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Clmpili'o \l - li«'t,lr«» ail <'ar«linal Bariiaho
dans les sphères iiiiiudariiiales, et nioiiie an Consulat de France.
A l'heure où il pensait enfin i»ouvoir mettre en ordre toutes choses avant son départ pour le (\)ncile, le i)au\Te évêque, tiriiillé en tous sens par la perfidie des uns et l'infortune (les autres, ne peut s'enii)êclier de taire sa douleur, et il la verse dans le sein de swu i)rotecteur, le Cardinal Harnabo.
Nous reproduisons prescjue intéi^ralenient la relation (|u'il écrit au i>rince de l'Eglise, le 12 septembre ISOÎ).
Très Eiuineiit l'réfet,
« Un proverbe rran(;ais (pie vous avez aussi sans doute en Italien dit que «souvent le mieux est ennemi du bien.»
« Je viens d'en faire rex[)éritMice, et cela à mon «•rand regret, je dirais pres(iue à ma honte et confusion.
« Lorscpie nous avons fait la bénédiction de la chapelle de Sancian, le 25 avril dernier, j'avais porté avec moi une belle gravure du 8* P("^re, atin (jue son image au moins présidât an milieu de nous et ténioigiiât des sentiments de vénération et d'attachement (]ue nous ju-ofessons tous i)our son auguste personne.
« Je comptais la lui renvoyer ensuite comme souvenir de la fête; et afin de donner à ce i)etit i)résent un peu plus de valeur. J'avais commandé un (^adre dans une des provinces de Chine où ces sortes d'ouvrages se font d'une nuini(>re plus remarquable et plus artistique.
« Or (piand on m'a renvoyé le cadre, il s'est trouvé que nos braves Chinois n'avaient tenu aucun compte des dimensions que je leur avais données, en sorte que je suis aujourd'hui, fort embarrassé...
« Soyez donc assez bon, Eminence, jwur m'excuser auprès de Sa Sainteté et en même temps, pour lui remettre la lettre ci-jointe, en l'assurant que le i)etit présent de l'île de Sancian arrivera un peu plus tard.. ..
« Si je dois des excuses au S' Père, j'en dois également a Votre Eminence, pour ne vous avoir pas écrit immédiatement après la bénédiction de la chapelle, et cela pour la même raison .-. . ..-'^
« J'ai reçu de^jà depuis quelque temps, les décorations cpie vous avez bien voulu m'envoyer pour les personnes que j'avais désignées à la bienveillance de Votre P]minence.
« Je l'en remercie bien sincèrement.
«Celles qui sont pour l'Amiral Jaurès, le (^(unte du (^uilo
18 Mgr. OiiiUcmin.
INTENTIONAL SECOND EXPOSURE
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(laiiN les sphèi'os mandarinalcs, c't nièiiu' au Consulat <lc France, A riieiiie où il jxMisait enlin pouNoir nicttii' en (U'drc toutes choses avant son (léj>art pour le ('oneile, le i)auvr(^ é\è- (|ue, tintillé en tous sens i)ai' la perfidie^ des uiis et l'infortune (les autres, ne i)eut s'empêcher de taire sa douU'ur, et il la verser dans le sein de swn |)roteeteur, le (^ardinal liarnaho.
Nous re|)roduisons pres(iue int«\iiralenient la relation (pi'il écrit au pi'ince de l'Kiilise, le 12 septembre IS()1).
'l'ics EiuiiH'iit i'ivt\'(.
« Vu proverbe IVaneais (pie vous ave/ aussi sans doute en Italien dit (pie «somcnt le mieux est ennemi du bieit. »
« Je viens d'en taire rexptMience, et cela ù mon <^ran(l re- «;ret, je dirais i)res(pie à ma honte et contusion.
« L<>rs(|ue nous avons tait la luMuMliction de la chapelle de Saiician, le 'Jô avril dernier, J'avais porté avec moi une belle ^nniire du S^ Pi^M'e, atin (pie son ima<>e au moins présidât au milieu «le nous et témoignât des sentiments de vénération et (rattachement <]ue nous prolessons tous jxuir son auguste personne.
« ,1e comptais la lui renvoyer ensuite comme souvenir de la tête; et atin de donner à ce jx'tit ju-ésent un peu plus de valeur, j'avais coininaiidé un cadre <la us une des provinces de Chine où ces sortes d'ouvraii'cs se font d'une manii^Te plus remaiMpiable et ])lus artistique.
«Or (piand on m'a renvoyé le cadre, il s'est trouvé que nos braves Chinois n'avaient tenu aucun c(Mni)te <les dimensions (pie je leur avais données, en sorte (]iie je suis aujourd'hui, fort (Miibarrassé . . ..
« Soyez donc assez b(ni, Eminence, i)onr m'excnser aujuès de Sa Sainteté et en même temps, i)our lui remettre la lettre ci-johite, eu l'assurant que le i)etit ])résent de l'île de Sancian arrivera un i)en pins tard.. ..
« Si je dois des excuses au S' Père, j'en dois é<>îilement A Votre Eminence, pour ne vous avoir pas écrit immédiatement après la bénédiction de la clia])elle, et cela pour la même raison
« J'ai reçu déjà depuis (juelqne tem})s, les décorations (pie vous avez bien voulu m'envoyer pour les personnes que j'avais désignées à la bienveillance de Votre Eminence.
«Je l'en remercie bien sincèrement.
« Celles qui sont pour l'Amiral Jaurès, le comte du (,)uil()
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et leurs aides de camp, seront noblement portées par ces dignes marins, amis et protecteurs des Missions en ce pays.
« Quant à notre Consul et son chancelier, ils se sont depuis quelque tem[>.s montrés tellement hostiles envers nous, qu'il n'y avait pas uioyen, au jugement de tout le monde, de leur donner cette marque d'estime et de satisfaction.
« D'ailleurs, le [ireuiier vient de tomber dans une folie si complète, (pi'on a été obligé de l'embarquer pour l'Euroi)e.
« Ces décorations que je ne pouvais remettre, je vous les renverrai à la première occasion.
« Je n'ai pas encore parlé à Votre Eminence de ma i)réseuce au Concile. J'attendais pour le faire, que l'horizon de notre Mission se fût un peu éclairci et me permît de ])rendre un parti définitif à cet égard.
« Or, loin de s'améliorer, noti-e position est aujourd'hui ])lus ditîicile et plus enïbarrassante (]ue jamais, je veux dire au point de \'ue de nos rapports avec le gouvernenumt chinois. (^)ue Votre Eminence me permette de lui en dire quelque chose ici, par le récit de quelques faits.
« Dans la ville de Canton, j'avais une bonne dame chrétienne qui depuis 20 ans, s'occupait du baptême des enfants trouvés, sans que jamais aucune plainte ne s'élevât contre elle.
« Or, dans le courant du mois de Juin dernier, elle a été arrêtée, jetée en prison et condamnée à mort, sous la vaine et ridicule inculpation, qu'en baptisant les enfants, elle leur arrachait les yeux, la cervelle et l'âme, dont elle composait des spécifiques ])récieux que nous envoyions en Europe et que nous vendions fort cher.
« A la première nouvelle de cette arrestation, j'écrivis immédiatement à notre consul pour le prévenir.
<' Je fis également savoir au Vice-Roi que s'il avait quelque chose à reprocher à cette femme, c'était à moi qu'il devait s'en prendre et non à elle, car, ajoutai-je, c'est moi qui suis le vrai coupable. C'est moi, qui depuis 20 ans, l'emploie à ce ministère de charité et de paix; c'est moi qui lui trace la conduite qu'elle doit suivre et qui lui donne sa modeste rétribution de 2 piastres par mois.
« Si donc on a quelque plainte sérieuse à porter contre elle, qu'on l'adresse à moi, et je suis prêt à rendre comx>te de ma conduite non seulement devant les tribunaux chinois, mais encore devant l'Europe entière qui saura bien faire justice de ces vieilles et stupides accusations, qu'on pouvait bien se permettre il y a 100 ou 200 ans, mais qui ne sauraient plus avoir cours aujourd'hui.
« Le Vice-Roi me fit répondre, qu'eu égard à ma recomman-
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datioD et à ma personne, il consentirait bien que cette femme condamnée à être coupée en 100 morceaux, eût la tête tranchée d'un seul coup; mais qu'il ne pouvait en aucune manière, la soustraire à la sentence de mort portée contre elle.
« Certes, la digne femme n'eût pas été à plaindre de donner sa vie pour une si belle cause, mais sa mort eût été un vrai malheur pour la Mission, et nous regardions son exécution comme l'annonce et le prélude d'autres vexations (pii n'auraient pas manqué de suivre ce premier acte de barbarie.
« J'ai donc voulu redoubler d'efforts pour retirer l'infortu- Dée du danger auquel elle était exposée.
« J'ai renouvelé mes instances auprès de notre Consul, en le rendant responsable de toutes les misères <iui pourraient surgir à ce sujet.
« Je me suis même adressé à la femme du (rouverneur de Hong-Kong, laquelle, bien (pie protestante, s'est intéressée de tout c(eur au salut «le ma pauvre baptiseuse. .
« Entîu, le samedi 17 juillet, elle a été reu<lue à la liberté, et le lendemain dimanche, elle faisait son a])i)arition au milieu de nos chrétiens, recevait la 8."^ C'ommunion et était l'objet des félicitations générales.
«Les païens mêmes de sa rue vinrent la recevoir et la reconduire solennellement chez elle, au milieu des marques d'une sincère et cordiale amitié.
« Ainsi s'est terminée cette atfaire à notre grande satisfaction et à l'honneur de la Keligiou; nuus elle n'eu est i)as moins une preuve du mauvais vouloir des mandarins à notre égard, et qui pouvait avoir les conséquences les plus lâcheuses pour nous. ?
«Un antre fait.
« La persécution qui s'est élevée, l'an dernier, <lans la i>resqu'île du Louï-tchéou, y est <levenue plus intense. et plus effrayante que jamais.
«Nous comptcms aujourd'hui dans ce <listricf 4 chapelles brûlées ou renversées, KJO maisons i)illées ou démolies, 8 chrétiens mis à mort, un grand nombre d'autres blessés et chassés de leurs demeures, une dizaine de femmes enlevées et vendues à des païens pour devenir leurs concubines.
« Deux de nos missionnaires y ont été gravement blessés, et leur vie a été, pendant jdusieurs jours en grand danger.
« Or, non seulement le Vice-lloi n'a rien fait ])our réparer tant de désastres, nuiis encore on dirait qu'il veut ajouter l'ironie h la grandeur de nos maux, en nous faisant dire constamment qu'il relève nos chapelles et nous prépare une indemnité convenable, tandis que nous savoiis positivement qu'il n'en tait rien.
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« Hier encore nous arrivaient à Canton une vingtaine de réfugiés ehrétieus réclamant du riz et un coin de terre à habiter, parce (juMls ne pouvaient rester plus longteni|)s exposés aux vexations que leur taisaient subir les ])aïens.
« 8ur d'autres points de la Mission, nous avons eu deux missionnaires fort maltraités eux et leurs chrétiens.
« L'un deux a été pendant 18 jours renfermé dans une étroite prison, ayant les fers aux mains et aux pieds, et ne recevant qu'une écuelle de riz par jour, réduit entin à se racheter au prix de 200 piastres qu'il m'a fallu donner pour sa rançon.
« L'autre, attaqué daus la demeure des chrétiens, n'a dû son salut qu'à la fuite; mais à peine était-il parti, que les païens tombèrent sur la maison qui l'avait reçu, la renversèrent en partie et se déchaînèrent contre les chrétiens eu les chassant du pays.
« Or, pour toutes ces pertes et mauvais traitements, nous n'avons pu obtenir la nu)indre réparation.
« Et la cause de ces persécutions ne vient que du mauvais vouloir du Vice-Roi, C(niseillé par ceux mêmes qui nous doivent protection. !
« Et je me demande, si dans cet état de persécution d'une part, d'incertitude de l'autre, ii serait bien prudent pour moi d'abandonner le poste de Canton !
« Je ne le pense pas; et j'aurais tout lieu de craindre qu'A l'occasion de cette absence, les choses ne prissent dans la Mission, une tournure plus fâcheuse encore et plus alarmante que celle qu'elles ont nunntenant.
« Entin, voici une nouvelle ditîiculté qui vient de surgir et qui me met dans le plus grand embarras.
« Jusqu'ici, le gouvernement Chinois nous avait autorisés à prendre sur les bords de la mer, en un lieu inculte et complètement désert, les pierres nécessaires à la construction de notre église.
« Une nouvelle autorisation nous avait été accordée, et cela de la manière la plus solennelle, en présence du Consul, d'un Amiral français, d'un Commandant de frégate et de plusieurs autres personnages importants, qui tous, avaient applaudi à cette concession et en avaient témoigné leur reconnaissance au Vice-Eoi, en lui offrant au nom du gouvernement français, une belle montre en or de 2300 francs que M. de Moustier, notre excellent Ministre avait bien voulu porter au compte de l'Etat.
« Or, aujourd'hui, le Vice-Koi nous retire cette autorisation.