Albert Wolff
autre, accessible aux honneurs faciles, avec toutes les faibksses de la race, ses capitulations, avec les mesquineries de la vie. ses satisfactions de revêtir aussi bien que le voisin quelque frac brodé, de ceindre une épée quelconque, de frayer avec les ducs récalcitrants, et de conquérir les évêques qui restaient sur la défensive.
« Les amis les meilleurs sont morts ou vivent dans l'impénitence finale. Flaubert est descendu dans la tombe sans avoir connu ni envié le sort heureux de ceux qui tiennent les cordons du poêle sous un déguisement dessiné par David, et qui, démodé dans sa coupe, prêtant à rire sous ses broderies, vieillit un homme plus sûrement que les années et lui enlève sa liberté d'être dans l'esclavage que lui imposent les convenances spéciales de ce milieu particulier. Alphonse. Daudet, après avoir été berné par beaucoup de ceux qui ne lui allaient pas à la cheville, a eu un réveil de fierté devant les humiliations. Concourt, dont l'orgueil
peut être démesuré, mais tirés diigne, offre ce spectacle plein de consolations, d'un homme parvenu à la vieillesse sans ambition autre que celle de son art.
« Et Zola?
<« Retoqué une première fois par l'Académie dédaigneuse, il revient à la charge et il y reviendra jusqu'à ce qu'on le reçoive, lui, le grand, artiste, faisant de la sorte concurrence a. de petits esprits que je ne veux pas chagriner en les nommant et qui se contentent déjà de la situation, très discutable comme gloire, de candidat perpétuel et invariablement éconduit. Sans doute, il est enviable de s'asseoir entre les immortels pour de vrai et les immortels en toc, mais Zola seul suffisait dans sa fierté pour prouver que la gloire acquise dans la liberté, consacrée à présent par la popularité, n'avait pas besoin des applaudissements toujours les mêmes d'un public spécial qui, aux yeux de M. Pingard, mais aux siens seulement, décerne définitivement les palmes de l'immortalité.
« Que Zola, une première fois, se présentât à l'Académie, il n'y avait là rien qui pût nous chagriner. Il y avait quel que malice de sa part et un peu de joie pour la galerie à le voir mettre dans l'embarras une Compagnie qui, n'osant ni le recevoir, ni le refuser, choisissait un outsider pour se tirer d'une situation pénible. L'estime littéraire profonde de quelques académiciens, très connus et des plus justement célèbres, s'est manifestée par un nombre si restreint de voix que Zola pouvait rentrer à Médan avec la conviction d'avoir joué un bon tour à l'Académie française. Mais c'était assez !
« La reprise de cette charmante plaisanterie manque de grandeur. Aller jusque dans' les salons des ducs pour enlever une voix à M. Thureau-Dangin ou pour se croiser dans la porte entre-bâillée avec le très excellent M, Eugène Manuel, il y a dans cette résignation de ce grand insurgé quelque chose de pénible qui m'attriste et qui m'a forcé de me re-
tremper dans la Conquête de Plassans pour retrouver toute mon amitié et, je dis le mot, tout mon respect pour Emile Zola!
« Mais ce n'était pas assez, et pour soumettre les sympathies à une plus dure épreuve encore, Zola a eu l'ambition d'être du Comité de la Société des Gens de Lettres, où siègent des hommes de talent, mais qui est aussi la maison hospitalière où les écrivains d'aptitudes modestes entrent à force de poignées de main, et ce, souvent d'autant plus facilement qu'ils ne portent pas trop d'ombrage à leurs électeurs. C'est aussi un acheminement pour les palmes d'officier d'académie, car ces mots : « Membre du Comité des Gens de Lettres» en imposent toujours à un parlementaire qui est ministre de l'Instruction publique sans qu'il ait jamais connu les coulisses de notre profession. Il n'était pas surprenant qu'un homme de la valeur de Zola y fût reçu et même qu'on songeât à rebadi-
geonner la façade vermoulue et poussiéreuse de cette institution avec les raclures de son renom délayées dans le verre d'eau sucrée traditionnel des assemblées générales. Et voici Zola, académicien dans l'avenir, président de la Société des Gens de Lettres dans le présent.
«Le voici au fauteuil, et devant lui la sonnette pour guider les délibérations.
Il nous aurait plu qu'il s'y installât avec quelque crânerie et qu'il acceptât cet hommage à sa situation comme une chose due. Zola est monté à ce fauteuil de façon piteuse, avec des phrases d'une banalité prudhommesque, disant ou à peu près que ce fauteuil est le plus beau capitonnage de sa vie et qu'il s'y bercera avec rémotion d'un honneur immérité. Déjà, en entrant dans la Société, il a déclaré qu'il était las de vivre dans l'isolement et qu'il éprouvait le besoin de se serrer les coudes avec les Tartempions et les Farf ouillards, qui sont moins rares dans notre société que les hommes de réelle valeur. Philibert Audebrand,doyen
d'âge^ en a la ]arm.e à rœil, et, du côté du Père-Lachaise, un ricanement formidable sort de la tombe d'Edmond About.
Ah ! quelle comédie, mes amis !
« Et que cette représentation est donc vraiment affligeante pour nous qui aimions le Zola d'autrefois, indifférent à toutes les mascarades de la vie, si plein de lui, de sa valeur, de sa force, de sa supériorité, qu'il menaçait ,d'en éclater, et qu'il s'est fait maigrir pour retrouver l'élasticité, comme un ballon lâche du gaz quand il menace de crever dans les hautes altitudes sous la pression atmosphérique trop surchargée. Ce n'est pas ainsi, mon pauvre Zola, que je vous ai entrevu jadis, capitulant avec vous même pour obtenir quelques faveurs insignifiantes, yous étiez plus imposant dans cette masure de Médan où, loin des influences, des congratulations, des poignées de main séductrices et des sourires engageants, vous n'étiez ni de l'Académie française ni président de quelque
chose, mais Zola tout court, rien que Zola, et c'était assez !
« Il est donc vrai que, l'âge venant, aucun mortel ne peut s'affranchir entièrement des titres et sous-titres qui en imposent encore à la province, mais qui ne trompent pas les Parisiens de Paris. A voir ainsi le Zola nouveau modèle, ils perdront une illusion qui leur fut chère, celle d'un homme pouvant, dans sa supériorité, rire de tout cela et vivre grand dans la gloire sans trébucher sur la gloriole.
« C'est fait, et le reste n'est plus qu'une question de temps. La masure de Médan étant devenue château, il n'y a pas de raison pour que le propriétaire ne devienne châtelain dans toute la force du terme, avec toutes les faiblesses insépa râbles de cette position sociale. Zola, tu Marcellus eris, vous serez maire de Médan et escorté par les pompiers, vous donnerez le bras à la rosière. »
Le Juif Bernard Lazare, qui devait de-
venir son allié dans un procès fameux, faisait chorus avec Wolff :
« Il fut Révolté, de son état, mais il n'exerce plus guère. Il passe dans la vie comme un pénitent qui se frappe la poitrine et confesse ses erreurs passées.
Lui qui faisait fi des distinctions, il les réclame désormais toutes, et volontiers demanderait-il le Mérite agricole parce qu'il écrivit la Terre, et la médaille militaire parce qu'il a fait la Débâcle. Pour avoir ce qu'il désire, il sacrifie volontiers ce qu'il pensa; il est prêt à tout, aux palinodies et même aiix excuses ; et c'est im grand spectacle d'humilité et de modestie qu'il nous donnera, le jour où il s'asseoira sous la coupole, dans un fauteuil que secrètement il trouvera trop étroit pour lui, fût-ce le siège de Taine.
« O cette après-midi, la verrons-nous?
Certes, et nous devinons les paroles que M. Zola prononcera. Pour plaire à Claretie, il déclarera que les coups de massue d'autrefois étaient sans importance.
Il dira que Feuillet était un grand
homme, que Cherbuliez est un écrivain, Gaston Boissier un historien, Rousse un orateur, Freycinet un homme d'État, Maxime Du Camp un philosophe et Pingard un profond politique. Il dira tout ce que l'on voudra, et même ce qu'on ne voudra pas, et pour rassurer ses collègues il se tuera avec la grande épée à poignée de nacre : cette épée qui sera le plus beau jour de sa vie, le jour de ses solennelles funérailles. Quant au souvenir de ce qu'il fut, il ne vivra plus que dans les complaintes, et l'on oubliera que Zola est encore. »
Citations édifiantes, où l'amitié montre qu'elle n'est pas aveugle et qu'elle aussi a des griffes!
C'est l'oi'gueil enfin qui lui persuada qu'il pouvait jouer un rôle dans la politique et le fit se dresser comme un justicier devant les deux Conseils de guerre qui, après avoir condamné le traître Dreyfus, innocentèrent Estherazy.
C'est l'orgueil qui lui inspira ces let-
très à la Jeunesse, qui forcèrent la jeunesse à le huer.
C'est l'orgxieil qui lui dicta la lettre fameuse; « J'accuse », du 12 Juin 1898, — cette lettre où, complice des pires anarchistes, il vouait au mépris les chefs de notre armée, ne voyant pas, ou ne voulant pas voir que, derrière ces chefs, il y avait des centaines de mille hommes auxquels il risquait d'enlever la confiance et qu'il se faisait ainsi, plus coupable que le traître lui-même dont il prenait la <léfense, l'artisan possible d'une nouvelle Débâcle.
C'est l'orgueil qui le poussa dans ce procès ignoble, lequel donna la fièvre à la France pendant de longs mois, en fit la risée de l'Europe, et faillit la perdre. On lui avait montré un rôle gigantesque à remplir, un innocent à réhabiliter, vin peuple à ramener à la raison et à la justice, le monde entier ébloui par sa puissance et par sa grandeur d'âme. Il n'était plus un simple romancier. Il entrait dans l'histoire par le plus
haut portique ; il devenait, devant la postérité, l'émule de Voltaire : Voltaire avait réhabilité Calas ; lui, Zola, il aurait réhabilité Dreyfus! C'en fut assez. Comme un sanglier enragé, il se jeta tête baissée dans l'énorme aventure. Vainement le pays protestait; vainement les sifflets et les insultes tourbillonnaient autour de sa voiturfe à la sortie des audiences ; vainement il voyait s'entasser sur sa table les télégrammes laudatifs de l'étranger; vainement il entendait crier à ses oreilles par l'un de ses amis le cri impie de « A bas la France »; vainement ceux qui le soutenaient, dans le pays même, socialistes, anarchistes, intellectuels détraqués, cosmopolites sans patrie, dévoilaient, par leur ardeur même, le dessein d'abaisser l'armée et tout ensemble de troubler la nation pour le plus grand bien de leur déloyale et ruineuse politique, l'orgueilleux qu'il était, aveuglé, ne voyait rien dans tous ces symptômes menaçants que lui-même, lui-même qui avait engagé une bataille et qui ne vou-
lait pas la perdre, son pays dût-il en périr. Devant son moi formidable, rien n'existait plus, pas même la Patrie!
Quand la cause fut perdue pour laquelle il avait lutté avec tant de rage, tout pâle et tout tremblant, il lut le factum suivant:
« M. Méline, en disant qu'il avait confiance en vous, vous a donné l'ordre de me condamner. M. Méline a cédé en cela à une pression. Si je suis devant vous, c'est que je l'ai voulu: j'ai voulu' mettre entre vos mains l'honneur en péril de toute la nation. On a affecté d'accepter votre juridiction, mais on vous a retiré de la main gauche ce qu'on vous donnait de la main droite.
« La lumière, c'est ce que nous voulons : nous avons eu à lutter contre une volonté de ténèbres extraordinaire. Mon défenseur vous dira l'histoire vraie. La vérité est en marche, elle agira.
« Je n'ai pas attaqué les chefs; si j'ai attaqué quelques personnalités, — l'armée est en dehors, — j'ai fait un acte né-
cessaire et je suis moi-même un bon patriote.
« Vous êtes le cœur et la raison de Paris, de mon Paris que 'je connais; j'ai siégé au banc où vous êtes, et vous, songiez à être la justice ; — je vous suis dans la salle de vos délibérations, je vous vois dans vos familles et vous entends causer, vous êtes des travailleurs et vous parlez de la crise qui menace de devenir épouvantable. Votre pensée est qu'en voilà assez.
« Vous me condamnerez pour arrêter cette crise, mais ce serait vous tromper.
« Regardez-moi, je ne me défends pas ! mais combien vous vous tromperiez en croyant rétablir l'ordre en me frappant. On vous demande de me frapper parce que j'ai crié mon angoisse.
« Ne faites pas déborder le vase. On dit que c'est nous qui causons le scandale. Est-ce que nous n'avons pas averti le général Billot? Si le pays est dans la peine, la faute en est au pouvoir qui a manœuvré pour maintenir les ténèbres.
« A l'heure actuelle, l'affaire Dreyfus est bien petite. La France est-elle toujours la France des droits de l'homme?
Voilà la question. Il s'agit du salut de la nation. Il n'y a qu'un seul remède : dire la vérité et rendre la justice.
« C'est le grand jour qu'il faut exiger. De toutes parts, on se lève au nom de l'intelligence pt de la raison pour savoir où est la vérité, mais nous ne songeons à cela que dans le secret de nos âmes. Nous savons la vérité et le gouvernement pourra la trouver quand il voudra.
« Dreyfus est innocent ! devant vous, devant la justice, devant la France, devant le monde, je jure que Dreyfus est innocent !
« J'y consommerai ma vie et je vaincrai. On peut me frapper, un jour la France me remerciera. »
Il le déclarait lui-même: un acquittement l'égalerait aux plus grands de l'his toire, et, fût-il frappé, son front irait encore toucher les étoiles. Cet homme, qui
ne croyait pas à l'infaillibilité du Pape en matière religieuse, en matière judiciaire croyait à sa propre infaillibilité !
Il fut battu.
Au cours de plus de dix audiences, interminables et pleines de tumulte, ni Zola, ni Labori son défenseur, ni Clemenceau son coaccusé, ni ses témoins appelés de Suisse et de Belgique ou sortis des clans d'Israël, n'avaient pu apporter aucune preuve de l'innocence de Dreyfus, aucune preuve de la culpabilité du grand état-major général. L'honneur de l'armée restait inattaquable, et tout l'échafaudage construit à coups de millions par les Juifs croulait lamentablement. La France, qui avait enfin flairé le piège infâme, acclama les généraux que le pornographe avait traînés sur la sellette de la cour d'assises comme s'ils eussent été eux-mêmes des traîtres, et la justice prononça son verdict.
Zola fut condamné au maximum de la peine : 3000 f rs d'amende et un an de prison. Le colosse s'écroulait dans la
honte (^). L'Allemagne, rAutriche et l'L talie rugirent ; la France respira. La conscience publique et le patriotisme vengés saluèrent en même temps d'un immense cri de joie la chute de l'écrivain, ami des traîtres ; toutes les villes applaudirent, et Judet, dans le Petit Journal^ exprima le sentiment universel en ces termes dignes d'être cités :
« Le jury l'a compris. Il a fait ce qu'il a dû ; il a fait ce qu'il a pu.
« Il a fait ce qu'il a dû en condamnant la révolte de Zola contre sa patrie.
« Il a fait ce qu'il a pu, la loi dont il disposait ne comportant que des pénalités inefficaces.
« Il a donné le maximum, un an de prison.
« Ce maximum légal prouve encore combien le procès lui-même abaissait l'autorité de la poursuite en la réduisant à une simple affaire de diffamation. Car
ce maximum ne pouvait garantir une expiation.
« Ce n'est pas une sanction : elle serait trop médiocre au prix du forfait.
« Ce n'est pas jin châtiment: il serait insignifiant.
« Ce n'est qu'une flétrissure. C'est la flétrissure de Judas ! »
Il tombait, l'orgueilleux, ce mercredi qui ouvre le carême catholique, le jour où l'Église répète, en déposant une pincée de cendres sur le front des chrétiens : « Souviens-toi, ô homme, que tu es poussière, et que tu retourneras en poussière! »
Il tombait, l'impie, au mois de février, à l'époque anniversaire des apparitions historiques de Lourdes qu'il avait blasphémées !
Il tombait un lendemain du carnaval, alors que les pitres mondains rejettent leurs travestissements et leurs masques crevés; il tombait dans ce Paris qui le conspuait et dont il avait cru longtemps être la plus grande idole I
La terrible aventure n'en finit pas là: il se trouva un tribunal français pour casser le juste jugement de la cour d'assises, sur la demande de l'immortel Manau, lequel supplia Zola,, comme on s'en souvient, « de prendre la France en pitié! » Le conseil de guerre deux fois outragé renouvela sa plainte, et le procès reprit son cours à .Versailles, à la grande joie de pos plus avérés ennemis. En juillet, M. Cavaignac, ministre de la guerre, affirma sur son honneur, devant la Chambre, la culpabilité du traître et lut certains documents sur lesquels s'appuyait sa conviction. Les partis politiques, rêvant le renversement du ministère, se reprirent à douter ou firent semblant, et, d'autre part, les stipendiés, niant l'authenticité des documents lus à la tribune, profitèrent de l'occasion qui leur était offerte de rentrer en campagne.
Zola se tut : son insuccès l'avait comme assommé. Rentré dans l'ombre, triste, il reprit sa tâche de romancier et écrivit
ses derniers ouvrages. On le trouva, un matin de 1902, étendu sur le parquet de sa chambre à coucher, inanimé, la tête baignée dans les ruissellements de sa table de nuit, renversée par la chute de son corps. i
Tel fut l'homme; tels furent ses actes publics.
Vraisemblablement, il se trouvera des intellectuels pour créer une légende autour de cet écrivain. On dira, avec je ne sais quel petit avocat italien, ennemi juré de la France, qu'il fut « le champion le plus énergique et le plus loyal de la civilisation moderne. » On essaiera d'en faire un génie et un martyr, peut-être même une victime des Jésuites! Déjà les défenseurs des Juifs, les achetés du syndicat Dreyfus, ont tenté de lui fabriquer une auréole. C'est ainsi que procède d'ordinaire l'esprit de parti. Le 3 juin 1908, le gouvernement de Clemenceau transporta au Panthéon les restes du pornographe, à la galopade, et au milieu des cris de protestation de la
foule. Ce fut à la fois grandiose et honteux. Geste inutile, d'ailleurs: l'histoire impartiale, s'appuyant sur le témoignage, non des énergumènes et des vendus, mais sur celui des faits simplement, n'aura pour ce caractère que le profond mépris qu'il mérite. Elle dira que cet homme fut affolé d'orgueil, mauvais patriote, néfaste à la France, un criminel cent fois plus coupable que les pires bandits.
Un coup d'œil sur ses œuvres justi fiera ce jugement qui est, croyons-nous, celui de tous les hommes sensés et honnêtes.