‹ Zola en imagesChapitre 55 sur 114 · LE RÊVE », UN ROMAN HONNÊTE DE ZOLA · texte numérisé non relu

LE RÊVE », UN ROMAN HONNÊTE DE ZOLA

Le célèbre naturaliste a encore pas mal de choses à nettoyer chez lui, pour pouvoir dignement recevoir la Poésie.

Caricature de F. Graetz (Lustige Blxtter, de Berlin, 8 novembre 1888).

Un roman honnête de Zola ! ce fut en quelque sorte le cri du cœur de tous les journaux, de toute la presse à images, de tous les caricaturistes lorsque le T\êve parut.

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ration assez délicate, etc. C'est Robida, encore, qui, à l'apparition des Soirées de Médan, montrera M. Zola porté en triomphe par quatre Nanas, tandis que ses disciples agitent des bannières où on lit de plaisantes inscriptions contre les idéalistes, une, entre autres, avec ces simples mots : « Qu'on les empaille ! » C'est lui aussi qui consacrera une autre planche au Dang er des mauvaises con-

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, prff tion, et par-dessus tout,

M. Zola méditant les chinoiseries qui lui chose rare à notre épo-

ouvriront les portes de l'Académie. , ,

vait être un emballé : du moins ce fut, dans sa lutte contre Zola et le naturalisme, un sincère. Aux pages si verveuses du maître, il opposait ses graphiques littéraires. La Grande épidémie pornographique ou la Trichinose de l'homme...

naissances, imité de Berquin par Zola. » Robida!

il fut vraiment prodigieux de verve et d'entrain dans cette Caricature créée par lui et par l'éditeur Georges Decaux, maniant à la fois la plume et le crayon, annotant à l'infini ses compositions, créant ou plutôt renouvelant un genre de graphique littéraire qui eut, alors, son moment de vogue.

Il y avait là de l'étude,

Caricature de Vignola (le Triboulet, 3 mai 1891).

que , une très réelle conviction. Robida pou-

PORTRAITS- CHARGES DU MAITRE IJO

et de la femme; le Triomphe du Naturalisme, Nana la belle naturalisse, battant la réclame à la porte du Théâtreexpérimental et dégoûtantiste , sont des pages qui se

Vingt ans après !!!... dans les terres de Sedan !!!... Composition inédite de Charly (6 juin 1892). — A propos de la publication de la Débâcle.

(Collection de M. Grand-Carteret.)

lisent , pour le moins , tout autant qu'elles se regardent. Et, comme si cela ne suffisait pas à ses besoins de lutte et de caricature, il passait prestement de son jour-

— Dites à M. Zola que nous n'accorderons le déraillement que quand il sera de l'Académie.

Composition de J.-L. Forain (te "Fifre, 16 mars 1889).

Nous lisons dans le Figaro :

« M. Emile Zola vient d'obtenir dî la Compagnie de l'Ouest l'autorisation de faire un voyage sur la locomotive d'un express.

« L'auteur de l'Assommoir, du Rêve et de Nana veut se rendre un compte exact du labeur du mécanicien et des impressions que l'on peut ressentir dans cette vie toute de mouvement et de plein air. Ces notes lui serviront pour un prochain roman. »

nal à la Vie Parisienne et là nous donnait, en une série de spirituelles vignettes, M. Zola allant faire ses visites académiques, ou bien costumé en évêque de Plassans, ou bien encore habillé en chef de la grande maison de couture Zola : « Au Pet en Vair d'Angélique. »

Nana, la belle Vénus, la belle en cuisses, avait eu, du reste, le talent de mettre en verve plumes et crayons, quoique, contrairement à V Assommoir, elle ait peu porté à la parodie (i). Ici c'est Bertall qui, apparaissant à nouveau dans l'arène caricaturale, figurera, en une série de petites vignettes, une leçon nanatomique d'après le cours du citoyen Emile Zola ; là ce sera Blass qui, à Nana, opposera Marianne. Bertall et Blass, c'était le Triboulet ; ce fut la caricature politique et réactionnaire contre Zola, alors que Robida incarnait en lui la caricature des écoles littéraires ennemies ; l'une plus acerbe, plus haineuse, l'autre plus fantaisiste, plus pittoresque.

(i) Je ne'vois guère à signaler que : Nana et C", parodie-opérette en un acte, de MM. Blondelet et Ch. Mey (musique de A. de Villejjichot).

PORTRAITS- CHARGES DU MAITRE

La parodie des romans du maître. — Zola et ses contemporains. — Zola défendu par les chansonniers : Jules Jouy et Jacques Ferny. — Deux publications individuelles : L'Année dans un fauteuil, de J. de Marthold, et V Œuvre de Zola, par Lebourgeois. — Vue d'ensemble sur les portraits-charges de Zola. — De quelques caricatures étrangères.

Le grand coup est porté. Désormais la parodie illustrée des romans du maître tiendra la plus grande place. Après le débordement produit par la lutte graphique contre V Assommoir, contre Nana, contre Pot-Bouille, il semble que la caricature ait senti son impuissance. Elle laisse en paix le naturalisme triomphant et consent à ne plus traîner Zola aussi violemment dans la boue (1). Il faut bien dire qu'en 1880, il n'y avait pas eu Nana seulement : tout avait merveilleusement servi les ennemis de Zola dans leurs attaques aussi grossières qu'injustes. La rentrée du maître au Figaro, surtout, fut un prétexte à violentes satires. Il fut accusé de désertion, on le traita de vendu, voire même d' « ensoutané ». On le représenta se campant les hanches

(1) Comme Rochefort avec sa Lanterne, Zola donna naissance à des pamphlets hebdomadaires. Il faut tout au moins signaler le Trublol, (titre emprunté à Pot-Bouille), torchon hebdomadaire à Dédèle. Officiel du naturalisme. Administrateur-gérant Paul Adam. Principal rédacteur : Paul Alexis.

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