‹ Zéphyrin Guillemin [microform]Chapitre 56 sur 155 · VT · texte numérisé non relu

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Quant à la région vt)isine du Kouaug-Si, force nous est de constater qu'elle restait, (lei)uis la mort de M. Chaj)delaine, dans un état de triste abandon.

Plusieurs évêques voisins manifestaient à ce sujet des regrets, en exprimant hautement l'ojnnion qu'il fallait à tout ]n'ix y reprendre l'évangélisation.

Et C(mime l'évêque de ('anton manquait de ]n'étres, on ju'essait le Séminaire de Paris d'en envoyer.

<'lnH»i<r«' IX - >'«^>g«K''»t»*>">» *»" sitjot «lu K«niaiiK-Si

Le Séminaire s'y déeida «mi fin.

Il écrivait, le 1^") février 18<>4, à. JVl^r de ('ybistra le billet suivant:

" Notes ne.Hoii'S voii.s fiiire /nia pi-o/xi.sitiojt <j/u\ nous /'espéroihs, ron,s sera «grèohlc: iiou.s 1:011 s (/oniier< nfi trois Jeunes nii'S'Si(.nN.aire,s, à la condition </in' tums oondrcc l)ien envoijcr den.i' (le vos (/ncicnn Père.s (in Konanij-Si, pour rominevrer Fi'rtnHiéli-sation de cette prorince.

" Voici, sanf meillinir ari^ de fa port de Votre Grandeur, ce (pli, (Viiprè^ notre uKUiière de roir, il 1/ aurait r/e niien,.r il faire.

" 6V.V clier.s e(jnfr('res .scraieiil eiivoyé.s an poste oecupé oui refois par )/. Chupdelaiue (riieurciise mémoire, et là, aidés des conseils de Mijr Faurie et du concours de ses missionnaires les plus raisins, ils pourraient donner tout iV abord une partie de leurs soins à V érection fort iiri/ente de la chapelle co)n- )nénioratirv sur le lieu de son. (jlorieux nacrti/re.

" Yotre Grandeur pourrait projlter de ses bons rapports arec le Vice-Roi de Canton pour leur faire donner une lettre de recoinn/andatioji, si Elle pensait (pi elle put leur être de (ptelipie utilité.'"

« xVu lien <le trois missionnaires, écrit M. Launay, It^ Séminaire ne put en envoyer (jue deux: M. M. (iérardin et Bazin.

« iSéanmoins, ce fut à la suite <le cette proposition, (pie INI^r (îuillemin se décida à chercher parmi ses [»rêtres, ceux qui lui l)araissaient les plus aptes aux travaux évan^éli(pu\s dans le Kouan«>-Si.

« Il s'adressa d'abord à M. .laccpiemin, à (pii Libois avait, dès 1852, proposé cette Mission et <pii l'avait acceptée; il voulut lui adjoindre M.Bazin.

'< ]\rais, fatigué i>ar des intirmilés datant déjà d(; ])lusieurs années, .laccinemin ne se crut pas cai»able d'entrepren<lre une expédition loni>ue et difîicile; il déclina l'otiVe.

« L'évêcpie n'insista ])as, et, tout en laissant à Bazin l'esj>oir 'l'aller tôt ou tard à Sy-lin (KouaUiH-Si), il le pla(;a dans l'intérieur du Kouan^-toui; pour (pi'il se formât à la vie ajmstolique. - '',:■:■/

(Quelque temps après, en octobre 18(jr), l'évêipie pria <leux

antres missionnaires M. M. Delsahut et (îennevoise de se re

dr(

au

)uana-Si.

« Tous les deux furent heureux de se dé\ ouer à la tâche (]ui leur était ottérte.

a route directe <le Canton au Kouana-Si n'étant ni assez

sûre, ni assez connue, ils allèrent à Chan^-haï et <le là h Tchonii-Kinti au Su-tcliuen.

'ÀiW

Mgi' <»iiilleiiiiii

« Dans cotte ville, Dehsaliut tomba malade; après sa .uiiérisoii, ne se sentant pas assez de forces pour continuer sa route, il retourna à Canton.

« ]Mgr (iuillemin le renii)la(;a jtar Bazin (pli, le 1,'i novembre 1S(>7 partit de Hon^-Ivonii pour ('lian<>-liaï, }Hiis se rendit a l-tclian,i>' d'où il mit 47 jours i)our atteindre Tchonn-King; retardé [)ar les rebelles, il n'arriva à Kouy-Yan<>' (Kony-l'chéou) que le -SI mars 1<S(),S. (rennevoise axait dei)uis lon^tem[)s (piitt,é cette ville où il avait dû s'arrêter i)rès d'une année.

« Tendant ce temi)s, il avait envoyé cherelier des chrétiens du Kouan.ii-Si pour lui servii- de <>ui<les jus(]ue chez eux.

Le chemin ordinaire n'était uuère [»lus facile pour les Chinois (jue pour un Européen, aussi François Lou et Jérôme Pé, les deux tidèles (jui se dévouèrent i)our aller près de (irennevoise, passèrent-ils par le Yunnan.

« Le détour était assez lon^, mais la \(>ie moins dan<>ereuse; les voyajLieurs arrivèrent sains et saufs à Kouy-Vani>-, d'où ils repartirent avec le missionnaire et son catéchiste Sen, le 5 novembre l.SO?.

« [Is se diri<;èrent au Sud de Ivouy-Vann et oblicpièrent vers l'Ouest pour rejoindre le lleu\e llonii ; a[>rès Tavoir atteint, ils le remontèrent pendant onze jours, puis ils .ii'a.u lièrent Sy-lon^tcheou.

« Ils trouvèrent là (pichpies chrétiens venus à la rencontre du i)rêtre et tous partirent ixuir llouau-chan où Clennevoise eut la consolât it)n de célébrer la blesse sur le modeste autel et avec le calice de ^L Chapdelaine.

Kntiu le 30 no\embre LS()7, deux ans environ après son départ de Canton, le missionnaire arriva à Sylin.

« A peine les habitants de la ville eurent-ils connu sa ju'é sence, qu'ils s'agitèrent, répétant partout:<<

« Un diable <rétrangei' est revenu parmi nous, chassons-le!»

Aiu'ès maintes i)éripéties trop longues pour être ractuitées ici, ]M. (Jennevoise, surveillé par les man(hirins et in(|uiété par le i>euple de 8y-lin, résolut de retourner à Canton.

Sou voyage avait i)our but de renseigner sou évêtpie sur les ditticultés, d'obtenir (jue le consul de France fît i)ublier les traités et eutin d'ouvrir entre Canton et Sy-lin une route plus courte que celle déj;i suivie.

Il rentra à Canton par la voie intérieure du Si-Kiang, et ce voyage ne dura que 40 jours.

]Mgr Ciuillemin, mis au ct)urant de la situation, ]iria M. de Treuqualye de solliciter du Vice-Koi de Canton des ordres pour obliger les mandarins du Kouaiig-Si à publier le traité de Pékin.

<'liH|>ili'«' l\ - ■/(> *'T«iii(*r4'd4'" SI <'aiitoii

t:tl

Il lut îinssi (lueslioii des (k'iuaiido.s du gonvcriuMneut tVaiicjiis pour rU'\ cr <1jius hi villf de wS\ liu la chaïK'lk' counuéuiorativc de la uuut de M. C'IuiiMlcIaiuc. ^

Le \'ice-Iv<>i a<*quie.s<;a ;i la prcuiièic <l('Uiaude, et le o Août KS()S, il dépêcha aux au(orit(\s de Sy-liu <' l'ordre <l'allieliei' nue proelauiatiou» en f'aNeur ([\\ ealliolieisnie.

« Ivii r(\s/iiit(\ rciiianjHC LnuiL-ty, F (wpi'd.ii khi de (icnin'roiHi' ii'cnJ ijnl'i'c d'ouh'i' n'Hidlai (fin' de fatre '■oiiiiaU l'f l'atfri.s'<n//e .situation des jxdil.s ijron jh-x de clirétieii-s du luntaiif/- Si. lT<'d<(it qin'bjne rliosc, mais a-sna rriiieat pas asi^c?:- le jjri'nripal (Hait d'améliorer eette sitinitin))^ et s il s-e pnarait, de créer dans la proriuee du KuaaiKj-Si aiie Mission véritidjle.

« Les lettre): que (hiilliini ii auiit écrites an Sa périear d,<^ la Mission du Koay-teliéoa, l'appel fait par lai à Jaeijaj min, renvoi de Delsalmt et de (ietniernise pronreat <jti i,\)nbliaif pas cette partie de sa idairip' (').» •" v \

Ce dernier Juii('Uieut de Launay inlirnu' notablenienl l'opinion de (luieoncjue reprochait au prélat de uéuli^^-er le Kouaiiii-tSi.

Nous re\ ieudroUN d'ailleurs sur la «juestion, dans un des ('liai)itres où il sera traité (h' la nomination d'un Supérieur à la tt'^te de la dite provinee, solution (pii tout en étant la plus l»ropre à dé^ua^cr la responsabilité de l'é\é(iue <le ('autou, lui facilitera sa taclie absorbante dans cette demière ville comnu' aussi dans toute l'étendue du l\.ouan,<>-t<)n,ii.

Dès rnuiiée ISU"), ses lettres se font de plus eu plus rares et il s'en excuse aui)rès de ses amis, (^u disaut <iue « s'il se pri\e de la co)isolatiou de leui* écrire, on veuille bien lui pai- (lonuer sou silence et (ju'ou u'eu continue pas m<uus k l'aider i>ar la prière et les offrandes. »

Toute l'année se passt^ pour lui en préoccui)atious liiiancières et en né^ociatious de tout ^'eure <pii lui prennent, dit-il, « toute sou Aine et tout son temps. »

Son lï'ère ,Iosfci)li, s'otant mépris sur ce cpTil lui a\ait écrit (le ses embarras d'ar^eut, lui euvoie 20 mille trancs, d<Mit « il n'a pas besoin jjour le monieut puiscpie les tia\au.\ de l'éji'lise u'out i)as encore été repris.')

Il espère cependant qu'on va bientôt les continuer, et il désire « que M. Ducat, l'architecte déjà averti de ses i)roJets, lui donne sou appréciation sur certains changements (|ii'il a apportés dans le [>lan de réditice. »

Il vient de traiter avec des ouvriers chinois au prix de (>() mille i)iastres pour l'exécution des tra\aux.

cr-

(1) A. [jaunay. Histoire de lu Missitni du Kouanij-Hi

'iS'i

ns^v <>iiilloiiiiii

Ia's loiulatioiKs lit' s«c)iit \)i\s coinin'i.scs dans co piix, jmisqu'elles sont déjà faites, ni in toitniv, ni In foniniture des pierres.

Au mois d'août ISGÔ, l\)rj)helinnt des lilles est à peu près aehevé, et les Sieurs « pourront bientôt \"enir de France et l'iinhiter, ee qui lui donne un i>eu d'espéranee dans l'épreiive. »

Pour ronii»re la monotonie de ses Jours attristés « par tant de méeomi)tes», il eélèbre la tète du 1 Ô aoi\t avee ini èelnt partieulièrement imposant:

v^ Le Tancrèilt\ itarirc >/< ■jncrrr iini (f ai, tjit-jl. -sa port iicu}'< li'-s rftiiiittUfNes (le Chliic t'f (le ('(icl/i/ichii/c, ('titut arrivé à Cciiifoii (le/>i'i's (]/i<'/ij"r.-< j<j>i r--:. /'(■ ^'n/u n/(iN(hnif , JJ. Palhi de h( Barrière, sniri d inu' ii;)iiih.'rK>t(' rscu/'f,-. se rcndif, di\'< le tii(dnt, -SX/' le 1er rif dire de la couccssio/t t nairn ixe, ou dt'Jr' le CouskI de Tienijimli/e et les Français réfiidaid ici, s'éfaienf reïidn-^ jionr la eéreimuiie reliijieuse.

La JJes.^e a été célébrée solennellement [lar l'éréijue de Canton, assisté de ses )i/is.'^it,njiairefi\ non jioint e)/eore hélas! (hms réqlise (jai est en roie de constructio)!. mais dans n)îe cliajn'lle attenante et iiri<risoi rt-.^>

Aprè> Tottiee, Sa (irandeur a t'utonné le v^ Te Deum », <^t aussitè»t une sahe de ''! coups de canon ,\ a rèiiondu, en taisant reteiitir les riva^ucs du tleuve des Perles. v\ en i»roclamant iiautement la joie de ce beau ,j(-)ur.

("était la première t'ois, deimis roceupation de Tanton, que <de canon français se faisait entendre sur cette ri\t'. et cette circonstance i)articulière, jointe à tant d'autres souvenirs, avait quelque chose dVnu)uvant qui iu)us raïqx'hnt à la fois, et les misères passées et les jours de sécurité qui les ont suivis.»

Le soir, le Consul de France réunissait à sa table, les ]>rincipaux rej)résentants de rKur(q>e; le surlendemain, le \'ice-l\oi voulut bien « faire une \ isite au Tanerède. chose presque inouïe dans les habitudes <'hiu<>ises.»

Son Excellence, accom[»ai;iu''e ^\n Constd, s'est rendue à bord, montée sur sa barcpie de ^tierre; et là. Elle a été reçue par le commandant, par ré\ è(pie de (\uiton et les officiers du bord (pii tous, s'empressèrent de rendre au Vice-l\oi les honneurs dus à son ranu.

Une table bien pré]tarée « lui offrîiit des rafraîchissements ».

Son Excellence s"\- nssit awc « nos autorités françaises et

(piatre matidarins qu'EUe voulut bien File-même clioisir pour cet honneur.

On lit devant Elle un exercice à feu, « auquel Elle parut

C'Um pilro l\ - C'riK'Iles aiia«»iNXie!«»

ât»:t

pn'iidro le plus vit' intérêt; et, apiès oiaiid noiubre de deinîuide.s et (rexplicatioiis, rExcelleiice se retira au hniit <le. IS l'oup.s de eaiioii (pii téinoiii lièrent lirandenient de notre c'()iisi«iération pour ce liant dignitaire de l'Empire, tandis (pie la i)()|)nlatien, eneonihrant k\s «juais, semblait elle-même jouir (les lionneurs rendus à s(>n elief.»

* Le Vicc-Hol. re1;il(> ^li;i\ a t^lc [x'iKhnti foule l(irlsih\ i/'/iiic po/iteà'se ('.r<jiii.s(\ et il s'i'lcitjitd en rcnierciuiif M. le Consnl et J/. h' Comniandatit île !('iir ollcHlinii, rJ ci/ afi,sHj-((iif r<'r('(/u<' (le fîa bicHrcnhnirc jxirl iciilièrv.

C' cxf (iuh^i </)!('. ,sajhs rcfdiirir à la Jurée, cl en lioitH serritiii (les mnycus iiioiunij- y/^/ so-.f eiilrf nos niniiis. uotfin fi<i/irnii.s eoiiseruer voire ii/jl/tei/ce an niHiea de ce peuple ipC il ('.</ XL Jx'an de (/a(/)i.er par la polilcssc f ra iiraise. après ravoir siibjmjué par la forer de non armes.»

Ves ligues sont les dernières (|n"ait écrites le prélat, Cn lS()o.

Aucune autre lettre de lui n'arrive aux siens, justiu'à l'année 18G7.

Mais nous savons (pi'en 18t>G, il s'adri'sse à Tordre de St. Josejdi de Olnny, atin d'avoir des 8(eiirs pour son orpiielinat, et (pi'il i»rie ces reliiiienses de xouloir bien, avant de s'eml>ar(iner, aller saluer sa vieille mère et prendnv ses comiiiissions.

M'"'' Elise X'euillot, toute (Unouéc a ses (cuvres, s'otl're à les acconipa^iiuer à N'uillafaiis on elles \ iennent en ellét, avant leur départ pour t'anton.

Vltl.

Cette consolation de posséder bient(')t ces auxiliaires de la charité, va, pense-t-il, « diminuer un [)eii le poids de ses peines morales, mais ne l'enlèvera xoint. »

Car aux ennuis matériels dont son anie est accablée, s'ajoute encore une angoisse mortelle, celle de prendre une décision détinitive au sujet di' la tonne et des proi>ortions à donner à son éi>lise.

Fallait-il bâtir une belle et vaste cathédrale ou bien se cententer d'un modeste éditice, sutîisant jiour les besoins actuels de la iiopulation elirétienne, sans se préoecuier de l'avenir!

Tel était le lu'oblème ;V résoudre et (jui, pendant idnsieurs mois, fut i)our l'évêciue un sujet de peines et (l'an.u-oisses «'ruelles! ; 'V ;-v-- r--^

D'une part, Canton étant capitale de deux vastes provinces, où l'on al>orde de tous les points de la Chine, où l'on voit des pagodes, des bonzeries et des mosquées d'une grau-

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dtMii- et <riiut' i'U*hes8e iviuaniiuiblcs, il (.'oiivenait i]{w la maison il II vnii Dieu ne fût i>as au-ilessous; de ces temples du pa^uanisme et de l'eireur.

l'uis, la Franee privée de commerce, n'ayant pas d'autre moven d'être représentée dans cette partie de TK-Xtréme-Orient, il fallait, selon les instructions de rbhnpereur «pu» ce UM>numeut reliiiieux et national répondît à sa noble destination.

Mais aussi (|ue de diHicultés jiour réaliser ce projet, au moins d'une nuinir're <lii>ne et con\enal)le!

l)iMiculté> (lu i'iMé «les architectes (pi'on ne trouve pas dans ce pays et (pi'il tant apjx'ler d'b'urope, au. ris<]ue comme on l'a vu. de les voir man«|uer à leurs pronu\s.s('s.

DiHicultés du coté des matériaux (ju'on doit aller cliereher par nuM-, à 40 lieues de distance.

l)illi<Mdtés du côté de l'arueut (pii était hieu assuré par une pronu'sse auiiuste et tornu'lle, mais (]u'on taisait attendre et dont k' paiement pou\ait déitendre des é\entualités de l'avenir.

DiHicultés entin «lu c«">té «le ro|)iiii«ui toujours xcrsatile et (|ui, uéuéraUMuent, «'st disposée' à bhuner et à contrecarrer toute i«lée «lui sort lui peu de r«)r«linaire!

Certes, c'était plus «pi'il n'eu fallait pour «létourner révé«iiie «l'une «'Utreprise si é|>ineuse et dom la r«'sp«)nsabilitc ret«)mbait uni(iuement sur lui.

Tu»' simple «'t modeste constructi«)n ne reuc«)ntrerait au c«)ntraire aucun «d)sta«'le sérieux et se terminerait promptement; uïais aussi, elle n'aurait pas j)«)ur la uloire de Dieu et le reiu)m du christianisme «lans ces contrées, «u\ l'on ne juge «pie par les st'us et l'extérieui', ia ménu' iiiHueuct' «pfun édifice somptueux.

D'ailleurs, avec l'infliuMice ac(iuise i)ar l'occupation de Canton, avec les promesses «le l'Empereur, et les ressources variées «l«)nt il pouvait disii«)ser, n'était-ce i)as une entreprise «lu'il l)OTi\"ait, même au point «le \ ue humain, tenter sans témérité?

Kt s'il man«]uait l'occasion «pu s«' preseutait à lui d«' faire «pu'UpU' ch«>se de beau et de iitautl, ne serait-ce point une «)ccasion penliu' à janmis, «pii ne s«* présenterait i^us aussi belle dans l'esitace «le 1 <)()() ans?

Telles étaient les phases «liftéreutes sous les«pielles s'offrait à lui cette im})«)rtaute «pu'stiou. Tout absorbé «lans ces pensées, le soucieux prélat perdait ra])pétit et le s«)mmeil; il ne savait h «]uel parti s'arrêter.

Entin, il .se «léci<la pour le beau et le uraml «pii «>ut toujours « fait sur lui, renia rque Vuhhc Trésorei, la plus \ive impression, et «lout il lui était, par uature, dirticile «le se détacher. »

Mais t«)us ne jugeaient pas comme lui; et aux premières

limpJMH' l\ - l*roJ«'l <!«> \o.vngc ft »>>iiM'i

au

('iiti<|ii('s succédèrent les contindictioiiN venant de i>ei'sonnes dont il aurait désiré l'apurobatiou.

Ij'une d'elles lui fut sin^ulièreiueut pénible.

Son c()ni|)atri()te révè<iue tl'.Vcanllie, M^v 'IMuMirel, ;iyani t;iit une visite à Canton, avait prélé Toreilh' aux plaintes »lu pr(K'Ureur l^ibois, (^l n'avait i)as craint d'expiinu'r le regret de « voir absorber dans ces grandes bâtisses, des sommes mieux employées à d'autres (euxres ».

VA le pauvre évé(pie de (-anton eut bien de la peine à dominer son indignation: « ('omme si ces sommes, rcpliquait-iJ, pouvaient être détournées de leur uni(pie d(sstination ! » (')

Mais, à côté de ces épines, se trouvaient toujours (piel<|ues roses i)ar lescpielles la bonne Providence semblait voiUoir relever son coura<>;e.

Ainsi, au moment même où on le désapprouvait à (Canton, il recevait de l*i<' iX une lettre de « félicitations et de s<ni-

laits iK»ur le succès (ie ses entrejn-ises. »

Louis \'<'uillot, <pii lui fut toujours fort dévou('% se trou\ant

a Home, voulut auss

i di

le un

mot à l'Kminence Jîarnabo, de

la IMopanande, iKUir prendre la détense de son vénéiabie ami.

Kt le Cardinal de réi)oiMlre aussitôt, (jue << l'étu'quc de Cybistnt ai'uit tonte sou estime; qu'il n'ara,! qu'à laisser dire et, aller de l' avant , et qn' il ne Ini Jtténaf/erait Jatnais son appui. »

N'ers le nu^Mue temi»s, les 100 milh' francs du «gouvernement arrivent à l'évêcpie avec une lettre très liatteuse du Ministre.

Aussi, en dépit dé toutes les entraves (pi'on sème sur sa route, il reprend avec plus d'entrain (pu' jinnais les travaux de l'église.

Ces travaux ne reiniKH-heiont point d'ailleurs de sortir <le Canton, pour se rendre <i lî> Un de l'année 1 <S()(», pour la i»reniière fois, dans l'île de Sancian.

I)ei)uis 1<S ans <|u'il axait mis le pied sur le sol chinois, il avait toujours désiré \isiter cette île, bénie entr<' toutes hjs îles, mais sans {K)Uvoir jamais réaliser son i)rojet.

Tantôt c'étaient les pirates (pii infestaient les côtes, laniôt les guerres intestines et ses proi)res occui>ations qui \ mettaient obstacle. - <

Kntin, le ,'> Décembre IStîd, (juel<iues personnes de Canton, de Hong-Kong et de Macao, ayant ouvert une souscrii»tion pour le pèlerinage au tombeau de l'a|)ôtre d'Orient, on loua un vai)eur.

Mais, au moment où l'é(iuipage arrivait à 8ancian, il s'éle-

(1) C'est vers cette époijiie, qu'un i>Touije de luissiouiiaires sijjfnèfetit une pioce 'l'aceusation de 82 pages, adressée au Séminaire de hi Rue du Uac, et dans hi(juelle ils réclamaient le r;ii)pol de leur évôi[ue.

•2'Mi

Mgr <iinill«Miiiit

va un \'eiit si violt'Ut, i\uv mémo les plus intré[>i(les ne teu» tèreiit la descente dans l'île (jifavee les pires difîicultés.

Ils n'eurent <iue le tem[>s de i^ravir la colline, de s'auenoiul- 1er un moment près du tombeau et de re<ia.iiner le navire promptement, dans la crainte que la bourras(iue devenant plus forte, ne leur coui)At tout retour.

Le lendemain, le vent se fit plus \ iolent encore, et ceux (]ui voulurent hraNcr l'orai^e, eurent toutes les peines du monde pour rentrer A bord, et JNlii'r dut rcveiur à (^anton, sans avoir satisfait sa piété de pèlerin.

Nous reuNoyons au chapitre sui\ant la narration (jii'il lit du voyage dans l'île, vu janvier lS(i7, et (pli eut tout le succès qu'il p»>uvait espérer.

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