‹ Zone a Avicula contorta; ou, Étage Rhaetien; état de la questionChapitre 57 sur 63 · DESCRIPTIONS · texte numérisé non relu

DESCRIPTIONS

MOLLUSQUES

FUSUS MONTIGNYANUS, Mart.

PI. 1 et 2, fig. 1 a et b.

Quoique incomplet et privé, du côté de la bouche, de l’ex- ” trémité canalifère, je ne doute pas que l'échantillon que je figure ici appartienne aux fuseaux, malgré la rareté exceptionnelle des coquilles de ce genre à un niveau géologique aussi inférieur.

Dunose. — Cette espèce, dont j’ai sous les yeux deux exemplaires de même taille malheureusement en assez mauvais état, est grande, turriculée et fusiforme, Les tours, légèrement convexes, sont lisses et marqués seulement de …. 4 à5 plis transversaux, plus ou moins profonds, qui ren- — dent la ligne suturale assez sinueuse. Un petit ruban en relief, très étroit, accompagne cette ligne suturale et en suit les ondulations. Le dernier tour a la hauteur au moins du reste de la coquille; l'ouverture pyriforme est étroite relativement ; le canal parait avoir été court et probablement un peu recourbé. La forme du labre libre m'est inconnue.

… Rapports ET DIFFÉRENCES. — Cette espèce est beaucoup plus grande que tout ce que je connais du genre dans les terrains jurassiques. Sauf la taille, elle ressemble un peu au Fusus inornatus, Buv., du calcaire à Astartes; mais elle est proportionnellement plus courte, plus ramassée que cétte dernière. Elle s’en distingue aussi nettement par ses plis transversaux.

LocaALITÉ. — De la partie supérieure des grès à Avicula

contorta de Montigny-sur-Armançon (Côte-d'Or), où ce fossile a été recueilli par MM. Collenot et Bréon.

EXPLICATION DES FIGURES. — PI. 1, fig. 1 a. Coquille de grandeur naturelle vue du côté opposé à la bouche dont le canal à été restauré.

PI. 11, fig. 1 b. La même, vue du côté de l'ouverture.

PANOPÆA REMILLYANA, Mart.

PI. 1, fig. 2 a et b.

C’est un peu avec doute que je classe dans les Panopées ce moule intérieur sur lequel on n’aperçoit aucun vestige de la charnière.

DuGnose. — Cette espèce, dont j'ai entre les mains cinq exemplaires, tous à l’état de moules internes, paraît avoir été assez variable dans ses contours extérieurs, Car on la voit passer de la forme ovoïde de la fig. 2 a, à la forme subcarrée de la fig. 2 b. Les crochets, très petits et contigus, font à peine saillie sur la région dorsale.

L’impression musculaire antérieure est obronde et la postérieure ovale. Le sinus, parfaitement visible sur l’un de mes échantillons, est très profond et la languette palléale étroite et rostrée. La plus grande épaisseur de la coquille est près des crochets, du côté de la région anale. Les valves sont assez bâillantes antérieurement et postérieurement. Le test, à en juger par les stries d’accroissement qu'il a laissées sur les moules internes, a dû être très mince.

RAPPORTS ET DIFFÉRENCES. — Cette espèce est assez voisine de forme de certaines variétés de la P. striatula, Agas., du calcaire à gryphées; mais cette dernière en diffère toujours par des crochets plus proéminents et plus développés.

DE LA CÔTE-D'OR. 273 . Locaurré. — De la partie supérieure des grès à Avicula

contorta de Remilly-en-Montagne et de Marcigny-sous- Thil. -

ExpuicariON DES FIGURES. — PI. 1, fig. 2 a. Echantillon . de grandeur naturelle avec impressions musculaires et pal- Jéale, de la collection de M. Bréon.

Fig. 2 b. Autre échantillon plus petit, de ma collection.

PANOPÆA RENEVIERII, Mart.

PI. 1, fig, 3 « et b.

DiaGnose. — Coquille allongée, a bords parallèles et à

région anale fortement rostrée. Les crochets sub-terminaux,

petits, contigus et infléchis en avant se confondent avec la ligne dorsale. L’aire cardinale est droite et même un peu arquée à la manière des Lyonsia ; le côté buccal très atténué est presque nul et le bord palléal à peu près droit. L'impression musculaire antérieure, bien visible sur l’échantillon figuré, est oblongue et occupe, en avant du crochet, presque toute la région antérieure. Des stries d’accroissement espacées et assez fortes, couvrent les flancs de la coquille qui ne devait être que très faiblement bâillante.

RAPPORTS ET DIFFÉRENCES. — Cette espèce est très voisine de forme de la Pan. Galathea, Agas. sp.; mais la région ï anale est beaucoup plus rostrée que dans cette dernière et le bord palléal plus droit.

Le LocauiTÉ. — Je l’ai recueillie à la partie supérieure des grès à Avicula contorta de Montigny-sur-Armançon.

EXPLICATION DES FIGURES. — PI. 1, fig. 3 a. Individu de grandeur naturelle vu de face. Ma collection.

Fig. 3 b. Valve du même, vue de profil.

PANOPÆA KEUPERO-LIASINA, Mart.

PI. 2, fig, 2 a et b.

DuGnose. — Coquille allongée, à bords parallèles et à extrémités arrondies. Les crochets, petits, contigus et fixés au quart antérieur, ne font aucune saillie sur la ligne dorsale qui est droite ou légèrement arquée. Le bord palléal, au contraire, est un peu excavé et le côté buccal sensiblement moins large que la région opposée. La plus grande épaisseur de la coquille réside un peu en arrière des crochets. Le côté anal est bâillant. Les flancs, déprimés vers le milieu, portent des rides concentriques d’accroissement qui sont visibles même sur les moules internes.

L'impression musculaire du côté buccal est petite et arrondie, celle du côté opposé est plus forte et un peu ovale; le sinus est triangulaire et la languette qu’il forme avec la ligne palléale, fortement rostrée.

RAPPORTS ET DIFFÉRENCES. — Cette espèce est voisine de la Pan. Montignyana, Mart.; mais la région anale est plus développée, plus large et le côté antérieur moins acuminé que dans cette dernière. La plus grande épaisseur réside aussi plus près des crochets.

LocaLITÉ. — Des grès à Avicula contorta, de Marcignysous-Thil.

EXPLICATION DES FIGURES. — PI. 2, fig. 2 a, Echantillon de grandeur naturelle de ma collection.

Fig. 2b, Echantillon plus grand avec empreintesimuseulaires et impression palléale, de la collection de M. Bréon.

ANATINA STOPPANII, Mart.

PI. 9, fig: 3:

DiGnose. — Petite coquille allongée, à bords parallèles,

dont la région buccale, très développée, est arrondie et deux fois au moins plus longue et plus large que le côté opposé. Les crochets fixés au tiers postérieur se confondent avec la ligne dorsale et ne sont que très peu proéminents. La région anale, atténuée et tronquée obliquement, porte une carène marginale limitant l’aire postérieure des flancs de la coquille. Du côté buccal se montrent quelques traces vagues de rides concentriques.

. RAPPORTS ET DIFFÉRENCES. — Voisine de l’Anatina Remillyana, Mart., celte espèce s’en distingue par une forme plus allongée, par un plus grand développement de la région buccale et par son côté anal rostré et tronqué obliquement.

LocauiTÉ. — Des grès micacés à Anatina præcursor de Remilly-en-Montagne.

EXPLICATION DES FIGURES. — PI. 2, fig. 3. Individu de grandeur naturelle de ma collection.

ANATINA REMILLYANA, Mart.

P]. 3, fig. 1 a et b.

DiAGNose. — Coquille assez allongée, de forme ovoïde, à crochets post-médians et péu proéminents. La région antérieure est, comme d'ordinaire, plus développée que la région opposée; toutefois, la prépondérance est moins marquée que dans l’Anat. Stoppanii. Le côté anal est quel-

quefois arrondi comme la région opposée; mais le plus souvent il est tronqué carrément. L’aire postérieure est vaguement circonscrite; quelques individus même ne portent pas de trace de carène marginale. Les flancs sont chargés, comme les extrémités, de rides concentriques fines et serrées.

RAPPORTS ET DIFFÉRENCES. — Cette espèce me parait être la même que celle désignée sous le nom d’Anatina præcursor par M. Stoppani dans son étude des couches à Avicula contorta, pl. 29, fig, 16 à 19, et par M. E. Dumortier dans son Infra-Lias, pl. 4, fig. 5.

Evidemment ce n’est pas là l’Anatina præcursor, Quenst. sp.

LocaLiTÉ.— Des grès micacés à Avicula contorta de Re-

milly-en-Montagne où elle est assez abondante.

EXPLICATION DES FIGURES. — PI]. 3, fig. 1 à. Individu de grandeur naturelle de ma collection.

Fig. 1 b. Valve opposée, d’un plus grand individu de la collection de M. Collenot.

VENUS PROBABILIS, Mart. PI, 3, fig. 2 a et b.

DIAGNOSE. — Cette coquille, que je ne connais qu’à l’état de moule interne, est ovale, inéquilatérale et assez épaisse. Le crochet, placé au tiers antérieur, est assez saillant; la région buccale est atténuée et arrondie, et le côté opposé plus ou moins rostré.

L’empreinte musculaire antérieure est pyriforme et assez petite relativement; celle du côté opposé est double; une grande, ovale, et une beaucoup plus petite, accolée audessous. Le sinus est triangulaire et peu profond, et l’im-

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pression palléale convexe comme le bord inférieur; la languette est très effilée.

… RAPPORTS ET DIFFÉRENCES. — Voisine de certaines petites coquilles que M. l'abbé Stoppani a classées provisoirement dans le genre VNucule, pl. 30, fig. 10 et 11 de sa monographie sur la zone à Avicula contorta, notre espèce s’en distingue par une région anale rostrée et par un sinus palléal qui, jusqu'ici, ne paraît pas avoir été observé dans les premières.

LocaLiTÉ. — Cette coquille est très abondante dans les grès à Avicula contorta et à Anatina præcursor de Remillyen-Montagne.

EXPLICATION DES FIGURES. — PI. 3, fig. 2 a. Individu de grandeur naturelle, très rostré, avec empreintes musculaires et sinus palléal.

Fig. 2b. Individu de forme plus normale. Tous les deux de ma collection.

PULLASTRA ELONGATA, Moore, sp.

PI. 8, fig. 3.

Axinus elongatus, Moore. Quarterly journal of the Geological Society, t. XVII, n° 68, november 1861, pl. xv, fig. 18.

Cypricardia porrecta, Dumor. Etudes paléontologiques sur les dépôts jurassiques du bassin du Rhône. Infra-Lias, pl. vi, fig. 1 à 7.

En 1861, M. Ch. Moore a décrit sous le nom d’Axinus elongatus une petite coquille assez abondante, à ce qu’il paraît, dans certaines localités du comté de Somerset, et que nous retrouvons également dans la Côte-d'Or, dans la zone à Avicula contorta et dans celle à Ammonites planorbis.

D'un autre côté, M. E. Dumortier cite dans les dépôts

infra-liasiques du Rhône, zone à Ammonites planorbis, où elle est d’une extrême abondance, une coquille tout à fait semblable et à laquelle il donne le nom de Cypricardia porrecta. | Cette espèce, qui n’est point du tout une Cypricarde, attendu qu’elle est sinupalléale, me semble identique à celle de M. Moore, et me paraît devoir être rangée plutôt dans le genre Pullastra. Sow., à côté des Venus.

Comme les coquilles de cette famille, elle a le sinus triangulaire et la languette palléale acuminée. Les empreintes musculaires, au nombre de deux seulement, sont obrondes et de même taille.

Du reste, à part ces détails intérieurs, notre espèce répond en tout point au signalement donné par M. Dumortier. Comme la sienne, elle est allongée, renflée, transverse, très inéquilatérale, et dépourvue d’ornements. Le côté antérieur est arrondi et la région opposée descendant du crochet en ligne droite est plus ou moins tronquée à l’extrémité anale; les crochets, petits, acuminés et placés aux quatre cinquièmes antérieurs, surmontent une lunule profonde. Une carène plus ou moins marquée descend obliquement du crochet sur l’extrémité postérieure. Enfin le bord palléal est ou très légèrement convexe, ou droit, ou même un peu CONCave.

LocaLiTÉs. — Cette espèce, que l’on trouve dans les grès à Avicula contorta de Remilly-en-Montagne, a été recueillie aussi dans les lumachelles à Ammonites planorbis de Saulieu.

Elle foisonne extraordinairement en outre dans une lumachelle gréseuse des environs d’Avallon (La Coureelle, commune d’Island)}, au-dessous de la zone à Cardinies.

EXPLICATION DES FIGURES. — PI. 3, fig. 3. Petit individu, avec empreintes musculaires et sinus palléal parfaitement marqués, de la zone à Avicula contorta de Remilly. Ma collection.

CORBULA ARKOSIÆ, Mart.

PI. 3, fig. 4 a et b.

Je décris ici, sous le nom de Corbula arkosiæ, une coquille qui n’est peut-être pas une Corbule, bien qu’elle èn ait la forme et qu'il m’ait semblé apercevoir dans la gängue où mon échantillon se trouvait engagé, quelque ‘hose comme une empreinte de dent assez Saillanté.

Cette espèce est ovale, obronde et assez fortement déprimée sur la région anale. Les crochets sont forts, proéminents et recourbés en arrière. Le test paraît avoir été orné de rides concentriques fines et serrées.

LocaITÉ. — Le seul échantillon de cette espèce que je possède à été rècueilli par moi dans les grès à Avicula contorta dé Remilly-en-Montagne.

CYPRINA MARCIGNYANA, Mart.

PI. 8, fig. 6 a, bet c. |

Dragnose. — Coquille ovale-obronde, inéquilâtérale et globuleuse. Les crochets placés au tiers antérieur sont gros, proéminents et fortement recourbés en avant où ils déterminent une lunule excavée et profonde. Le bord cardinal est court et un peu convexe. Les flancs sont partout ornés de rides concentriques fortes, nombreuses et irrégulières.

RAPPORTS ET DIFFÉRENCES. — Cétte espèce a des rapports de forme et d’ornements avec la Lucina arenacea, Tqm. (Cyclas rugosa, Dunk.); mais elle est plus obronde, les crochets sont plus acuminés et plus recourbés en avant. L'ensemble est aussi plus globuleux.

. LocauiTÉ. — Les deux seuls échantillons que je connaisse

de cette espèce ont été recueillis l’un par M. Bréon et l’autre par M. Flouest, dans les grès à Avicula contorta de Marcigny-sous-Thil.

EXPLICATION DES FIGURES. — PI. 3, fig. 6 a et b. Valves opposées de grandeur naturelle, vues de face, de la collection de M. Bréon.

Fig. 6 c. Valve gauche vue de profil. Dans cette figure le crochet, trop recourbé, dépasse à tort le plan déterminé par les bords de la coquille.

MYOPHORIA? ARKOSIZÆ, Mart, PI, 3, fig, 5 a et b,

La coquille que je décris ci-contre sous le nom de Myophoria arkosiæ a la forme extérieure de certaines Trigonies non costulées, de la Trigonia gibbosa, notamment ; mais elle est plus globuleuse du côté buccal et plus anguleuse, plus acuminée à la partie postérieure.

Le crochet, épais et proéminent, est sub-terminal; à l’arrière une carène marginale descend obliquement des crochets à l'extrémité anale, où elle détermine un rostre proéminent et anguleux, comme dans la Myophoria inflata.

Les flancs sont ornés de stries concentriques fines, serrées et assez irrégulières, que croisent quelques côtes obsolètes, visibles seulement sur la région anale.

La charnière de cette coquille m’est inconnue. C’est donc avec quelque doute que je la donne pour une Myophorie.

LOCALITÉ. — De la partie inférieure de la zone à Avicula contorta. Les deux seules valves que je possède de cette espèce ont été recueillies par moi à Mémont, dans une lumachelle jaunâtre, riche en petits bivalves peu déterminables, et parmi lesquels j’ai remarqué la Leda Deffneri, Opp.

TANCREDIA DITTMARII, Mart.

PL, 3, fig. 7 a et b.

Diacnose. — Coquille à l’état de moule et sans traces de . l'agencement cardinal, ovale, oblongue, à peu près équilatérale, rostrée, arrondie en avant et tronquée obliquement en arrière. La carène est obtuse et la région anale très faiblement bâillante.

RAPPORTS ET DIFFÉRENCES. — Très voisine de l’Hettangia angusta, Tqm., notre espèce est moins acuminée, moins rostrée à la partie antérieure et moins large du côté anal. Elle est aussi beaucoup moins anguleuse dans son ensemble.

LocauITÉ. — Des grès à Avicula contorta de Remilly-en- Montagne où je n’ai trouvé que la seule valve figurée ciaprès.

EXPLICATION DES FIGURES. — Fig. 7 a. Valve de grandeur naturelle vue de face. Ma collection.

Fig. 7 b. La même vue de profil. Dans cette figure, le dessinateur n’a pas suffisamment arqué le bord postérieur de la valve, là où se produisait un bâillement presque linéaire.

SERPULA BLAISYANA, Mart.

PI. 3, fig. 8.

On trouve assez fréquemment à Blaisy, dans les marnes brunes qui alternent avec les grès et calcaires marneux de la zone à Avicula contorta, des petits boudins pyriteux, régulièrement frangés de petits anneaux transversaux que je considère comme des fragments de Serpules.

Je rapporte aussi à la même espèce des empreintes en creux traversant quelquefois d’outre en outre des plaques de grès. Ces trous, bien différents de ceux qui sont produits par certaines coquilles perforantes, sont régulièrement frangés et offrent partout le même diamètre.

L’individu figuré est un peu aplati vers l’une de sés extrémités.

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