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chaud dans les alcalis caustiques, soluble sans altération dans l’acide chlorhydrique concentré froid dont on peut la précipiter par une addition d’eau, molle quand elle n’est pas imprégnée de sels calcaires.
Tandis que, sur les branchies et dans la région ectodermique du tube digestif, elle est toujours fort mince, sans structure cellulaire apparente et décalcifiée, la cuticule
chitineuse montre sur les autres points une structure et une épaisseur variables.
Dans les articulations, elle est très épaisse quoique décalcifiée et formée de plusieurs lames stratifiées qui *
sont (fig. 363) : 1° une lame superficielle (épi-ostracum) jaunâtre et transparente ; 2° une série de lames parallèles, alternativement sombres et claires, coupées de fins canalicules poreux qui contiennent des prolongements hypodermiques, présentant des dépôts pigmentaires irrégulièrement distribués. Les lames sombres se colorent plus que les claires par l’hématoxyline.
Dans les points durs de la carapace, les lames internes
sont incrustées de sels calcaires uniformément répandus ou groupés en masses arrondies et à contours irréguliers, visibles en usant les fragments de l’exosquelette sur la meule ou sur la pierre d’émeri.
L’hypoderme (fig. 363, c) ou couche matrice de la cuticule consiste en cellules cylindriques à noyau ovoïde que
Fig. 3G3.
Astcicus fluviatilis. — Coupe verticale de la peau (d’après Yung) .
«, périostracum . — è, lames claires et sombres. — c, couche cliitinogène. — d, tissu conjonctif sousjacent. — e, gaine d’un poil.
— l’écrevisse
colorent bien les solutions carminées. Certaines de ces cellules envoient des prolongements dans le tissu conjonctif sous-jacent. C’est par l’épaississement successif de la portion supérieure des cellules hypodermiques, laquelle se détacherait peu à peu, que se formeraient, d’après Vitzou, les lames chitineuses dont la différence d’aspect résulterait de la différence de densité des éléments constitutifs.
A l'extérieur, la cuticule, rarement lisse, est plus ou moins couverte de tubercules, de crêtes, de poils. Ceux-ci, chitineux, naissent dans des dépressions hypodermiques et se développent à travers la cuticule d’où ils finissent par émerger. La plupart ont un double contour et un canal, lequel est en relation avec l’hypoderme et renferme une substance nerveuse émise par les nerfs cutanés, ils sont lisses ou dentelés, indivis ou pourvus de fines branches latérales ou de crochets chitineux.
Une fois formé, l'exosquelette ne peut s’accroître par addition interstitielle ; l’accroissement du corps exige le rejet de l’enveloppe dure extérieure. Ce rejet qui se produit brusquement et périodiquement est le phénomène de la mue (ecdysis ou exuviation), lequel intéresse toutes les productions cuticulaires (carapace, système endophragmal, régions ectodermiques du tube digestif, etc.) ; et, tandis que l’exosquelette nouveau est en voie de formation et de durcissement, les dimensions de l'animal augmentent l.
Au moment de la mue, les membres commencent à se
1 Voir, à propos de la mue, Réaumur. Histoire de V Acad. roy. des sc., 1712 et 1718. — Braun. Wiirzburg Arbeiten, Bd. II. — Huxley. L'Ecrevisse.
, rétracter à l’intérieur de l’exosquelette ; puis la partie membraneuse molle qui rattache la carapace au premier somite abdominal cède et le corps sort peu à peu de l’ouverture ainsi pratiquée. Il est mou et de couleur brun sombre. L'animal dégage ensuite progressivement les yeux et les appendices céphaliques, les pattes thoraciques, et enfin l’abdomen. La mollesse du tégument dure un ou trois jours.
D’après Ghautran, les nombres de mue, variables chez les Crustacés, seraient les suivants pour l’écrevisse : lre année , 8 mues ; 2e année , 5 mues ; 3e année, 2 mues. A un âge plus avancé, la femelle mue une fois par an (d’août à septembre), et le mâle deux fois (juinjuillet, août-septembre).
L’écrevisse, comme les autres. Crustacés, peut perdre un membre pendant les efforts qui accompagnent la mue ou pour se dégager quand on la saisit; elle se débarrasse même d’un membre, qui a été blessé, par amputation volontaire. Cette perte n’est pas permanente, et le membre perdu se reconstitue au moment qui suit l’exuviation; toutefois, ce n’est qu’après plusieurs mues qu’il atteint à peu près la dimension des autres membres.
Le tissu conjonctif sous-jacent à l'hypoderme (fig. 364), s’étend dans le corps entier sur les divers organes qu’il revêt et relie ; il limite également les parois des sinus sanguins. Il se compose de fibrilles entre-croisées emprisonnant de grandes cellules sphériques ; dans ses parties superficielles, il contient du pigment rougeâtre, soluble dans l’alcool, formant des dépôts granuleux ou des corps étoilés. D’après Huxley, il affecte trois formes et consiste tantôt en une gangue d’apparence homogène avec nom-
— l’écrevisse
breux noyaux dispersés, tantôt en une gangue parcourue de fines lignes ondulées et parallèles et creusés de cavités contenant un fluide clair (fig. 364, A), tantôt, enfin, en une gangue divisée en masses allongées ou arrondies dont
Fig. 364.
Astacus fluviatilis. — Tissu conjonctif (d’après Huxley).
A, seconde forme. — B, troisième forme. — a, cavités. — n, noyaux.
chacune a un noyau (fig. 364, B). Il est parcouru par des vaisseaux et des nerfs.
Glandes cémentaires. - — Chez la femelle, les épinières abdominaux et la base des fausses pattes de la dernière paire sont percés de nombreux orifices, d’où s’écoule pendant la ponte une matière blanchâtre, visqueuse, durcissant à l’eau et destinée à coller les œufs contre les fausses pattes. Ces orifices appartiennent à des glandes sous-cuticulaires pyriformes, à cellules rondes ou polyédriques et munies d’un noyau ovoïde, dénommées par Braun glandes cémentaires .