‹ Zilda conte des milles et une nuitsChapitre 27 sur 63 · ACTE I · texte numérisé non relu

ACTE I

Devant toi s’incline Un vizir tremblant.

Sois, ô ma mignonne,

Belle autant que bonne,

Et fais-moi l’aumône D’un regard clément !

Sur moi, que ta grâce enchatno,

Viens régner en souveraine !

ZILDA.

Je dois vous refuser, seigneur,

Comme au cadi, comme au docteur.

LE VIZIR

Non, de tes faveurs insignes,

De tes charmes enivrants,

Ma belle, je le comprends,

Ces gens- là n’étaient pas dignes.

Mais moi, qui suis le grand-vizir,

.le veux t’aimer et t’obéir,

O beauté divine,

Dont l’œil me fascine,

Devant toi s'incline Un vizir tremblant, etc,

Jamais à mon époux je ne serai parjure!.,.

LE VIZIR

Je t’offre mon pouvoir, mon cœur et mes trésors* ZILDA.

En insistant, seigneur, vous me faites injure. .

LE yiZIR.

C'est là ton dernier mot ?

ZILDA.

C'est le dernier.

LE VIZIR

Alors,

Je connais à présent ce qu’il me reste à faire !...

(Déchirant le placet.)

Ce placet, tu le vois, déchiré sons tes yeux !

ZILDA

Z T LD A

O ciel !

LE VIZTE.

Et je t’engage, si tu veux Éviter les transports de ma juste colère A fuir au plus tôt de ces lieux.

LE CHŒUR, au fond.

De Son Excellence

Voyez la fureur ! .

11 faut qu’une offense Agite son cœur!

Tremblez, téméraire,

Ses yeux menaçants Font voir la colère Qui trouble ses sens.

ZILDA, pendant que la musique continue à l’orchestre.

(Parlé.) 'Allons ! je vois qu’il faudra retourner à Mossoul les mains vides!

(Elle entre désespérée chez Fathmé. On entend un grand bruit, des cris et une musique bruyante.)

LE VIZIR

Quel est ce bruit?

UN ESCLAVE

Seigneur, ce sont des aimées,

Du peuple de Bagdad baladines aimées,

Qui dansent ici près...

LE VIZIR

Ces # cbarrn antes houris Arrivent à propos pour calmer mes esprits !

(Des aimées accourent. Les musiciens jouent un air de danse, le peuple se place en cercle, le cadi sort de chez lui et regarde. Le docteur Babouc parait sur le setiil de sa boutique. Le grandvizir s’assied sur un siège que lui apportent des esclaves, les femmes l’entourent et agitent de temps en temps leurs éventails autour de lui. Les aimées, après s’être inclinées devant le vizir, se mettent à danser.)

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