‹ Zone a Avicula contorta; ou, Étage Rhaetien; état de la questionChapitre 32 sur 63 · ALLEMAGNE · texte numérisé non relu

ALLEMAGNE

M. Stur, rendant compte des nouveaux travaux de MM. W. Gümbel, J. Martin, Schenk et A. de Dittmar, sur la zone à Avicula contorta (1), parle d’abord du mémoire

(4) Bull. de la Société géologique de Vienne, séance du 29 nov. 1864.

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de M. Gümbel sur le Bone-bed et les couches à impressions végétales de la Franconie (1).

Cette étude contient une longue énumération des localités où l’auteur a étudié les couches dans lesquelles se trouve la flore à Palissia (couches comprises entre le Keuper et le Lias).

Deux parties distinctes constituent ces dépôts: les cou-

- ches grises ou ardoisées à Palissia du sommet et les grès

jaunes de la base.

Dans l’assise supérieure des carrières de Strullendorf, au-dessus des couches à plantes, paraît un lit à ossements dans lequel ont été trouvés les Sargodon tomicus, Plien., Ceratodus cloacinus, Quenst., Hybodus cloacinus, Quenst. et Cardinia acuminata, Mart.

M. Gümbel déclare que ce Bone-bed est bien le même que celui de la zone à Avicula contorta, d’où M. Stur conclut que les couches à plantes de Franconie feraient ellesmêmes partie de cet horizon.

Ce résultat, ajoute le dernier de ces géologues, est d’ailleurs conforme aux observations qu’il a eu l’honneur de présenter lui-même à la société géologique de Vienne, le 19 avril 1864, au sujet des couches à impressions végétales de Gresten et de la flore à Palissia, qu'il était disposé à considérer comme liasiques, malgré les doutes qui existaient jusque-là sur leur classement.

Le nombre important des espèces citées par M. Gümbel dans la flore de Kanonenberg, près d'Halberstadt, pourrait en effet faire supposer qu’il y a là un équivalent des couches de Gresten, bien que la délimitation de cet horizon soit encore enveloppée de profondes ténèbres.

Vers la même époque, continue M. Stur, M. J. Martin

(4) Mémoire communiqué à l’Académie de Munich, section des sciences physiques et mathématiques, le 7 mai 1864.

publiait une nouvelle étude sur la zone à Avicula contorta et le Bone-bed de la Côte-d'Or (1), dans laquelle se trouve un fait très important pour le classement de lhorizon qui comporte la flore à Palissia.

Dans les recherches auxquelles ce géologue s’est livré sur le Bone-bed de la Côte-d'Or, il a trouvé une partie des dents de poisson qui caractérisent la zone à Avicula contorta, telles que Saurichthys acuminatus, Hybodus minor et sublævis, Acrodus minimus et Sargodon tomicus, jusque dans les zones à Ain. Burgundiæ et angulatus avec Cardinia sublamellosa, Cardinia Listeri, Astarte Gueuxü, Pecten Hehli, Spiriferina Walcotii et Montlivaultia sinemuriensis.

Ce fait bien significatif vient confirmer les résultats obtenus antérieurement par M. Rolle, qui cite dans le Bone-bed des hauteurs de Waldhaeuser, près de Tübingen, les Ammonites Hagenowïü et Cardium Philippianum avec les Hybodus sublævis et minor, Acrodus minimus, Saurichthys acuminatus, Sargodon tomicus et Gyrolepis tenuistriatus.

Si donc, poursuit M. Stur, on rapproche ces faits de ceux constatés par M. Gümbel dans les dépôts à impressions végétales de la Franconie, on voit que rien ne s’oppose à ce que l’on considère comme liasique la couche à ossements qu'il signale au-dessus de cet horizon, puisqu'il a trouvé dans le Bone-bed de Strullendorf la Cardinia acuminata que M. Martin a décrite comme provenant des couches à Am. planorbis et angulatus de la Bourgogne.

D'ailleurs, dans ce mémoire de M. Gümbel que nous venons de citer, on voit que la partie supérieure de ces couches liaso-keupériennes présente dans sa pétrographie des rapports avec ces deux horizons, tandis que la partie inférieure, qui mesure de 20 à 45 pieds de puissance, est

(1) Mémoires de l’Académie des Sciences, Arts et Belles-Lettres de Dijon, t. XI, 1864,

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plus homogène et ordinairement composée de grès blanc ou jaunâtre.

Cescouchesinférieures sont caractérisées par l’Anodonta protera, puis au-dessus viennent les couches à Palissia, formées de grès rognoneux ou d'assises lenticulaires à . la partie inférieure desquelles M. le professeur Braun a re- . cueilli la flore qu'il a fait connaitre.

En lisant avec attention et en détail les citations de M. Gümbel, on ne comprend pas comment il a pu limiter . sa formation Rhætique du côté du Lias, dans un pays où il est souvent impossible de trouver les différents termes de cette série.

M. Stur, après avoir parlé ensuite des études de M. le professeur Schenk de Würzbourg sur la flore du Keuper et du Bone-bed, et du mémoire de M. de Dittmar que nous connaissons déjà, termine sa communication par la lecture d'une lettre qu’il vient de recevoir de son ami M. le D’ Stoliczka, actuellement à Caleuta.

M. Stoliczka lui écrit qu’il a heureusement terminé ses excursions dans la vallée du Spiti, où il a opéré des recherches géologiques en compagnie de M. Mallet.

Ces messieurs ont reconnu neuf formations géologiques … bien distinctes à partir de l'étage Silurien sur lequel repose … le calcaire carbonifère avec les fossiles les plus caractéris- tiques. Puis viennent les dépôts du Trias admirablement développés avec Halobia Lommeli, des Ammonites globuleuses, des Orthocères, des Cératites et beaucoup de brachiopodes.

A la partie supérieure de ce Trias, dans des calcaires bitumineux remplis de bivalves à coquilles épaisses, M. Stoliezka a rencontré, dit-il, quelque chose de semblable au 4 Megalodon triqueter ; il en a notamment recueilli un exem- 4 plaire de près de un pied de diamètre.

3 A ces calcaires à grosses bivalves succèdent d’autres calcaires à Ammonites et à Bélemnites dans lesquels les bra-

chiopodes sont également très abondants. L'auteur les considère comme dépendant du Lias, et trouve même que la pétrographie de ces assises a les plus grands rapports avec celle des couches d’Hierlatz, des Alpes.

Au simple aperçu de cette constitution géologique, il est, on le voit, infiniment probable que la zone à Avicula contorta existe aussi dans l'Inde, et que des recherches plus approfondies viendront nous en révéler la présence dans ces contrées lointaines.

C’est là le motif qui nous a fait insister sur cette partie de la communication de M. Stur.

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