‹ Zoologie descriptive; anatomie--histologie et dissection des formes typiques d'invert©♭br©♭sChapitre 51 sur 168 · TR AC HÉ A T ES. — LA BLATTE · texte numérisé non relu

TR AC HÉ A T ES. — LA BLATTE

tent latéralement les trois paires de pieds marcheurs.

Le mésothorax et le métathorax sont en outre pourvus du côté dorsal des ailes, qui sont rudimentaires chez la femelle de Periplaneta (fîg. 428),

3° L’abdomen est composé par dix segments qui, chez le mâle, sont tous très nets. Chez la femelle, les derniers de ces segments sont, au contraire, réduits et en partie cachés. L’extrémité postérieure de l’abdomen se distingue par deux espèces de prolongements, les cerci, et pour le mâle seulement par des pinces ou griffes (fig. 433).

Constitution des segments. — Le segment comprend une portion dorsale (: Tergum ) et une portion ventrale (Sternum). Ces portions sont réunies latéralement par une peau molle (Pleura) et celle-ci porte les ouvertures des trachées.

Les anneaux formés par les terga et les sterna se recouvrent dans les segments qui se suivent par imbrication et sont reliés entre eux par une peau molle.

Au bord antérieur des trois paires de membres on trouve encore des saillies chitineuses que l’on nomme les Episterna.

Le tergum du premier segment est large et en forme de bouclier, les terga des segments qui lui succèdent sont plus petits.

Description du membre locomoteur ventral. — Le membre, ou la jambe de la Blatte est formé par la hanche coxa ; par un petit anneau, le trochanter ; par un fémur et par un tibia; enfin, comme dernière partie, par le tarse, qui chez le Periplaneta orientalis, comme chez la

plupart des Hexapodes, consiste en cinq parties dont la dernière est pourvue d’une griffe double (fîg. 428).

L’articulation est double, entre le coxa, le fémur et le trochanter et a son angle d’ouverture situé dorsalement.

Ailes. — Les ailes sont formées par des replis cutanés et sont composées de deux lamelles intimement liées ensemble par suite de la croissance. On y reconnaît des parties minces et transparentes et entre celles-ci, des barres chitineuses épaissies et moins transparentes, qui forment les nervures des ailes.

Ces nervures ne constituent pas seulement une charpente de soutien pour les ailes, mais contiennent encore les trachées, les nerfs et les espaces sanguins de l’aile.

Les dispositions des nervures ont, en Entomologie, une signilication systématique. Phylogénétiquement, il faut probablement faire descendre les ailes d’organes à respiration (branchies-trachées) qui primitivement apparteliaient aussi à tous les segments abdominaux. Dans tous les cas, il semble d’après l’examen des insectes fossiles que le premier segment du thorax a été autrefois muni d’une paire d’ailes, comme le deuxième et le troisième.

Abdomen. — Celui du mâle se compose nettement de dix segments.

Le premier tergum est un peu plus petit que ceux qui suivent immédiatement.

Les huitième et neuvième terga abdominaux bien que recouverts par ceux qui les précèdent sont pourtant clairement visibles. Sur le dixième et dernier segment abdominal se trouvent, dorsalement, les cerci articulés

T R A CREATES.

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et ventralement, les pinces très finement annelées ; immédiatement au-dessous du dixième tergum est placé l’ouverture de l’anus. L’ouverture génitale est ventrale par rapport à celle de l’anus ; elle est entourée d’appareils chitineux compliqués, asymétriques et en forme de tenailles; ils fonctionnent comme pénis.

Chez la femelle les terga des huitième et neuvième segments sont cachés, de sorte que le dixième tergum succède d'une façon presque immédiate au septième (fig. 428).

Ventralement les changements sont encore plus importants, car les sterna des huitième et neuvième segments sont rudimentaires.

L’ouverture de l’anus est derrière le dixième tergum et l’ouverture génitale qui est munie à’ appendices chitineux est recouverte d'un opercule génital.

Description de l’appareil digestif. — Pièces de la bouche. — Sur le côté ventral de la tête se trouve la lèvre supérieure qui limite la cavité buccale par devant (fig. 427).

Derrière elle, sont implantées par articulation, les courtes mandibules munies de nombreuses dents qui fonctionnent à la façon de tenailles ; elles sont dépourvues comme chez les autres Tracheates d’appendices tactiles (fig. 427).

Les mâchoires ou maxilles sont plus compliquées, on y observe une pièce basale le cardo ; puis la tige ou stipe qui a une direction perpendiculaire à la pièce précédente et se termine par trois appendices ; puis deux pièces courtes et émoussées qu’on désigne sous le nom de lobes internes et externes (Lacinia et galea) ; enfin un palpe à plusieurs articulations, le palpe maxillaire (fig. 429).

La limite postérieure de la cavité buccale est formée par la lèvre inférieure ou, selon quelques auteurs, deuxième mâchoire.

On explique facilement sa structure extérieure si l’on veut bien admettre qu’elle provient d'une paire d’organes

construits sur le même type que les mâchoires.

Si l’on cherche, en effet, à établir l’homologie avec les mâchoires, on y distingue un sous -menton (cardo) et un menton (stipe) qui supporte les parties restées séparées c’est-à-dire les palpes, le lobe interne et le lobe externe.

Ces deux derniers sont de

Fig. 429.

Tête de Periplaneta orientalis vue de profil.

chaque côté lixés sur un support commun : la ligula .

Tube digestif. — A l’extrémité antérieure du canal intestinal? qui est maintenu en place par des trachées, se rencontre une paire de glandes salivaires situées dans la cavité thoracique. Chacune est appendue comme une grappe sur le canal excréteur ; à la suite de cette paire de glandes, on trouve une paire de réservoirs salivaires sous forme de vésicules (fig. 430).

Chez quelques autres Insectes, à la place de ces réservoirs, il existe une seconde paire de glandes salivaires. Elles débouchent à la base de la mandibule et de la lèvre inférieure.

De l’ouverture buccale, Y œsophage (dont une portion postérieure s’élargit pour former un vaste jabot) conduit

LA BLATTE

à un estomac musculeux ; derrière celui-ci se trouve un certain nombre de cæcums en doigts de gants rangés tout autour du tube digestif (fig. 430).

Vient ensuite l’intestin grêle ou aboutissent les canaux

Fig. 430.

Vue générale de l’appareil digestif de Periplaneta orientalis (l’animal est ouvert par la face dorsale).

de Malpighi. Ils forment de chaque côté comme une touffe de fds fins et sous le microscope où les reconnaît pour des glandes excessivement longues, ténues et en forme de tubes (fig. 430).

A leur suite on trouve le gros intestin, puis Yintestin terminal très court.

Tout l'intestin consiste en une couche musculaire

externe (à fibres striées transversalement) et en une couche épithéliale interne.

Sur l’oesophage, le jabot et l’estomac musculeux, l’épithélium interne est recouvert par un revêtement chitineux. Le gros intestin et l’intestin terminal possèdent également un revêtement chitineux.

Ceci nous indique que ces portions de l’intestin sont tapissées par l’ectoderme et qu'il faut considérer l’œsophage, le jabot et l’estomac musculaire comme un stomodæum, le gros intestin et l’intestin terminal comme un proctodæum.

Selon quelques auteurs, V intestin grêle serait également revêtu par V ectoderme et appartiendrait au stomodæum ; d'après cette manière de voir , les Hexapodes n'auraient pas de mêsentèron .

Description du système nerveux. — Le système nerveux se compose en apparence d’un ganglion supérieur et d’un ganglion inférieur, situés dans la tête, et reliés entre eux par une paire de connectifs péri-œsophagiens. Ces parties ne peuvent être étudiées en détail qu’au moyen de méthodes fines (les coupes microscopiques). En réalité le ganglion supérieur est formé de deux ganglions intimement soudés et chacun d’eux se décompose en ganglions postérieurs d’où partent les nerfs des yeux, et en ganglions antérieurs d’où partent les nerfs des antennes. Du ganglion inférieur également formé par la coalescence de deux ganglions, sortent les nerfs pour les diverses parties de la bouche (fig. 431).

Du connectif semblent partir également des nerfs pairs qui se réunissent pour former le nerf intestinal qui suit

TRACHÉATES. — LA BLATTE 225

le côté dorsal du pharynx et est muni de petits ganglions (ganglion frontal unique et ganglions pharyngiens).

Le reste de la chaîne nerveuse ventrale appartient aux segments du thorax et de l’abdomen.

On trouve trois ganglions thoraciques, puis viennent

les ganglions abdominaux dont cinq isolés et un sixième

qui représente un certain nombre de ganglions fusionnés. Des ganglions partent des ramifications nerveuses périphériques ; le ganglion terminal innerve les organes génitaux.

Organes des sens. — Le sens du tact réside surtout dans les antennes ; d’ailleurs, chez l’embryon les antennes ne sont pas placées en avant de la bouche, mais de chaque côté de celle-ci ; le sens du goût paraît être limité aux palpes buccaux qui fonctionnent peut-être également, comme organes olfactifs; cependant l’olfaction paraît appartenir encore à d'autres parties, comme par exemple aux cerci.

11 est très curieux d’observer que les organes de l’audition ne sont pas, chez les Insectes, placés exclusivement dans la tête.

Ces organes de l’audition sont chez beaucoup d’insectes — et peut-être aussi dans le cas qui nous occupe — distribués sous forme de petits organes d’une grosseur microscopique dans les portions les plus différentes du corps.

On ne connaît pas ces organes chez le Periplaneta orientalis et, à en croire quelques auteurs, la Blatte serait sourde.

Chez beaucoup d'insectes les organes de l’audition sont

localisés et munis d'appareils auxiliaires (tambour) et on les trouve alors sur les membres (Acridiens). Chez quelques Insectes on rencontre sur le plan frontal trois yeux accessoires contruits sur le type des yeux à chambre

Fig. 431.

Vue générale du système nerveux de Periplaneta orientalis (l’animal est ouvert par la face dorsale et les chiffres représentent les différents segments).

Fig. 432.

Vue générale du cœur de Periplaneta orientalis (l’animal est ouvert par la face ventrale).

simples : mais ils manquent chez le Periplaneta orientalis.

Les deux yeux latéraux sont au contraire bien développés, ce sont des yeux composés, des yeux en mosaïque, comme chez presque tous les Arthropodes.

Appareil circulatoire et respiratoire. — Le cœur ,

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allongé et en forme de tube, est attaché aux téguments dorsaux de l’abdomen et du thorax, au moyen des muscles en forme d’ailes ; le nombre des chambres du cœur correspond à celui des segments. On trouve, trois chambres thoraciques et dix abdominales, la dernière chambre seule est rudimentaire.

Chaque chambre possède une paire latérale de fentes et est reliée aux téguments par une paire de muscles en forme d'ailes ; ces muscles forment une paroi horizontale incomplète, cette paroi sépare le sinus péricardique de la cavité générale du corps, caractère commun aux Arthropodes (11g. 432).

Le sang qui contient des corpuscules sanguins incolores et anœboïdes, est déversé dans la cavité du corps par les ouvertures antérieures et postérieures du cœur.

Appareil respiratoire. — Les trachées , au moyen de leurs très fines et très nombreuses anastomoses, conduisent l'air vers tous les organes sans que le sang ait à remplir la fonction du transport de l’oxygène.

Le système de trachées commence par des ouvertures latérales débouchant sur les pleuræ et dites stigmates.

Chez l’embryon, c’est là que se sont formées, par des invaginations en forme de poches, les ébauches des trachées primitivement séparées chez un grand nombre d’insectes. Un petit nombre de ces stigmates seulement se conservent d’une façon durables ; chez la Blatte, nous trouvons au bord postérieur des trois segments thoraciques et sur les sept premiers segments abdominaux, des ouvertures de stigmates.

Les stigmates sont entourés de poils de chitine, qui

servent à défendre l’entrée contre l’introduction de corps étrangers.

L’air est introduit par l’élargissement et le rétrécissement des segments abdominaux (mouvements respiratoires).

Le système tout entier des trachées se distingue par la présence de troncs latéraux longitudinaux qui, chez Periplaneta, ne sont développés d’une façon continue que le long de l’abdomen, mais qui sont remplacés dans le thorax par des communications ventrales.

Les troncs latéraux longitudinaux sont doublés par une paire de troncs longitudinaux dorsaux qui vont jusque dans la tête ; ils sont en plus reliés entre eux par un système de commissures ventrales.

Au point de vue microscopique les trachées se composent d’une couche épithéliale qui est une continuation de l’épithélium extérieur, et cl’une couche chitineuse interne qui est également la continuation du squelette chitineux extérieur. Comme ce dernier, elle s’expulse lors du rejet de la peau ; la lamelle chitineuse est épaissie

sous forme d’un fil en spirale que l’on peut isoler.

Différences sexuelles. — Les mâles de periplaneta orientalis possèdent deux paires d'ailes d’une longueur médiocre, les femelles, par contre, n’en ont qu’une paire en avant et ces ailes sont très courtes. Les autres différences sexuelles ont trait aux organes génitaux extérieurs (pénis chez le mâle) (fîg. 433).

Description de l’appareil génital. — Les glandes

LA BLATTE

génitales sont situées clans la partie postérieure de l’abdomen.

Les organes génitaux du mâle consistent en testicules pairs qui sont composés de nombreux follicules et qui débouchent au moyen d’un vas deferens dans un conduit éjaculateur impair. A sa suite on trouve deux paquets de

Fig. 433.

Extrémité de l’abdomen de la femelle et du mâle de Periplaneta

orientalis.

glandes de structure différente, qui forment une masse antérieure et dont le rôle est mal défini.

Les organes génitaux chez la femelle sont formés par des ovaires pairs.

Ils consistent en un assez grand nombre de tubes ovariens.

Les œufs, de la base au sommet, deviennent successivement plus grands et en meme temps plus mûrs. Ils sont enfermés dans des dilatations disposées en une rangée simple et produisent l’effet d’un collier de perles constitué par l’ensemble du tube ovarien.

A leur suite, se trouvent les oviductes courts qui débouchent dans un vagin.

Comme annexe du vagin, on rencontre le receptaculum seminis qui lors de raccouplement reçoit la semence et la conserve pour un assez long espace de temps (chez quelques Insectes, chez les Abeilles, par exemple, pendant des années).

Une glande annexe sert à diluer le sperme; enfin, il existe également des glandes paires anastomosées ; elles servent à coller ensemble les œufs pour en former des espèces de cocons chitineux.

Ces glandes débouchent dans le vagin.

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