ANN ELI DE TU B ICO LE
CHÉTOPTÈRE
les parties fortement teintées en vert foncé, des cellules renfermant un grand nombre de granulations verdâtres ou jaune verdâtre qui sont des granulations biliaires L La couche cellulo-musculaire est formée par des fibres musculaires mélangées à du tissu cellulaire.
De fines particules vaseuses et sableuses, auxquelles sont mélangées des Diatomées, des Foraminifères, constituent l'alimentation du Chétoptère. Les matières fécales sont rejetées sous forme de petits boudins de 5 à 6 millimètres de longueur sur 1 millimètre de diamètre, remarquables par leur régularité.
Le courant d’eau qui amène les particules alimentaires étant déterminé par les palettes, on voit toute l'importance de ces organes au point de vue de l’alimentation.
Circulation et respiration. — L’appareil circulatoire est mal connu. D’après ce que l’on sait, il se compose d’un vaisseau ventral, d’un vaisseau dorsal et d’un collier péri-buccal.
Le vaisseau ventral (fi g. 339), situé dans l’épaisseur du mésentère qui réunit le tube digestif à la paroi ventrale, parcourt tout l’animal de l'extrémité supérieure à l’inférieure ; il présente à peu près dans tous les points le même calibre et débouche supérieurement dans le collier péri-buccal.
Le vaisseau dorsal est situé dans l’épaisseur du mésentère dorsal. Il est d’un calibre supérieur â celui du vais-
1 La substance qui constitue ces granulations vient d’être étudiée avec soin par Ray Lankcster ( On the Green Pigment of the Intestinal wall of the annelicl Chœtop tenus. The quarterly Journal of. microsc. sc., 1897, p. 447-468, pl. XXXIV-XXXVll).
seau ventral. En arrivant à l’entonnoir buccal il débouche dans le collier péri-buccal. Le pollier péri-buccal est un anneau vasculaire situé autour de la bouche, dans l’épaisseur des parois de l’entonnoir buccal. Il fait communiquer le vaisseau dorsal avec le vaisseau ventral. Le sang est incolore.
Le Chétoptère ne possède pas d’organes spécialement affectés à la respiration. Cette fonction s’accomplit par les téguments, surtout par les dorsaux qui, plus que les ventraux, sont en rapport avec le courant d’eau qui traverse le tube. Les parois amincies des téguments dorsaux se prêtent facilement aux échanges. Loin d’être comme certaines annélides sédentaires telles que les Térébelles, les Hermelles, les Serpules, renfermé dans une demeure où l’eau se renouvelle difficilement, le Chétoptère vit dans un tube où règne continuellement un rapide courant d’eau entretenu par les mouvements rythmiques et alternatifs des rames en palettes des XIVe, XVe et XVIe segments.1
Système nerveux et organes des sens. — La dissection en est fort difficile sur des animaux frais, il faut s’adresser de préférence à des individus qui ont séjourné dans des liquides conservateurs (alcool faible, solution de Muller, solution faible d'acide acétique, etc.). Contrairement à ce que l’on observe chez la plupart des annélides, la chaîne nerveuse est immédiatement placée au-dessous des téguments et, chez certains individus, est visible en partie par transparence. Elle est anormale dans la région supérieure et normale dans les régions moyenne et inférieure, aussi doit-on en commencer l’étude par cette dernière région.
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Région inférieure. — La chaîne nerveuse est placée dans le fond de la gouttière qui règne entre les deux muscles ventraux. Elle est constituée par un double cordon
Fig. 334.
«, système nerveux isolé du Chétoptère. — è, deux segments de la région inférieure vus par la face ventrale ; ils sont renversés, le supérieur vers le haut et l’inférieur vers le bas. Cette figure est destinée à montrer l’origine et la distribution des nerfs qui se rendent aux différentes rames sur chaque face de ces segments. Le segment supérieur est vu par sa face inférieure et le segment inférieur montre sa face supérieure. • — c, deux ganglions de la chaîne nerveuse ventrale dans la région inférieure.
offrant une paire de ganglions dans chaque segment (fig. 334, a et b).
Ces deux ganglions sont symétriques, allongés, fusi-
formes et réunis par plusieurs commissures fort courtes, au nombre de sept ou huit, quelquefois dix.
Chaque ganglion donne naissance à deux groupes de nerfs, un supérieur et un inférieur qui vont aux faces correspondantes des rames dorsales et ventrales ainsi qu’aux parties voisines du reste du segment. Les nerfs les plus importants sont au nombre de trois dans chaque groupe et y affectent une distribution semblable. Il suffit donc de les étudier dans l'un d’eux. Examinons le groupe inférieur : 1° nerf de la rame dorsale , le plus volumineux contourne le muscle ventral du côté correspondant et se ramifie dans la paroi inférieure de la rame dorsale ; 2° nerf du lobe externe de la rame ventrale se rend au lobe externe de la rame ventrale et au cirrhe placé sur le bord de ce lobe; 3° nerf du lobe interne de la rame ventrale va au lobe interne de la rame ventrale. Comme on le voit, chaque nerf innerve des parties pédieuses bien distinctes.
Ce qui vient d'être décrit pour la face inférieure existe à la face supérieure du même pied et comme la disposition est la même de chaque côté, il s’ensuit que chaque segment possède :
1° Quatre nerfs de la rame dorsale;
2° Quatre nerfs des lobes externes de la rame ventrale ;
3° Quatre nerfs des lobes internes de la rame ventrale, soit en tout douze nerfs par segment sans compter les petits filets nerveux qui innervent les téguments à la base des rames.
Région moyenne. — La chaîne nerveuse, ganglions, connectifs et commissures présentent les mêmes caractères
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que dans la région inférieure. Le nombre des nerfs est le même ainsi que leur mode de distribution. Les parties qu'ils innervent sont par cela même les homologues des parties innervées par ces mêmes nerfs dans la région inférieure.
Le principe des connexions nerveuses joue un rôle capital dans la recherche des parties homologues chez le Chétoptère. C'est le seul fil conducteur pour arriver à se reconnaître au milieu de parties en apparence si différentes .
Les nerfs des lobes internes de la rame ventrale se ramifient dans la cupule ventrale ; cette cupule est donc formée par les deux lobes internes des rames ventrales soudés sur la ligne médiane et sa face ventrale correspond à la face supérieure de ces mêmes parties dans la région inférieure. Par la face dorsale elle adhère aux deux muscles ventraux.
Les nerfs du lobe externe de la rame ventrale se rendent respectivement aux petites saillies (fig. 339, e) situées sur les parties latérales du bord des palettes et qui portent des plaques onciales. Elles sont les homologues des lobes externes des rames ventrales delà région inférieure.
Les nerfs de la rame dorsale innervent les bords des palettes, toute la marge limitée par le sillon sauf les parties innervées par les nerfs précédents. Ce bord est donc l'homologue des rames dorsales de la région inférieure.
Quant aux parties centrales des palettes, elles sont innervées par des nerfs tégumentaires.
Les choses sont différentes pour les deux premiers segments (XIIe et XIIIe) de la région moyenne qui ne présentent pas de palettes. Cependant les ganglions et les nerfs
qui en partent sont les mêmes, en suivant leur distribution, on constate : 1° que les bords supérieurs des ventouses ventrales, armés de plaques onciales qui n’existaient pas dans les ventouses des XIVe, XVe et XVIe segments sont les homologues des lobes externes des rames ventrales; 2° que le reste des ventouses représente les lobes internes des rames ventrales; 3° que les grands bras du XIIe segment, la cupule du XIIIe, ainsi que les parties latérales qui la relient à la ventouse ventrale représentent les rames dorsales.
Région supérieure. — En apparence, rien de semblable à ce qui existe dans les deux régions précédentes. Le système nerveux y est représenté par deux gros connectifs (fig. 335, à) situés à la base des rames dorsales sur la face ventrale et sur le bord dorsal de l’entonnoir buccal. On peut les distinguer sur l’animal vivant. Ils représentent à la fois les ganglions et les connectifs de cette région.
Ces deux cordons, sur la face ventrale sont réunis par de nombreuses et longues commissures. Par leur bord externe ils donnent des nerfs aux pieds et aux téguments.
La partie dorsale du cordon nerveux donne les nerfs optiques, antennaires, buccaux et de la gouttière vibratile (fig. 333, a et 335, b). Elle est l’homologue des ganglions cérébroïdes des autres annélides.
Les cordons nerveux sont constitués par une couche dorsale de fibres nerveuses et une couche ventrale de cellules nerveuses.
Organes des sens. — Les sens du tact et de la vision sont les seuls que possède le Chétoptère.
Le tact s’effectue par toute la surface du corps qui est
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d'une sensibilité extrême, par les antennes et les cirres de la région inférieure.
La vue a pour siège deux yeux (fig. 335, b) situés à la base et du côté externe des antennes. Ce sont des yeux fort
ejciremlté durame, dorsale;
cardon rwrneuay cerébraL
CÇLDlles
générale.
cordon, jvervciue, du. cote droit
j conxpussurcs
bulbe séiigere;
Fig. i
a, coupe transversale de la région supérieure pratiquée au niveau du V° segment destinée à montrer la rame pédieuse et la position du système nerveux. — b) portions de l’extrémité supérieure vue par la face dorsale, le lobe gauche de l'entonnoir est relevé pour laisser voir l’œil. — c, cordon nerveux du côté droit de la région supérieure vu par la face ventrale.
simples composés d’une couche de longues cellules pigmentées en communication avec les fibres du nerf optique et d’une chambre antérieure limitée par la cuticule qui joue le rôle de cornée. C'est là un œil rudimentaire qui ne peut servir qu'à distinguer la lumière de l’obscurité, sa
présence se traduit extérieurement par une tache pigmentaire. Les parties qui renferment le cordon nerveux dorsal qui portent les antennes et les yeux appartiennent au segment céphalique, qui est très réduit.
La bouche extraordinairement développée occupe tout le segment buccal. Il est impossible de reconnaître les limites de ces deux segments, mais leur présence est certaine. La bouche s’est agrandie et est devenue dorsale, si bien que le Ghétoptère est à une Annélide à bouche ventrale ce que dans les poissons, la beaudroie est à un Squale ou à une Raie.
Reproduction et excrétion. — Ces deux fonctions ont chez le Chétoptère comme chez la plupart des Annélides des organes communs.
Glandes sexuelles. — Les sexes séparés sont portés par des individus différents. Au moment de la reproduction la région inférieure chez les mâles est d’un blanc mat chez les femelles d’un rose transparent. Les mâles sont plus nombreux que les femelles. Il faut choisir de préférence pour l’étude, des animaux dont les glandes ne sont pas complètement développées. Les organes sont semblablement situés dans les deux sexes, et disposés par paires dans les segments des régions moyenne et inférieure, la supérieure n’en renferme jamais.
Ovaires (fig. 336, a). — Situés de chaque côté du tube digestif sur la face supérieure des diaphragmes. Ce sont des bourrelets arrondis disposés en circonvolutions dont la teinte et le volume varient avec le développement des
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des œufs. Chaque ovaire est fixé par un mésentère et se termine par deux extrémités arrondies. C'est un cordon plein où se développent les œufs qui plus tard font saillie à la surface, se pédiculisent et tombent dans la cavité générale par rupture du pédicule. L’œuf renferme une membrane vitelline très élastique et un vitellus jaunâtre.
Testicules. — Présentent la même situation et la même forme que les ovaires. Dans leur épaisseur se développent les cellules mères des spermatozoïdes. Ceux-ci tombent dans la cavité générale.
Organes segmentaires (fig. 336 et 337). — Là comme chez les autres Annélides ils fonctionnent comme organes vecteurs et comme organes de l’excrétion (fig. 339).
Ils n'existent qu’aux régions moyenne et inférieure où chaque segment en possède une paire, sauf les derniers segments de la région inférieure où ils ne sont pas du tout développés.
Chaque organe segmentaire commence dans un segment par un pavillon vibratile et finit dans le segment suivant par un orifice extérieur. En réalité, chaque segment ne renferme pas comme on le dit habituellement une paire d’organes segmentaires, mais les parties qui réunies pourraient en constituer une paire et qui appartiennent à deux paires d’organes segmentaires. Seul le premier segment de la région moyenne XIIe ne renferme que les deux extrémités supérieures des organes segmentaires qui s’ouvrent à l’extérieur dans le segment suivant XIIIe.
Ces organes diffèrent dans les régions moyenne et infé-
rieure, mais en réalité ce sont les mêmes parties plus ou moins développées.
Examinons un des deux organes segmentaires du XIII0 segment (fig. 337, a), que l’on peut déjà distinguer par transparence sur l'animal vivant. 11 se compose de trois
(eu)
téguments s
muscle ventral droit
tube
duJÜV* scffmcnfairc
a, glandes génitales et organes segmentaires du XVe segment. Ce segment a été ouvert par la partie dorsale, les téguments rejetés sur les côtés et le tube digestif enlevé. — è, XlV° et XV0 segments coupés suivant le plan longitudinal médian antéro-postérieur. Destiné à montrer les organes segmentaires.
parties : un pavillon vibratile, le tube segmentaire et le réservoir segmentaire.
Le pavillon en forme de nid de pigeon est accolé au muscle ventral correspondant et garni de cils vibra tiles.
Le tube segmentaire rectiligne qui lui fait suite longe le muscle ventral et se rend dans le réservoir logé dans la rame dorsale lequel débouche à l’extérieur. Ce réservoir spacieux est de couleur jaunâtre semée de petites taches brunâtres. Le tube est uniformément brun.
L’organe tout entier est composé de deux couches : une couche externe cellulo-musculaire et une couche interne