Retour de voyage
écrivait le capitaine bavarois que j'ai déjà cité, — si ces théories étaient approuvées en France, alors je plaindrais de tout mon cœur le corps des officiers français; car, en vérité, ce n'est pas la peine de sacrifier sa vie pour un peuple qui ne reconnaît pas le devoir dans le malheur et qui n'a de reconnaissance que pour les armées heureuses ».
Au milieu de ces insultes à l'armée et à se5 chefs, vous trouverez des types de civils abominables, faits, en vérité, pour dégoûter les honnêtes gens du nom français : des brutes à qui le patriotisme est inconnu, qui tuent ou plutôt assassinent des ennemis pour sauver leur maison ou simplement pour le plaisir de tuerv qui ne voient qu'une chose dans la capitulation : la sauvegarde d'intérêts personnels qui leur sont plus chers que tout.
C'est ainsi que cet écrivain qui se dit Français traite ces Français qui sont morts par milliers sur les champs de bataille où, lui, n'a jamais exposé sa précieuse peau. Il falsifie les faits, il salit
l'armée vaincue malgré des prodiges de courage, il fait croire que la France a perdu 'l'honneur, qu'elle a su garder, dans son malheur, au prix du plus pur de son sang!
En résumé, par, cette Débâcle sacrilège, il a abaissé la France devant elle-même ; il a soufflé] l'indiscipline sur notre armée ; il a contribué plus que personne à créer ce mauvais soldat frondeur, qui rit de ses chefs, qui les déclare incapables, qui a horreur de l'obéissance, de la discipline, de toute contrainte et de tout sacrifice.
Ce n'est pas tout. Antipatriote, Zola le fut encore à un autre point de vue. Par sa prétendue description de nos mœurs, il a calomnié notre pays auprès de l'étranger. Il a fait croire que nous étions un peuple abâtardi et corrompu^ le plus abâtardi et le plus corrompu de tous les peuples. « Les romanciers les mieux intentionnés, — Emile Zola plus que tout autre, — écrivait naguère un sociologue suisse, M. Paul Seippel, ont
contribué à donner au monde une idée parfaitement fausse et injuste de leur pays (^) », Et le fait est « qu'on ne dira jamais assez, ajoute M. Victor Giraud, tout le mal que Zola, sans s'en douter» je veux le croire, aura fait à son pays. Aucun romancier français contemporain n'a été plus lu, plus traduit, — et plus cru sur parole, — que l'auteur de la Débâcle et de Fût-Bouille ; aucun n'a eu sur l'opinion européenne à notre endroit une influence plus générale et plus néfaste (2) ». On le voit : il fut patriote à la