T MO RAG 0 STR AGÉS. — L* ÉCREVISSE H
sal (sillon cervical) dont les bouts descendent latéralement pour se diriger ensuite en avant jusqu’à la bouche, (fig. 1, 2, 3) le divise en deux régions, l'iine antérieure ou céphalique (céphalon), l’autre postérieure (thorax). Deux sillons branchio-cardiaques symétriques, longitudinaux, peu profonds, limitent sur le thorax la position médiane du cœur et celle latérale des branchies. De chaque côté, la carapace se recourbe pour former une large lame convexe et à bord inférieur libre (branchiostégite), constituant la paroi externe de la chambre respiratoire (fig. 356).
Quant au rostre, c’est une saillie triangulaire effilée et légèrement relevée à l'extrémité libre, armée de deux épines obliques latérales qui se prolongent sur la carapace comme deux crêtes linéaires tout près desquelles sont les deux crêtes postorbitaires soulevées chacune en une épine postorbitaire (fig. 335).
Bien que la métamérisation du thorax soit peu manifeste à la face dorsale, on y retrouve pourtant les mêmes pièces que dans les somites abdominaux : les pièces tergales et sternales correspondent entre elles, les branchiostégiles sont des pleurons développés, la paroi interne de la chambre branchiale correspond aux épinières.
Vu par le ventre (fig. 356), le thorax présente autant de segments ou sternums qu’il y a de paires de pattes. Ses cinq divisions ont chacune une forme et une dimension propres ; de plus, la postérieure, par son union moins intime avec les autres, est capable de mouvements.
Des cinq paires d’appendices thoraciques, la première consiste en pattes (clielæ ou pattes ravisseuses) terminées par de fortes pinces et servant à l'attaque comme à la
défense ; les autres, dites ambulatoires, sont terminées les deux premières en petites pinces (chélates) qui servent à déchirer la proie et à la porter à la bouche ou encore à fixer l’animal en s'accrochant aux corps étrangers, tandis que les deux dernières se terminent en simples griffes (fig. 356 et 357).
Examiné parle ventre et en arrière de la bouche (fig. 356), le céphalon ne laisse apercevoir la région sternale qu’après l’enlèvement des appendices qui la masquent presque complètement et qui sont groupés autour de la bouche.
Ces appendices sont d’arrière en avant : 3 paires de maxillipèdes tournées en avant, parallèles entre elles, destinées à saisir les aliments ; 2 paires de mâchoires ou maxilles ; 1 paire de mandibules. En écartant ces pièces, on découvre la bouche, ouverture longitudinale, à bords parallèles, limitée antérieurement par une sorte de bouclier (lèvre supérieure ou labre) qui offre trois paires de calcifications en série longitudinale, et latéralement par deux lobes charnus qui se réunissent en arrière pour constituer le métastome ou lèvre inférieure.
Ces appendices enlevés, on aperçoit d’arrière en avant d’abord trois sternums étroits placés entre les maxillipèdes, puis une plaque transversale ayant l'aspect d’une flèche et résultant de la réunion de deux sternums, enfin une cuticule imparfaitement calcifiée qui se continue avec le métastome.
En avant de la bouche, la région sternale est une large pièce (épistome) qui se continue en arrière avec le labre, qui forme en haut et latéralement les cavités articulaires des antennes (fig. 360), qui se prolonge en avant et au milieu en une pièce ayant l’aspect d'une tète de lance et à la
f;’ ÉCREVISSE
formation de laquelle participe l’extrémité postérieure du sternum antennulaire. Ce dernier se poursuit antérieurement en une épine médiane conique. Enfin, au-dessus, vient une plaque non calcifiée, demi-cylindrique, située entre les pédoncules oculaires, capable de mouvements, représentant la région sternale du somite ophthalmique.
On peut ainsi reconnaître dans la carapace les sternums de 14 somites dont 6 céphaliques et 8 thoraciques (Huxley), ceux-ci portant les maxillipèdes et les pattes locomotrices (chelæ, chélates, etc. *).
En avant et au-dessus de la bouche, sont les antennes précédées des antennules et des pédoncules oculaires que sépare le rostre qui, à la face ventrale, est aigu, convexe, prolongé en une ou deux épines descendant, en avant du somite ophthalmique, et formant une séparation incomplète entre les orbites.
Le pédoncule oculaire (fig. 361 , A) comprend un court article basilaire surmonté d’un article cylindrique et portant un œil composé 2.
4 Les somites portant les maxillipèdes sont le plus souvent rapportés à la tête, de sorte que celle-ci comprendrait neuf somites et le thorax cinq.
2 L’œil est primitivement sessile, et ce n’est que plus tard que le pédoncule se forme dans l’embryon comme un épaississement ectodermique des sinuosités céphaliques. Pour cette raison, il n’est pas regardé comme un appendice.
ep.ift : '
Fig. 360.
Astacus fluviatilis. — Somites ophthalmique et antennulaire ( d’après Huxley) .
I, sternum ophthalmique. — II, sternum antennulaire. — t, surface articulaire pour le pédoncule de l’œil. — 2, surface articulaire pour l’antennule. — e/m, plaque épiméràle. — pcp , prolongement procéphalique. — r, base du rostre. — t, tubercule.
Aslacus fluviatilis. — Pédoncule oculaire et appendices céphaliques
(d’après Huxley).
A, pédoncule oculaire. — B, antennule. — C, antenne. — D, mandibule. — E, première mâchoire. — F, seconde mâchoire. — G, troisième maxillipède. ■ — H, premier maxillipede. — c, surface cornécnnc. ; — a, épine basilaire. — gg, orifice de la glande verte. — exp, exopode. — p, endopode. — ar et ar', apophyses articulaires interne et externe de la mandibule. — x , apophyse interne de la première mâchoire. — exp , coxa. — bp, basos. — ip, ischium. — mp, méros. — cp, carpe. — P]P propode. — dp, dactyle. — sg, scaphognathite. — e, lame, et br, filaments branchiaux de la podobranchie. — exs, soies du coxa. — ep , épipodite.
Dans rantennule (B), le protopode forme une tige tri-
THORACOSTRA G E S .
— l’écrevisse
articulée dont le segment basilaire est armé d’une forte épine près de l’extrémité antérieure. L’endopode et l’exopode sont représentés par deux fouets annelés, celui-ci plus épais et plus long que celui-là.
Le protopode de l'antenne (G) est bi-articulé. Une large écaille plate, deux fois aussi longue que large, s’étendant jusqu’au niveau de la pointe du rostre ou se projetant même au delà lorsqu’elle est tournée en avant, correspond à l'exopode, tandis quel’endopode se compose de 2 articles robustes suivis d’un fouet annelé.
Le protopode mandibulaire (D) montre une large extrémité interne, ou orale présentant une surface masticatoire semi-circulaire et divisée par un sillon en deux crêtes dentées. Il porte un endopode ou palpe tri-articulé.
Dans la lrc mâchoire (E), le coxa et le basos sont des pièces minces et lamelleuses ; l’endopode très réduit est indivis. Pas d’exopode.
La 2e mâchoire (F) comprend un coxa et un basos lamelleux subdivisés par de profondes entailles, un endopode indivis et un scaphognathite en forme de grande plaque et représentant probablement à la fois l’exopode et l’épipode du premier maxillipède.
Des trois maxillipèdes, le 3e (G) peut être choisi comme type. Il présente : 1° un protopode divisé en coxa et basos ; 2° un endopode qui semble prolonger le basos et qui comprend successivement un ischion, un méros, un carpe, un propode et un dactyle, le tout ayant l’aspect d’un appendice locomoteur; 3° un exopode ou palpe, articulé sur le côté externe du basos, grêle, étroit, formé d’un article basilaire allongé et d'un fouet annelé ; 3° d'une podo-