CHŒUR DES PIRATES
D’un chef habile,
Suivant la loi,
De cette ville 11 est le roi ! etc.
ZILDA, toujours avec effroi.
Certainement, monsieur le corsaire, certainement! la maison tout entière est à votre disposition.
LE CORSAIRE, lui prenant les mains.
Allons, allons, nous avons encore peur... Nous ne reconnaissons donc pas nos amis ?
ZILDA.
En effet, cette voix...
FATHMÉ.
Eh quoi ! ce 3aint derviche de tantôt?
LE CORSAIRE, riant.
Moi-même... Ce n’est pas, Dieu merci, la première fois que je prends un déguisement... J’étais traqué, poursuivi par ce misérable cadi; heureusement, le bonhomme n’est pas fort, et sous la barbe blanche du dervicho, il n’a pas reconnu le corsaire qu’il cherchait..
LE CADI, soulevant le rideau.
Oh I le brigand !
LE DOCTEUR (même jeu).
Le scélérat !
Quant à vous, ma charmante , je tiendrai tout ce que j’ai promis... D’ailleurs, moi aussi, je vous aime, et quant à ceux qui voudraient me disputer votre conquête, je les étranglerai de mes propres mains !
(j,e cadi et le docteur referment précipitamment le rideau qu'ils avaient entr’ ouvert pour écouter.)
ZILDA
ziLDA , tremblant** .
Monsieur le corsaire, vous êtes vraiment trop aimable... (hésitant) mais laisser venir ces pauvres gens
FATHMK, achevant vivement.
Ce serait une trahison !
LE CORSAIRE
Aussi n’y viendront-ils pas, ma chère enfant ! FATHMÉ.
Et pourquoi ?
LF. CORSAIRE, riant.
Parce qu’ils y sont déjà... et que vous cachez dans cette maison ce maudit docteur qui m’a dénoncé. ..
LE DOCTEUR, à part.
Oh ! Mahomet !
LE CORSAIRE
Et cet imbécile de cadi qui m’a poursuivi...
LE CADI , à part.
C’est fait de moi !
ZILDA et FATHMÉ.
O ciel !... vous savez ?
LF. CADI, sou» le rideau, poussant un soupir d’effroi.
Aïe ! aïe ! aïe !
LE CORSAIRE
Ma police m’en a prévenu.
LE CAD! , au docteur.
Comment, les voleurs ont une police ?
LE DOCTEUR
Puisque les cadi» n’en ont pas !