‹ Zone a Avicula contorta; ou, Étage Rhaetien; état de la questionChapitre 37 sur 63 · Léptolepis : doi 1 30 Pollicipes, ;:. LEA · texte numérisé non relu

Léptolepis : doi 1 30 Pollicipes, ;:. LEA

8 Sphenodus . ....... 1 31 Estheria . .. 1% AR er

JSTHAIOPAIS. EE eu are 1 32 Glyphæa. . . . . ... ee |

10 Beloteuthis . : . . . . .. 1 33 Membranipora. . .... 1 A1:Crioverdarer Ga one 5 34 Diastopora, ...,... 1 12 HO. ar: PAT | 35 Defranceia. . . . .. 1 13 Acteonella. . . .. PR | 36 Turbinolia. ...,.... 1 14 Ditremaria. .. .. .. .. 1 37 Trochocyathus. . . . .. 1 IF POIDS 5, 7. 112 1 38 Thecocyathus . . .... 1 ÉCART Le ER | 39 Rhabdophyllia. ., ,.,. 5 17 Pholadomya (proprement mL 4 40 Thecosmnilig 7, USE 3 18 Gastrochena. . . ... Si AL: Stylins 2. RE 8 LR OA OT PIE 1 42 Chenendopora. ..... 1 2AN'ONMIOrER. 16e 6 le oies 43. Térea armee se À M:Orolss. Nate se 1 k4 Guettardia. . . ,..,. To : RAAODIS Di ete ae Pie ia 2 45 Marginulina . .. . , .. 1 28 TARCPEGIR LE. + le 2 46 Cristellaria. . . ... .. 1 24 Lithophagus. . . ..... 1 47 Globulina. . . . .. Fute À reporter. 34 TOTAL UOTE

A la seule inspection de ces listes, et en ne tenant compte que du nombre, la balance, on le voit, penche très fortement du côté de la formation jurassique.

Douze genres comprenant trente-sept espèces, ne peuvent guère, en effet, soutenir la comparaison avec quarantesept pour soixante-onze ; mais cette infériorité devient bien plus saisissante encore, si l’on décompose ces résultats, pour les opposer partiellement les uns aux autres.

Ainsi, parmi les reptiles sauriens, apparaissent quatre des types les plus éminemment caractéristiques du Lias, les Mégalosaures, les Ptérodactyles, les Ichthyosaures et les

OU ÉTAGE RHÆTIEN. 187

Plésiosaures, tandis que deux genres triasiques seulement

dépassent les limites du Keuper, les Termatosaures et les Belodon.

Parmi les poissons, il est vrai, la proportion est mieux maintenue ; car les genres Saurichthys, Amblypterus, Colobodus, Placodus et Palæobates, tous triasiques, font à peu près contrepoids aux genres Lepidotus, Dapedius, Leptolepis,

Sphenodus et Squaloraja qui se développent dans le Lias et

les terrains plus récents. Cependant si l’on se rappelle que nous avons recueilli, à Mémont et à Remilly (Côte-d'Or), des dents et des écailles de Saurichthys et d’Amblypterus, dans la zone à Am. angulatus, et que des débris de même genre ont été trouvés dans les mêmes conditions par M. Oppel, aux environs de Bambert, Bavière, on verra que pour cette classe d'animaux, la prédominance reste encore acquise au Lias.

Mais, s’il est un point dans la série organique où cette prédominance soit nettement marquée, c’est pour les mollusques céphalopodes parmi lesquels nous voyons surgir le genre Beloteuthis, si essentiellement liasique, les Criocères que l’on était loin de s'attendre à rencontrer à un niveau aussi inférieur, et surtout ces Ammonites, dont plusieurs sont si semblables à celles de l’Infra-Lias proprement dit, que l’on a commencé d’abord par les confondre avec elles, et que ce n’est que sur des différences reconnues dans la forme des cloisons, seulement, qu’elles en ont été séparées ensuite.

Triple apparition d'autant plus remarquable et probante, que les Céphalopodes les plus caractéristiques du Trias, les Cératites, ont disparu sans retour.

Pour les Gastéropodes, la transition ascendante n’est pas moins prononcée ; car, tandis que pas un des genres spéciaux au Keuper ne pénètre dans la zone, cinq des genres les plus communs de la formation jurassique, s’y montrent pour la première fois.

Parmi les Acéphales, neuf genres inconnus dans les terrains inférieurs, contre trois genres triasiques venant s’éteindre à ce niveau, témoignent également que les dépôts dans lesquels ils se trouvent enfouis font partie d’une ère nouvelle, l’ère jurassique.

En effet, les Pholadomies qui n’ont eu de représentants jusque-là que dans le groupe paléozoïque des Allorisma, s'y présentent sous des formes qui vont devenir très communes dans les étages supérieurs. Les Tancrédies, genre liasique par excellence, viennent de naître avec les Anomies et les Placunopsis.

Les Cyprines, les Corbis et les Anatines, qui ne comptaient que de rares espèces dans les terrains anciens, et pas une seule dans le Trias, réapparaissent nombreuses et variées de forme, les Anatines surtout.

Seuls, les Brachiopodes, dont le règne va désormais en périelitant, suivent une marche inverse et présentent moins de genres nouveaux que de genres qui s’éteignent. Cela est conséquent et devait en effet se produire. Aussi, pour deux types paléozoïques qui viennent inutilement lutter contre leur destin dans ces assises, un seul nouveau s’y produit ; mais il est très significatif, car c’est le genre Spiriferina que l’on retrouve en si grande abondance à la base du Lias.

Dans les autres classes, la proportion se rétablit partout et d’une manière très remarquable en faveur de la période jurassique.

Les Echinides, les Annélides et les Crustacés recrutent de nouveaux représentants génériques, sans qu'aucun de ceux qui s’éteignent avec le Trias ait franchi les limites inférieures de la zone à Avicula contorta.

Les Bryozoaires gagnent de même trois genres jurassiques nouveaux, les Zoophytes six, les Amorphozoaires trois, et pas un des types triasiques ne disparaît à ce niveau.

Enfin, parmi les Foraminifères, les genres Marginulina,

Cristellaria et Globulina, abondamment répandus dans le Lias, viennent se joindre aux rares représentants que possèdent jusque-là ces animaux microscopiques.

Il aurait été fort intéressant aussi de savoir si la flore de celte époque a participé de son côté à ce même mouvement de régénération ; malheureusement nos ressources bibliographiques ne nous ont permis de la reconstituer que très

- imparfaitement, et nous n’avons que peu d’éléments à ajou-

ter à la liste assez incomplète de M. de Dittmar.

Cependant, telle que nous la présentons, deux des genres cités apparaissent pour la première fois à ce niveau: ce sont les genres Acrostichites et Camptopteris ; trois viennent s'y éteindre : les genres Palæoxyris, Asterocarpus et Preissleria.

En résumé, la série organique à tous les degrés s’enrichit à ce moment de genres nouveaux que l’on voit se pro-

pager bientôt dans les terrains jurassiques et dans toutes

les classes, à l'exception de celle de Brachiopodes, ces genres l’emportent numériquement, et souvent de beaucoup, sur ceux du Trias qui s’éteignent à ce niveau.

Les listes qui précèdent établissent en effet que sur l’ensemble, les rapports entre ces données existent à peu près dans la proportion de 4 à 1 (47 contre 12).

- Cela acquis, et la preuve se trouvant ainsi faite, qu’au point de vue des affinités génériques, notre zone litigieuse se rattache au Jura par des liens de parenté beaucoup plus étroits que ceux qu’elle conserve avec le Trias, voyons maintenant si ces mêmes rapports se maintiendront en considérant la faune et la flore par le côté spécifique.

Pour cela, nous allons procéder comme nous l’avons déjà fait pour les genres, en détachant de la faune générale, d’une part, les espèces communes au Keuper, et de l’autre, celles qui le sont au Lias.

Mais ici, il va se produire un fait au sujet duquel nous avons besoin tout d’abord d’entrer dans quelques explica-

tions, afin de prévenir les objections qui ne manqueraient pas de nous être faites.

Parmi les espèces que nous allons avoir à citer comme étant communes au Lias, il en figure un certain nombre, une quinzaine environ, qui appartiennent au liasien et au toarcien. Il en est même trois dans notre liste qui n’avaient été signalées jusqu'ici que dans le Bajocien.

De pareils faits sont-ils admissibles ? C’est peu probable; et cependant nous avons été obligés de les maintenir à raison de l’impossibilité où nous nous sommes trouvé d'en démontrer l'inexactitude.

En effet, M. Schafaeutl auquel on doit une grande partie des déterminations de ces espèces, les a figurées pour la plupart, et ses figures accusent parfaitement les formes des types auxquels il les rapporte.

M. Stoppani, de son côté, a illustré les autres, et nous ne saurions, à l’aide de ses planches seulement, dire s’il est ou non dans l’erreur.

En ce qui concerne ce dernier auteur, nous avons observé quelque chose de plus remarquable encore : c’est que le Cerithium Hemes qu’il cite à ce niveau, a été déterminé par d’Orbigny lui-même, et que l’'éminent paléontologiste n’a été amené à classer ce fossile dans son étage toarcien, que parce qu’il était accompagné des Nucula Hammeri, N. claviformis, Cardium uniforme et autres espèces du Lias supérieur, que M. de Collegno, qui les lui avait adressées, disait provenir toutes des schistes noirs de Guggiate (4).

Il y aurait donc ici plutôt à craindre des méprises dans la délimitation de la zone, que des erreurs dans la détermination des espèces, et nous ne serions pas étonné, par

(4) Voir Omboni, série des terrains secondaires de la Lombardie (Bull. soc. géol de France, 2e série, t. XII, p. 528).

Page 1