C H (E U R DES FEMMES
Ils nous ont conservé son épouse et son père. CHŒUR DES SAUVAGES Us nous ont conservé son épouse et son père,,
Opéra. 35
un vieux sauvage,
En leur donnant la vie^ acquittons leurs bienfaits,
( On détache f^alcour de l'autel. ) Mais ils sont, par nos loix, esclaves pour jamais»
AMELIE.
Ah I mon père ! ïnon pèi-e î
O ma chère Amélie I Que ne m'as tu sans toi laissé périr»
La liberté nous est ravie !
Cruels ! que m'importe la vie^ Ah l faites-moi plutôt mourir,
( Toute cette scène est chantée jusqu'à l'air d'Amélie. )
AMELIE.
(ATèlasco,) (A Falcoiir.J Brave viellard. Cher époux !
Amélie !
. V A L C O U R , et A M E L I E , ai/x Sauvagesi Cruels / faites-nous donc mourir»
T E L A S C O , ctux S(Juvcîçres.
Mes chers amis, daignez m'ontendre / Vous prononcez ma mort en ce moment j A dom Carlos , je dois tous deux les rendre, Ou m'offrir en victime à son ressentiment) Je l'ai juré : je tiendrai mon serment.
LE C H <S U R
Jl l'a juré ! Dieux I quel cruel serment !
A M E L I E , À Télasco.
Va consoler ce tendre père ; Tu sais combien je lui suis chère, Tu connais son cœur généreux :
Dis-lui bien que son Amélie , Pour lui seul j au ciel fait des vœux j Dis-lui bien que toute la vie , INous allons le j^leiirer tous deux.
T h. L A S C O , niix Suuvacfes.
Aurai-je, envous quittant, la douleur trop anière De voir que ma patrie, à mes vieux jours si chère , Que je veux rendre heureuse, avant que de mourir, Aux flambeaux de la haine allume encor la guerre. Et refuse la paix que je lui viens offrir ?
De cette paix, quel serait donc le gage { TELASCO.
Moi , mon fils.
V A L C O U R, montrant Amélie.
Tous les deux, nous restons en otage; ( Montrant Télasco. )
Et Zulma , ce vieillard , au moment du traité, A vos vœux, sont rendus , et sortent d'esclavage.
D'esclavage ! Zulma dans la captivité l
( A Télasco. ) 3 'irai la leur ravir; tu connais mon courage, T E L A S C O, aux Sauvages.
Du succès de mes vœux, je garde encor l'espoir; î^os chefs vont s'assembler , eux seuls ont le pouvoiç
Opéra. B-j
De décider ou la paix ou h çaerre ;
Ils entendront de moi la vérité.
Voudront-ils arracher une fille à son père?
A son époux, la femme la plus chère?
Dans un climat déjà si dévasté , Laisseront-ils encor tous les maux se répandre? Oseront-ils, enfin , refuser de nous rendre La paix, le premier bien après la liberté ? Non , non ; c'est l'amitié qui , près d'eux, va défendre La cause de l'honneur et de Thumanité.
( Télasco sort avec les vieux .Sauvages, )
Z I M E O , VA L G O U R , AMELIE; SAUVAGES, armés , FEMMES SAUVAGES.
Z I M E O, aux Sauva get armés.
JNoN , non^ ne consultons que l'amour qui me guide;
Le fer et la flamme à la main , Que du sort de Zulma notre valeur décide ; Le lâche seul attend un succès incertain»
Courons à sa défense.
LE C H (E U R
Nous voilà prêts à te servir.
Volon^ à la vengeance.
ENSEMBLE
Courons à sa défense , YoJons à la vengeance ; Pe'rissons tous^ s'il faut périr.
( Zimio son avec les Sauvages. )