Z O O L O G L E DES C H 1 P T I V E
En s’appuyant sur les laits précédents, on fixera comme = premier segment du corps celui qui
portera la première paire d'yeux, les anneaux qui peuvent le précéder étant considérés comme hors série (Whitman, 1878, R. Blanchard).
Le nombre de somites est dans ce cas égal à 33.
En 1892, Whitman, se basant sur la distribution du système nerveux, considère comme premier segment /rL|| I| | 4 ® l’ensemble des anneaux qui précè-
x (( I '2 dent les yeux; cette dernière numé¬
ration étant plus rationnelle, c’est celle que nousadopterons(fig. 323, Dj.
Le ganglion cérébroïde et la masse sous-œsophagienne représentent six ganglions soudés; la masse nerveuse
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de la ventouse postérieure est formée par la coalescence de sept ganglions, enfin ces deux masses étant réunies par 21 ganglions normaux, le nombre de segments dont est composé le corps de la Clepsine est de 34.
La délimitation des différents segments n’est possible que du 6e au 27°; c’est pour cela que nos figures (flg. 301, 303) ne sont numérotées qu’entre ces limites.
Un segment normal pris dans la portion moyenne du corps est formé de trois anneaux, le premier d’entre eux est caractérisé par la présence des orifices néphridiens sur sa face ventrale et de trois paires de papilles sur sa face dorsale. Des modifications à cette constitution peuvent être apportées soit par la
HIRUDINEES.
fusion d’un ou de deux anneaux du même segment (segments XXIII à XXVII, I à VI), soit par la fusion totale de plusieurs segments (ventouse postérieure).
Pour trouver avec facilité le numéro d’un somite quelconque du corps, il est bon de prendre comme point de départ non pas la partie antérieure du corps qui présente des modifications toujours considérables, mais bien comme le conseille judicieusement Oka, un segment désigné par certains caractères extérieurs. Le segment génital mâle par exemple. Ce segment portant le numéro XI (fig. 302), il suffira pour fixer celui d’un somite postérieur ou antérieur d’ajouter à ce chiffre ou de lui retrancher autant d’unités qu’on trouvera de papilles segmentaires.
Téguments. — Les parois du corps se composent d’une couche épidermique, du derme sous-jacent et d’un certain nombre de couches musculaires séparées par des formations conjonctives (fig. 304 et 305).
1° Epiderme. — Il se compose d’une assise de cellules à noyau bien évident, plus hautes sur la face dorsale que sur la face ventrale où elles sont très sensiblement cubiques.
Elles peuvent subir un certain nombre de modifications et devenir les unes glandulaires , les autres sensorielles. D’autres encore peuvent s’enfoncer plus profondément en certains points du corps et donner naissance à des glandes digestives qui seront étudiées plus loin.
Les cellules glandulaires, très abondantes et très volumineuses sur la face dorsale, sont rares et moins développées sur la face ventrale. Le produit muqueux qu'elles sécrètent refoule leur noyau avec son enveloppe protoplasmique.
On trouve facilement sur un même individu tous les
passages entre ces cellules et les cellules épidermiques
Coupe transversale passant par le XV0 sonite.
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proprement dites.
L’épiderme
est recouvert, dans toute
son étendue par une cuticule anhyste, élastique, criblée d'orifices correspondant aux glandes et sécrétés par lui.
2° Derme et tissu conjonctif. — Ils se composent d’une substance fondamentale hyaline peu abondante, dans laquelle se trouvent disséminés les éléments conjonctifs habituels.
Les fibrilles conjonctives, extrêmement délicates, sont
Cellules conjonctives.
surtout abondantes entre les faisceaux musculaires ; elles se colorent vivement par le picro-carmin. Les cellules conjonctives, très complètement décrites par Bourne1, ne doivent pas être confondues avec les glandes d’origine épithéliale profondément situées. Ce sont, à l’origine, de petites cellules arrondies qui peuvent subir un certain nombre de modifications.
1 Bourne. Contribution to the Anatomy of the Hirudinea. Q. J. Micr., XXIV, 1884.
La majorité d’entre elles conservent leur forme arrondie, mais se vacuolarisent (fig. 306, coupe G) ; d’autres acquièrent des globules fortement réfringents, blancs, jaunâtres ou bruns (fig. 306, A et coupe B) ; ce sont les cellules pigmentaires de Leydig, le tissu bothryoïdal de Bourne, les cellules jaune -brun de Saint-Loup, les cellules chloragogènes ou excrétophores de Graf.
Ces cellules se colorent très facilement chez le vivant par le carmin d'indigo. D’autres cellules conjonctives changent de forme, s’étirent et se rencontrent en différents points du corps, en particulier dans le névrilème, qui entoure la chaîne nerveuse.
3° Muscles. — Les muscles forment un manchon résistant autour des viscères de l’animal ; on en distingue plusieurs couches.
Une première couche circulaire superficielle, une seconde formée de muscles obliques, enfin une troisième tout à fait interne de muscles longitudinaux formée par un certain nombre de faisceaux séparés les uns des autres par des éléments conjonctifs et par des muscles dorso- ventraux (fig. 305).
Les rapports entre ces différentes assises et leur mode de terminaison dans les ventouses ont une très grande importance au point de. vue de la physiologie du mouvement et de la pigmentation (Graf). Les fibres musculaires unicellulaires sont toujours faciles à reconnaître sur les coupes par suite de la différenciation de leur protoplasme en une portion corticale organisée en fibrilles et une région centrale granuleuse, au milieu de laquelle se trouve le noyau.
Ces cellules musculaires présentent des modifications extrêmement nombreuses dans leur dimension, leur forme, etc. Nous les étudierons plus tard à propos des divers organes.
Appareil digestif de la Clepsine (fig. 307). — L’appareil digestif comprend : un orifice buccal, une trompe revêtue d’une gaine particulière, suivie d'un œsophage flexueux auquel fait suite un estomac muni de cæcums latéraux, enfin l'intestin qui aboutit à l’anus. Certaines glandes uni-cellulaires, les glandes prostomiales et pharyngiennes sont annexées à cet appareil.
Description. — L’orifice buccal est une fente longitudinale occupant le fond de la dépression acétabulaire antérieure. Les téguments qui l’entourent s’épaississent légèrement à son niveau et forment une sorte de repli circulaire sur lequel s’ouvrent à droite et à gauche les faisceaux des volumineuses glandes prostomiales.
A cette bouche fait suite une vaste cavité dans laquelle se trouve la trompe. La muqueuse qui la tapisse adhère aux téguments jusqu'au VIe somite; elle est libre dans tout le reste de son étendue et s'insère sur la trompe un peu au-dessous du point où celle-ci se réunit à l'œsophage. Cette membrane ne renferme aucun élément musculaire, ayant une attache fixe à la partie antérieure du corps, de sorte que je me vois dans l’impossibilité d’admettre l’existence de muscles protracteurs de la trompe.
L’épithélium de la gaine de la trompe se réfléchit sur cette dernière, qui porte également le nom de pharynx et se continue avec l’épithélium interne de cet organe.
HIRUDINEES
CLEPSINE
Fig. 307.
Anatomie et rapports du tube digestif vu par la face
dorsale.
ZOOLOGTE DESCRIPTIVE
La trompe a une forme cylindrique et est extrêmement contractile ; elle peut s’allonger, se contracter et présente des mouvements péristaltiques qui favorisent évidemment l’ingestion des aliments.
L’œsophage est réuni au pharynx par l'intermédiaire d’une région où les caractères du dernier disparaissent et où ceux du premier apparaissent. L’œsophage est une portion flexueuse très résistante, divisée en trois parties par deux sillons longitudinaux.
La partie médiane seule correspond à la cavité interne de l’œsophage, les parties latérales sont formées par les faisceaux des conduits des glandes pharyngiennes (glandes salivaires) (flg. 307). Très souvent l'œsophage est refoulé dans la lacune médiane ventrale au-dessous de l’estomac et peut compliquer l’interprétation des coupes.
L'estomac est un tube à parois assez minces, s’étendant du XIVe au XIXe somite. Il est aplati à l'état de vacuité et forme un plan horizontal qui divise la lacune médiane en deux portions, l’une dorsale, l’autre ventrale. Il émet une paire de diverticules au niveau du premier anneau de chaque somite qu’il traverse.
Ces cæcums, au nombre de six paires, alternent régulièrement avec les sacs testiculaires et sont sus-jacents aux ampoules néphridiennes.
Le dernier cæcum acquiert de grandes dimensions et s’étend latéralement en arrière sur trois somites consécutifs.
L’intestin proprement dit, qui fait suite à l’estomac, est
HIRUDINÉES.
séparé de ce dernier par une portion rétrécie, munie d’un sphincter, le pylore. Il présente quatre paires de diverticules qui sont beaucoup plus grêles que les cæcums gastriques et qui, au lieu d’alterner avec les sacs testiculaires, sont placés au-dessus d’eux (fig. 8).
Le rectum ou portion terminale de l'intestin commence au niveau du XXIIe somite et se termine à l’anus placé au-dessous du XXVIIe. C’est une portion très dilatée dans laquelle s’accumulent les excréments qui sont expulsés par jets au dehors.
Préparation. — Le trajet entier du tube digestif se voit très bien par une simple compression chez des individus ayant mangé depuis peu. Sa dissection est rendue difficile par les brides musculaires et conjonctives nombreuses qui le relient aux parois du corps.
Pour le mettre à nu, il suffit de fendre les téguments sur la face dorsale ; on rencontre d’abord le vaisseau dorsal situé dans la lacune médiane; puis, au-dessous de lui, le tube digestif.
Cette préparation est extrêmement facile à faire chez des individus ayant séjourné quelque temps dans une solution d'acide nitrique à 10 p. 100 ou injectés avec de l’asphalte et traités ensuite par l’acide nitrique concentré. (Méthode de Marchai.)
Histologie. — La gaine de la trompe est tapissée d’un épithélium pavimenteux qui fait suite à l’épithélium du corps.
La trompe (lig. 308) présente une structure assez com-
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plexe qui est une répétition un peu modifiée de celle du corps. Cette particularité l’a fait considérer par Bourne Comme la partie antérieure du corps invaginée ; notons en passant la curieuse forme des muscles radiaux qui
Fig. 308.
Coupe de la trompe montrant les muscles radiaux et les muscles
circulaires internes.
interceptent les muscles circulaires internes entre leurs prolongements centripètes (fig. 309).
L’œsophage (fig. 310) possède, au centre, une lumière assez étroite fréquemment étoilée grâce à la présence de replis longitudinaux.
Il est flanqué latéralement de deux faisceaux musculaires