‹ Zéphyrin Guillemin [microform]Chapitre 55 sur 155 · Mijr. (.îinUfiii'ni · texte numérisé non relu

Mijr. (.îinUfiii'ni

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Yl;;i- 4aiiîlil<*iiiiii

Il travailla quchiues années dans la province de Canton et fut toujours Panii préféré «le M^r (tuilleniin «lui IV-stiniait iiouv sou zèle, sa haute éducation et sa belle tenue.

Lorsque sou évéque aura subi riuiuiiliatiou d'être rai)[)elé eu France, lui-iuénu', vers la nu^ne éixxjue, quittera le Séniiuaire de la I\ue du lîa-e, où il était «lirecUMU-, ]h)UV s'enfnir au désert aui>eli(iue <le la (Îrande-Cliartreuse d > (irenoble.

('ei)eudaut. les travaux <le son éiilise n'avan(;aut uuère, malgré ^arri^■ée d'un nou\ el architecte de « 2(5 ans » révé(iue songe à cultiver et à améliorer les beaux terrains de la Mission.

Pour cela il demande à sou frère de lui en\<)yer des outils de travail, semblables à ceux dont se servent les vignerous de N'uillafans.

Il demaude aussi des plants d'arbres fruitiers: groseillers, ]>vuniers, noisetiers et des graines de toute sort( .

Kntre temps il fait la visite des <listiicts des environs, eontessant lui-même et se li\ranl à tous les ministères, même les ])lus humbles.

«Avant tout, disait-il, je dois <lonuer à mes prêtres, l'exemple du travail et du reiu)ueeuieut. »

Les uéophytes sont charmés de le Noir s'abaisser aux modestes fonctions du missionnaire et ne tarissent pas d'admiration en présence «l'un « maître <le religion si condescendant et si simple. »

Il lui arrive mênn^ j>arfois des aventures où sa dignité, risquant d'être comi»romise, le grandit encore, grâce au tact (lu'il sait unir à la prudence: * A rextrémité de la Proviiu'e, relate-t-il, le 18 août 18()4, sttr les limites du Ivouang-tong et du Kouang-8i, ai)i)arurent, l'année dernière, des bandes de rebelles «pii mirent tout à feu et à sang.

«Un enfant de 1.") ans vit son i)ère et s;i mère égoi'gés à côté de lui, et tomba lui-même entre les mains des soldats in)])ériaux (|ui le prirent à leur ser\ ice.

« La mère de cet enfant avait été ba[»tis('H' peu de temps aui)aravaut, et, dans sa tendresse nuiternelle elle ne cessait de parler à son tils des beautés et «les avantages «le la religion chrétienne.

<-. Il retint fidèlement ces précieuses le(;«)ns.

« Auu^né à Canton à la suite «les soldats, il enteiulit ])arler «les ad«)rateurs «lu vrai Dieu, et, s'étaut informé «le notre demeure, il vint se jeter entre nos bras, nous r;ic«>nta s«)n hist«>ire avec t«)ute ringènuité p«)ssible, et nous nous emi)ressames

<'liapi(r«' IX - Vnv niuMMlott'

(l(^ le uiettiv dans une (le nos éeoles, potir aeliever son instruction et le disposer an saint baptême.

« (Jr, un jour que ses camarades allaient eu promenade sous la conduite du maître chinois, la petite bande passa mallieureusement devant le coi'{)s de ^arde où l'enfant avait été renferme^ et où se trouvait encore une partie des soldats.

«Il fut aussitôt reconnu, et l'un des satellites le saisissant par la tresse, l'entraîna dans l'intérieur du casernement, sans (pie les i)rières du catéchiste et les cris de ses ])etits (camarades ameutés lui tissent lâcher i)rise.

« Par un singulier hasard, je i)assais (piel(]ues minutes après dans le môme quartier, et le catéchiste in'a|)ercevant, vint aussitôt, tout ému, me raconter la scène (pii avait eu lieu.

«Je me transportai immédiatement an corps de garde, où parmi une troupe de soldats et de jeunes tilles, je trouvai l'enfant pleurant et assis sur un banc.

« ,ïe m'emparai de lui, et rejn-ochant vivenu^nt aux soldats l'inconvenance de leur conduite, je l'emmenai avec moi, liMir disant que, s'ils avaient des réchnnations A faire, ils pourraient, le lendemain, à une heure, venir nu^ trouver à l'ancien palais de Yé, que je serais là avec l'entant, et que nous examinerions la question.

« Le lendemain, cinq satellites ne manquèrent pas de se trouver au rendez-vous. Je leur exposai la position et les droits de l'enfant: « Nous sommes chrétiens, leur dis-je, et connue tels, aucun de nous, Euro])éens ou Chinois, ne i)eut être vendu ou emmené malgré lui. Cet enfanta H» ans; il a l'Age de se ])rononcer, et il est ])arfaitement libre de suivre le parti (pi'il voudra. S'il veut aller avec vous, je ne m'y op])ose pas; mais, s'il veut rester ici, aucune force dans Canton ne peut l'en empêclier; car, tel est l'accord passé encre votre Empereur et le nôtre.

« C^est donc à l'enfant à dire ce qu'il veut!»

«Le moment était critique: la vue de ces satellites avec leur uniforme et leurs armes, cpi'ils avaient prises à dessein, ne i)ouvait manquer d'intimider un ])eu notre jeune garçon.

« De son côté, le chef de la bande n'était i)as entièrement rassuré sur le succès de sa dénuirche.

« C'est pourquoi, avant d'interroger l'enfant, \\ me demanda l'autorisation de lui parler en particulier.

« J'y consentis, et il l'emmena dans un lieu retiré du jardin, où il passa un quart d'heure environ avec lui.

« Revenus tous deux auprès de moi, je leur rappelai encore l'entière liberté laissée aux chrétiens, et adressant la ])arole à l'enfant, je lui demandai ce qu'il voulait faire: « Je veux,

Hgv <i«iiilit'iiiiii

répoud-il d'uue voix aî>îsniée, Je vtMix le.ster avec l'évoque. >>

Et i:*e prosternant aussitôt devant une petite statue de la S'* Vierge, qui se trouvait dans ma elianibre, il la renieieia à haute voix de l'avoir pn)tégé, puis il \int se jeter à mes pieds, me remercia à mon tour, et me pria de continuer à lui ser- \ ir de père.

« Les satellites aussi bien (juc moi, nous ne punies nous détendre d'une certaine émotion à la \ ue de ('(^tte scène à la (juelle nous ne nous attendions pas.

« La réj)onse était (h cisi\e, la victoire complète: j'en remerciai la bouté de Dieu (|ui sait, tpuind il lui plaît, délier la langue des enfants, et leur donner un courage dont évidemment on ue verrait ]>as de semblables exem])les pjirmi les enfants du paganisme!

« Seulement, se >'oyant vaincus sur ce i)oint, les satellites me denuiudèreut une compensation i)our les déi>enses faites pour cet enfant (lu'ils avaient nourri et entretenu <iuatre ou ciuq mois.

Ne voulant pas les rebuter et surtout me niettre à dos des gens employés daus la ])oIice, et généralement redoutés en ville, je leur remis 10 piastres, c'est-à-dire la valeur de GO fraïu's, et ils partirent, en répétant à plusieurs re])rises cette parole que je pus saisir: « N'oilà au moins un liomnie juste et (pu comi)reud bien les clioses! »

Il nous faudrait des volumes i)our relater ici, les anecdotes qui illustreraient à elles seules, la mémoire du saint prélat et la défemlraieut contre ceux, (pii, de i^arti ])ris, lui déniaient les qualités pratiques d'uu apôtre.

Bien que absorbé par ses (constructions et perdu dans un dédale d'affaires, il suit attentivement la marche et le progrès de l'évangélisation des districts.

Et ses ra[)])orts annuels qu'on peut lire dans les périodi(iues de l'é]>o(pie, attestent les résultats de son initiative et de ses ettbrts dans la ]>rovince de Canton.

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