‹ Zone a Avicula contorta; ou, Étage Rhaetien; état de la questionChapitre 29 sur 63 · RP SO ET HO JON CUT · texte numérisé non relu

RP SO ET HO JON CUT

« L’infra-Lias, d’après ce que nous venons de dire, ayant eu pour lit une dépression des anciens terrains comblée déjà en grande partie par le Trias, repose généralement sur ce dernier terrain, dont il suit à peu près concentriquement les limites. Toutefois, dans quelques points, tels que vers Picauville, Coigny, Baupte, il a dépassé la bordure triasique et se trouve directement adossé au granit. Dans ce cas, les calcaires qui le constituent renferment, en grande quantité, de petits fragments quartzeux, quelquefois des parcelles de mica et souvent même des galets de granit; à cette cause sont dus, sans doute, les grès remplis de cailloux roulés, passant quelquefois à une sorte de poudingue, et qui donnent un caractère tout particulier au calcaire de Picauville. Ces accidents s’observent généralement à certains niveaux des couches supérieures ; au contraire, les sédiments inférieurs sont plus marneux, quelquefois dolomitiques, surtout dans le premier petit golfe septentrional où l’Infra-Lias est entièrement bordé par une ceinture d’argiles triasiques. Cet état marneux est dû sans doute à la proximité de ces argiles qui, servant de base aux premiers dépôts, ont dû être lavées par le flot et altérer la pureté du calcaire lors de sa sédimentation. Il est même très probable que certains sables dolomitiques, alternant avec des argiles rouges, et qu’on observe souvent au-dessous du calcaire de Valognes, appartiennent déjà à cette formation, et ne sont dus qu’à un remaniement sur place des argiles infé-

rieures (1). »

(1) Mémoire de La Société linéenne de Normandie, t. XIV, p. 12.

RÉSUMÉ

En France, comme on le voit, trois partis sont également en présence : les uns associent la zone au Lias, en la considérant comme le membre le plus inférieur de cette formation ; les autres la réunissent au Trias, et les derniers enfin, en font un groupe distinct que ses affinités minéralogiques et paléontologiques rapprochent du Keuper.

Cependant, parmi les arguments cités à l’appui de ces thèses diverses, il en est peu de bien concluants et pas un seul de tout à fait décisif.

Les considérations pétrographiques, chacun l’a compris, ne peuvent suffire à la solution de la question; mais plusieurs ont cru l'avoir trouvée dans les relations stratigraphiques de ce groupe, ne s’apercevant pas que si des superpositions transgressives établissent parfois une sorte de discordance par isolement, soit du côté du Keuper, soit du côté du Lias, ce ne sont là que des exceptions, et que généralement ces divers dépôts concordent entre eux, depuis le Trias le plus inférieur jusques et y compris le calcaire à Gryphées.

Néanmoins, de l’ensemble de ces études, trois faits essentiels se dégagent nettement et restent acquis au débat :

C’est, d’une part, l'affaissement du plateau central de la France entre le dépôt des marnes irisées et celui de la zone à Avicula contorta, affaissement prouvé par l’envahissement du pourtour de ce plateau par les strates du Bonebed que nous trouvons sur un grand nombre de points en stratification transgressive sur les roches de cristallisation (1).

(1) Cet affaissement a dès longlemps été établi par M. Hébert. Voir les Mers anciennes et leurs rivages dans le bassin de Paris, vol. in-8e,

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C’est, de l’autre, la subordination du caractère pétrographique au milieu dans lequel il s’est développé, subordination parfaitement établie par ce fait que les assises de la zone à Avicula contorta sont à l’état gréseux ou arénacé partout où elles se trouvent en contact avec les terrains cristallins, tandis que l'élément gréseux tend à disparaître pour faire place aux calcaires et aux marnes, chaque fois * qu’elles reposent sur des terrains calcaires ou marneux.

Cest enfin l'insuffisance de certains dépôts considérés comme horizon géognostique, insuffisance clairement démontrée par le peu de fixité des assises dolomitiques et des cargneules, que nous voyons disposées en écharpe à travers les terrains secondaires et développés ici dans le Keuper, là dans l’Infra-Lias, plus loin dans le Sinémurien, ailleurs dans le Liasien, etc.

Au point de vue paléontologique, la question étudiée jusqu'ici d’une manière trop circonscrite, n’a donné que des résultats locaux dont il pourrait être dangereux, dans tous les cas, peu sûr, de tirer des conclusions générales.

Le premier essai tenté par nous en 1859, pour le département de la Côte-d'Or, établit qu’un certain nombre d’espèces prenant naissance dans la zone à Avicula contorta ont continué à se propager dans l’Infra-Lias proprement dit.

Dans une étude postérieure nous avons signalé aussi Vexistence du Bone-bed dans ce département et la présence dans cette zone, d’espèces véritablement keupériennes et liasiques , mais ces dernières en bien plus grand nombre.

Ce résultat est insuffisant, nous le reconnaissons, pour arriver à la solution cherchée ; mais c’est déjà un appoint de quelque valeur, puisqu'il constate l'existence à ce niveau d’une transition paléontologique bien marquée.

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