VORARLBERG ET TYROL SEPTENTRIONAL
Le Vorarlberg et le Tyrol septentrional, considérés à part dans ce chapitre, ont donné, pour la zone qui nous occupe, des résultats plus précis et plus concordants, et les auteurs qui s’en sont occupés, ont été unanimes d’abord à la considérer comme triasique. Nous verrons plus loin que tous se sont déterminés depuis à la regarder comme un groupe distinct.
M. Escher de la Linth est le premier qui ait donné sur cet horizon, des renseignements stratigraphiques complets, sinon exacts sur le Vorarlberg.
Près d’Au, dans le Bregenzwald, rive droite de la Bregenz (1), à la partie inférieure d’une série d'assises assez compliquée, ce savant nous signale de haut en bas:
4° Un calcaire rouge à Belemnites brevis, Nautilus aratus, Am. Bucklandi, Am. Conybeari, etc., bien caractérisé comme Lias inférieur ;
2 Un calcaire à Megalodon scutatus ou calcaire de Dachstein, moins développé qu’en Autriche ;
3° Un horizon inférieur que M. Escher assimile, par sa faune, partie aux couches de Koessen et partie au Saint- Cassian ;
4 Enfin des dolomies qui, de même qu’en Autriche et dans le Tyrol méridional, couronnent les couches du Trias à Halobia Lommeli. |
La présence de ces dolomies au-dessous du terme n° 3 de
(1) Neu. Jahrb., 1846, p. 421.
la série qui précède, aurait dû faire naître des doutes dans l'esprit de l’auteur au sujet de l'assimilation qu’il en fait avec le Saint-Cassian : mais son opinion paraît fixée par la présence dans ce dépôt de trois espèces propres aux couches de Saint-Cassian (Spondylus obliquus, Munst., Oliva alpina, Klipst., et Cardita crenata, Gold.), espèces qu’une étude plus attentive nous fera connaître plus tard sous les noms d’Acteonina elongata, de Cardium austriacum et de Plicatula intusstriata.
Une autre coupe très intéressante aussi, donnée par le même auteur, est celle du Zimperspizte, dans la vallée de la Rell, où l’on aperçoit successivement, au-dessous d’un calcaire gris schisteux :
4° Le calcaire rouge du Lias inférieur ;
2 Le calcaire à Megalodon qu'il rapporte au Saint-Cassian, mais qui appartient en réalité au Koessener-Schichten ; |
3° Les dolomies alternant à la partie inférieure avec des gypses, puis des schistes noirs et les marnes irisées.
Il en est de même encore du profil pris au-dessus de l’'Elbigenalp, dans le Bernhardsthal où l’on suit également la série couche par couche, de où M. Escher considère de même les calcaires à Megalodon, comme se rapportant au Trias.
Au surplus, dans toutes les coupes données par l’auteur, ces calcaires à Megalodon scutatus ou leurs équivalents reposent invariablement sur les dolomies.
€ Dans le bassin inférieur de la Lech, dit M. d’Archiae, « dans les excellents extraits qu’il a donnés des travaux de « M. Escher (1), les dolomies n’ont pas moins de 4,000 mè- «tres d'épaisseur. Elles recouvrent les couches à em-
(1) Histoire des progrès de la Géologie, t. VIL, 2e part., p. 351.
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« preintes végétales et sont surmontées de calcaires nodu- « leux et de schistes foncés avec Gervillia inflata, Schafh., « Cardita crenata, Gold., Spirifer uncinatus, Schafh., qui, « suivant l’auteur, caractériseraient aussi les couches de « Saint-Cassian. Les fossiles que M. Escher a recueillis dans
« l'Elmenalp, la Scesaplana, le Bernhardsthal, l’Ellebo- «gen, etc., et qu’à déterminés M. Mérian, sont: Natica « alpina, Mer., Cardium semipolitum, id., Avicula Escheri, «id., Gervillia inflata, Schafh., Cardita crenata, Gold., « Spondylus obliquus, Münst., Pecten Lugdunensis, Leym., « Ostrea voisin de l'O. Marshii, Sow., Spirifer uncinatus, « Schafh., et des térébratules. »
Ce passage que nous avons tenu à rapporter ici littéralement est pour nous des plus significatif :
D'abord, parce qu’il fait voir clairement, au-dessus des dolomies, la position des couches à Gervillies, objet de tant de controverses et d'erreurs; ensuite parce qu’il nous donne la liste complète des espèces recueillies à ce niveau inférieur par M. Escher, sauf les térébratules.
Or, si l’on considère que la Cardita crenata qu'il cite à ce niveau est reléguée aujourd’hui dans la synonymie du Card. austriacum, de Hauer, par tous les auteurs, aussi bien par les partisans de l’union du groupe au Keuper, que par ceux qui le rattachent au Lias ; que la Natica alpina (non d’Orb.) est la Natica Rhætica de Gümbel, 1861; que son Cardium semipolitum n’est qu’une variété du Cardium Rhæticum, Mer. ; que l’Avic. Escheri, est l’Av. contorta la mieux caractérisée ; que le Spondylus obliquus n’est autre que la Plicatula intusstriata et l’Ostrea voisin de l'O. Marshii, n’est que l'O. Haidingeriana, on se demande quel argument paléontologique il reste à faire valoir pour réunir cette faune à celle du Trias, puisque toutes les espèces citées sont, ou propres à la zone qu’elles occupent, ou communes en même temps à l’Infra-Lias.
Nous ne parlerons ici ni des travaux de M. Studer (4), |
nideceux de M. Mérian (2), qui nous semblent partager à tous égards, l’opinion de M. Escher, leur coopérateur, et puis parce que les développements dans lesquels nous pourrions entrer à cet égard, n’ajouteraient rien à la précision des faits que nous venons d’exposer.
Mais avant d'aborder les recherches si instructives de M. Gümbel sur cette région, nous ne pouvons nous dispenser de citer le mémoire de M. Stotter sur le calcaire alpin du Tyrol (3), bien que les divisions qu’il y a tracées soient trop larges, trop incertaines pour que l’on FRE à reconnaître et y délimiter notre zone.
Les divers profils publiés par M. Gümbel, tous également remarquables et d’une grande clarté, confirment en les dé taillant, les données stratigraphiques que nous devons à MM. Escher, Studer et Mérian.
Dans sa coupe de Brégenz, dans le Clausterthal, que nous nous bornerons à citer ici, on distingue de haut en bas, à partir des schistes d’Algau :
4° Calcaire rouge d’Adneth ;
2 Calcaire de Dachstein ;
3° Couches à Gervillies ; .
4 Dolomies inférieurs ;
d° Schistes alpins inférieurs.
Ces diverses couches, sauf le calcaire rouge d’Adneth et peut-être la partie supérieure du Dachsteinkalk, doivent, selon l’auteur, être rapportées au Keuper. Cependant il nous a semblé remarquer dans cette appréciation de sa part quelque chose de vague et d’indécis, qui nous prouve que son Opinion n’était peut-être pas parfaitement fixée.
(1) Geol. der Schweïz, t. XI. 1853. | (2) Géclogie des Alpes du Vorarlberg, 1859.
(8) Berichte über die Mittheil. von Freunden, etc., t. X, 1849.
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