AU BONE-BED DE LA COTE-D'OR
Dans mon mémoire sur la zone à Avicula contorta et le Bone-bed de la Côte-d'Or (1), j'ai cité un certain nombre d'espèces nouvelles, en promettant de les figurer et de les décrire lors que je serais mieux fixé sur la détermination de quelques-unes d’entre elles.
C’est cette description que je donne aujourd’hui, en la faisant accompagner de quelques renseignements nouveaux sur les conditions de gisement et de station de certaines de ces coquilles.
En paléontologie il arrive assez fréquemment que le nom imposé à un mollusque n’est, faute de données suffisantes sur les caractères organiques les plus essentiels, qu’un terme de convention destiné seulement à en signaler la forme extérieure.
Le fossile devient, dans ce cas, une sorte de médaille, en attendant que le hasard des découvertes lui donne la valeur qui appartient, dans la série paléontologique, à tout être organisé.
(1) Mémoires de l’Académie des Sciences. Arts et Belles-Lettres de Dijon, t. XI, 1863.
Il faut donc se garder de voir dans cette appellation con- L
ventionnelle un acte de précipitation regrettable, malgré les inconvénients qui peuvent en résulter au point de vue de la synonymie. Cette précipitation est commandée par le besoin qu'ont les géologues d'accroître sans cesseles moyens de repère dont ils disposent pour paralléliser au loin les assises sédimentaires dont ils cherchent à démêler la date relative du dépôt.
Ces quelques mots préliminaires ont pour but d'expliquer comment j'ai été amené à décrire ci-après certains restes organiques qui, quoique fort bien conservés du reste, ne
portent pas avec eux, cependant, des preuves suffisantes
du genre auquel je les rapporte provisoirement.
Je ne sais si l’avenir sanctionnera mes prévisions à leur égard; mais comme d'ici là ils peuvent servir de jalons et peut-être même de points d'appui dans la discussion engagée au sujet du classement des assises qui les contiennent, je n’ai pas cru devoir en ajourner plus longtemps la publication.
Enfin, il m’a paru utile de relater également ci-après le résultat de l’analyse chimique des coprolithes recueillies dans le Bone-bed de Blaisy (Côte-d'Or) par MM. Collenot, Bréon, Bochard et par moi.
Je dois cette analyse à l’obligeance de M. Evrard, ingénieur-directeur des forges de Maison-Neuve, auquel je suis heureux d'adresser publiquement ici, avec mes remerciements, l'expression de ma reconnaissance.