MODERNE CONTROVERSE LITTÉRAIRE
"Le moraliste. — Regardez donc cette jeune dame! Elle traverse ce petit ruisseau de façon aussi osée que si elle était le personnage original de quelque récent roman naturaliste.
Un plus moraliste encore. — Vous vous trompez, mon ami ; la petite ne fait que mettre en action du Zola.
(Lustige Blàtter, de Berlin, 1890).
Exposition! entendons-nous. Henry Céard réunissait, épinglait, dans la salle des dépêches du Gaulois, un certain nombre d'images caricaturales, tout ce que la Zolaphobie
PORTRAITS- CHARGES DU MAITRE 91
avait pu susciter aux uns et aux autres, et les exposait ainsi à la vue du public. Et cette réunion de documents, souvent
piquants, ne fut pas sans intéresser les curieux parisiens. « C'est à tout prendre, écrivait alors, dans la Vie Populaire, M. Paul Ginisty, autre chose qu'un caprice de chercheur; c'est une collection documentaire pour l'histoire de ce temps-ci. J'emploie ce mot « documentaire » et c'est
Kt
ZOLA, DOUX RÊVE Vignette de Robida pour les Auteurs concentrés réduits en galettes comprimées.
(La Vie Parisienne, 3o juin 1888.)
Tous les romanciers et tous les fantaisistes du jour, — Theuriet, Fleur des bois ; Paul Bourget, l'Insondable ; Halévy, l'Aumônier de la Danse, — se trouvent ainsi analysés,
réduits, comprimés, pour employer le terme de la légende, en quelques phrases bien
senties. De cet amusant article, voici ce qui concerne Zola. « Le tas de fumier devenait une montagne auguste et puissante que doraient, au sommet, les rayons de l'astre plongeant à l'horizon, dans les mélancolies glorieuses du combat, mile Macquart charriait toujours. D'un effort obstiné et rythmique, il poussait sa brouette pleine sur les pentes du tas et montait peu à peu, ascendait de l'ombre vers la lumière et se trouvait à la fin tout en haut, étincelant et doré lui-même, comme la flamboyante personnification du travail vainqueur. Cette buée chaude qui montait des fumiers accumulés,- semblable à des spirales de fumée s'échappant de mille cassolettes d'encens, c'était le souffle de la vie, la respiration formidable de l'avenir en germe. Emile, debout sur la montagne, songeait. En avait-il entassé des fumiers ! Fumiers de toutes sortes, depuis les fumiers de l'Assommoir remués d'une fourche courageuse : ce soulot de Coupeau, cette (n'oublions pas que j'écris, aujourd'hui, le couronnement de mon œuvre pour les jeunes filles) génisse de Gervaise et ce (n'oublions pas !) sale voyou de Lantier. Tous immondes 1 Et cette (n'oublions pas que ce livre pourra être donné en prix aux Petits Oiseaux et cherchons une expression chaste) vierge folle de Nana ! Après Nana, une couche de fumier au-dessus, c'était Pot-Bouille, fumier de bourgeoisie en décomposition. Oh ! cet escalier de la maison, en avait-il vu ! Sur chaque marche, sur chaque palier, s'étaient promenées, à l'odeur des plombs ouverts, les amour.s malades et chlorotiques de ces bourgeoises dédaignées par Trublot qui préférait les bonnes bien sales et bien graillonneuses. Sacré farceur, va !
« Ensuite, par la pensée, Emile retrouvait maintenant l'arrière-goût des vieux cataplasmes de la Joie de vivre. Quelle mine pour les porions de Germinal ! Les voyez-vous fouillant là-dedans avec le pic ! Zut alors !
« Mais tout cela ne valait pas le tas d'ordures de la Terre. Ce titre le faisait rêver. Il la voyait, notre planète, concrétion d'ordures, boule d'immondices sur laquelle grouillent les vers et les hommes, roulant énorme et pustuleuse à travers les étendues sidérales et traînant dans l'azur, comme une queue de comète miasmatique, le rebut des saletés humaines.
« Emile, debout, sur sa montagne de fumier, la tête dans le ciel, contemplait maintenant le lis blanc qu'il avait planté.
« Il avait fallu tout cet engrais, ces colossales Alpes de guano pour faire pousser ce lis triomphant, M"8 Angélique, fille de tous ces voyous de Rougon-Macquart, nièce de Coupeau, cousine de Buteau, de Nana, de Lantier, pure et blanche fleur, idéale et chaste figure. »
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plutôt Nana : comme à la quatrième journaux, elle esquinte tout autour
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— Mon pauvre Victor Hugo, si, il y a cinquante ans, vous aviez pu lire et étudier Nana. que de jolies choses vous auriez pu faire !
Aih lui
pas caner père Littré ; en ue j'aie votre fauteuil, il s'agit :ter votre dictionnaire, lisez r, lisez Nana.
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