SCENE VIII
Les mêmes, TELASCO ; SAUVAGES , |
iirmés ; VIEUX SAUVAGES, FEMMES * SAUVAGES.
TELASCO
A.RRETEZ, arrêtez.
YALCOUR, AMELIE, SAUVAGES.
C'est Télasco !
Mon père !
TELASCO
Ziméo I
Sur mon sein laisse-moi te presser.
TELASCO
Mon cher fils ! que ce nom est doux à prononcer !
V A L C O.U R, à TéLnco,
Pour la sauver, c'est en toi que j'esphe,
AMELIE, à Telasco.
Généreux Télasco !
TELASCO
Rassurez-vous.
Quel dieu Te rends aux vœux, aux pleurs de la patrie ?
Opéra,' Si
T E L A s C O, montnmt Vaîcour,
Voîlà mon bienfaiteur : oui, je lui /dois la vie, Et celle de Zulma,
Ma femme I. . . Dans quel lieu?. , Conduis'iîioi... conduis-moi : que dans ses bras j'oublie.,,
Dom Carlos , gouverneur, et père d'Acraélie, A pris soin de nos jours.
Ma femme...
Et moi, mon fils.
Nous pleurions ton trépas,
Quoi I chez nos ennemis , Zulma, . , Dès ce jour même il faut qu'on me la rende ; Je veux. . ,
Oui , dans tes bras , tous les deux réunis. . . Oui , connais dom Carlos ; son arae est noble et grande.
( Aux Sauvages. ) Il ni« rend près de vous l'arbitre de la paix.
La paix avec ce peuple ! ah i mon père, jamais»
TOUS tES SAUVAGES»
Jaraaifc
Vous n'êtes point fatigués de la hiine ? Je sens nue pour mon ame elle est un poids affreux; La votre pourrait-elle être assez inhumaine, Pour immoler ces époux malheureux?
Non , je ne le crois pas, et j'ai la confiance Que vous m'acquitterez de leurs soins généreux.
( R ècîtatif obligé, )
Mes amis ' mes amis ! mon fils ! j'ose pour eux Demander grâce. . . Quel silence 1
Nos ennemis ont-ils des droits à la clémence ?
CN^6.)air.
Rappelez-vous ces jours d'horreur, Où les ravages de la guerre Ont dévasté cette île entière.
Inhumains avec art, nos tyrans en fureur Aiguisaient contre nous leur haine meurtrière j Rappelez-vous ces jours d'horreur.
Armés du feu du ciel, de leur bras dei^tructeur^ Partaient les traits enflammés du tonnerre. L'abîme du trépas S'cntr'ouvrait sous nos pas ; Le deuil, à leur aspect , enveloppait la terre . Et tout frémissait de terreur ; Rappelez-vouo» ces jours d'horreur.
AMELIE.
Hélas I puisse ma mort effacer tant de crimes ! Mon cœur, en frémissant, à vos traits vient s'offrir : Faut-il à votre haine immoler deux victimes ? Je suis seule Espagnole , et dois seule périr.
Opéra. 33
Protégez sa jeunesse; épargnez une femme.
AMELIE.
Conservez un Français , un héros.
Je réclame Justice, humanité, respect pour la vertu.
( A Ziméo. )
Rendre ton père ingrat/ Mon fils, l'espères-tu l ^ Le premier des devoirs , c'est la reconnaissance.
Songe qiiVft'peuple entier, sous le glaive abattu , Te parie par ma voix, et demande vengeance.
( Tous les sauvages relèvent leurs arcs.)
T E L A S C O , se mettant devant Amélie et Valcour%
Quoii cette innocente beauté,
Je l'aurais conduit au supplice |
Quoi / d'un excès de cruauté ,
Je pourrais me rendre complice/ Ce Français généreux, dont la main protectrice A dérobé mes jours au fer d'un assassin ,
Je lui verrais percer le sein / Je ne souffrirai pas qu'aucun des deux périsse j
Non , non , sur moi lancez vos traits ; Essayez sur mon cœur à frapper vos victimes.
( A Ziméo. )
Toi , qui de l'amitié, méconnais les bienfaits, Toi j qui des Espagnols prétends punir les crimes, Cruel / surpasse leurs forfaits.
( Télasco découvre sa poitrine à Ziméo. )
Z I M E o , à lélasco.
Ail ! mon père /. . . ton fils. . . tu le croirais capable /. .
Tout mon cœur en frémit; ali ! je suis trop coupable, Quand c'est îoi qui m'as condamné.
J'ai pu faire rougir ce front si respectable; Par tes vertus , mon cœur est entraîné: C'est Ziméo, c'est ton iîls qui t'implore ;
D'un père tel que toi, je me crois digne encore.
Mon père ! embrasse-moi , si tu m'as pardonné.
TËLASCO, embrassant Zîméo,
Je retrouve mon fils ! je suis trop fortuné;
XJn jour plus pur , plus doux , à mes yeux semble éclore.
(Récitatif.)
Que leur grâce en ce jour acquitte leurs bienfaits,