ALPHONSE, ERNESTINE, PIERRE
ALPHONSE: , à part.
Allons , son père le veut... son consentement est à ce prix.», il faut bien m y résoudre.
ERNESTINE, bas à Pierre.
Gomme je vais le traiter !
C'est ça... parlez-lui ferme... et qu'il n'y revienne plus.
ERNESTINE, ttvec émotiofi^ Ah ! vous voilà , monsieur... Vous avez vu mon père , «ans doute ?
ALPHONSE , froidement.
Non , mademoiselle.
ERNESTINE , à part.
Tant mieux... je mourrais de honte s'il savait ce que je lui ai dit.(^aw^.) Vous avez l'air de chercher quelqu'un... peutêtre mademoiselle Zoé ?
Répertoire Dramatique.
( 3i ) ^ ALPHONSE , d'un air préoccupé.
Non... je la quitte à l'instant.
* PIERRE , has à Ernestine.
Là !.,. je ne lai ft\is pas dire.
ERNESTiNE , S efforçant de sourire.
J'admire yotre dçcilite, monsieur... et comme vous vous resignez à une plaisanterie qui a du vous coûter beaucoup..,
ALPHONSE
Mais non... pas tant que vous croyez.
PIERRE , has.
Il y prend goût.
ALPHONSE
Je vous dois même des remerciemens... car cette dpreuve bizarre a décide du sort de toute ma vie.
Comment , monsieur ?
ALPHONSE
Oui mademoiselle... que voulez-vous? chacun a ses caprices... j'ai vu que je ne parviendrais jamais à vous plaire.
ERNESTINE
Monsieur !
ALPHONSE
Ob! je ne vous en veux pas... on n'est pas maître de son amour... c'est ce que je pensais en regardant cette petite , qui est charmante.
PIERRE, avec un soupir.
C'est vrai.
ALPHONSE
Oii pourrais-je trouver mieux?... Une jeune fille douce, naïve.
PIERRE , soupirant plus fort.
C'est vrai.
ALPHONSE
Remplie de grâces... des bonne qualite's...
PIERRE , de même.
C'est que c'est vrai.
ALPHONSE
Qui ne se fera pas un jeu de désoler son amant... qui laimera de bonne foi.
ERNESTINE, avoc impatience.
C'est, assez monsieur.
PIERRE, en larmes. Non , ce n'est pas assez... il ne peut pas trop en dire... c'est qu'il n'y en a pas une comme elle à dix lieues à la ronde. ERNESTINE, (t Alphonse, Enfin, monsieur, vous l'aimez?
ALPHONSE
Je ne me crois pas obligé de vous rendre compte de mes sentimens.
Zoé, 5.
( 32 ) ÈRNESTir«ÏE.
Et moi je les devine , et je ne souflFrirai pas un semblable scandale dans la maison de mon père... Peu miimporte qui vous aimiez, qui vous adoriez.,, cela m'est parfaitement indiffèrent. Mais nous devons veiller sur le sort d'une jeune fille qui nous est confiée... J'entrevois vos projets.
ALPHOINSE.
Mes projets !... vous vous trompez... et comme vous le disiez vous-même ce matin... je n'ai pas de préjuges... aussi mon intention est de l'épouser.
PIERRE , à Ernestine,
L'épouser !
ERNESTi]HE.
Qu'entends-je?
PIERRE
Quand je vous disais qu'il ferait des folies !
ERNESTINE
Comment, monsieur.,.
Les mêmes, ZOE, en habit de mariée, ZOÉ, entraîit.
Me Vlà.
Que vois-je?
Quelle toilette !
ERNESTINE
PIERRE
ZOE.
Vous m'avez dit de me mettre ^n mariée... il ne me manque plus rien... que le mari.
PIERRE
V'ià Icoup de grâce î
ERNESTINE
Plus de doute.
ENSEMBLE
Air : De crainte et de douleur. (De ia Batelière.)