‹ Zola, Dumas, Guy de MaupassantChapitre 13 sur 13 · ZOLA · texte numérisé non relu

ZOLA

— Tolstoï part de ce principe que lhomme est bon et que l'amour est en lui à l'état latent. C'est le principe de Rousseau, qui, comme Taine Ta démontré, a conduit à la Révolution et aux deux Empires.

Il dit que nous sommes égarés, et il pense qu'en nous arrêtant pour repartir

sur une nouvelle voie, nous ne nous égarerions plus. Qu'en sait-il? Les circonstances et l'homme lui-même ont fait la société telle qu'elle est. La science n'a pas tenu ce qu'elle promettait; mais obtiendrons-nous de meilleurs résultats, lorsque nous recommencerons, puisque c'est encore l'homme qui créera la science? Je veux bien croire que notre progrès tend vers le bien. C'est une idée consolante. Mais si nous devons y parvenir, ce ne sera que par une évolution lente et non par des recommencements.

On ne revient jamais en arrière. C'est une loi biologique à laquelle on ne peut se dérober sous peine de mort. Il est impossible de s'arrêter pour recommencer ; on ne peut que se transformer peu à peu.

Tolstoï ne fait pas le procès de tel peuple ou de telle organisation sociale, il fait

celui de l'humanité tout entière, de l'homme en général. En admettant même, ce qui est impossible, que l'homme pût s'arrêter et reconnaître Terreur du passé, ii repartirait bientôt sur une nouvelle voie, mais pour s'égarer de nouveau, puisqu'il s'est toujours égaré jusqu'ici.

Pour moi, avec mon cerveau de Latin, je ne peux comprendre ces spéculations métaphysiques. Cet éternel recommencement tourne vraiment à la chanson du Petit Navire,

Page 1