‹ Zoologie descriptive; anatomie--histologie et dissection des formes typiques d'invert©♭br©♭sChapitre 107 sur 168 · A C É P H A LES · texte numérisé non relu

A C É P H A LES

d’organes segmentaires et les désignent sous le nom de néphridies.

Dans la Moule, ils constituent deux sacs allongés situés de chaque côté du pied et de la bosse de Polichinelle, et sont faciles à reconnaître à leur couleur foncée.

Ces sacs s'ouvrent à l’extérieur, à peu près en leur milieu, par un petit orifice distinct de celui des organes v génitaux, ainsi que l’a établi depuis longtemps M. de Lacaze-Duthiers.

Yon Siebold1 avait décrit les organes urinaires de la Moule comme constitués par deux sacs, situés à la base des branchies et fendus dans toute leur longueur. M. de Lacaze-Duthiers2 a relevé cette erreur et a montré ce qui l’avait causée.

Elle est due à une fausse interprétation de la disposition générale de l’organe.

« Les vaisseaux sanguins, dit M. H. de Lacaze-Duthiers, qui rapportentlesangdu manteau aux branchies, passent sur un plan inférieur à l’organe de Bojanus (rein). Entre chaque vaisseau, qui s’est comme détaché de la paroi du sac, sont des dépressions que Yon Siebold a pris pour les replis internes de la substance glandulaire. Si l’observation ne suffisait pas à faire reconnaître l’erreur, la présence d’une cavité dans la glande, l’existence d’un orilice excréteur viendrait confirmer cette manière de voir. »

Ils communiquent d’autre part avec le. péricarde par un conduit, le couloir péricardique de Sabatier (fig. 547).

Ils établissent donc une libre communication entre l’extérieur et une partie séparée de la cavité générale, le péricarde.

1 Yoir Siebold. Manuel d'anatomie comparée.

2 II. de I jacaze-Duthiers. Mémoire sur l'orqane de Bojanus. Annales des sciences naturelles, t. IV, 4e série, 1855.

Structure. — L'organe est constitué par un tissu spongieux, une véritable éponge sanguine; nous savons effet que le sang avant de retourner à la branchie, passe en grande partie par l’organe de Bojanus.

Le tissu conjonctif est rempli de sang et tapissé superficiellement par un épithélium cubique à cellules très

Fig. 550.

Coupe d’un fragment de l’organe de Bojanus de la Moule montrant les grosses cellules cubiques et le tissu conjonctif avec les globules sanguins.

caractéristiques ; ces grosses cellules renferment dans leur intérieur tantôt des granulations, tantôt des concrétions nombreuses.

Glandes péricardiques. — La paroi des oreillettes de la Moule a une teinte brunâtre qui est due à la présence de glandes spéciales qu’on désigne sous le nom de glandes 'péricardiques et qu’on doit considérer comme une annexe des organes excréteurs puisqu'on a constaté une excrétion d'acide hippurique.

Le rôle de ces glandes péricardiques n’est cependant

pas suffisamment établi pour qu’on puisse le définir avec une entière certitude.

Elles représentent, peut-être aussi, des glandes sanguines chargées de la formation des éléments figurés du sang.

Description des organes génitaux. — Les organes génitaux de la Moule n’occupent pas exactement la bosse de Polichinelle, mais se développent également dans les lobes du manteau, contrairement à ce qui a lieu chez la plupart des Acéphales.

Les sexes sont séparés, et s’il est impossible de reconnaître extérieurement les mâles et les femelles, il n’en est pas de même quand on entr’ouvre les valves.

La glande mâle a une teinte rougeâtre très prononcée; la glande femelle, au contraire, a une teinte blanchâtre.

Malgré la disposition anormale des glandes génitales chez la Moule, il paraît facile de les ramener au plan général, en remarquant que leur point de départ est dans la même région que chez les autres Acéphales.

Les deux orifices excréteurs qui se trouvent placés symétriquement de chaque côté de la ligne médiane semblent prouver que l’on a affaire à un organe pair, mais chez l’adulte la fusion est complète entre les deux organes.

Quoique les sexes soient séparés (exceptionnellement on a signalé des Moules hermaphrodites), on peut décrire de la même façon la disposition de la glande mâle ou femelle.

Elles occupent en effet, la même position relative et sont dépourvues de glandes annexes.

Chacune des glandes originairement paires est une glande acineuse à cæcums très ramifiés. Les diverses ramifications finissent par constituer un oviducte de chaque côté; on les distingue par transparence dans l’épaisseur du manteau et de la bosse génitale. Chacun des oviductes vient s’ouvrir, ainsi que l'a signalé M. de Lacaze- Duthiers, par un orifice distinct, sur une papille commune avec l’orifice rénal, du coté extérieur de la commissure viscérale.

M. de Lacaze-Duthiers1 a mis hors de doute l’existence de deux orifices distincts pour le rein et les organes génitaux. « J’ai, dit-il, sur des Moules de forte taille, reconnu, au-dessous de la papille et en arrière d’elle, tout à fait à sa racine, un petit pertuis par où une injection a pénétré constamment et sans difficultés dans l’intérieur du sac. »

Développement. — Les Moules femelles évacuent directement les œufs avant la fécondation et ne les incubent pas entre les lamelles branchiales comme beaucoup d’Acéphales. La fécondation s’effectue librement dans l’eau de mer, les mâles laissent couler la semence sous forme de jets blanchâtres.

L’œuf se divise en deux sphères inégales et la segmentation est irrégulière dès l’origine. La plus petite sphère se divise rapidement en un grand nombre de micromères. La plus grosse sphère qui contient une forte proportion de vitellus nutritif contribue également à la formation des micromères et se segmente finalement en quatre

i Mémoire déjà cité sur l’organe de Bojanus.

ACEPHALES.

grosses cellules qui représentent l’endoderme primitif.

Les micromères enveloppent peu à peu les grosses cellules, constituant ainsi une gastrula par épibolie. On ne peut cependant pas rattacher complètement à cette forme de gastrula, la gastrula de la Moule, car il se produit en même temps une invagination des grosses cellules.

Nous avons donc pour la formation de la gastrula de la Moule un type intermédiaire entre l’épibolie et la gastrula par invagination.

Le mésoderme se forme à l’aide de deux indices mésoblastiques, constitués aux dépens de l’endoderme dans le voisinage du blastopore, qui s’est formé par l’invagination des cellules de l’endoderme.

La gastrula s’organise en une larve ciliée, qui présente des caractères remarquables.

Presque à l’opposé du blastopore se constitue le voile qui est à bord entier et non lobé et présente chez la Moule, outre la couronne ciliaire, un long flagellum central.

En arrière du blastopore, s’invagine la glande coquillière, dont l'étalement ultérieur donne naissance à deux parties symétriques calcifiées, avec une zone médiane représentant la future charnière.

La coquille parait donc avoir une origine unique comme chez les Gastéropodes , et les deux valves se constituent par le défaut de calcification sur la ligne médiane.

Au-dessous du voile on ne tarde pas à voir se former une éminence, qui représente le pied et dans lequel se creuse une invagination ectodermique, la glande du byssus.

Enfin, lorsque les deux valves de la coquille se sont

étendues de manière à envelopper l’animal, on aperçoit par transparence le muscle adducteur supérieur en voie de formation. C'est ce muscle qui fait le premier son apparition. Le fait est remarquable, car on sait que, chez la Moule adulte, le muscle adducteur inférieur est beaucoup

plus développé. Les branchies font leur apparition de

chaque côté du pied, sous forme de petits mamelons isolés dont le développement a été spécialement étudié par M. de Lacaze-Duthiers.

Le développement est direct et Ton ne constate pas chez la Moule les curieuses transformations que Ton observe chez les formes aquatiques telles que l’Anodonte oul’Unio, où la larve (Glochidium) devient parasite dans la branchie des Poissons.

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