‹ Zone a Avicula contorta; ou, Étage Rhaetien; état de la questionChapitre 38 sur 63 · RS "0 D · texte numérisé non relu

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suite, que des éléments étrangers eussent ainsi été introduits dans la faune que nous publions ci-après.

Mais si des erreurs de cette nature sont à redouter pour les couches lombardes, elles le sont plus particulièrement encore pour les dépôts alpins, où nous avons vu que les limites de ce groupe paléontologique sont loin d’être déterminées toujours d’une manière satisfaisante.

En effet, sous les noms de couches de Koessen et de Da-

chsteinkalk, les géologues allemands désignent parfois des

dépôts d’âge très différent, et dont certaines parties sont complétement étrangères à la zone à Avicula contorta.

Dans l’acception la plus restreinte du mot, et tels que M. Gümbel les a considérés dans son dernier mémoire (1), le Koessener-Schichten et le Dachsteinkalk paraissent être, il est vrai, l'équivalent de cette zone; mais il n’en est pas ainsi pour les géologues autrichiens qui comprennent sous cette dernière dénomination toute la masse des dolomies keupériennes au-dessus des couches d’Hallstadt, dont les couches de Raïbl, d’Esino et de Koessen forment des intercalations marneuses et fossilifères.

D'un autre côté les assises de ce Dachsteinkalk ne sont pas toujours distinctes du calcaire ammonitique rougeâtre qui les recouvre et la limite qui les en sépare est souvent assez difficile à tracer.

IL est à remarquer d’ailleurs que les zones à Am. planorbis et à Am. angulatus n’ont été jusqu'ici que très rarement reconnues dans la chaîne des Alpes, et qu’il n’est pas du tout établi qu’elles y présentent des faunes aussi spéciales que dans les autres contrées.

On conçoit donc que dans de pareilles conditions il ait pu se glisser dans les listes dressées par les auteurs quelques espèces étrangères à la zone; mais il pourrait se faire

(1) Obere Abtheilung des Keupers der Alpen , 1861.

aussi que ceux de ces fossiles que nous considérons comme les plus douteux, à raison de leurs limites ordinaires de propagation, ne se trouvassent à ce niveau que par suite d'un de ces mélanges si souvent cités dans les régions alpines, où les espèces du Lias inférieur, du Lias moyen et du Lias supérieur se trouvent quelquefois associées dans un même bloc, ou dans des couches contiguës d’une très faible épaisseur.

Dans le doute qui subsiste à cet égard, il nous a semblé qu’il convenait d’admettre ces espèces au même titre que les autres, et cela, avec d’autant plus de raison que quelques-uns des fossiles réputés triasiques qui les accompagnent, ne sont pas eux-mêmes à l’abri de toute contestation.

Ainsi, les Nautilus mesodicus, Ammonites alterniplicatus et Turritella bipunctata indiqués à ce niveau, sont douteux pour M. Gümbel lui-même, et M. de Dittmar pense que le Cidaris désigné sous le nom de decorata, présente des différences assez sensibles avec l'espèce du Saint-Cassian.

Ces réserves faites, et notre faune comprenant dans son sein les éléments dont il vient d’être question (4), si nous recherchons quelles sont celles des espèces qui la composent, qui sont communes au Keuper ou au Lias, nous arrivons au chiffre de 16 pour le premier de ces étages, et à celui de 57 pour le second, ainsi que cela ressort des tableaux ci-après :

(1) Nous ferons remarquer aussi que nous avons laissé en dehors les espèces propres au Lias blanc anglais, bien que quelques auteurs soient aujourd’hui d’avis de réunir ces dépôts à ceux de la zone à Avicula contorta.

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Ke

Liste des espèces communes à la zone et au Trias.

hhys acuminatus, Ag., d’après M. Oppel, in

pterus decipiens, Giebel, 1848, d’après M. de tmar..

Dittmar.

Sargodon tomicus, Plien., d’après M. de Dittmar, M. Dawkins, etc.

La sutilus mesodicus, Quenst. Douteux pour MM. Güm-

bel et de Dittmar

| Ammonites alterniplicatus, Hauer. M. Gümbel pense

par M. Gümbel.

8 — heuperina, Dittmar, d’après M. Gümbel.

9 Fusus Orbignyanus, Münster. Du Saint-Cassian, d’après M. Gümbel. ; è

. M. Gümbel.

A5 Perna aviculæformis, Emmr. Id.

Cidaris decorata, Münster. Cité avec doute par M. de Dittmar. ;

Liste des espèces communes à la zone et à la formation liasique.

1 Saurichthys acuminatus, Ag. Dents recueillies par nous dans la zone à Am. angulatus, à Mémont (Côte-

d'Or).

2 Dapedius spec. Dents et écailles recueillies dans le Bonebed et dans la zone à Am. angulatus, à Mémont.

3 Sargodon tomicus, Plien. Dents recueillies par nous dans la zone à Am. planorbis, à Remilly-sous-Sombernon et dans celle à Am. angulatus, à Mémont.

4 Hybodus minor, Ag. Même observation.

D — sublævis, Ag. Dents recueillies dans la zoneà Am. angulatus, à Mémont (Côte-d'Or).

6 Acrodus minimus, Ag. Id.

1 ? Ceratodus cloacinus, Quenst. Id.

8 Amblypterus decipiens, Gumbel. Id.

9 Turbo anchurus, Münster, d’après M. Schafhaeutl.

10 — ? duplicatus, Sow. Id.

11 Trochus biarmatus, Münster. Id.

12 — glaber, Koch. Dern 143 — subsulcatus, Münster. Id.

14 Pleurotomaria polita, Sowerby. Id.

15 — precatoria, Deslong. Id.

16 — fuberculato-costata, Münst. Id.

17 — principalis, Münster. Id.

48 — Subfasciata, d'Orbigny. Id.

19 Cerithium Hemes, d'Orbigny, d’après Stoppani.

20 — semele, d'Orbig., d’après nous, à Ruffey, Remilly, etc.

21 — subnudum, Martin. Ruffey, Remilly (Côte-d'Or).

22 — ? Henrici, Martin, ( Chemnit). Henrici, d’après

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. MM. Moore et Dawkins, Beer-Crowcombe et Watchet (Somerset).

: | 93 Pullastra elongata, Moore, spec. (Axinus), Cypricard. É: porrecta, Dumor.

24 Panopæa rugosa, Dunker, d’après nous, Remilly (Côte- Hi d'Or).

98 Leda Heberti, Martin (L. Titei Moore), Beer-Crowcombe D (Somerset); Remilly (Côte-d'Or).

26 Cypricardia Marcignyana, Mart. Dans les couches à | Cardinies de la Manche, d’après M. Eug. Deslongx champs.

. 27 Cardium Philippianum, d’après M. Stoppani et d’après : nous. Card. Rhæticum pour M. Dawkins.

. 28 Cardium cucullatum, Goldf., d’après Stoppani.

29 Nucula subovalis, Goldf. Id.

30 Hausmanni, Roemer. Id.

31 Modiola minima, Sow., d’après MM. Wright, Moore et ; Dawkins.

32 Mytilus minutus, Goldf. Zone à Am. planorbis et à Ost. Le arcuata.

33 Lima punctata, SoW., d’après M. Stoppani: 34 — compressa, Terq., d’après nous.

35 Gervillia, spec. La même, d’après nous, que celle des lu- | machelles à Am. planorbis.

86 Pecten Valoniensis, d’après MM. Wright, Moore, Du- Gr. mortier et nous.

- 37 — Hehlü, d'Orbigny, d’après nous (Côte-d'Or). 88 Plicatula intusstriata, d’après MM. Dumortier, Dawkins et nous.

39 Ostrea Haidingeriana, Emmr., d’après nous. Montignysur-Armançon (Côte-d'Or).

40 — anomala, Terq., d’après nous. O. Koessenensis, ; Winkler.

M — “liassica, Strick., d’après Wright. Espèce réelle- 2 ment distincte de la suivante.

42 — irregularis, Münster, d’après nous.

43 Anomia pellucida, Terq. A. alpina, Winkl., d’après nous. ES

44 irregularis, Terq. (Anom. Fabrii, Stop.), d’après nous. 45 Rhynchonella subrimosa, Schafh., d’après cet auteur.

46 — scalpellum, Quenst., d'après M. Schafhaeutl.

4T — plicatissima, Quenst., d'après M. Gümbel.

48 — obsoleta, Dav., d’après M. Schafhaeutl.

49 — bidens, Phill. Id.

50 — quadriplicata, Ziet. Id.

5l — cornigera, Schafh., d’après cet auteur. |

D2- Spirifer verrucosus lœvigatus, Quenst., d’après M. Schafhaeut]. :

D3 Terebratula cornuta scalprata, Quenst. Id.

54 Asteria lumbricalis, Schloth., d’après M. Quenst., etc. 35 Thecocyathus mactra, Goldf., d'après M. Schafhaeutl. d6 Serpula strangulata, Terg., d’après nous.

57 Terebella? liasina, Terq. Id.

58 Cypris liassica, Brodie. Dans le calcaire à Gryphées, d’après M. Terquem.

Ainsi, cinquante-huit espèces contre seize témoignent en faveur du Lias et attestent encore que le groupe du Bonebed se relie à la grande famille jurassique par une étroite parenté. É

La flore elle-même, si incomplète qu’elle soit, se prononce dans le même sens, et ajoute son témoignage à celni de la faune.

En effet, sur les cinquante espèces cataloguées ci-après, cinq ont été rencontrées dans le Lias, soit en France, soit en Allemagne; ce sont : les Odontopteris cycadea, Tæniopteris vittata, Clathropteris meniscioides, Nilssonia elongata et Plerophyllum maximum.

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outes les cinq, d’après M. Germar (1), appartiennent

M. Pome!, jusque dans le calcaire à Gryphées (3). :260è définitive, quarante-neuf genresetsoixante-

or avec le Trias sont près de quatre fois moins nom- breux.

ou de notions inexactes sur l’extension stratigraphique de - Ja zone, et que des études plus approfondies réduisent de beaucoup, plus tard, le nombre de ces espèces communes; … Jes affinités génériques que nous avons constatées dans Po les classes de la série organique, n’en resteront pas moins les mêmes; c’est-à-dire dans le rapport de quatre à 4 une, en sorte qu'une prédominance des plus marquées sub- … sistera toujours en faveur du Jura. C’est plus qu’il n’en faut, à notre avis, pour déterminer le classement du groupe litigieux dans cette période et pour le proclamer définiti- . vement MEMBRE DE LA SÉRIE JURASSIQUE.

. Ce premier point établi, voyons-maintenant quel rang il convient d’assigner à ces dépôts à la base de la formation. Constituent-ils une période distincte et autonome, ou bien une simple zone paléontologique dépendant du Lias ? La réponse à cette question ne saurait être douteuse.

L'ensemble organique qui vient de surgir à ce niveau

- (1) Dunker, Paleontologica, t. Ker, (2) Palont. d'Hettange et du Luxembourg, p. 117 et 118. (3) Bull. soc. géol., 2e série, t. IN, p. 652.

est trop important, trop spécial, pour ne pas caractériser une époque distincte.

Tant que nous n’avons connu dans ces dépôts que des faunules locales que leurs affinités rapprochaient plus ou moins du Lias, nous avons bien pu les considérer comme une dépendance accessoire de cette période géologique ; mais il ne saurait en être de même aujourd’hui en présence d’une série organique Comprenant cinq cent trentecinq espèces, et alors qu’une soixantaine d’entre elles, tout au plus, franchissent les limites de cet horizon pour passer dans les zones supérieures.

L'association de ce groupe à l’Infra-Lias proprement dit nous semblerait d'autant moins possible à justifier maintenant, que la limite qui sépare ces deux terrains, au double point de vue pétrographique et paléontologique, est bien plus nettement marquée qu’entre la zone à Am. angulatus et le calcaire à Gryphées.

Il y a là une intermittence, une solution de continuité dans les manifestations biologiques, qui est pour nous la preuve de l’indépendance des deux horizons.

Ainsi, tous les géologues engagés dans le débat avaient tort (1), et tous avaient raison. Les dépôts de la zone à Avicula contorta constituent bien un étage ; mais cet étage est essentiellement jurassique.

C’est done une nouvelle période de vie à ajouter aux périodes si diverses dont se compose le terrain du Lias : Papparition dans ces couches inférieures des reptiles sauriens et des poissons les plus caractéristiques de cette formation, des genres Belotheutis, Tancredia, Anomia, Placunopsis, Spiriferina, enfin de toutes ces formes génériques nouvelles,

(1) Sauf peut-être M. Renevier, bien que ce géologue ne soit affirmatif qu’en ce qui concerne la région très restreinte qu’il a étudiée.

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précédemment indiquées, parmi les Crustacés, les Annéli- des, les Bryozoaires, les Zoophytes et les Foraminifères, en sont pour nous une preuve irrécusable.

Le premier, en 1861, M. Gümbel a proclamé Pautonomie = de ce groupe paléontologique, en le donnant comme le der- …. nier terme du Trias, et a proposé pour le désigner, le nom d'étage Rhætien (Rhætische Gruppe).

Depuis, divers géologues, au nombre desquels nous ci- … terons MM. Moore, Renevier et Dawkins, ont adopté cette dénomination. Nous croyons comme eux qu’il convient de ladmettre, mais en considérant désormais le terrain qu’elle . représente comme le membre le plus inférieur de la Série jurassique.

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