‹ Zone a Avicula contorta; ou, Étage Rhaetien; état de la questionChapitre 12 sur 63 · BAVIÈRE · texte numérisé non relu

BAVIÈRE

Dès 1828, le célèbre de Buch découvrait à la Gruberalpe, sur le Setzberg, en Bavière, les couches à Gervillies, mais . Sans se rendre un compte bien exact de la position qu’occupait dans la série, le terrain qui les contenait.

Plus tard, MM. Murchison et Lilienbach retrouvaient ces |

mêmes couches et ces mêmes fossiles (Gervillies et Avicules)

sur le territoire de Salzbourg, et, après eux, en 1840, M. Schafhaeutl les signalait à l'attention des géologues à Koessen, localité que ce gisement devait bientôt rendre célèbre dans le monde scientifique.

Mais les études stratigraphiques et paléontologiques étaient trop peu avancées alors pour que cette découverte füt appréciée à sa valeur et pour que l’on se doutât des conséquences qui devaient en résulter, au point de vue des théories admises et des classifications adoptées.

Aussi, tous les hommes spéciaux furent-ils alors unanimes à décider que ces dépôts appartenaient au Jura brun.

Cependant, l'éveil étant donné, les recherches continuèrent.

M. Emmrich (1) indiqua ces couches à Gervillies et à Avicules sur un grand nombre de points.

I les signala à Traunstien, Waidering et Unken, où elles séparent ce que l’auteur appelle le calcaire alpin inférieur des calcaires rouges à Ammonites; puis, dans la vallée de Nadernach, où elles reposent sur des schistes noirs, et sont recouvertes par un calcaire rouge rempli de tiges de Crinoïdes, de Nautiles, d’'Ammonites et de Belemnites, que M. Emmrich assimile au calcaire rouge d’Hallstadt (Keuper). Ê

Dans un mémoire postérieur (2) le même géologue revenant sur cet horizon, l'indique encore dans plusieurs localités bavaroises, frontières du Tyrol. La coupe qu’il donne des environs de Hochfellen, est particulièrement remar-

EP die Gliederung des Alpen-Kalks, ete. Neu-Jahrb., 1849, p. 437.

(2) Zietschrift des Deutsch. Geol. Gesellsch., t, IV, 1881-1839.

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: - quable. On y voit de haut en bas, à partir du calcaire su- . périeur à Ammonites :

4° Grès charbonneux ct marnes à Am. amaltheus ; % Couches à Gervillies ;

3 Calcaire madréporique à Lithodendron ;

4 Calcaire alpin inférieur et dolomies prédominantes.

Suivant l’auteur, qui paraît avoir notablement modifié sa

première opinion, les marnes à Am. amaltheus représen-

teraient ici le Lias, les couches à Gervillies, le Saint-Cas- Sian et le calcaire madréporique, avec les dolomies, le Muschelkalk. Mais, en tout cela, M. Emmrich semble assez indécis et peu sûr de ces assimilations.

Pendant ce temps, M. Schafhaeutl, qui n’avait discontinué de poursuivre ses recherches, publiait de son côté d'importantes observations sur l'horizon en litige (1). Il faisait connaître que les couches à Gervillies reposent sur d’autres assises dont les fossiles ressemblent à ceux du Saint-Cassian, et en concluait qu’elles doivent être regardées comme aussi anciennes au moins que le Lias.

Dans plusieurs autres mémoires que ce géologue publia ensuite dans l'annuaire de Leonhard et Bronn, il décrit différentes espèces nouvelles ou peu connues, qui deviennent autant de guides sûrs pour la parallélisation des couches qui les contiennent : c’est ainsi qu’il nous fait Connaitre la Pholadomya lagenalis, le Megalodon scutatus (Cardium triquetrum, Wulfen), la Gervillia inflata et cette fameuse Avicula inœquiradiata, dans laquelle il devait plus tard reconnaître l’Avic. contorta de Portlock.

Cependant, malgré toutes ces excellentes choses, on ne peut se dispenser de relever dans ses travaux des confu-

(4) Geogn. Untersuchungen des Südbayerischen Alpeng. München,

sions regrettables et des rapprochements plus qu’hasardés.

Bien qu’assez indécis dans la question, M. Schafhaeutl incline à plusieurs reprises pour le classement de la zone dans le Lias.

Après lui, M. Schauroth, dans son mémoire sur les relations géognostiques du duché de Cobourg (1), passe en revue ces assises, mais sans paraitre les distinguer nettement des dépôts plus récents du Lias inférieur et même du Lias moyen. Ainsi, nous lui voyons citer l’Am. raricostatus etle Pentacrinus basaltiformis à côté des Cardinies, de

l'Ostrea irregularis et de l’Asteria lombricalis comme prove- .

nant des couches gréseuses, en bancs minces, qui surmontent les marnes irisées. |

Nous n’avons conséquemment aucun renseignement utile à tirer des publications de cet auteur.

Ce n’est réellement qu’à partir de 1856, et sous l’impulsion que lui impriment les travaux de MM. Oppel, Suess et Gümbel, que l'étude de cet horizon commence à préoccuper sérieusement les géologues, et qu’elle prend des développements en rapport avec son importance.

Nous n’avons pas à revenir ici sur les premières publications de M. Gümbel, dont nous avons donné une analyse sommaire dans le chapitre précédent. Ce n’est pas le lieu non plus d'aborder celles de M. Oppel, qui trouveront plus naturellement leur place dans la section suivante.

M. Pfaff, contrairement à l'opinion de ces auteurs, se décide à considérer la zone à Avicula contorta et ses équivalents, comme faisant partie du Lias (2).

Dans la Franconie, où ce géologue a étudié ces dépôts, il les trouve partout intimement liés aux strates supérieures

(1) Uebersicht. der Geogn. Verhaeltn., etc. (Zietschr. der Deutsch. Geol.). Gesellsch,, t. V, 1853.

(2) Aufsatz in Neue Jahrb., 1857.

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à Am. planorbis, dont ils suivent constamment les allures, et constate que l’un de ces termes de la série n'apparaît ou ne disparaît jamais sans l’autre.

Il en est de même encore de M. Rolle, dont nous avons déjà fait connaître les premiers travaux. Sans invoquer d’accidents stratigraphiques de la nature de ceux qui viennent d’être cités, nous retrouvons cet auteur plus décidé que jamais à considérer ces dépôts comme se rattachant au Lias et par la faune et par la stratigraphie. Il fait remarquer que dans la Souabe cette zone est ordinairement formée de deux assises, dont l’inférieure est gréseuse comme le Keuper, et la supérieure, calcaire, est marneuse comme le Lias (1)

La faune a également, selon lui, les plus grands rapports avec celle d'Hettange et d'Halberstadt.

Il cite comme ayant été recueillis dans la couche à ossements elle-même, l’Am. Hagnowi, Dunker, le Cardium philippianum et le Pecten Hehli, espèces essentiellement liasiques, et qui, d’après l’auteur, excluent toute idée de relation entre le Bone-bed et le Trias.

Nous verrons tout à l'heure comment les adversaires de M. Rolle rétorquent l'argument en déclarant qu'il y a erreur dans la détermination de ces espèces qui ne seraient autres, selon eux, que l’Am. planorboïides, Gümb., le Cardium Rhæticum, Mer., et le Pecten filosus, dont les deux premiers sont propres à la zone et dont le dernier est triasique.

MM. Deffner et Fraas, dont les consciencieuses recherches aux environs de Langenbruchen (2) doivent nous révé-

(1) Ueber einige an der Greuxze von Keuper und Lias in Schwab , etc. (Sitzungt d. k. Ak., t. XXVI, p. 13). 1888.

é (2) Die Jura-Versenkung bei Langenbruchen (Leonh. et Bronn. Jahrb, 859.)

ler de très intéressants détails sur notre terrain, sont moins affirmatifs.

Au Keuper, disent ces géologues, succède directement le groupe du Bone-bed que l’on peut diviser en deux parties : 4° Le Bone-bed sandstein, composé de grès et de marnes subordonnées avec Calamites (C. posterus) ; 2 le Bonebed Thone, dans lequel les marnes prédominent sur les grès et où se trouve la couche à ossements bien caractérisée.

Outre les espèces connues, les auteurs signalent dans ces dépôts un Ptérodactyle nouveau, premier type d’un genre qui n’avait pas encore été rencontré au-dessous du Lias, et dont la présence à ce niveau a conséquemment une certaine importance.

A ce groupe du Bone-bed succèdent les couches à Am. psilonotus, puis les couches à Am. Bucklandi et les marnes à Ostrea urcuata.

Mais MM. Deffner et Fraas n’osent décider si ce Bone-bed gruppe doit être ratiaché au Keuper plutôt qu’au Lias.

Suivant ces auteurs la présence de nombreuses Calamites dans ces assises, rappellerait le Trias, tandis que le Pterodactylus primus et quelques mollusques annonceraient déjà le Lias. Ils se bornent en conséquence à regarder ce dépôt comme une zone transitoire entre les deux formations.

M. Winkler prend plus résolûment parti en le déclarant le terme le plus élevé du Keuper, bien qu’indépendant de ce groupe par la spécialité de sa faune.

Dans un premier essai l’auteur réunit dans une même liste ce que l’on connait des fossiles de cet horizon, discute ses relations géognostiques, et termine en exposant le résultat de ses propres observations (1).

(1) Die Schichten der Avicula contorta inner-und Ausserhalb der Alben, München, 1859.

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Selon ce géologue l’autonomie de la faune des couches à … Avicula contorta, la constance de leur position stratigraphique, l'énorme développement qu’elles prennent dans … certaines contrées, et enfin la vaste étendue de leur gise-

- ment, en font un étage distinct, étage qui, par l’ensemble organique qui le caractérise, se rapproche bien plus du as que de la formation liasique.

Nous verrons tout à l'heure combien cette assertion est peu fondée.

. M. Gümbel suit bientôt M. Winkler dans cette voie et en

Ë élargit considérablement le cadre (1). Son travail, beaucoup — plus complet que le précédent, a le mérite aussi de présen- … ter une discussion sérieuse et bien détaillée de la valeur —…. stratigraphique des terrains souvent si mal définis, quoique constamment invoqués, de Koessen, Grestcin, Dachs- D: tein, etc.

n Ces discussions, appuyées d'excellentes coupes, présen- - tent la succession des assises avec une grande évidence.

Si nous prenons par exemple le profil relevé dans VAlgaener Gebirge, près de Spielmansau, nous voyons au-dessous du Liaskalk :

A: Dachsteinkalk ou bancs de calcaires oolitiques, obscurs, — remplis de Madrépores avec des veines blanches ou d'un - jaune-rougeûtre ;

2° Bancs de calcaires obscurs avec marnes subordonnées ;

3° Argiles grises, noirâtres avec des plaques calcaires | noires remplies de fossiles;

D. 4° Marnes noires avec concrétions de calcaires marneux À surface jaune par décomposition ; 3° Schistes obscurs, marneux et argileux, pétris de fos- … siles (Gervillia, Leda, etc.) ;

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(4) Obere Abtheilung des Keupers der Alpen. (Rhætische Gruppe.)

G Plattenkalk en partie dolomitique ;

T° Hauptdolomite.

Dans le profil de Zeller-Alpen, que nous trouvons plus loin, apparaissent également de haut en bas et en parfaite concordance :

4° Le Dachsteinkalk ;

2% Le Koessener-Schichten qui, dans l'opinion de l’auteur, est la partie la plus élevée du Keuper ;

3° Le Plattenkalk, ou les couches à impressions végétales ;

4 Enfin l’Hauptdolomite, ou masse dolomitique supérieure. |

Entre les sommets du grand et du petit Traithen, dont les assises, redressées et soumises à un gigantesque plissement, ont replié sur elles-mêmes les couches marno-calcaires de la zone à Avicula contorta, de manière à en présenter par la tranche une double série, M. Gümbel ne compte pas moins de vingt-deux assises distinctes, alternativement schisteuses et calcaires.

Cette masse schistoide présente dans toute son épaisseur, depuis la base jusqu’au sommet, les espèces les plus caractéristiques de la zone, telles que Cardium austriacum, Gervillia inflata, Avicula contorta, Plicatula intusstriata et autres.

Plus loin encore, dans le profil de la montagne de Kammerkahr nous retrouvons la même succession de couches; seulement ici les marnes schisteuses qui sont normalement développées à l’est, au-dessus du Plattenkalk, s'amineissent progressivement jusqu’à disparaître à l’ouest, en descendant de Kammerkahr à Waiding, de manière que les calcaires à impressions végétales supportent directement le Dachsteinkalk.

La disparition de ce groupe, qu'il faut attribuer, soit à un exhaussement lent du sol, au moment où se déposaient les strates moyennes de la zone à Avicula contorta, Soit à

5 sé

OU ÉTAGE RHÆTIEN. d3 une dénudation postérieure, soit à un simple accident pé-

trographique indépendant de toute oscillation locale, ne

nous semble pas assez clairement expliquée par l’auteur, pour que nous puissions dire s’il y a discordance réelle, ou seulement changement de nature dans les caractères pétrographiques.

Dans tous les cas, la discordance, si elle existait, serait survenue avant le dépôt du Dachsteinkalk, dont les assises ne cessent d’affleurer au-dessous du Lias et d’une manière toujours concordante.

Quoi qu’il en soit des causes de cette absorption des couches de Koessen au-dessous du Dachsteinkalk, le gisement immédiat de ce dernier terrain sur la couche à impressions végétales, explique comment M. Suess (en Autriche) a été amené à considérer ces trois dépôts hien distincts, comme les expressions locales d’un tout unique.

Cependant il nous paraît plus conforme à la vérité de continuer, comme l’a fait M. Gümbel, à considérer chacun de ces termes séparément, en donnant le Dachsteinkalk comme la partie la plus élevée de la zone et le Koessener- Schichten, comme la partie inférieure. Quant au Plattenkalk, nous ne saurions dire s’il doit être compris dans le groupe, ainsi que le croit M. Suess, ou si, au contraire, il doit en être distrait, comme le pense M. Gümbel.

Le Dachsteinkalk, d’un autre côté, n’est pas toujours délimité du Lias d’une manière satisfaisante, et il n’est pas bien sûr que la zone à Ammonites planorbis, par exemple, ne s’y trouve pas quelquefois confondue.

Sauf ces points demeurés un peu obseurs, les travaux de M. Gümbel, nous nous plaisons à le reconnaître, présentent les résultats les plus satisfaisants au point de vue stratigraphique.

Voyons s’il en est de même sous le rapport paléontologique.

. Dans ce nouveau travail, l’auteur présente la zone à Avi-

cula contorta comme étage distinct sous le nom de Rhætische gruppe; mais en la considérant toujours comme dépendant du Trias par les analogies bien marquées de la faune.

Sur les cent soixante-six espèces citées comme ayant été recueillies dans le Koessener-Schichten,

Quarante-trois seraient communes, soit au Keuper extraalpin, soit aux couches de Saint-Cassian, de Raïbl ou d’Hallstadt ;

Cent vingt seraient spéciales à la zone ;

Et deux ou trois seulement monteraient dans le Lias.

Le Dachsteinkalk, dont la faune a été considérée isolément par l’auteur, compte en outre quarante-deux espèces dont dix-neuf des plus caractéristiques sont communes au groupe précédent avec lequel il forme un seul et même horizon paléontologique. :

Ces résultats, toutefois, ne sont pas inattaquables, car nous voyons M. Winkler (1) contester un grand nombre de ces déterminations, et particulièrement celles des espèces citées comme étant communes au Trias.

Ainsi, d’après ce géologue, quatre de ces espèces seraient jugées douteuses par M. Gümbel lui-même ;

Six présenteraient quelques différences avec les types auxquels elles sont rapportées ;

Et douze seraient positivement distinctes.

Pour M. Winkler aussi, cependant, la zone à Avicula contorta est un étage distinct que ses affinités paléontologiques rattachent au Trias. Ses critiques à l’endroit de M. Gümbel ne sauraient donc être suspectes.

Nous considérons également comme fondées la plupart de ses appréciations au sujet des listes de M. Stappani dans la synonymie duquel nous trouvons en effet un certain nombre d’assimilations forcées ou de rapprochements douteux.

(1) Oberkeuper nach Studien in den bayrischen Alpen. Berlin, 1861.

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Mais M. Winkler lui-même n’a pas toujours su se garer de ces sortes d’erreurs, et ses propres déterminations ne sortent pas toutes intactes du contrôle minutieux et éclairé que leur fait subir à son tour M. de Dittmar, dont il nous reste maintenant à analyser le travail.

Le mémoire de ce jeune savant, très remarquable au point de vue géographique et paléontologique, ainsi que nous l’avons déjà dit, est un essai synthétique d’où résulte pour l’auteur la conviction que l'horizon qui nous occupe est indépendant à la fois du Keuper et du Lias, bien que dans sa faune l’élément keupérien ait une prédominance très marquée.

Cette étude qui comprend cinq chapitres distincts, traite dans le premier de l’extension géographique de la zone et dans les autres, de la pétrographie, de la stratigraphie, de la paléontologie et des conditions géologiques du dépôt.

Nous n’essaierons pas d'analyser ici le premier de ces chapitres qui n’est lui-même qu’une trop courte analyse des principaux travaux parus sur la matière. Nous dirons seulement que M. de Dittmar s’est trop préoccupé de l’opinion des auteurs et pas assez, à notre sens. des faits qu’ils ont mis en lumière.

Il en résulte que les pièces de conviction manquent au débat et que le lecteur en est réduit à subir ses conclusions sans contrôle possible.

Nous glisserons rapidement aussi sur la constitution minéralogique que l’auteur nous présente comme se rattachant en Angleterre autant au Keuper qu’au Lias. Nous différons cependant d'opinion avec lui, en ce qui concerne la France, où il prétend que ces dépôts se relient pétrographiquement au Keuper et se détachent nettement des assises supérieures.

Dans les Alpes, selon M. de Dittmar, il y a une grande analogie de formation entre les couches supérieures de Dachstein et de Koessen et les calcaires rouges du Lias; mais

aussi ces mêmes dépôts, dans leurs parties inférieures, passent insensiblement aux dolomies du Keuper et aux couches de Raibl.

En dehors des régions Alpines, comme en France, les grès dépendant de cet horizon, alternent à la base avec ceux du Keuper, et nullement au sommet avec les assises du Lias.

Finalement, pour l’auteur, la prédominance des affinités pétrographiques est en faveur du Trias.

En ce qui concerne la stratigraphie, M. de Dittmar se posé tout d’abord la question de savoir si la zone à Avicula contorta a été relevée par la poussée du Thuringerwald, dont le soulèvement, comme on sait, a eu lieu entre le Triäs êt le terrain Jurassique ; mais il reconnaît bientôt qu’il ne trouvera là aucune solution.

Dans l'Allemagne du nord, dit ce géologue, de Salzgitter à Hildesheim, la zone très puissante et très développée est partout en concordance avec le Keuper. Il en est de même entre Eisnach, Gotha et Cobourg, où ces dépôts se trouvent en outre dans un parallélisme complet avec le Lias qui vient au-dessus.

Plus loin, au sud-est, dans la Bohême, les relations avec le Keuper gardent la même constance, et rien non plus, dans les Alpes-Orientales et le Wurtemberg, n’annonce de mouvement géologique entre le Trias et les dépôts qui nous occupent. |

L’Angleterre se trouve également dans les mêmes conditions; mais en France, une révolution post-keupérienne a ghaissé les Vosges et le plateau central depuis 10 Pepe émergés.

A la partie est des Ardennes les re. à Avicula contorta manquent et le Lias repose directement sur les roches anciennes.

A l’ouest de Jamoigne, et aussi à l’est des Vosges, le Bone-bed se présente constamment au-dessus du Keuper et

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aux environs de Lævelanges, il est discordant avec le Lias. Un isolement de même nature existe aussi à l’ouest du plateau central de la France où l’on ne trouve pas d’équivalents de la zone à Avicula contorta au-dessous de l’Infra- Lias proprement dit.

Passant aux relations géologiques, l’auteur prétend que

cette formation ne présente pas plus de dépendance avec le

terrain qui la précède qu'avec celui qui la suit, bien que certains géologues guidés par des considérations locales, l’aient rattachée tantôt à l’un et tantôt à l’autre.

La discordance avec le Keuper, signalée par M. Stur, dans les Karpathes, a, selon lui, sa contre-partie dans les Alpes-Orientales, où les strates Néocomiennes reposent en un point sur les couches de Koessen.

Il reconnait cependant que le plus souvent la zone est en relations très intimes avec le Lias, et plus particulièrement encore avec le Keuper ; mais la faune et la flore lui semblent tout à fait distinctes de celles de ces étages.

Dans le but d'établir l'autonomie de ce groupe, l’auteur réunit ensuite dans un même tableau toutes les espèces de la zone qui ont été données comme keupériennes ou liasiques; mais c’est là un procédé qui tournerait contre les conclusions de l’auteur, s’il pouvait être pris au sérieux, car sur les cent soixante-deux espèces citées, quatre-vingt-dix appartiennent au Trias, soixante-douze au groupe Jurassique, et douze sont communes en même temps à ces deux formations.

M. de Dittmar, il est vrai, rejette en grande partie la synonymie qui conduit à ces résultats, et il a raison, car beaucoup des noms cités sont ou douteux ou fautifs, beaucoup même ont été désavoués par les auteurs qui les avaient produits. Mais alors, à quoi bon les invoquer, puisqu'il n’en peut ressortir aucune conclusion ?

Il eût été préférable, à notre sens, que l’auteur s’en tint

à ses propres déterminations et nous fit voir à quoi se réduisaient, selon lui, les rapports de cette faune nouvelle avec les faunes voisines.

RÉSUMÉ

En Bavière, mêmes divergences d’opinions que dans les autres régions sur le classement de cette zone.

M. Emmrich, après quelques années d’hésitation, assimile au Saint-Cassian les couches à Gervillies.

M. Schafhaeutl les regarde comme liasiques.

M. Pfaf est plus afirmatif encore et constate que ces dépôts, intimement liés à ceux du Lias, en suivent constamment les allures, apparaissant et disparaissant toujours avec lui.

M. Rolle abonde dans le même sens et ajoute à ces preuves des données paléontologiques d’une certaine importance.

Mais MM. Deffner et Fraas sont plus draiéi ces dépôts leur semblent être en relation aussi bien avec le Keuper qu’avec le Lias. C’est conséquemment pour eux une zone transitoire entre les deux formations.

M. Winkler va plus loin et considère cet horizon comme un étage distinct que ses affinités rapprochent bien plus du Keuper que du Lias.

M. Gümbel partage également cette manière de voir, et propose le nom de Rhætische gruppe pour désigner ce nouvel étage.

Jusque-là, toutefois, la faune n’est pas connue dans son ensemble, et ses relations stratigraphiques ne sont pas discutées comme il convient.

M. de Dittmar cherche à compléter cette lacune et y par-

vient en partie; mais ses CORGPRES nous semblent fautives.

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