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ZOLA ET BRUNEAU

Auteurs de l'œuvre messidormitive dont l'audition a singulièrement affaibli les facultés intellectuelles des chroniqueurs.

Croquis de Guillaume pour la Chronique fantaisiste, de Willy [Journal amusant, 13 mars 1897.)

Pour décrire, dans son prochain livre, Paris d'une façon vécue, les sensations d'un écrasi, M. Zola se fait écraser chaussée d'Antin.

Vignette de Gil Baër (le Supplément, i mai 1897).

liste, deux œuvres doivent être retenues ou, plutôt, deux publications doivent être enregistrées à p art, comme émanant d'individualités distinctes, ce qui les fait plus ou moins rentrer dans la spécialité du livre et, en tout cas, leur enlève ce caractère de publicité et de vulgarisation que possède, seul, le journal. Ces deux œuvres, c'est, d'une part, V Année dans un fauteuil,

partant en parfaite santé et revenant béquillard (cela, pour le punir de son incrédulité ) , les Saluts mènent au salut, montreront la portée de ces caricatures dont quelques - unes furent spirituellement amusantes.

Dans la formidable campagne menée vingt ans durant par la plume et par le crayon contre le chef de l'école natura-

A propos des conférences de Brunetière contre

Zola en Amérique.

Vignette de Gil Baër (le Supplément ,i jaïa i^y).

On sait que Brunetière fit paraître en 1S90 une petite plaquette curieuse : «. Le Rêve. »,.de Zola, jugé par un catholique.

PORTRAITS-CHARGES DU MAITRE

revue de l'année 1888, par Jules de Marthold, un écrivain de talent qui, en maintes circonstances, poursuivit Zola de ses sarcasmes (1), avec des illustrations de Job, Lebègue, Loron, et VŒuvre de Zola représentée en une série d'aquarelles par un dessinateur, du reste peu connu, H. Lebourgeois, cette dernière parue en 1898, c'est-à-dire en pleine affaire Dreyfus.

(1) Dans un volume qui fit quelque bruit, les Contes sur la Branche, se trouve la Fin de Nana « étude idéaliste, dédiée à Chabrillat ». Le bon Dieu au paradis joue au jacquet avec l'abbé Prévost, Philidor et Rivarol à leurs côtés, lorsque saint Pierre lui remet une carte sur laquelle on lit : M1U Anna Coupeau, 6g, rue Pigalle, un volume : Nana, un drame : Nana. Le bon Dieu fait appeler Omar, le conservateur de l'Esprit humain, et lui dit : « Dites donc, vous qui. savez tout, connaissez-vous ça, Émile Zola? » Le calife répond que non. Alors Plutarque émet ce sage avis : « Si on consultait Vapereau. » On téléphone chez Hachette. Édition épuisée. Omar apprend que Zola est un ancien commis de chez Hachette, si bien que le bon Dieu, satisfait, observe : « C'est Un écrivain, alors ; mais en quelle langue écrit-il? » La Bruyère, sèchement : « On dit que c'est en français. » Bref, après une succession de dialogues pétillants, étourdissants d'esprit, qui permettent à l'auteur d'évoquer et de faire apparaître successivement Mme Deshoulières, saint Augustin, Jean-Jacques, Sapho, sainte Thérèse, Maurice de Saxe, Talleyrand — qui intervient pour empêcher le maréchal de prononcer devant le bon Dieu, le nom de Voltaire — Adrienne Lecouvreur, Restif de la Bretonne, Loyola, Cambronne, Raphaël, M. Ingres, Homère, Léon X, Claude Bernard, Jules Janin, Copernic, Luther, — qui met en fureur M. de Buffon pour avoir dit : « C'est un naturaliste, le premier des naturalistes », — sainte Madeleine, Mm" Saqui, Turenne, la Sainte Vierge, le Saint-Esprit — la liste on le voit est longue, et la salade très russe, — l'histoire, vraiment amusante, qui a toutes les qualités d'une bonne caricature, en bonne prose, se termine par l'apparition du Fils Éternel, lequel met fin à toutes ces dialogueries en prononçant sentencieusement ces paroles : « Qu'il lui soit beaucoup pardonné, mon père : il a fait Mes haines. »

Et le bon Dieu agite sa dextre, — et on introduit Nana.

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