‹ Zone a Avicula contorta; ou, Étage Rhaetien; état de la questionChapitre 36 sur 63 · RS · texte numérisé non relu

RS

dé %

Hptretenré

4 À N ; Le

OU ÉTAGE RHÆTIEN. 169

nent par-dessus (1). Il est vrai que ces dépôts ne diffèrent pas sensiblement non plus des strates inférieures du Keuper, si ce n’est par les couleurs qui, dans ces dernières, sont beaucoup plus vives et heurtées.

Aux environs de Moulins, Allier, où le granite pointe à peu de distance, les dépôts de la zone à Avicula contorta redeviennent arénacés comme les grès du Trias auxquels ils succèdent. Ils sont, en outre, recouverts d’un calcaire magnésien, grossièrement schisteux qui, pour M. Dufrenoy, est l'équivalent du Lias blanc anglais.

Ces calcaires dolomitiques qui, dans tout le midi, ont une prédominance si marquée, n’ont plus ici qu’une faible épaisseur et semblent être à ce niveau les derniers représentants

de ce système de couches si communes dans le Trias du

nord-est de la France et des régions alpines.

M. Dufrenoy en signale cependant encore quelques vestiges, sous formes de lentilles, associés à du minerai de fer, dans les bancs infra-liasiques du département de Saône-

- et-Loire.

Dans cette contrée, de même que dans la Nièvre et la Côte-d'Or, les dépôts de la zone litigieuse sont aussi constamment gréseux au contact des strates arénacées du Keuper ou des roches de cristallisation, et très distincts, par conséquent, des calcaires lumachelles de la zone à Am. planorbis.

Nous avons cité cependant dans la Côte-d'Or plusieurs exemples prouvant qu’il n’en est pas ainsi lorsque le dépôt s’est opéré sur les marnes irisées loin des roches cristallines et à l’abri des courants qui en apportaient les débris. Dans ce cas alors les sédiments sont calcaro-marneux et forment une transition aussi complète que possible entre

(4) Voir notamment la série d’assises reucontrée dans le forage du puits de Sancoins, sur les bords du canal du Berry.

les marnes du Keuper et les calcaires argileux du Lias, comme nous l’avons vu aux environs de Pouilly, Pouillenay, Blaisy, etc.

Les grès dominent également dans la constitution de ces assises inférieures dans les départements du Jura, du Doubs et de la Haute-Saône, et il en est de même, sans discontinuité, depuis la Haute-Marne jusqu’au duché de Luxembourg, en suivant cet horizon à travers les Vosges, le Haut et le Bas-Rhin, la Meurthe et les Ardennes. Mais dans toute cette partie nord-est de la France, à partir des Vosges, le gisement des grès n’est pas limité seulement à cette zone inférieure ; on les voit constituer aussi à peu près exclusivement les assises à Am. planorbis et angulatus, et quelquefois même le calcaire à Gryphées. « Il paraît y avoir, « disent MM. Terquem et Pictte (4), une certaine relation « entre la composition de la première couche du Lias et « celle des terrains qui ont servi de rivage à la mer liasi- « que, dans les Ardennes, la Belgique, le grand-duché de « Luxembourg, la Moselle et la Meurthe. Ainsi, à Aigle- « mont, point le plus rapproché des roches granitiques du « plateau, le premier banc liasique est un grès renfermant « des cristaux de feldspath. Entre Mézières et Jamoigne, « où les falaises de la mer étaient formées par les schistes « et les quartzites paléozoïques, c’est un poudingue consti- « tué par des cailloux roulés, arrachés à ces falaises, qui « est le premier banc du Lias. Entre Jamoigne et Attert, « où la côte se composait des couches sableuses du Bone- « bed, d’un épais amas de galets triasiques, etc., la pre- « mière assise formée dans les eaux est un grès marneux « et micacé. Enfin, dans le grand-duché, la Moselle et la « Meurthe, où les marnes irisées avec leur immense déve-

(1) Le Lias de la Meurthe, de la Moselle, etc. ( Bull. soc. géol. de France, 2e série, t. XIX, p. 351).

OU ÉTAGE RHÆTIEN. 171

Lu de notre zone, abstraction faite, bien entendu, des apports vaseux ou sableux des fleuves et des courants ÿ 548 est partout subordonnée à la nature des déñ pôts sous-jacents, ou des rives que baignaient les mers de cette époque reculée.

| Grossièrement arénacée au contact immédiat des roches cristallines, elle devient sableuse lorsqu'elle succède aux | grès du Keuper et marno-calcaire quand les marnes irisées ou autres assises d'origine vaseuse lui servent d’appui. Rien conséquemment de plus ordinaire que de voir les premiers sédiments de ce groupe se mêler à ceux du Keuper et alterner même avec eux pendant un certain temps, puis passer par la même transition, à la partie supérieure, en atteignant le Lias.

; Et que l’on ne dise pas que ces rapports sont plus inti- F mes avec l'étage qui précède qu'avec celui qui suit; parce . que si cela est vrai pour certaines parties de la France et de l'Allemagne, cela ne l’est plus pour l’Angleterre, la Pro- vence, l'Italie et la plus grande partie des régions alpines. Nous ne croyons donc pas que l'on puisse raisonnable- ment rien conclure du caractère minéralogique de cette zone . pour la rapprocher soit du Lias, soit du Keuper, car ce qui serait admissible pour une région, ne le serait plus pour une autre.

LT

Relations géologiques et stratigraphiques.

Dans la question qui nous occupe, on pouvait espérer que le soulèvement du Thuringerwald viendrait nous faciliter la solution du problème, en nous présentant des relèvements de couches soit de l’un, soit de l’autre côté de la zone litigieuse. Cependant il n’en est rien, et sauf accidents locaux, toujours très étroitement circonscrits, on voit constamment ce groupe se maintenir en concordance de stratification et avec le Keuper et avec le Lias.

En Angleterre nous ne trouvons même, dans les auteurs, aucune trace d'accidents de ce genre.

Dans le Hanôvre, MM. de Strombeck et Schloenbach ont également observé une concordance complète entre les deux étages, sauf à la mine de Goldsaksglück, où la zone à Avicula contorta se trouve, à sa partie supérieure, en contact immédiat avec le Jura brun.

Même liaison intime entre le Lias et le Keuper, dans le duché de Brunswick et autour de Gotha et d’Eisnach, étudiés par M. Credner.

De Salzgitter à Hildesheim, nous dit M. de Dittmar, il y a de grandes masses de Bone-bed qui sont partout en concordance avec le Keuper, et de ce point jusqu’à Cobourg, où le même parallélisme existe, ces dépôts sont recouverts par le Lias qui en observe également tous les contours.

Mais, dans le Wurtemberg, deux discordances par isolement ont été signalées : l’une à Weinstaige, et l’autre dans la vallée du Neckar, près de Neckarthailfingen. Sur ce point, à ce qu’il parait, les grès de la zone à Avicula contorta manquent et le calcaire à Gryphées repose directement sur -

OU ÉTAGE RHÆTIEN. 173

> Jés marnes irisées ; conséquemment Infra-Lias proprement - dit et zone inférieure ne se seraient pas déposés ou auraient

=. disparu de ce côté. Ce sont d’ailleurs les seules lacunes ou

accidents de ce genre que l'on connaisse dans le pays. à Dans la Franconie, d’après M. le professeur Pfaff, les dé- … pôts du Bone-bed sont intimement liés à l’Infra-Lias dont ils

—…. suivent invariablement les allures, apparaissant ou dispa-

- raissant toujours avec lui. La même régularité stratigraphique s’observe aussi dans la Souabe entre les dépôts keu- . périens et liasiques, et dans toute la chaine des Alpes bavaroises, sauf peut-être de Kammerkahr à Waiding, où les

» couches de Koessen vont en s’amincissant progressivement

jusqu'à disparaître entre le calcaire de Dachstein et le Plat- tenkalk. .

Toutefois, s’il y a là discordance réelle, elle ne peut s’ex- pliquer qu’en faveur du Lias, puisque le Dachsteinkalk avec Avicula contorta et autres fossiles caractéristiques de la

… zone, ne cesse d’affleurer au-dessous de cet étage.

… Dansle Vorarlberg, la série complète se continue saus trouble ni interruption, depuis le Keuper le plus inférieur,

… jusques et y compris le Lias, et il en est de même dans toute - la chaine des Alpes principales, qui, selon M. de Dittmar,

—. … ne semblent pas avoir subi la poussée du Thuringerwald.

L’Autriche est pareillement sans discordances connues à - ce niveau; mais M. Stur nous en signale une d’une certaine À importance en Hongrie, dans les Karpathes, où les couches

. de Koessen les plus inférieures reposent sur le Rothliegenden. ;

Dans la Lombardie et la Sardaigne, jusqu’à la Spezzia, la régularité de la stratification ne parait avoir été nulle part interrompue, et aucun trouble n’est indiqué non plus hi à la base, ni au sommet de la zone, en Suisse et en Savoie, dans le massif des Alpes occidentales.

En France, nous retrouvons encore la même constance et la même intimité dans les relations stratigraphiques,

Seulement, au pourtour du plateau central, les grès de la zone reposent très fréquemment en stratification transgressive sur les roches anciennes, circonstance qui prouve bien positivement un affaissement de ce plateau entre le dépôt du Trias et celui du Bone-bed.

Ainsi dans le Rhône, les assises de ce dernier terrain reposent tantôt sur les schistes verts satinés comme à Chessy, tantôt sur le granite comme au Mont d'Or, tantôt sur les gneiss comme à la montagne de la Longe, etc.

Dans l’Ardèche plusieurs exemples de ces dépôts en assises transgressives ont également été signalés, et de même dans la Lozère, aux environs de Villefort.

Dans le département du Gard, valiée de la Balmelle, ces mêmes grès passant au poudingue, s’appuient sur les micaschistes et servent de base à un calcaire compacte à grains de quartz, riche en fossiles de l’Infra-Lias. A Aujac ils alternent avec des calcaires magnésiens auxquels succèdent des calcaires et marnes à Cardinies et se trouvent pareillement adossés à la montagne schisteuse de la Tune, dans le ravin du Chaylard.

M. Hébert, auquel nous devons ces détails, ajoute que la liaison entre ces divers dépôts est d’une intimité telle que lès grès dessinent parfaitement la forme de l’ancien rivage jurassique, tandis qu'ils s’isolent du Trias par des allures toutes différentes.

Aux environs de Lodève, même débordement de la zone sur les roches anciennes, et aussi près de Figeac et de Combecave, dans le département du Lot.

Dans la Corrèze, non loin de Brives, les arkoses et les grès dépendant de cet horizon se soudent au granite, et à Montron, dans la Dordogne, ils offrent aussi avec le Trias des exemples de superposition transgressive qui accusent nécessairement un mouvement géologique entre les deux formations.

Au nord du plateau central, le même phénomène se re-

OU ÉTAGE RHÆTIEN. 475

produit dans les départements de la Nièvre, de la Côte-d’Or et de Saône-et-Loire.

; Du reste, ce n’est pas seulement par le bas que ce ; groupe présente des exemples d'isolement, on en a signalé aussi à la partie supérieure ; mais ils sont moins nombreux et encore plus étroitement circonscrits.

Ainsi, dans le Gard, entre Mas-Dieu et Portes, aux enx virons d’Alais, les calcaires inférieurs du Lias s'appuient ÿ en stratification un peu transgressive sur les grès de cet

… Dans la Lozère, aux environs de Saint-Hippolyte-le-Fort, et plus à l’est, vers le Cayla, les marnes supra-liasiques vont : butter directement contre ces mêmes dépôts soulevés et : disloqués. | A Pierre-Morte, près Saint-Ambroix, ils sont directement recouverts par les marnes oxfordiennes, ce qui n’em- . pêche pas que dans toutes les autres parties des Cévennes - où existent ces grès inférieurs, ils sont suivis des strates de l'Infra-Lias avec lesquelles ils sont en parfaite concor- dance.

Enfin, dans la Côte-d'Or, à Toutry et à Montlay, il y a Superposition immédiate de la lumachelle au granite, et, sur quelques points intermédiaires, atrophie des grès du Bone-bed, dont le dépôt semble venir mourir en biseau, sous forme de lentille très aplatie, non loin des rives de la val- lée du Serain. Car c’est encore un des résultats de l’insta- … bilité des niveaux et de la fréquence des oscillations du so]

à cêtte époque de la terre, d’avoir atrophié et même fait disparaître des zones paléontologiques entières.

C'est ainsi qu’à la montée de Menétoy, près de Semur, les dépôts à Avicula contorta se trouvent réduits à un simple feuillet de grès grossier, intercalé entre les marnes du Keuper et les lumachelles à Am. planorbis.

C’est à la même cause également qu’il faut attribuer la disparition du Bone-bed dans quelques parties du Cher, comme dans la vallée de la Marmande et celle de l’Infra- Lias tout entier à Arnon et aux environs de Saint-Amand, où le calcaire à Gryphées repose directement sur les argiles charbonneuses des marnes irisées.

Nous pourrions d’ailleurs citer dans la Côte-d'Or aussi des exemples de ces disparitions accidentelles à Mémont, Savigny, Mâlain, Blaisy, ete., et montrer que de ce côté, les calcaires de la zone à Am. angulatus s'appuient sur les grès à Avicula contorta auxquels ils sont aussi intimement liés que si l'absence des lumachelles à Am. planorbis n’équivalait pas sur ces points à une sorte de discordance.

Mais nous n’insisterons pas sur ces faits parce qu’ils sont loin d’être suffisants, à notre sens, pour isoler la zone litigieuse des dépôts qui lui succèdent.

Voyons maintenant si les accidents de même nature cités dans le nord-est de la France, ont plus de valeur sous ce rapport.

Dans le Jura le dépôt des grès du Bone-bed sur le granite, dans le massif de la Serre, semblerait témoigner en faveur de l’association de ce groupe au Lias, s’il fallait voir dans le fait de cette superposition transgressive, une preuve de discordance avec le Keuper. Mais dans la Meurthe, la Moselle, les Ardennes et le duché de Luxembourg, des phénomènes d’un ordre inverse ont été fréquemment constatés, bien qu’on ne doive les considérer eux-mêmes que comme des exceptions.

« Dans les vallées de la Meurthe et de la Moselle, disent

OU ÉTAGE RHÆTIEN. 477

€ « forme constamment marneuse. On y distingue deux divi- « sions principales : les marnes rouges et le calcaire pro- =. « pre à la fabrication de la chaux hydraulique. Les marnes . « rouges recouvrent le Bone-bed; elles ont en moyenne 2 « 3 mètres d'épaisseur, et ne contiennent aucun fossile. Al « Les calcaires à chaux hydraulique... appartiennent à € quatre horizons paléontologiques distincts : la zone à Am. . « planorbis, celle à Am. angulatus, celle à Am. bisulcatus « et celle à Belemnites brevis. Les couches à Am. planorbis . « n’affleurent qu’en très peu d’endroits; elles sont extrê- « mement minces, et les calcaires à Am. angulatus eux- .« mêmes n’ont guère plus d’un mètre d’épaisseur. « L’atrophie de ces derniers calcaires et l'absence pres- … «que totale des marnes à Am. planorbis ne peuvent s’ex- . « pliquer que de deux manières : ou à l’époque de ces cé- € phalopodes les courants entrainaient vers la pleine mer … « presque tous les sédiments que laissaient les flots dans . « ces parages ; ou il y eut alors, sur les plages de la Mo- … « selle et de la Meurthe, un soulèvement lent et continu … «qui les mit à sec après le dépôt des marnes rouges, de « sorte que les sédiments à Am. planorbis s'y amassèrent « seulement dans les rares endroits qui continuèrent à être À « baignés par les eaux, et que les couches à Am. angu- … « latus ne s’y formèrent que lorsqu'un affaissement eut re- . « placé la mer dans ses anciennes limites. » . Dans le bassin de la Sarre, entre Habay, Sierck et Ech- … ternach, les argiles rouges, « moins puissantes que celles de - « la Meurthe et de la Moselle, mais du reste entièrement … « semblables, affleurent également sur le Bone-bed. Elles

(1) Le Lias inférieur de la Meurthe, de la Moselle, etc, (Bull. soc. À géol., 2e série, t. XIX, p, 331 et suiv.).

« sont recouvertes par des marnes noirâtres, bitumineuses « Ou graphiteuses, tantôt plastiques, tantôt feuilletées, qui . Qalternent avec des bancs de calcaire aux teintes enfu- « mées dont les blocs dégagent, sous le choc du marteau, « une odeur nauséabonde: c’est l'horizon des Ammonites « planorbis (4). »

Entre Habay et Les Bulles, le Lias repose encore sur les sables du Bone-bed; mais à l’ouest il recouvre le terrain ardoisier dont les roches quartzeuses et schisteuses constituaient de ce côté les falaises de la mer liasique. Dans ces parages le premier dépôt du Lias est un grès qui « se soude « intimement aux sables du Bone-bed dans tous les pays où « il repose sur eux (2). » D’Aiglemont aux Bulles, au contraire, « sur une longueur de 54 kilomètres, ce dépôt est « représenté par un conglomérat coquillier qui a rarement « 1 mètre d'épaisseur. A Saint-Menge, ce conglomérat n’a « pas plus de 0" 30 cent., et déjà dans la partie supérieure « gisent des Am. angulatus. De nombreux cailloux roulés « arrachés aux roches quartzeuses de l’Ardenne, forment « avec les coquilles et quelques polypiers les éléments de « ce banc remarquable. Le ciment qui les unit est tantôt « Siliceux, tantôt ealcareux ; il devient feldspathique en un point du territoire d’Aiglemont, et la roche est alors une arkose véritable. »

De Charleville aux confins des Ardennes et de l'Aisne, les accidents stratigraphiques sont encore plus marqués et la pétrographie du Lias plus changeante et plus variable. « Lorsqu'on va de Charleville à Signy-le-Petit, en sui- « vant la limite méridionale du terrain ardoisier, on voit « toutes les zones du Lias inférieur venir tour à tour repo- « ser sur ce terrain, franchissant les limites dans lesquel-

(1) Loc. cit., p. 333.

(2) Terquem et Piette, Loc. cit., p. 350 et 351.

OU ÉTAGE RHÆTIEN. 179

« les les sédiments antérieurs avaient été formés, et en- « fouissant ces dépôts sous leurs assises. La zone des Am. « angulatus, celle des Am. bisulcatus, celle des Belemnites « brevis, disparaissent ainsi les unes sous les autres. Quant « à la zone à Am. planorbis, elle n’affleure pas dans cette « région (1). »

Ici donc encore, comme au pourtour du plateau central,

il y à eu un affaissement lent et continu, compliqué d’oscillations locales dont les effets n’ont cessé de se produire jusqu’à la fin de la période liasique (2). Mais rien dans ces

- accidents, dans ces superpositions transgressives, ne prouve

plutôt l'isolement stratigraphique du Bone-bed avec la zone

à Ammonites planorbis, que de celle-ci avec les suivantes,

puisque toutes enjambent pete les unes par dessus

PENSE ren

En définitive, pas plus dans cette région que dans les autres parties de la France, et pas plus que dans les diverses contrées de l’Europe où ce groupe a été étudié, on ne cite de ces redressements de couches accentués et suivis, annonçant qu'une commotion cataclystique ait violemment

les autres. -

On a cité, il est vrai, une discordance réelle entre le Bonebed et le Lias à Lœvelange ; mais elle a en quelque sorte sa contre-partie dans les Ardennes, à Florenville et aux environs de Sédan, où les schistes ardoisiers sont recouverts

. par les grès de la zone à Avicula contorta associés à l’Infra. __ Lias proprement dit.

“à D'ailleurs, ces accidents sont l’un et l’autre isolés et très k circonscrits.

{1} Terquem et Piette, loc. cit., p. 371.

(2) M. Ed. Hébert a prouvé que cet affaissement a pris naissance au commencement de l’époque triasique et persisté pendant le dépôt des terrains jurassiques inférieurs, jusques et y compris la Grande Oolithe. Voir Les Mers anciennes et leurs rivages dans le bassin de Paris, in-80, 1857.

jeté les mers hors de leur lit, soit au commencement, soit à la fin du dépôt des couches à Avicula contorta.

Le seul mouvement géologique de quelque importance qui ait affecté cette période, est celui auquel est dû l’affaissement du plateau central de la France qui s’est produit après le dépôt des marnes irisées du Keuper ; mouvement peu violent d’ailleurs, puisqu'il ne semble avoir troublé nulle part le parallélisme qui existe entre les assises des deux périodes, sur tous les points où elles se trouvent en contact.

Cependant, c’est de tous les accidents stratigraphiques qui ressortent de l’étude à laquelle nous venons de nous livrer, le plus important et par son étendue et par les rap-

ports qu’il semble avoir avec l’affaissement correspondant

du plateau paléozbique des Ardennes, de la chaîne des Vosges et surtout avec celui des Karpathes, en Hongrie. En sorte que s’il fallait attribuer à l’une quelconque des oscillations signalées à cette époque, la valeur d’une discordance réelle, ce serait certainement à ce niveau inférieur qu’il faudrait la placer.

Mais il n’y a là, il faut l’avouer, rien de décisif, et nous devons confesser que la stratigraphie, comme la pétrographie, est impuissante à résoudre la question.

Il nous reste maintenant à examiner si la paléontologie ne nous fournira pas les moyens de trancher la difficulté.

ve

Paléontologie.

Nous voici arrivé à la partie la plus vivement controver-

sée de la question. Y a-t-il ou n’y a-t-il pas dans la zone à Avicula contorta, des espèces communes au Keuper et d’au-

. tres au Lias ?

Quoi qu’en aient pu dire nos honorables contradicteurs, cela ne nous parait plus contestable.

Cette parenté, d’ailleurs, est généralement admise aujourd'hui, et avec le Lias par les partisans les plus déclarés de l’association du groupe au Keuper, et avec le Trias par les géologues qui le rattachent à la formation liasique.

Aussi le litige ne porte-t-il plus désormais sur ce point, mais bien sur celui de savoir si cet horizon géognostique ne constituerait pas une période distincte à la fois de l’un et de l’autre des terrains qui s’en sont disputé jusqu'ici l'annexion.

C’est ce que nous nous proposons d'examiner ci-après.

Toutefois, avant d'aborder le débat à ce point de vue, il nous semble qu’il y a une question préjudicielle à résoudre.

En effet, si spéciale que puisse être cette faune, elle a nécessairement des affinités, et avec celles qui la précèdent et avec celles qui la suivent. Il s’agit donc tout d’abord de déterminer de quel côté est la prédominance de ces affinités.

On a dit souvent que l’aspect général de cet ensemble organique était keupérien. MM. Oppel, Terquem, Piette, Levallois, etc., l’ont proclamé tour à tour, mais sans en faire la justification.

MM. Winkler, Gümbel et dé Dittmar sont du même avis et ont cru l’établir par les listes plus ou moins complètes

qu’ils ont données des espèces recueillies à ce niveau stratigraphique ; mais ên négligeant, comme ils l'ont fait, les enseignements fournis par les caractères génériques, ces auteurs ont complétement faussé, à notre avis, le sens des conclusions qu’il y avait à en tirer.

Quiconque s’est occupé de paléontologie sait ce qu'il faut de soins et de données précises pour arriver à des déterminations spécifiques exactes et à l'abri de toute contestation. Mais, dans le cas particulier surtout, la difficulté est extrême, à raison de l’état de conservation des fossiles, le plus souvent incomplets, et sans traces des caractères organiques les plus essentiels. Il en résulte nécessairement, quelques précautions que l’on prenne, des assimilations fautives ou douteuses, et conséquemment des chances d’erreur chaque fois que l’on base exclusivement des conclusions sur des données aussi peu certaines.

On nous a fait à nous-même cette objection et nous la comprenons ; aussi, pour la prévenir, nous appuierons cette fois d’un autre ordre de considérations les notions spécifiques que l’on possède aujourd’hui sur la question.

Un des plus sûrs moyens d’arriver à la vérité, c’est de combiner l'élément générique aux données spécifiques, et de rechercher quelle est l'extension géologique aujourd’hui connue des genres cités dans les dépôts à Avicula contorta.

M. Renevier, dans le mémoire que nous avons précédemment analysé, a tiré très bon parti de cette combinaison ; aussi nous avons pensé que ce que nous avions de mieux à faire était de le suivre dans cette voie.

Ce n’est pas que les déterminations génériques ellesmêmes échappent à toute chance d’erreur, bien au contraire ; car il est souvent aussi difficile de reconnaitre les caractères du genre que les limites de l’espèce. Cependant, en général, la difficulté n’existe qu’à un degré beaucoup moindre,

OU ÉTAGE RHÆTIEN. 183

D'ailleurs, c’est un moyen de contrôle de plus, et deux en pareil cas valent mieux qu’un.

Nous avons, en outre, la chance d'arriver par là à des résultats concordants dans l’un et l’autre ordre de faits, et, si cela vient à se produire, ce sera un argument de plus en faveur de nos conclusions.

Les limites d'extension géologique des genres aujourd’hui admis ne sont pas non plus invariables, nous le savons : elles suivent les progrès de la science, changent avec les découvertes nouvelles et seront sans doute profondément modifiées dans l'avenir ; mais, dans les sciences d’observation, il est impossible de procéder autrement que du connu à l'inconnu.

C’est donc ce que nous ferons en considérant maintenant comme exacts les résultats consignés dans les traités de paléontologie les plus récents, tels que ceux de MM. Pictet et Bronn, en les contrôlant l’un par l’autre et en adoptant toujours les résultats d’où ressortira, pour chaque genre, la plus grande extension géologique, lorsqu'il y aura divergence entre ces savants.

Enfin, pour prévenir toute objection, nous ajouterons que dans le tableau général des genres et des espèces propres à la zone, qui termine cette étude, nous nous sommes efforcé de laisser aussi intactes que possible les détermina-

tions génériques de MM. Gümbel et de Dittmar, qui sont

dans la question, comme l’on sait, d’un avis opposé au nôtre.

Il s’est trouvé des cas cependant où nous n’avons pas pu donner notre adhésion à certaines appréciations de ces géologues ; comme celle, par exemple, qui consiste à réunir sous un même nom les genres Hybodus et Acrodus, ou de classer dans les Anodontes une coquille appelée Pholadomye par M. Levallois et Venus ou Tæniodon, par M. Credner.

Nous avons cru devoir repousser également la dénomi-

nation de Myacites pour des coquilles bivalves se rapprochant beaucoup des Panopées par la forme et classées pour la plupart dans les Pleuromyes, par M. Winkler.

Le genre Myacites est d’ailleurs mal défini et ne peut être conservé dans la science.

Nous aurions peut-être dû faire justice aussi de la dénomination de Schixodus, genre essentiellement paléozoïque, appliquée ici à une série de coquilles bivalves très différentes de forme et classées par les auteurs dans les genres Venus, Tœæniodon, Nucule, Myophorie, Axinus, Pholadomye et Pteromye ; mais en l’absence d’une caractéristique pour chacune d’elles, nous les avons provisoirement maintenues sous Ce nom.

A part ces rectifications et quelques autres encore, soit dans la détermination synonymique des espèces, soit dans le classement zoologique, et sauf aussi les additions relatives aux travaux parus depuis le mémoire de M. de Dittmar, c’est à ce géologue que revient le mérite et l'honneur d’avoir réuni et discuté les éléments qui ont servi à la reconstitution de cette faune splendide.

Nous n’avons guère fait que de la reproduire avec quelques variantes, et en adoptant en grande partie sa synonymie qui, sauf exception, nous a paru discutée avec beaucoup d'intelligence et de soin.

Nous avons notamment admis sans réserve la critique que cet auteur à faite des nombreuses espèces nouvelles sommairement décrites par M. Gümbel (4) en 4864 et non figurées jusqu'ici. I] était naturel en effet de penser qu'ayant eu les originaux à sa disposition, ce géologue était à même, autant que qui que ce fût, d’en donner une bonne synony-

(1) Obere Abtheilung des Keupers der Alpen (separatabdruck aus Guembels geognost Beschreibung von Bayern, 1861).

OU ÉTAGE RHÆTIEN. 185

mie. Nous manquions d’ailleurs des premiers éléments pour le faire nous-même (1).

Cela entendu, il nous reste à examiner quelle est l’exten- . Sion aujourd’hui connue des cent quarante-neuf genres dont se compose notre faune, en faisant abstraction ici de

… Ja flore dont il sera question tout à l'heure.

En procédant à cette recherche nous trouvons que douze de ces genres seulement, comprenant trente-sept espèces, appartiennent aux étages paléozoiques et triasiques, et font

leur dernière apparition dans la zone ; : ; Que quarante-sept autres, comprenant soixante-Onze espèces, y surgissent pour la première fois et se propagent ensuite en grand nombre dans la série jurassique ;

Que quelques-uns sont spéciaux à cet horizon, et que le

reste est commun aux étages inférieurs et supérieurs.

Les genres paléozoïques et triasiques faisant leur dernière apparition dans la zone, sont :

DÉSIGNATION. mr ad} DÉSIGNATION. 12cm 1 Termatosaurus. . . . . .. 2 | Report. ..... 44 2 Belondon. . ..... SEA 3 Saurichthys. . . ...... 7 8 Schizodus . ....... 12 k Amblypterus. . . ..... 1 9 Megalodon. . ...... 1 BColobodus .. . . ..... 4 | 10 Myophoria. . ...... 3 M OQUS : : : . . . . . . . 1 AILDDIPUOPRS 7 ue sole 5 1 Palæobates . . ....... 1 12 Spirigera. . . ...... 2

MAtreporter. .. .,. 14 bio: RPÉOPAER L

(1) A cet égard, nous ne saurions nous dispenser de protester ici contre ces sortes de prises de possession d’espèces nouvelles que l’on indique par quelques mots au moyen desquels il est impossible de . les reconnaître, et dont on ajourne ensuite indéfiniment la description.

Nous savons bien que cette manière de faire ne lie pas les auteurs qui viennent ensuite, et qu’ils peuvent facilement passer outre; mais il w’en est pas moins vrai que cela est très regrettable au point de vue de la synonymie.

Genres faisant leur première apparition dans la zone à

Avicula contorta et se propageant ensuite dans la Série jurassique.

Nombre s Nombre

DÉSIGNATION. d'espèces. DÉSIGNATION. d'espèces.

1 Megalosaurus. . . . . .. 1 Bepontiit. se 34

2 Pterodactylus. . ..... 1 25 Anomis: 5.0 RE AUT :

3 lchthyosaurus. . . . . .. 1 26 Spiriferina . . .. .. ter |

4 Plesiosaurus. . . . . . .. 1 27 Hypodiadema . ..... %

D'LÉNINOINS id. 2 5) 28 Terebella, : 2 MP S

6 Dapedius . .... tes RICE 29 Limolus. .". 1, 00m

Page 1