu' celui-ci, où la reli,<»ioii ne fait (pu* de paraître, il fallait i)résenter à l'attention et à la piété de nos néophytes quelque point plus frappant du catholicisme.
« Et (pioi de plus i)roi)re à les toucher (pie le cteur même du Sauveur, (|ui, pendant sa vie, a été le foyer de ranu)ur qu'il a témoigné aux hommes; et, cpii ai)rès sa mort, veut encore être ouvert par la lance du soldat, i>our iu)us offrir un asile au milieu des dangers et épreuves d'ici-bas.
« C'est ainsi que le graml Constantin, après trois siècles de persécution, voulant consoler et encoiiraiicr la piété des fidèles, désira que la première église élevée par lui dans l'enceinte de Eome, fût consacrée au Sauveur des hommes.
« X'est-ce pas vers Lui en efiét (]ue doivent se diriger nos Odeurs et les accents de notre gratitude, [)uis(]ue après nous avoir sauvés par son précieux Sang, il nous donne encore les moyens de nous purifier de nos souillures, et de parvenir ainsi a la bienheureuse immortalité!
« Notre église, une fois terminée, nous placerons au fond du chœur, derrièi-e le maître-autel, le tableau du Sacré-Ccx'ur, représentant X. S. de grandeur naturelle, montrant d'une main son divin C(eur, comme il le fit voir à la Bienheureuse Marguerite-]\rarie, et de l'.uitre, reci'vant le calice qui lui est présenté par l'ange, comme le symbole de sa Passion et de l'institution de l'Eucharistie.
« Puis, aut )ur de l'église, comm ' pour rendre hommage au divin Maître, viendront se ranger les chai)elle!s des Saints auxquels nous devons un culte particulier; d'abord la chapelle de la Vierge Immaculée, celles de S.*^ Joseph et de S.^ François- Xavier, l'un et l'autre patrons de cette Mission, celles de S.' Michel, chef de la milice céleste et de S.^ Pierre, chef de l'Eglise militante et quelques autres, dédiées aux patrons et au souvenir de nos i)rincipaux bienfaiteurs.
« Ainsi, mou cher Père, vous avez en raccourci une idée complète de notre église. Elle sera belle, graiule et capable de faire honneur à la religion du vrai Dieu.
<'lia|»Hro l.\-Zèl«' îH»<»><oli<|m' «tu pi'C^lal
« Déjà les loiubitioiis sont aclicxécs, et ce luciuicr travail jieiit être à juste titre considéré eonmie la eiiiquièiiie partie (le tout Touvra^e; mais je ne saurais nie taire illusion sur Wà (iilticultés de l'entreprise, dans un pays où nous sommes (léiK)ur\-us do toutes les ressources que présente l'Europe.
« Toutefois, ayant commencé pour Dieu, et en l'honneur du Sacré-C'ieur du Sauveur, j'cspcre (pTII saura terminer l'ieuvrc commencée, et (ju'iin jour, au milieu de cette antiipie et populeuse cité, sur le terrain ménu' de l'ancieii i)alais du .i;ouverneur, nous verrons s'élever ce monument comme un trophée destiné à ]»ul)lier la gloire du Très-Haut et ;i lui anuMier une foule d'adorateurs.
« Permettez-nu)i <loiu' de recommander cette (euvre à vos saintes prières et à celles de vos fer\ents associés.»
A Sœur Marie Colombe du jNIans, jNIur écrit le 10 Juin
Je /-o/fs ai dit.
rua Oojfi/e i
IIKIIH roKs (
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(•<mnni'<' en 1)1 m
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rs, il était naturel q
t chère Sœ'.ii\ (pie (léHore faisuj/t partie des nôtres; et ne vous fussiez traitée comme tel-
par nous.
non.
Je uoH,-i dirai donc <jue le H décembre dernier. Jour uii s avions la, belle fête de ta j)ose de la première pierre de notre ét/lise^ pj-enant rotre tn m et crhu de rotrc luaison du Mans, Je les ai déposés dans cettf^ prcinière pierre bénite, a- Jin iu'ils soient là sons les //eux de Dieu, et connue une ga-
dans le Livre
■v un loni
rantie (j/éils seront également inscrit
de vie et sur les mars de la Jérusalem céleste.
Et en, tén/oii/na(/e de ce' souvenir de ma part. Je chan/e