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VARIATIONS SUR LA TERRE

Musique d'Emile Zola.

Caricatures de Caran d'Ache (le "Figaro illustré, décembre 1887).

plante rêvée. On ne se contentera pas de nous montrer le maître écrivain trempant sa plume dans V encrier - vase de nuit du naturalisme ; on ne se contenterapas d'appeler l'art naturaliste l'art de déposer des virgulessur des feuilles de papier, on ira jusqu'à plonger la tête de Zola dans le pot de chambre (i), à le représenter timide violette , baignant dans ce vase intime — ce sera le clou d'une Exposition d'horticulture, — assis sur le pot, en habit noir, ou encore, ledit ustensile attaché en bandoulière — objetindispensable, mieux, passé autour du cou — telle une précieuse relique. Que dis-je! On le coiffera du pot tout comme, plus tard, lorsque l'affaire Dreyfus aura soulevé contre lui de nouvelles inimitiés, plus formidables encore, on l'assiéra sur un vase... non brisé, avec cette caractéristique légende : En ma qualité d'Italien, j'aime à rêver sur le Pô ! Pot-Bouille se transformant avec la Terre en Pot Mouille!

ZOLA. EVEQUE DE PLASSANS Vignette de Robida pour Mgr Zola. La Vie Parisienne, 27 octobre 1888.)

(1) Un placard, dû aux années de combat de l'affaire Dreyfus, le représente sous ce titre significatif : Dans sa marchandise.

PORTRAITS-CHARGES DU MAITRE l5o,

C'est, du reste, comme un besoin impérieux de salir, de jeter de la boue à pelletées! Pour un artiste comme Robida qui, tout en mettant sur le dos du naturalisme l'épidémie pornographique, n'entend pas recourir aux images du ruisseau, combien se complaisent dans cette ordure !

Que dire du goret qui, croyant trouver dans son auge un cas tout fraîchement déposé, n'aperçoit que la physionomie de Zola? N'est-ce pas le comble de l'injure graphique?

Après le pot de chambre, après l'auge, les W. C. Une vignette du Charivari (i3 mars 1887), dont tout l'intérêt réside dans la légende, porte ceci — il s'agit d'un jeune auteur allant porter une nouvelle pièce à un directeur de théâtre : — « Ma scène d'autopsie, mon acte du chalet de nécessité, cela tombera le meilleur Zola! »

Et cela aura des équivalents.

Tel certain canard crié de par les rues: Chronique des mufles, V Emile Zola, journal de cabinet — telle cette inscription dans un article de la Vie Parisienne (3i décembre 1881) intitulé Echange de cartes :

« M. Zola. Mer... ci. » — ou encore cette prud'hommerie de bon bourgeois {Chronique Parisienne, 5 mars 1882) :

« Je tiens à conserver mon nom propre. M. Zola dépêchez-vous de le retirer de

VOtre Dût » ^n an8ei descendu des cieux, apporte

» à M. Zola son fauteuil académique.

Si la boue apparaît partout, vignette de Robida pour Mgr Zola

si, par ces temps fangeUX, (La Vie Parisienne, 27 octobre 1888.)

DAUDET A ZOLA — Puisque je ne peux plus y entrer, toi, n'y entre pas non plus, mille pots à tabac ! Caricature de J. Blass (te Triboulet, 5 août 1888).

Daudet venait de se fermer à jamais les portes de l'Académie par la publication de VJmmortet, alors que Zola se présentait à nouveau, pensant que cette fois te 7{êve les lui ouvrirait toutes grandes ; mais le dessinateur a cru devoir lui mettre sous le bras Pot-Bouille, publié en 1882, pour mieux indiquer que, dans son esprit, l'Académie ne pouvait être que fermée à l'un comme à l'autrè.

Zola. — Quoi de nouveau, cher confrère? Sardou. — Rien, sinon que je descends et que vous montez.

Caricature de George Coutan (le Triboulet, 24 février j 889) .

Autre image du même journaf faisant au contraire allusion aux chances que pourrait avoir Zola, grâce au 7{êve publié en 1888. Quant à Sardou, il venait, à ce moment, de faire jouer la Marquise qui n'avait eu qu'un succès relatif.

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