‹ Zoologie descriptive; anatomie--histologie et dissection des formes typiques d'invert©♭br©♭sChapitre 3 sur 168 · H I II U D I N E E S · texte numérisé non relu

H I II U D I N E E S

Pour arriver à dévorer l’un quelconque de ces Mollusques, les Clepsines font preuve d’une sagacité et d’une patience admirables.

Elles se fixent par leur ventouse postérieure sur le bord libre de la coquille de leur proie et attendent immobiles, leur extrémité antérieure roulée en crosse, que celle-ci s’entr’ouvre.

Elles se détendent alors brusquement et pénètrent aussi profondément que possible entre les valves du petit lamellibranche dont le corps ne tarde pas à passer en entier dans le tube digestif de son vorace ennemi. Mais cet épisode ne se termine pas toujours aussi fatalement pour le mollusque. J'ai vu assez fréquemment l’inverse se produire.

La Clepsine fortement pincée peut être blessée et succomber rapidement par suite de l’infection de sa plaie.

A l'état adulte les Clepsines, dissimulées quelquefois pendant des mois dans des retraites peu accessibles connaissent peu d'ennemis. Par contre, leurs jeunes sont impitoyablement dévorés par iesHœmopis et les Népliélis Aussi ne doit- on jamais élever ces divers genres dans les mêmes récipients.

On a signalé dans l’espèce de Clepsine, que nous étudions, un certain nombre de parasites : un Trématode, l’ Heptastomum hirudineum , une Grégarine découverte par Bolsius et que j’ai rencontrée moi-même assez fréquemment, enfin un certain nombre d’infusoires ciliés endo ou ectoparasites.

Technique. — Avant de fixer les animaux dont on veut étudier la structure histologique, il est bon de les anes-

thésier avec l’acide carbonique. Le sublimé acétique, les liqueurs de Flemming et de Pérennyi donnent d’excellents résultats.

Tous les colorants habituellement employés après ces divers agents fixateurs peuvent être utilisés. Je me suis très bien trouvé en particulier de la méthode de coloration double à l’hématoxyline et à l’acide picrique préconisée par Bolsius.

Description de ranimai. — Le corps, convexe sur la face dorsale, sensiblement plan sur la face ventrale, a une forme lancéolée. Sa longueur, qui est en moyenne de

centimètres, égale environ deux fois et demie sa plus grande largeur à l’état de repos.

Très distinctement annelé, le corps est muni de deux ventouses, l une antérieure, l’autre postérieure.

La ventouse antérieure, très peu développée, a la forme d'un cuilleron. Elle est creusée à sa partie inférieure d’une cavité au fond de laquelle s’ouvre la bouche ; elle porte sur sa face dorsale trois paires d'yeux.

On passe ensuite insensiblement, rarement par un petit étranglement (fig. 301), à la région moyenne du corps. Celle-ci présente sur la face dorsale et sur la ligne médiane l’anus qui est tout à fait terminal, puis symétriquement de chaque côté trois rangées de papilles (interne, intermédiaire, externe).

La rangée interne est formée par des papilles volumineuses' qui se présentent dans la partie moyenne du corps tous les trois anneaux. L’espace de deux anneaux compris entre deux papilles consécutives est marqué par une ligne pigmentaire noire. Les autres rangées présentent des papilles moins volu-

H l R UD I N É E S . — C L E I* S I N E

Fig. 301.

Face dorsale montrant la segmentation externe du corps et les principales papilles.

mineuses également séparées par deux anneaux. Ce sont les rangées typiques.

Chez des individus âgés, d’une taille considérable, il n’est pas rare de voir quelques papilles supplémentaires disposées parfois sur la rangée interne ou sur d’autres rangées surnuméraires représentées normalement dans d’autres espèces.

Ces anomalies sont intéressantes à noter ; nous verrons plus loin quelle peut être leur portée.

Enfin la lace dorsale présente généralement des bandes pigmentaires longitudinales et transversales correspondant aux espaces intermusculaires sous-cutanés.

La face ventrale (fîg. 302) présente d’avant en arrière l’orifice mâle, puis deux anneaux plus loin l’orifice femelle, latéralement une série d’orifices visibles seulement sur des coupes, les orifices néphridiens.

La ventouse postérieure réunie à la partie précédente par une portion rétrécie et sessile est placée au-dessous du corps et presque entièrement cachée par lui.

Etude de la métamérisation. — Whitman (1887) a démontré très nettement l’homologie des papilles cutanées et des yeux des Hirudinées. Comme d’autre part des études anatomiques ont montré que les papilles d’une même rangée ne se rencontrent que segmentairement, il en résulte que le corps d’une sangsue sera composé d’autant de segments qu’il sera possible de compter sur la face dorsale de papilles segmentaires normales et modifiées (yeux).

Cette méthode n’est pas toujours aisée à appliquer en pratique, un certain nombre de papilles peuvent manquer surtout dans les régions antérieure et postérieure du corps. De plus il peut se faire que l’on rencontre deux papilles appartenant à une même rangée (fi g. 301, XV) sur deux anneaux consécutifs, leur valeur segmentaire n’est donc pas absolue.

Cette dernière observation, sans porter d’ailleurs aucune atteinte à l’homologie certaine des papilles cutanées et des yeux, pourrait faire douter également de la valeur segmentaire de ces derniers organes.

Fig. 302.

Face ventrale montrant les orifices 5 et Q et les orifices

néphridiens.

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