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ROMANESQUE

ZOLA. — Eh bien ! madame la France, je ne saurais vous conduire à travers de plus grandes ordures.

(lllk, de Berlin, 20 octobre 1887.)

Allusion au Boulangisme.

Il y a enfin la caricature qui, le suivant au fur et à mesure de la publication de ses volumes, l'habillera, le costumera, le représentera suivant l'esprit de chaque œuvre : ici, aimant à thésauriser — allusion à V Argent, — là, en pèlerin coquillard — allusion à Lourdes, — ailleurs la tête auréolée — allusion au Rêve; — ou bien encore, se livrant à certains feux d'artifice — allusion bruyante à la Terre.

Les différentes formes de la satire crayonnée ainsi définies, pénétrons dans les détails de cette multiple imagerie.

Dans ses attaques contre le Naturalisme, qu'elle assimile volontairement à la pornographie, espérant ainsi le tuer dans l'esprit public, la caricature, suivant en cela la littérature (i), va du cochon au maquereau, — mais c'est l'animal cher à Saint-Antoine qui a ses préférences.

(i) La Gazette grivoise dans son numéro 5 (6 avril 1882), publiait une amusante parodie du style et du sujet de Pot-Bouille. C'était intitulé : Un chapitre de Pot-Bouille. « Puisque M. Jules Simon a pris sous son auguste patronage, lisait-on, l'œuvre hybride de M. Zola, œuvre qui est intitulée Pot-Bouille, comme chacun sait, nous nous permettons au nom des saines traditions que M. Simon couvre de son drapeau sacré ou, si l'on veut, de son pavillon béni par le pape et autres compères, d'offrir à nos lecteurs un échantillon de ce roman. Ça les dégoûtera peut-être de le lire. Nous l'espérons. «

Il convient ici de mentionner deux ouvrages, non pour leur valeur très relative par le fait qu'ils sont très incomplets, mais parce qu'ils rentrent dans ce que l'on peut appeler la caricature littéraire. Ce sont : Petit Traité de Littérature naturaliste (d'après les Maîtres), Paris, Vanier, 1880, et la Flore pornographique, Glossaire de l'Ecole naturaliste, extrait des œuvres de M. Emile Zola et de ses disciples par Ambroise Macrobe; illustrations par Paul Lisson, Paris, double Elzévir i883.

Camille B... et Albert H..., les auteurs du Petit Traité de Littérature naturaliste qu'ils intitulent eux-mêmes pochade littéraire, terminaient leur avant-propos par cette petite rosserie : « Heureux serions-nous, si nous pouvions avoir contribué par nos faibles essais à la construction de l'Édifice littéraire nouveau, à l'érection du Sanctuaire

PORTRAITS-CHARGES DU MAITRE

Il trône, le cochon, même dans la salle de rédaction des journaux à la mode, se vautrant dans la confiture naturaliste. Le mot de Cambronne s'enroule en effigie à tous les coins, contre toutes les bornes : des sentinelles fumantes iront jusqu'à servir d'escorte au grand maître. Grâce à l'image, la fiction se change en réalité. La caricature d'André Gill, Écrivain naturaliste à la recherche de documents humains, en dit long sur ce chapitre. Et bien d'autres vignettes avec leur : // estdéjendu de déposer des ordures ici; Hommage de la compagnie Nicher à M. Zola, ne seraient pas d'une éloquence moindre. Par la suite, le mouvement gagnera l'étranger. La vignette des Lustige Blàtter, de Berlin, Moderne controverse littéraire, laisse entrevoir le même état d'âme.

Et comme si ce n'était pas encore suffisant, on appuiera à l'aide d'attributs significatifs, tel le pot de chambre, tout chaud, tout fumant, fleur de naturalisme ; le pot de chambre qui, après Pot-Bouille, deviendra comme une sorte d'allégorie vivante, comme le vase destiné à contenir dans ses flancs la

qui s'élève à la Voix du Maître sur les ruines où sont ensevelis à jamais les derniers débris des littératures classique et romantique!!! » C'est tout dire ou, plutôt, c'est confirmer le caractère de charge que je donnais à cette œuvre.

En formant une gerbe « des fleurs cueillies dans le jardin pornographique, des fleurs nées de la culture du réalisme et du naturalisme », Ambroise Macrobe déclare que ces messieurs « qui s'intitulent avec une modestie douteuse les disciples de Balzac » ont, en effet, osé ce que personne n'avait osé avant eux », et il ajoute que ce qu'il donne c'est « le dessus du panier de leur cueillette dans les mauvais lieux ».

Vraiment, pour écrire de pareilles âneries, il faut peu connaître sa littérature. Il est vrai que l'ignorance humaine est incommensurable. Notons encore, pour ne pas revenir sur ce sujet, le Petit Catéchisme pornographique de Louis Gabillaud et Jules Jouy (1882).

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