‹ Zola en imagesChapitre 54 sur 114 · LE CENTENAIRE DE · texte numérisé non relu

LE CENTENAIRE DE

Portrait de Zola, par M. Monet. Documents pour servir & Y Histoire du mande et de la littérature.

Vignette de Bac.

(La Vie Parisienne, 13 juillet 1889.)

QUO NON DESCENDAM?

Caricature de Draner (le Charivari, 28 août 1888).

Parodie du Quo non ascendant ?

extrêmes, il faut choisir. Dans une série de croquis sur la Mi-Carême (Charivari), Henriot fait figurer le Char de

V Assommoir et la légende porte : Apres Nana !... Z'oh!

là...! Cet à peu près n'étaitil pas tout nanaturel ?

Nana! j'ai dit plus haut que ce fut le summum de la caricature zolaesque. Elle nous valut une variété d'images qu'on ne trouverait nulle part ailleurs ; images qui figurèrent, jadis, à l'Exposition du Gaulois, et qui sont, aujourd'hui, dans les cartons de la collection Céard, à Carnavalet.

Dans son article de la Vie Popula ire, Paul Ginisty cite les caricatures qui suivent et dont quelques-unes n'ont pu prendre place ici.

Il est donc bon de les retenir.

« Voici, dit-il dans le Molière du 8 juin 1879, sous la signature d'Alexandre Bloch, une planche fort drôle, coloriée, qui montre M. Zola en petite Nana, les cheveux dans un filet, un tablier, un ruban bleu au cou, la robe courte, laissant apercevoir des bas à côtes. En guise de livre de classe, cette étrange

NOS GRANDS COUTURIKRS Maison Zola : Au Pet en î Air d Ang.

'ligue.

Fournisseur des dames de la halle. Caracos, camisoles, jupons de lainages, flanelles, waterproofs garantis deux ans pour traînées et roulures ; casquettes à pont imperméables et insubmersibles. M.Zola a l'honneur d'informer sa clientèle qu'il vient d'ouvrir un rayon spécial, une nouvelle manière d'articles de première communion, voiles blancs, processions et couronnements de rosières. Demandez le Rêve, petite confection pour rendez-vous nocturnes de jeunes filles avec des fils d'archevêques, 13 fr. 50.

(La Vie Parisienne. 20 juillet 1889.)

PORTRAITS-CHARGES DU MAITRE 167

Le Ventre de Paris, grand ballet municipal en deux actes et cinq tableaux. Poè et musique par Emile Zola, représenté pour la première fois, à Paris, sur le thea des Halles municipales le... février 1887.

/or Tableau : Les dames du corps de ballet. Vignette de Sahib (la Vie Parisienne, 5 février 1887).

Nana lit le Voltaire, où se publiait, alors, ce roman, en feuilleton. On s'égaye aussi de la publicité colossale faite autour de Nana (1). Un Grévin dans le Charivari; un

(1) «On était alors fin septembre 1879, dit M. Paul Alexis dans !son Étnile Zola. Depuis cinq mois environ un nouveau directeur était entré au Voltaire (*), avec l'idée de lancer le Journal par la publication en feuilleton de Nana tambourinée partout. Le Voltaire annonça donc Nana pour le i5 octobre. Il s'était livré à une véritable débauche de publicité, multipliant partout les affiches, dans les journaux, sur les murs, sur la poitrine et au milieu du dos d'une légion de sandwichs, et jusqu'à l'extrémité du tuyau en caoutchouc où l'on prend du feu, dans chaque bureau de tabac : Lisez Nana ! Nana!! Nana!!!— Le résultat matériel, dit plus loin Paul Alexis, fut magnifique. Nana qui parut (en livre) le i5 février 1880, fut tirée d'emblée à cinquante éditions, c'est-à-dire à cinquante-cinq mille exemplaires* Fait inouï et je crois unique dans la librairie française. Ces cinquante-cinq mille volumes étaient tous vendus d'avance aux libraires de Paris, de la province et de l'étranger, dont plusieurs avaient fait leur commande depuis un an. Le jour même de la mise en vente, M. Georges Charpentier envoya à son imprimeur l'ordre de tirer dix autres éditions. »

(*) Ce nouveau directeur c'était Laffite, homme aimable autant qu'administrateur habile — mort en 1906 après une intéressante tentative d'hebdomadaire satirique illustré.

LE RÊVE DE ZOLA « Ce n'était qu'une apparence qui s'effaçait après avoir crée une illusion. Tout n'est que rêve. »

(Zola, le J{êve.)

Composition du T4ederlandscbe Spectator (La Haye, 20 octobre 1888).

homme-affiche disparaît entièrement sous l'annonce du feuilleton. Au-dessous du dessin, cette légende :

« Nouveau truc de Walder pour dépister la police. « Un Draner, assez libre, dans le Charivari ; un infortuné passant s'est aventuré dans une colonne Rambuteau. Il se trouve aussitôt bloqué par une affiche de Nana qui lui

ferme toute issue.

« Gill, dans la Lune Rousse, donne un tableau... mythologique, la Naissance de Nana- Vénus. La belle fille, au lieu de sortir de l'onde, s'élance d'une cuvette, non pas nue, mais déshabillée, et M. Zola soulève indiscrètement ce qui reste de ses jupes.

( Caricature re produite ici. Voir page 108).

« Ces caricatures sur Nana , c'est une avalanche, un débordement. Dans la Vie Parisienne, Sahib représente Zola (il devait, à ce moment-là, s'attendre à tout!) coiffé d'une casquette à trois ponts et frappant sur une

L'ARGENT Pour Emile Zola, il n'a pas d'odeur.

Caricature de Vignola {le Triboulet, 29 mars 18

PORTRAITS-CHARGES DU MAITRE

LES SEPT FÉCHÉS CAPITAUX L'Envie :~M. Emile Zola.

Caricature de Moloch [la Silhouette' avril 1891).

danse une valse avec Mlle Massin. Ou bien il annonce la prochaine apparition d'un grand drame :

La Maison de Zola, par le maître, assisté de plusieurs médecins et pharmaciens naturalistes (1). On nous promet quelques maladies assez dégoûtantes, une opé-

grosse caisse d'où s'échappe Nana. Robida, inépuisable, déployant l'imaginationla plus folle, dans des planches colossales , dépensant une verve singulière, ne cesse, alors, de prendre M. Zola à partie.

C'est la 100e de Nana, où les hommes sont costumés en malades et où les femmes sont en chemise ( Vignette reproduite ici , page 81). M. Zola, coiffé d'un bonnet de coton,

(1) M. Ginisty se trompe :

C'est la Joie de vivre ou le Bonheur de se pendre reproduit ici.

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