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J'ACCUSE

Que le cri courageux d'Emile Zola résonne clair et aigre comme un reproche envers l'humanité tant qu'il restera des vérités méconnues et des injustices à réparer !

Caricature de Cinirin Çll Tiscbietto, de Turin, 4 octobre 1902.)

L'œuvre ne peut qu'être reléguée au second plan comme pure affaire de curiosité; car si, dans la réalité, l'homme s'efface et disparaît pour ainsi dire devant les créations sorties de son cerveau, dans la satire graphique, tout au contraire, l'œuvre n'intéresse que si elle montre au premier plan l'homme lui-même passé à l'état de cible contre laquelle les crayons s'escriment sans cesse et toujours. Or

si la musique et la chanson popularisent l'œuvre, d'indiscutable façon, elles n'apportent aucun document ni pour la portraiture exacte de l'homme ni pour la notation de son type caricatural — les deux choses qui sont à la base du présent recueil ; les deux productions à l'aide desquelles se constitue l'iconographie des grands hommes.

Avers de la médaille d'or du sculpteur Alexandre Charpentier, remise à Emile Zola, le 13 janvier 1898, par ses admirateurs, dans les bureaux du journal le Siècle.

Un souper de centième. — La centième de "Nana doit être fêtée aujourd'hui, à l'hôpital Lariboisière. La toilette de rigueur est la lévite d'hôpital, pour les; hommes, et le costume de Nana, malade, pour les dames.

Caricature de Robida (la Caricature, 1881).

Les portraits charges de Zola et l'Iconographie du Naturalisme.

Opinion de Zola sur l'image. — Une caricature isolée en 1866. — Les caricatures ne commencent qu'en 1876. — La grande levée des crayons avec l'Assommoir et Nana (1879 1880). — Zola, Balzac, Alexandre Dumas et Victor Hugo. — Caractéristique des caricatures. — Leur violence : le cochon et le maquereau, le pot de chambre, la hotte du chiffonnier, le vidangeur, les sentinelles qui fument, la pétomanie. — L'image au service du gcndelettre prend plaisir à traîner Zola dans la boue. — Elle le rend responsable de l'épidémie pornographique. — Le « nanaturalisme ».

Dans son volume toujours précieux à consulter : Émile Zola, notes d'un ami, Paul Alexis écrivait:

« A Médan, dans un cabinet spécial attenant à la bibliothèque, sur de grandes planches, Zola collectionne tout ce

qu'on dit de lui : éloges, critiques, calomnies, outrages, plaisanteries et bons mots de certains boulevardiers, âne-

fi

« C'est toi, Zola, ou l'auteur de Mes haines, perdu dans ses idées noires, ou le meilleur portrait du Salon, par Manet. »

Caricature du portrait Manet, par André Gill (la Parodie, 1868).

ries, tout se trouve entassé par d'énormes paquets ficelés. Cela dort, en attendant que quelqu'un s'amuse au travail

PORTRAITS- CHARGES DU MAITRE

considérable d'un classement définitif. Parfois, il a l'idée de jouer un bon tour à la critique. Lui, que tant de plumitifs injurient en l'accusant d'être violent, il n'aurait qu'à couper des extraits dans leurs articles; et ces échantillons de l'urbanité de la presse, datés et signés du nom des auteurs, composeraient un fort volume intitulé : Leurs injures,

CHEZ UN ROMANCIER NATURALISTE Vignette pour les Visites de la Vie Parisienne (8 février 1879). « Il travaille les manches de chemise relevées, en tablier de cuir, éclairé par une chandelle, sous la dictée de trois vidangeurs.»

Ecrivain naturaliste, à la recherche de documents humains. Caricature d'André Gill {La Lune Rousse, 26 octobre 1879).

A propos du mot de Cambronne imprimé dans Nana, alors publié en feuilleton par le Vo l taire.

\i tout précédé d'une préface calme. »

Le volume, qui certainement, eût été amusant, ne futpoint fait. Sera-t-il fait quelque jour? C'est peu probable ;' d'autant que ces documents, ces coupures de papier noirci, ont été depuis la mort du maître, quelque peu dispersés !

Celui qui collectionnait, ainsi, avec soin tous les juge-

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