‹ Zoologie descriptive; anatomie--histologie et dissection des formes typiques d'invert©♭br©♭sChapitre 22 sur 168 · GÉNÉRALITÉS SUR LES T H 0 R A G 0 S T R A C É S · texte numérisé non relu

GÉNÉRALITÉS SUR LES T H 0 R A G 0 S T R A C É S

régulière et complète des Podophtalmes, la Mysis arrêtée plutôt qu’Euphausia et celle-ci que Lophogaster.

Ce dernier a un abdomen plus évolué que celui d’Euphausia ; ses pattes abdominales servent davantage à la natation et les pattes thoraciques, mieux organisées que celles des précédents Schizopodes, rappellent davantage celles des Macroures. Le céphalothorax vu par la face dorsale se rapproche plus de celui des Salicoques que de celui des Mysis, bien qu’il laisse à nu deux anneaux thoraciques, fait qu’il faut considérer non pas comme un arrêt de concentration, mais plutôt comme un caractère formé en vue de la beauté de l’animal. Les sillons de la carapace reproduisent assez bien ceux qui parcourent le céphalothorax des Décapodes; les antennes ne sont pas différentes ; le dernier zoonite abdominal forme avec la sixième patte une fourche caudale de Décapodes macroures. Si à ces caractères on ajoute celui tiré de la disposition des branchies, on voit que le Lophogaster a des caractères de Macroures, quoique vraiment schizopode par la non-concentration des deux dernières pattes mâchoires.

Voisin des Schizopodes et se rangeant à la base des Podophtalmes Décapodes est le genre Penœus qui constitue une véritable transition entre le Lophogaster et les vrais Macroures (Salicoques, Astaciens, Palinuriens, Galathéides et Thalassiniens) ; car le céphalon est encore incomplet et laisse apercevoir le dernier segment céphalique. En d’autres termes, le troisième maxillipède reste indépendant de l’armature buccale ; il est comparable en tous points aux membres thoraciques. C’est, en outre, avec le genre Leucifer le seul qui ait, parmi les Crustacés décapodes, un nauplius larvaire, ancienneté qui implique avec elle une infériorité. Les Ser gestes et Sicyonia sont des formes très voisines, ne différant que par des détails.

Mais avec le genre Palœmon , la concentration des pièces buccales se réalise enfin et d’une manière • définitive. Ce genre, ainsi que les genres Ponlonia , Typton , Alpheus , Crangon , Lysraala, etc., constitue la tribu des Salicoques ; elle offre, comme caractères principaux, la mollesse du système tégulaire, l’absence de régions sur le céphalothorax, l’annexion à l’antenne

d’une volumineuse écaille mobile , enfin le développement de l’abdomen conformé de façon à être le siège principal de la locomotion. Ces diverses particularités, indiquées déjà dans les Schizopodes et les Macroures transitoires, sont ici reproduites dans leur intégrité ou accentuées davantage.

Le stade salicoque marque le point de départ de tout l’ensemble des Décapodes macroures et brachyures. Une fois atteint, il a donné lieu à des combinaisons variées, à des différenciations orientées dans plusieurs sens, de telle sorte que tous les Macroures et Brachyures n’ont pas suivi une même marche ascensionnelle, ne se sont pas modifiés en vue de réaliser plus ou moins parfaitement la structure supérieure présentée par les Oxyrhynques, Cyclomôtopes ou Catométopes : certains d’entre eux ont subi une déviation et sont devenus à leur tour le point de départ de formes originales ayant une histoire spéciale et constituant des rameaux latéraux distincts.

Au premier rang de ces types inadaptifs se placent les Astaciens représentés par Homarus , Nephrops , Astacus, etc. Si on considère, en effet, un homard ou un néphrops, on voit qu’il est construit sur le même plan commun que les Salicoques. Cependant des modifications secondaires se produisent déjà et si elles sont peu importantes encore, elles vont s’accentuant dans Astacus et dans les Palinuriens. Elles consistent dans la solidification du squelette tégumentaire, le développement moindre de l’abdomen proportionnellement au céphalothorax, la réduction de l’écaille antennaire, enfin dans la division de la caparace en deux portions symétriques par un sillon longitudinal, tandis qu’une profonde suture transversale (sillon cervical) la partage inégalement en deux arceaux, l'un antérieur ou céphalique, l’autre postérieur ou scapulaire. Dans les Astacus, le sillon longitudinal n’existe plus sur l’arceau céphalique et tend à s’effacer sur l’arceau postérieur. Dans Astacus Bortoni , comme dans Cambarus ( Astacus ) Clarhii , on voit en effet ce sillon persister seulement vers le milieu de cet arceau, tandis qu’aux extrémités il est remplacé par deux lobes triangulaires cardiaques. Chez A. Blandingi , les deux lobes sont en communication directe par un sillon étroit qui s’élargit progressivement dans A. a f finis

Page 1