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Zola

Mon étoile m'a permis de voir un jour l'illustre Zola. C'était dans une ville d'eaux, à Cauterets, au Mont-Dore, à yichy, je ne sais plus. Il se promenait sous une allée d'arbres, seul, l'air lassé, gardant, au milieu des désœuvrés qui se le montraient les ims aux autres, une contenance indifférente, dénuée de toute superbe. Il était encore relativement jeune alors, mais je dois dire qu'il ne m'en parut pas plus beau pour cela. Sa personne était quelque peu massive. Une grosse tête ronde, ornée d'un binocle sur un nez court. Rien de distingué ; rien qui annonçât le romancier puissant; pas un rayon. Une silhouette lourde de docteur allemand, robuste et matérielle, ou, si l'on veut, le galbe de quelque gros marchand enrichi dans n'importe quel

commerce, venu là pour se reposer des affaires.

Cet homme était pourtant une des célébrités du moment. Il avait déjà beaucoup écrit, 'et sa réputation, quoique très discutée, semblait devoir grandir encore. Elle grandit, en effet. Zola, depuis ce jour, a toujours tenu le public en haleine ; il s'est montré, divulgué, dévoilé, imposé avec une sorte d'impudence, tenant toujours l'affiche, battant le tambour, poussant une invraisemblable réclame, se mettant toujours en avant, encombrant le pays de sa personne suffisante et bruyante. Il parut partout, fut mêlé à tout, et il salit tout ce qu'il toucha de sa grosse main maladroite et lourde.

Écrivain de malheur, fléau vivant pour sa patrie d'adoption qu'il abaissa et qu'il compromit.

Je voudrais, ici, en rassemblant mes souvenirs et mes impressions, essayer une étude aussi fidèle que possible de l'homme, de ses œuvres et de la triste influence qu'il exerça sur notre époque.

Dans cette étude, je prétends être juste. Que si pourtant il m'échappe quelques expressions un peu vives, on voudra bien le mettre sur le compte de la légitime indignation qu'inspire naturellement à tout honnête homme ce corrupteur de l'art et du peuple.

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