L’ÉCREVISSE
Astcicus ftuviatilis (Rondelet).
Place de l'Écrevisse dans la systématique. Synonymie. — L’Ecrevisse est un crustacé à téguments durs (thoracostracé), à œil pédonculé (podophthalme), pourvu de dix paires de pattes locomotrices (décapode), muni d’un céphalothorax complet, mais moins développé que l’abdomen, ce dernier se terminant par une longue queue (macroure) par rapport à la queue plus réduite des Brachyures.
Elle appartient à la famille des Astaciens et peut être choisie comme le type des Macroures normaux.
Synonymie. — Le nom d’Astacus, emprunté au grec àcr-raxéç homard, a été réservé par IL Milne-Edwards au genre Écrevisse qu’il a distingué du genre Homard pour lequel il a proposé le mot de Homarus.
L’Ecrevisse de l’Europe occidendale, longtemps connue sous l’appellation de Homard de rimer e , comprend deux espèces (Schrank) ou deux variétés (Milne-Edwards) : 1° l’Ecrevisse à pieds blancs ou de pierre, Astacus fluviatilis, var. torrentium ; 2° l’Écrevisse à pieds rouges ou noble, Astacus fluviatilis , var. nobilis.
Habitat, mœurs. — L’Ecrevisse habite un grand nombre de torrents, de ruisseaux et de rivières qui déposent des matières calcaires; elle ne vit pas dans les cours d’eau des pays granitiques. Elle recherche les stations peu profondes (de lm,50 à 2 mètres) où on la voit marcher, à l’aide des pattes thoraciques, en tenant généralement étendues en avant les deux grosses pinces qui constituent pour l’animal une arme offensive et défensive ; mais, à la moindre alerte, elle nage à reculons, par brusques saccades produites par les coups de la nageoire caudale.
De jour et en été, elle affectionne l’ombre des berges ou des pierres, se cachant même soit dans des trous naturels, soit dans les terriers qu’elle creuse elle-même. Le soleil disparu, elle se déplace et erre un peu partout, en quête de nourriture.
En hiver, les mâles gagnent la retraite commune à plusieurs d’entre eux. Quant aux femelles, vers la fin octobre, après faccouplement, chacune creuse une galerie dans les rives, en détachant d’abord quelques parcelles de terre au moyen des pattes ambulatoires. Puis, après avoir introduit sa nageoire caudale, elle lui imprime un mouvement de rotation, tandis qu’elle s’appuie sur ses pinces. Elle pénètre ainsi peu à peu et à reculons jusqu’à une profondeur de plus d’un mètre et séjourne dans ce terrier jusqu’à la ponte. Pendant les trois ou quatre jours de durée de celle-ci, elle quitte sa demeure et se dresse la tête en bas, la queue repliée, pour faciliter à la fois la sortie et la fixation des œufs sur les pattes abdominales. Regagnant son terrier, la queue repliée, elle y séjourne jusque vers le 16 mai, époque de l’éclosion. Elle sort alors définitivement, déploie et agite son abdomen pour aider à la sortie des jeunes.
THORACOSTIlACES. — L7 ECREVISSE
Sa nourriture est des plus variées : animaux et végétaux, vivants ou morts, frais ou pourris (larves d’insectes, mollusques aquatiques, escargots, chara, carottes, etc.), tout lui est bon.
Assez commune sur les marchés des ?
grandes villes, l’Ecrevisse peut être facilement conservée vivante soit dans un aquarium à eau courante, soit dans un vase suffisamment aéré.
Comme la plupart des Crustacés, elle est attirée par la clarté du feu ; on tient compte de cette particularité quand on veut la pêcher au moyen de carrelets amorcés avec des grenouilles.
On s’en procure également en les saisissant -à la main lorsqu’elles sont cachées dans leurs galeries’.
Orientation ; description extérieure de l’animal; principaux orifices. — Pour l’orienter, il suffit de la placer dans la position naturelle qu’elle occupe vivante. Le dos ou région tergale correspond au plan supérieur (fig. 355) ; le ventre ou région sternale, au plan inférieur (fig. 356). Le céphalothorax est représenté par la moitié
Fig. 355.
Astacus fluviatilis. — Vue tergale d’un mâle (d’après Huxley).
r, rostre. — 1, pédoncules oculaires. — 2, antennules.
— 3, antennes. — sc, sillon cervical. — èc, sillon branchio-cardiaque. — tt\ les deux, divisions du lelson. — rameaux caudales.
antérieure indivise; l’abdomen, par
la moitié postérieure divisée en anneaux successifs.
De part et d’autre de l’axe médian, on a : à gauche, le côté gauche de l’animal ; à droite, le côté droit (fig. 357). Le bord interne des membres est celui qui est le plus près de
l’axe du corps, en supposant qu’ils sont dirigés en avant.
Astcicus fluviatilis. — Vues sternales du mâle A et de la femelle B
(d’après Huxley).
a, anus. — r/f/, orifice de la glande verte. — Ib , labre. — mt, métastomc. — od, orifice de l'oviducte. — vd, orilice du canal déférent. — 1, pédoncule oculaire. — 2, antennule. — 3, antenne. — 4, mandibule. — 8, second maxillipède. — 0, troisième maxillipôdc. — 10, pince. — 11, première patte. — 14, quatrième patte. — 15, 10, 19, 20, premier, second, cinquième et sixième appendices abdominaux. — X, XI, XIV, sternum des quatrième, cinquième et huitième somites thoraciques. — XVI, sternum du deuxième somite abdominal. On voit en B les œufs attachés aux fausses pattes.
Description extérieure. — Entouré d'une enveloppe rigide cliitino-calcaire (exosquelette) verdâtre ou brunâtre,