LE CARCIN MÉNADE OU CRABE COMMUN
Carcinus mœnas, Leach.
Place du Carcin dans la systématique. — Synonymie. — Le Carcin ménade est un Thoracostracé podoplitalme décapode présentant la même métamérisation que l’Écrevisse ; mais il en diffère par une plus grande concentration des zoonites, concentration qui tend à réduire l’abdomen à une simple pièce repliée sous le thorax et dépourvue de nageoire caudale (Brachyure).
Synonymie. — Le Carcinus mœnas , Leach, ou Cancer mœnas, de Pennant et de Linné, est appelé crabe enragé en Normandie, chancre, beillouc ou chancre de marais en Vendée, frankets en Catalogne, favouille en Provence. Dans l’Aude et le Languedoc, le mâle est dit cran ou favou, et la femelle, cranca ou favouille.
Habitat, mœurs. — Très commun sur les cotes françaises de l’Océan, à quelques mètres seulement de profon-
deur et surtout dans les rochers qui découvrent, au milieu de la vase et des matières en décomposition, dans les ports, chenaux et marais salants, il affectionne les eaux saumâtres. Tantôt il marche et court à reculons avec rapidité sur les fonds habituels, tantôt il court sur la plage où il peut vivre assez longtemps, mais sans l’exagération des Gécarcins.
En Méditerranée, il est rare dans la mer, et ce n’est guère que dans les points avoisinant l’embouchure d’un fleuve (le Rhône, par exemple), qu’on le trouve en quantité notable; il préfère de beaucoup les étangs saumâtres où il pullule.
A l’époque de la mue il se cache dans les trous ou sous les algues, se tenant coi jusqu’à ce que l’exosquelette soit partiellement durci.
Très vorace, carnivore, ennemi redoutable de l’huître, le Carcin est attiré par les matières organiques et les corps en décomposition. Il se prend dans la plupart des filets fixes calés dans les étangs, ainsi que dans les diverses sortes de casiers.
Description extérieure. Principaux orifices. —
Le corps présente les mêmes régions principales et le même nombre de somites que l’Écrevisse.
L’abdomen, très réduit par rapport au céphalothorax, forme chez la femelle une plaque mince, relativement assez large, ovalaire, repliée sur le plastron sternal dont elle s’écarte naturellement lorsque les œufs sont attachés aux fausses pattes ; il a l’aspect chez le mâle d’une lamelle triangulaire ou tablier , plus étroitement appliquée à la
ce ventrale thoracique (fig. 390). Il est typiquement com-
DECAPODES BRACHYURES.
LE CRABE
posé de six anneaux qui se soudent plus ou moins suivant les familles et les sexes. Dans le Carcin mâle, on en compte quatre et dans la femelle, six, telson non compris. La face sternale est molle et membraneuse.
Chez la femelle, les quatre premiers somites portent des
Ccircinus manias môle, vu de ventre, l’abdomen étant déployé
(d'après Vayssièbe).
fausses pattes, consistant chacune en un endopode et un exopode grêles et garnis de longs poils qui retiennent jusqu’à l’éclosion les œufs pondus. Chez le mâle, les deux premiers anneaux seuls possèdent des membres transfor-
mes en organes de fixation pendant la copulation. Dans l’un et l’autre sexe, le sixième somite est dépourvu de rames, l’abdomen ne servant pas d organe de natation même dans les Brachyures nageurs, tels que les Polybius,
Viscères du Carcinus à gauche; régions de la carapace à droite
(d’après le Rèç/ne animal).
par exemple, qui nagent, grâce à l’aplatissement des articles des pattes thoraciques.
Long de 4 à 5 centimètres, le céphalothorax montre une face dorsale, deux bords et une face ventrale. Celle-là (fig. 391), peu bombée, plus large que longue, rétrécie en arrière, dépourvue de rostre que remplace un front trilobé, correspondant en arrière à l’origine de l’abdomen, est divisée par des sillons qui circonscrivent des régions
DECAPODES B H A C H Y U H E S .
LE CRABE
dont la plupart ne sont pas indiquées chez l’Écrevisse.
Parmi les principales de ces régions, les unes sont impaires et médianes. Ce sont : 1° la région stomacale placée derrière le front ; 2° la région génitale plus petite, et ne limitant pas, malgré son appellation, tout l’espace occupé par les organes reproducteurs; 3° la région cordiale, de forme hexagonale et correspondant au cœur ; 4° la région intestinale ou hépatique postérieure, à peu près quadrilatère. Les autres, latérales et sy-
" anljennuLe,
métriques, comprennent : 1° la pédoncule
1 oculaire.
région hépatique placée sur les côtés de la région stomacale et recouvrant la majeure partie de la glande digestive et des organes anletuialra-
m'iif
.■ sternum.
Fig. 392.
Vue antérieure du métope de Cancer pagurus (d’après Huxley).
générateurs ; 2° la région branchiale, située en arrière de la précédente, sur les côtés des régions cordiale et intestinale,
et correspondant à la voûte de la cavité respiratoire.
Latéralement, la carapace présente un bord latéro-antérieur et un bord latéro-postérieur. Celui-ci, plus long, médiocrement oblique, quelque peu évasé, est lisse, tandis que celui-là forme avec le bord orbitaire une courbure régulière, qui ne dépasse pas le niveau du milieu de la région génitale ; il est, en outre, armé de cinq dents marginales.
Le front, saillant, muni de trois lobes dont le médian proémine un peu plus que les latéraux, se recourbe à la face inférieure où il constitue une face extraordinaire ou métope. Cette face (fîg. 392) montre deux cavités ou fossettes antennaires , logeant les bases renllées des anten-
nules. Ces cavités sont placées entre les orbites et séparées entre elles par un prolongement frontal soudé à un prolongement inter-antennaire, lequel naît de l’arceau ou somite portant les antennules ; en dehors, elles sont limitées par la base des antennes. Quant à l'orbite, elle est formée en dedans par la base de l’antenne supérieurement et en dehors par la carapace.
D’après cette disposition, il semble que chez le Carcin comme chez les autres crabes, l’antennule occupe la place a plus interne, puis l’antenne et enfin l’œil, ce dernier paraissant situé en arrière des appendices précédents. Néanmoins, le point d’attache réel du podophtalmite se trouve, comme chez l’Ecrevisse, près de l’axe médian, sur le côté interne, et en avant de l’antennule ; en raison de sa longueur, il se projette en dehors et en arrière de l’antennule et de l’antenne ; sa surface cornéenne est seule visible h
En arrière des fossettes antennaires s'étend une surface plane représentant le troisième somite céphalique et dite l’épistome ; celle-ci, avec la base des antennes et l’espace occupé par les fossettes, constitue la région antennaire (Milne-Edwards), tandis que les parties latérales et inférieures de la carapace, dirigées plus ou moins obliquement en dehors et en haut, forment les régions ptérygostomiennes. Ces dernières, par leur bord postérieur et interne s’appliquent exactement contre la voûte des flancs ; elles laissent entre elles sur la ligne médiane un espace occupé par l’appareil masticateur et appelé cadre buccal.
1 Huxley. L'Ecrevisse. — Milne-Edwards. Hist. nat. des Crustacés, 1834, t. I, et Squelette tégumentaire des Crust. Décapodes. Ann. Sc. Nat. Zool., 3° série, t. XVI, 1851.
Chez le Carcin, ce cadre a la forme d’un quadrilatère assez régulier, très large et éloigné du front ; il renferme les pièces péri -buccales dont la postérieure (3e maxillipède) recouvre les autres, comme les battants d’une porte (fig. 390). Ces pièces enlevées, on découvre la bouche limitée en avant par un labre, tubercule semi-membraneux, en arrière par le métastome ou languette, repli lamelleux bilobé et latéralement par les mandibules.
Le plastron sternal (fig. 390) qui fait immédiatement suite au cadre buccal, donne latéralement insertion aux membres thoraciques, et par une échancrure postérieure à l'abdomen. C’est une pièce ovale, à la formation de laquelle concourent non seulement les cinq sternums et épi sternums thoraciques, mais encore les sternums peu développés et intimement unis des trois somites portant les maxillipèdes. Les sternums thoraciques occupent toute la largeur du plastron, tandis que les épisternums forment une petite pièce triangulaire vers l’angle antéro-ex terne de chacun des précédents. La soudure des anneaux thoraciques est indiquée par la présence de quatre sutures transversales ; sur la ligne médiane des trois derniers anneaux se remarque, en outre, un sillon longitudinal qui résulte de la soudure des deux pièces sternales du meme segment et correspond à l’origine de l’apodème médian du sternum. Le plastron est excavé au milieu pour recevoir l’abdomen.
A l'intérieur, le système tégumentaire présente plusieurs particularités, notamment l’absence de canal sternal proprement dit.
Description des appendices. — L’antennule(fig.393),
très courte et enfoncée dans la fossette antennaire, comprend une tige tri-articulée dont l’article basilaire est renflé et plus ou moins globuleux ; les deux suivants sont courts, grêles et cylindriques. L’endopode et l’exopode forment deux tigelles courtes et annelées.
En dehors et au-dessous de l’antennule, s’insère, dans
l’hiatus du bord interne de l’orbite, la base de l'antenne dont le premier article, étroit et cylindrique, arrive jusqu’au front. La base tri-articulée porte un seul fouet, d’ailleurs court.
Absence de toute écaille exopoditique, comme dans tous les Brachyures.
De nature calcaire, la mandibule (lig. 394) est fortement dentée sur le bord antérieur épaissi. Palpe tri-articulé.
Deux lames cornées avec un palpe (endopode) simple constituent la première mâchoire, tandis que la seconde consiste en quatre lames cornées, un palpe (endopode) et un flagellum (exopode), sous forme d’une large plaque.
Les trois maxillipèdes ne sont pas lobés en dedans et portent tous un appendice flabelliforme . Ceux de la 3e paire sont surtout remarquables par l'aplatissement des ischiopodites en larges plaques quadrangulaires qui se rencontrent sur la ligne médiane où ils peuvent se refermer sur les autres pièces péri-buccales, à la manière des battants d’une porte. Les mêmes articles forment une maxille le long de leur bord interne. Le palpe ou exopode
--otocyste;
Fig. 393.
Antennule droite du Carcinus vue par la face supérointerne ( d’après Vayssière).
comprend un article basilaire allongé que termine un point filiforme annelé. Les 3es maxillipèdes supportent en outre la 3e et la 4e franchie, ainsi qu’un flagellum dont
Pièces péribuccales du Ccircinus (d’après Vayssière).
«, mandibule. — 6, lrc mâchoire. — c, 2° mâchoire. — d, lur e, 2e et f,
3e maxillipède.
les mouvements continus renouvellent l’eau de la chambre respiratoire.
Le 2e maxillipède diffère par un ischion moins large et par la présence d'une seule branchie (seconde branchie).
Quant au 1er, il se distingue par la transformation en maxilles du coxa et du basos, ainsi que par le long développement du flagellum. Il porte la première branchie.
Les pattes thoraciques, composées de sept articles comme chez l’Écrevisse, sont toutes terminées en griffes simples (fig. 395), à l’exception de la première terminée par une pince ou main didactyle dentée.
Dans le Carcin, le tarse ou dactyle est peu élargi et de forme lancéolée à la 5e paire, tandis que celui des
Fig. 395.
Cancer parjuras mâle vu par la face dorsale (d'après Huxley).
pattes précédentes est styliforme; le carpe est pourvu en dedans d’une épine. Les trois premières pattes seules donnent attache à des branchies.
Principaux orifices. — L’orifice du sac auditif fait défaut dans le Carcin ménade (d’après Ilensen).
La glande verte et la bouche occupent la même position que dans l’Écrevisse.
Les deux ouvertures génitales sont situées chez la femelle entre les troisièmes pattes thoraciques, à quelque
distance de la ligne médiane; chez le mâle, elles se trouvent sur l'article basilaire de la 5e patte thoracique et présentent un appendice tubuleux pénial.
Chaque chambre branchiale est pourvue d’un orifice d’entrée sous forme d’une fente allongée, située audevant de la lre thoracique et occupée par un prolongement de l’article basilaire du 3e maxillipède, et d’un orifice de sortie placé sur le côté de la bouche, dans l’angle intérieur du cadre buccal.
Quant à l’anus, c’est une fente longitudinale percée à la face ventrale du telson.
Système nerveux. — La concentration du système nerveux du Carcin ménacle est bien plus accentuée que dans l’Écrevisse, mais elle est moins complète que dans les Oxyrhynques.
Le cerveau (fig. 396), d’un blanc légèrement jaunâtre, résulte de la soudure intime de deux ganglions. Il émet : 1° des nerfs qui se distribuent aux organes sensitifs et aux téguments voisins ; 2° deux connectifs péri-œsophagiens. Ceux-là comprennent deux petits nerfs antennulaires, trois petits nerfs ayant la même origine que les précédents et allant se perdre dans l'article basilaire de l’antennule (organe auditif et tissus voisins), un nerf antennaire, un nerf palléal dont les nombreuses branches se perdent sous la matrice de la carapace, un nerf optique, enfin le nerf oculomoteur protégé en partie par une gouttière calcaire L Ceux-ci fournissent sur leur trajet : 1° quatre petits nerfs dont un se ramifie sur l’es-
1 Vayssière. Allas d'anatomie.
tomac, tandis que les trois autres, remontant l'oesophage, innervent la bouche; 2° une commissure transversale sous-œsophagienne.
Par suite de la concentration des segments abdominaux, les ganglions de cette région tendent à se fusionner
Fig. 390.
Système nerveux du Carcinus (d’après Vayssière).
d , d\ groupes de petits nerfs sortant dn ganglion thoracique et se rendant aux appendices péribuccaux. — ee , ff\ r/rj\ hh\ k'lc\ nerfs des 1°, 2e, 3e, 4e et 5e paires de pattes thoraciques. — m, paquet de nerfs se rendant dans l’abdomen. — nn, nerfs se rendant aux muscles abdomino-thoraciques.
en une seule masse peu développée qui se joint à la masse thoracique provenant elle-même de la fusion des ganglions thoraciques.
Il y a des degrés : 1° chez les Pagures et Galathées, un ganglion abdominal vient se joindre à la masse thoracique ; 2° la chaîne ganglionnaire se raccourcit notablement et se localise dans le thorax (Porcellanes) ; 3° la chaîne ainsi réduite entre en contact intime avec les
centres thoraciques (crabes) ; la masse thoracique, perforée par l’artère sternale, se compose de cinq paires ganglionnaires nettes, auxquelles s’ajoutent, en avant de la lre paire, le ganglion sous-œsophagien, et en arrière, entre les deux ganglions de la dernière paire, le centre abdominal (Oxystomes et Catométopes, fîg. 8) ;
5° les différents ganglions groupés dans la masse thoraciques tendent et arrivent à se confondre peu à peu, tandis que la perforation sternale qui persiste dans les Carcin,
Platycarcin et Portuniens, disparaît chez les Oxyrhynques h
Dans le Carcin ménade (fîg. 396), ganglions abdominaux et thoraciques, tous fusionnés, forment une grosse masse étoilée dans le thorax ; elle est perforée par l’artère sternale. De cette masse nerveuse unique partent :
1° Des groupes de petits nerfs se rendant aux appendices péri-buccaux ;
2° Des troncs nerveux pour les pattes ambulatoires ; chacun d’eux est accompagné de plusieurs nerfs se rendant aux organes voisins (branchies, muscles, etc.) ;
3° Un paquet (environ une dizaine) de petits nerfs médians, considérés parfois comme un prolongement gan-
1 Bouvier. Système nerveux des Crustacés décapodes. Ann. Sc. mit., 7U série, 1888.
Fig. 397.
Masse ganglionnaire thoracique de Corystes dentatus (d’après Bouvier) .
o, ganglioR sous-œsophagien. — m‘ et m\ paires ganglionnaires des Ie et 5e paires de pattes thoraciques.
— n, niasse ganglionnaire abdominale.
glionnaire, pénétrant dans l'abdomen en passant sous l’intestin ;
4° Des nerfs se rendant aux muscles abdomino-tlioraciques.
Pour découvrir le cerveau, il faut, après avoir relevé la carapace, extraire successivement le cœur, les glandes génitales, la glande digestive, rejeter l’estomac sur l’un des côtés et enlever l’enveloppe calcaire qui protège le centre nerveux.
Organes des sens. — Les poils olfactifs sont filiformes, annelés et distribués sur le bord concave de l’exopode antennulaire.
L’organe de l’audition chez le Carcin ménade 1 se comporte d’une manière spéciale. Dans la zoé, il consiste en une simple vésicule renfermant des otolithes ; chez l’adulte, les otolithes font défaut et la vésicule, composée de trois demi-canaux, est close. D'après Yayssière, il y aurait de nombreux corpuscules verdâtres au * milieu d’une substance gélatineuse.
Les autres organes des sens ne diffèrent pas de ceux de l’Écrevisse.
Tube digestif 2. — Tandis que chez les Macroures le nombre des pièces squelettiques varie d'une famille à l’autre, le squelette gastrique des Brachyures est constitué par les mêmes pièces. Cependant, dans le Carcin et autres Cyclométopes, la continuité des pièces mésocar-
d Hensen. Zeit . f. wiss. Zool., t. XIII.
2 Mocquaril. Estomac des Crustacés Podophtalmaires. Ann. Sc. nat. Zool., 1883.
diaques et ptérocardiaques est le seul caractère différentiel de quelque valeur, qui se retrouve toutefois dans le Tourteau et dans quelques Oligorhynques. On peut aussi prendre en considération le grand développement latéral du sac cardiaque, bien qu’il se constate également chez les Thelphusiens, Ocypodes, Oligorhynques et la Ranine.
L'armature gastrique des Brachyures consiste en dix pièces, dont huit forment un octogone articulé occupant la paroi dorsale et distribuées ainsi qu’il suit : trois sont situées en avant, deux latéralement et trois en arrière. Ces dernières appartiennent à la région pylorique, les autres à la région cardiaque. Des trois antérieures, l’une est médiane et impaire (pièce ou ossicule mésocardiaque) ; les deux autres sont symétriques et latérales et dirigées presque transversalement (pièces ptérocardiaques) . Les deux latérales, armées de dents sur le bord interne, sont les pièces zy g occir diaques. Quant aux trois postérieures, Tune est médiane et impaire (pièce pylorique) ; les autres sont latérales (pièces exopy toriques).
Deux pièces impaires relient les deux pièces médianes de l’octogone et s'articulent entre elles bout à bout sous un angle aigu dont le sommet, dirigé en bas et en arrière, est situé au-dessous de la pièce pylorique. L’une, antéroinférieure, est la pièce urocardiaque ; l’autre, postérosupérieure, est la pièce pylorique antérieure , prépylorique ou propylorique , qui a la forme d’un Y. Celle-là se termine en arrière par une proéminence (dent médiane) faisant corps avec elle.
Cette dent médiane est tantôt un tubercule quadrangulaire (la plupart des Cyclométopes) , tantôt une pyramide à base carrée, à sommet arrondi et dirigé en bas, à
arêtes mousses et dont la face postérieure est creusée en une gouttière longitudinale (Garcin ménade); elle peut présenter des lamelles, des crêtes, des arêtes, des côtes ou des bourrelets, affectant les formes les plus diverses (Grapsiens, etc.).
Sur les parois latérales du sac cardiaque, au-dessous des pièces précédentes, s'en trouvent d’autres soutenant les parois de l’organe, les empêchant de retomber sur l’œsophage et destinées, en outre, à actionner diverses saillies internes dont le rôle est d'amener les aliments à la portée des dents stomacales. Ces pièces de soutien (Mocquard) comprennent :
1° La pièce pectinée , très grêle, en forme d’un demianneau ouvert en haut (Cyclométopes, etc.), ou d’un anneau complet irrégulier (Grapsiens, Ocvpodiens), soutenant les bords d'une invagination à laquelle correspond un bourrelet denticulé ou peigne. Ce peigne, qui a de trois à six dents chez le Carcinus mœnas, est uni à la pièce zygocardiaque par un cordon tendineux (Cyclométopes) ;
2° Les pièces prépectinée et postpectinée , celle-ci garnie de soies simples ; elles s’articulent avec la précédente à laquelle elles impriment le mouvement ;
3° La plaque cardiaque latérale postérieure , articulée avec le bord inférieur de la pièce pectinée;
4° Les pièces cardiaques latérales inférieures et la pièce cardiaque latérale postérieure, garnie desoies plumeuses.
Le sac pylorique des Brachyures offre un grand nombre de pièces squelettiques. Ce sont :
1° Sur la paroi supérieure en forme de gouttière, dont les bords sont hérissés de soies, en arrière de la pièce