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OU ÉTAGE RHÆTIEN. 167 nes du Keuper. Ces dépôts s’harmonisent au contraire très bien avec les marnes et calcaires bleu foncé du Lias. Nous ajouterons que dans le Keuper les bancs solides sont géné-
ralement magnésiens, tandis qu’ils sont calcaires aussi bien
dans la zone à Avicula contorta que dans les strates liasiques.
Il en est de même encore dans la coupe de Matringe, reproduite par M. Vallet, d’après M. Favre.
Dans les Alpes vaudoises, par contre, vallée de la Tinière, la transition minéralogique paraît admirablement ménagée avec le Keuper. Nous y avons vu la cargneule devenir de moins en moins celluleuse et passer à un calcaire compacte, gris clair, en bancs peu épais, alternant avec des couches de marnes schisteuses grises ou vertes et plus foncées au sommet, où se trouvent l’Avicula contorta et autres fossiles caractéristiques de la zone. Malheureusement le point de jonction avec le Lias nous est inconnu.
Jusque-là donc, rien de bien tranché entre la pétrographie de ces assises et celle des étages voisins, si ce n’est quelquefois du côté du Keuper ; mais cela change au pourtour du plateau central de la France, dont nous allons maintenant nous occuper.
Ce massif cristallin, depuis longtemps émergé, formait alors une île au pourtour de laquelle l’action prolongée des flots amoncela la ceinture de dépôts arénacés qui servent aujourd’hui de socle à la formation liasique.
Dans le Rhône et l'Ardèche, ces dépôts à l’état de grès quartzeux, jaunâtre, ressemblent beaucoup aux grès du Trias, auxquels ils passent insensiblement. [ls contrastent au contraire d’une manière assez frappante avec le choin bâtard, dont ils suivent cependant toutes les allures, tandis qu’ils sont en stratification transgressive avec le Keuper.
* Dans la Lozère et le Gard il en est encore de même ; seu-
lement les grès sont suivis de calcaires magnésiens arénifères ou de dolomies grésiques qui paraissent constituer le Lias inférieur dans tout le midi de la France. A Aujac, pourtant, les grès alternent avec les dolomies et sont recouverts par des calcaires et des marnes à Cardinies.
Du reste, dès qu’on s'éloigne un peu du contact des roches cristallines, la constitution pétrographique change. Ainsi, aux environs de Digne (Basses-Alpes), l'aspect de la zone est tout à fait différent. La série de schistes et de calcaires dépendant de cet horizon a les plus grands rapports avec les assises du Lias qui viennent au-dessus, tandis qu’elle tranche très visiblement avec les gypses et les dolomies vacuolaires du Keuper.
Si nous revenons maintenant au plateau central, au point où nous l’avons quitté, nous retrouvons les dépôts de notre zone à l’état arénacé comme le Keuper, dans l'Hérault, l'Aveyron, le Lot, la Corrèze e1 la Dordogne, où ils sont généralement recouverts par des calcaires magnésiens compactes, et des dolomies celluleuses.
Dans la Charente, d’après M. Coquand, la formation liasique débute aux environs de Cherves, de Genouillac, d’Épénède, etc., par des masses puissantes de grès feldspathiques, avec bancs subordonnés de jaspes jaunes et bruns, contenant plusieurs fossiles du grès d’Hettange. Est-ce à dire cependant que la zone à Avicula contorta y soit représentée ? Nous ne saurions l’affirmer. Dans tous les cas, si ces grès sont seulement les équivalents de ceux d'Hettange, leur structure pétrographique paraît bien semblable aux grès du Bone-bed.
Mais en suivant cet horizon géognostique dans les départements de la Vienne, de l'Indre et du Cher, où les marnes du Trias débordent presque partout au contact des terrains cristallisés, on voit le facies gréseux disparaitre le plus souvent et faire place à des alternances marno-calcaires ayant la plus grande analogie avec les assises liasiques qui vien-
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