V. La Cathédrale, p
triotisme; très souvent il a parlé en termes émus de la « Patrie française»; ce demi-sang, toutes les fois qu'il y a trouvé son intérêt, a fait vibrer cette noble corde. Mais il n'est pas nécessaire d'y regarder de bien près pour voir qu'il est tout le contraire d'un patriote, plus que cela: que le patriotisme est un sentiment qui lui est si étranger, qu'il ne le comprend même pas.
Dans la Débâcle, il s'attaque à la Patrie elle-même. Sans doute, il a prétendu, en publiant cette diatribe épaisse, rendre service à la France, et démontrer après son relèvement, par les causes fnêmes de sa 'défaite, l'espoir de sa reconstitution. Il avait fait, disait-il, non une œuvre de dénigrement ni de découragement, mais une œuvre de précaution pour l'avenir.
Eut-il réellement cette intention honorable et louable? Il ne faut pas voir ce qu'ij a voulu faire, mais ce qu'il a fait, et ce qu'il a fait, c'est une œuvre antipatriotique essentiellement. Il débande d'une main brutale les plaies du pays;
il jette l'injure et le mépris à la face de nos soldats vaincus ; il ne nous montre que des généraux ineptes ou lâches, un capitaine qui abandonne ses troupes encore toutes sanglantes des combats meurtriers de Beaumont et de Rémilly, pour courir chez une femme galante, une Française, qui, pas plus que lui, ne se soucie des effroyables malheurs de la patrie. Nos petits soldats ne sont pas mieux traités : ils se plaignent et geignent tout le temps, et ne songent qu'à se mettre dans l'estomac « quelque chose de chaud (^) » ou à s'étendre sur un bon lit. Bref, il met dans ces âmes une telle absence du devoir qu' « une armée de ce genre se serait débandée au bout de huit jours et eût été incapable de livrer une seule bataille {^) ».
Pas de pitié, même « pour cette malheureuse armée de Mac-Mahon, qui a pu
1. Cette expression revient presque à chaque page et finit par énerv^er le lecteur.