II Y M E N 0 P T E R E S
LA FO U R M 1
sarcolemme et est homogène dans toute sa masse, ce n’est pas elle qui produit l’aspect d’une division de la fibre en disques sombres, alternant avec des disques clairs. Ces derniers, qui sur une fibre vivante n’apparaissent que comme des disques minces, intercalés entre des disques sombres épais, doivent être attribués à la substance monoréfringente du réticulum musculaire, substance qui, par suite de l’existence des réseaux transversaux et des rendements perliformes voisins, se trouve accumulée en plus grande quantité au niveau des lignes de Dobie.
Sous faction de réactifs dissolvants, la substance de remplissage est dissoute et le réticulum musculaire reste isolé (E).
Sous faction de réactifs coagulants, les substances albuminoïdes contenues dans la substance de remplissage se coagulent dans chacune des chambres comprises entre deux réseaux transversaux (F, G, H). La matière coagulée a une tendance à quitter les réseaux transversaux et à s’appliquer principalement sur les filaments longitudinaux qui deviennent, ainsi, l’axe de bâtonnets de formes variables. Il en résulte une structure compliquée qui, surtout après faction des matières colorantes, produit l’aspect de séries de disques superposés (B, G).
La fibre des muscles producteurs des vibrations du vol, muscles dont il sera question plus loin, présente une structure notablement différente de celle de la fibre des autres muscles. Chez un certain nombre d’insectes, qui ont été étudiés par van Gehuchten, la partie structurée contractile de cette fibre forme un tube cylindrique, divisé en cases fermées par des membranes complètes.
Ces cases sont remplies d’un plasma nutritif amorphe. Il est probable que ces fibres présentent une structure semblable chez les Fourmis.
Appendices du corps. — Il y a sur la tête et sur le thorax sept paires d’appendices ventraux qui sont adaptées à des fonctions variées, mais que l’embryogénie amène à considérer comme ayant, chacune sur son zoonite, la même valeur morphologique, c’est-à-dire comme étant de véritables membres. Ce sont les antennes , les mandibules , les maxilles , le labium et les trois paires de pattes.
Chez les femelles, il y a trois paires d’appendices génitaux. Sur le 7e anneau post-thoracique, ce sont les deux stylets (fig. 454). Sur l’anneau suivant, ce sont, d’abord, le gorgeret , qui est formé de deux parties symétriques soudées, et, ensuite, deux appendices latéraux qui forment les valves d’une gaine protectrice de l’ensemble des deux paires précédentes.
Chez les mâles, il y a également trois paires d’appendices génitaux : les valves externes , les moyennes et les internes (fig. 452). Ils sont situés sur le 9e anneau postthoracique.
Il y a, enfin, sauf chez les ouvrières où leurs rudiments existent mais ne se développent pas, deux paires d’appendices dorsaux qui sont situés, l’un sur le méso, l’autre sur le métathoraxet qui constituent les ailes.
Appendices céphaliques ayant la valeur de membres. — Les antennes (fig. 444, D, et 451, C) sont formées de 12 articles chez les femelles et de 13 chez les mâles. Le
LA FOURMI
premier article appelé scape s'articule à- la tête par une sorte de rotule et il est, à lui seul, presque aussi long que l’ensemble de tous les autres, ensemble qui est appelé funicule. Si l’on prend comme type de l’appendice céphalique un organe bifurqué, dont l’une des branches est un palpe articulé et effilé, on pourra dire que l’antenne est un appendice céphalique réduit à un palpe extrêmement développé. Ses articles, les derniers surtout, sont remarquables par le nombre des terminaisons nerveuses qui y aboutissent. C’est l’organe sensitif le plus important.
Les mandibules (fîg. 438), à l’inverse des antennes, peuvent être considérées comme des appendices céphaliques dépourvus de palpes et dont l’autre branche a pris un très grand développement sans se diviser en plusieurs articles. Elles sont armées d’un bord tranchant et denté, et pourvues, surtout près de ce bord, d’organes sensitifs délicats. Elles constituent, pour tous les travaux et pour le dépeçage des proies, l’outil principal de la Fourmi.
Les maxilles se sont soudées à la partie supéro-latérale du labium et constituent avec lui un ensemble appelé promitscis. Les maxilles, organes compliqués, munis de peignes et pourvus de palpes à six articles, servent à saisir le promuscis de la compagne approvisionneuse qui dégorge de la nourriture, à amener les liquides nutritifs auprès de l’orifice buccal, à nettoyer les peignes tibiaux et la langue. Ils servent aussi à amener, dans la cavité de moulage (fig. 433) où ils sont agglutinés, avant d’être rejetés, les détritus de nettoyage et les particules solides de la nourriture dont la partie liquide est, seule, ingérée.
Le labium est pourvu de palpes à quatre articles. Il est formé de deux parties soudées. Il se termine par une langue couverte d'aspérités dures qui en font une véritable râpe dont le rôle principal est de réduire en pulpe les matières dont la Fourmi veut extraire les sucs. La Fourmi emploie souvent cette langue pour nettoyer son corps et aussi pour nettoyer ses compagnes et la progéniture de la colonie (fig. 435 et 438).
La figure 435 représente le labre relevé, le mamelon buccal et le promuscis en exsertion, la cavité des détritus largement ouverte. Cette disposition est réalisée lorsque l’animal mange ; mais, au repos, toutes ces parties sont serrées les unes contre les autres, logées dans la télé, recouvertes, en haut, parle labre et, en bas, par la grande plaque chitineuse de la partie inférieure du labium.
Appendices thoraciques ayant la valeur de membres. — Les pattes (fig. 444, A, B) sont formées d’une série de parties, articulées les unes à la suite des autres, qui sont : la coxa, le fémur , le tibia , et les cinq articles du tarse.
Prenons, comme exemple, la première paire de pattes qui est, physiologiquement, la plus importante.
La coxa s’articule, à l’arceau ventral de l’anneau thoracique auquel elle appartient, par un col tout à fait comparable à celui de la tête. Comme cette dernière, la coxa trouve, sur le thorax, des points d'appui qui limitent l’amplitude de ses mouvements, et présente des groupes d’organes sensitifs avertisseurs des dangers auxquels cette articulation si importante peut être exposée.
HYMÉNOPTÈRES
LA FOURMI
A, patte prothoracique de l'ouvrière. Les muscles ne sont représentés que par leurs tendons supposés vus par transparence. — 15, coupe transversale de cette patte au niveau de l’organe de nettoyage. — C, coupe longitudinale d'un poil sensitif. — D, antenne de l’ouvrière. — E, ailes du mâle. — F, coupe transversale d'une des principales nervures de l'aile.
Le fémur s’articule par une sorte de rotule qui perme des mouvements dans des directions très variées. La partie voisine de cette rotule est séparée, du reste du fémur, par un profond sillon dépourvu de membrane articulaire, et porte le nom de trochanter . Une ligne claire, située un peu plus bas, semble indiquer un deuxième trochanter qui serait resté tout à fait rudimentaire. Ces deux parties portent, chacune, un groupe d’organes sensitifs.
Le tibia s’articule, lui aussi, par une sorte de rotule ; mais, très limités latéralement, par deux lames du fémur, ses mouvements se réduisent à des mouvements de charnière. Nous trouvons, ici encore, deux groupes d’organes sensitifs voisins de l’articulation et, plus bas, un fuseau chordotonal qui traverse l’article de part en part, et dont les filaments terminaux viennent déboucher dans une fossette chitineuse dont le fond aminci est peut-être un cribellum.
Sur le tibia de la première patte, Y éperon, qui, morphologiquement, est un simple poil articulé dépourvu de muscles moteurs, s’est transformé en un peigne dont les dents sont pleines et dirigées vers celles d’un contre-peigne tarsien.
Ce contre-peigne tarsien et ses annexes sont les parties les plus importantes du premier article du tarse et constituent, avec le peigne tibial, l’appareil de nettoyage de l’antenne. Les dents du peigne tarsien (coupe M N) sont creuses, articulées, pourvues d’un ganglion sensitif et ont, ainsi, chacune, la valeur morphologique d’un poil. Un certain nombre de poils articulés, rigides, épars (B, C) contribuent à retenir les corps étrangers enlevés de la
HYMENOPTERES
LA FOURMI
surface de l’antenne. Cette dernière trouve, immédiatement après son passage entre les peignes, une surface poreuse lubréfiante en rapport avec un groupe de cellules glandulaires (fig. 444, B).
Le 5e article tarsien porte, entre deux griffes utilisées pour la marche sur les corps rugueux, une pelote dont la sole laisse transsuder une matière adhésive pour la marche sur les surfaces lisses.
La lame sagittale ventrale du prothorax (fig. 435, 440) donne insertion au grand muscle fléchisseur de la coxa, tandis que les parois latérales du thorax donnent insertion à un grand muscle extenseur. Les mouvements obliques et de rotation sont produits par trois autres muscles qui se fixent sur les prolongements de l’apodème prothoracique. Tous ces muscles moteurs de la coxa s’attachent sur la bordure de sa partie rétrécie en forme de col. Il y a en plus, dans le thorax, un muscle moteur du fémur qui se fixe à l’extrémité des apodèmes, traverse la coxa et va s’attacher sur le trochanter. Plusieurs groupes de muscles se fixent sur la paroi interne de la coxa et produisent les mouvements du fémur. Il y a trois muscles dans le fémur pour les mouvements du tibia et trois muscles dans le tibia pour les mouvements du 1er article tarsien. Enfin, logé dans le fémur, un muscle, dont le tendon traverse le tibia et les cinq articles tarsiens, commande les mouvements de flexion des griffes. Ces dernières se relèvent ensuite par la simple élasticité de la pièce chitineuse impaire à laquelle elles sont articulées. Tous ces muscles ne sont représentés, sur la figure 444, que par leurs tendons chitineux.
Appendices n'ayant pas la valeur de membres. — Pour les appendices qui constituent les armures génitales , male ou femelle, je renvoie au paragraphe relatif aux organes génitaux.
Les ailes (fig. 444, E) sont des expansions, articulées, des arceaux dorsaux. Elles sont formées, au moment de l’éclosion, de deux minces lames d'hypoderme recouvertes, chacune, d'une cuticule chitineuse. Pour résister à la pression du sang qui doit étaler les ailes, sans toutefois les gonfler comme des sacs, les deux lames sont reliées par de nombreux prolongements des cellules hypodermiques. Les ailes sont raidies par un certain nombre de nervures formées principalement par la lame supérieure de l'aile (fig. 444, F).
La musculature motrice des ailes mésothoraciques est logée, tout entière, dans le mésothorax. Elle comprend : 1° des muscles de structure ordinaire pour la mise en place des ailes ; 2° des muscles d’une structure spéciale pour la production des vibrations des ailes pendant le vol.
Les muscles de position sont au nombre de trois de chaque côté du corps. Ils se fixent tous les trois sur le sillon cd (fig. 439) et vont s'attacher en trois points différents de la région proximale de l'aile. Ils remplissent : le premier, avant le vol, la fonction de releveur ; le second, pendant le vol, la fonction de rotateur; le troisième, après le vol, la fonction d'abaisseur pour ramener l’aile dans la position de repos.
Il y a deux paires de muscles vibrateurs (fig. 440) : une paire longitudinale qui est voisine du plan sagittal et
une paire transversale qui est logée dans les côtés du corps. Ces deux paires de muscles servent à imprimer des vibrations à l’ensemble du scutum et du scutellum. Ces vibrations se transmettent intégralement aux ailes, dès que ces dernières sont en extension1. Ces vibrations consistent en une alternance de dépressions et de soulèvements de la charnière d'union du scutum et du scutellum.
Ce dernier porte, à sa partie inférieure, une lame interne (fig. 440) qui se fixe par ses côtés au squelette externe et fournit l'insertion inférieure du muscle longitudinal. L'insertion supérieure de ce muscle se trouve sur le scutum, en partie sur sa région tégumentaire, en partie sur un prolongement qu'il émet vers l’intérieur du corps. C'est la contraction de ce muscle longitudinal qui produit les mouvements de soulèvement de la charnière et d’abaissement de l’aile.
La paire transversale se fixe, à droite et à gauche, à une certaine distance de la lame médiane sagittale et va s’attacher sur le scutum et sur la partie supérieure du scutellum. Cette paire transversale produit les mouvements de dépression de la charnière et de soulèvement de l’aile.
Les ailes métathoraciques n'ont pas de musculature. Elles présentent, .sur leur bord antérieur, une série de poils sensitifs recourbés (fig. 444, E) qui accrochent un repli de la bordure inférieure des ailes mésothoraciques, et c'est ainsi qu’elles se trouvent entraînées dans les mouvements du vol.
Glandes tégumentaires. — Un certain nombre de
1 Voir pour plus de détails C. li. Acad, des Sa, t. CXXVUI, p. 249$
glandes, formées par invagination du tégument et caractérisées par les cellules à tube chitineux interne qui les • constituent, peuvent être groupées, dans une même catégorie, sous le nom de glandes tégumentaires.
La paire de glandes antennaires (fîg. 451, B), très réduite, envoie ses canaux dans de petites fossettes situées à la base de l'antenne.
La paire de glandes mandibulaires (fig. 438), logée sur les côtés de la tête, est pourvue d’un vaste réservoir dont l’orifice se trouve sur la face supérieure de la base des mandibules.
La paire de glandes maxillaires (Hg. 435 et 438) est logée tout près de la bouche, et le cribellum, sur lequel débouchent ses canaux, est rentré, comme la base des maxilles elle-même, sur les côtés du tube buccal.
La glande labiale (fig. 435, 438, 440) dérive de la glande séricigène de la larve. Elle est allée se loger dans le thorax et est souvent, pour cette raison, dépourvue de toute valeur morphologique, appelée glande thoracique.
Les tubes excréteurs de ses cellules se réunissent en canaux plus importants qui aboutissent à deux gros troncs, et ces deux troncs, subissant le sort de forgane primitivement pair qui les porte, se soudent en un tronc impair.
11 n’y a, dans le thorax, aucune glande du type que nous étudions ici, mais, de chaque côté du 4e anneau du corselet, il y en a une qui prend un développement très considérable (fig. 439 et 445). Les fins canaux de ses nom-
breuses cellules s’accolent en faisceaux et viennent déboucher, chacun séparément, sur un cribellum qui est situé en haut d’une vaste chambre formée par une invagination du squelette chitineux. Un certain nombre de sillons convergents, creusés sur la paroi interne de cette chambre, conduisent le produit volatil de la glande vers
Fig. 445.
Glande tégumentaire et stigmate de l’anneau médiaire. — A, coupe passant en avant de la glande. — B, coupe passant par le réceptacle. Ces coupes sont parallèles au plan sagittal.
une fente extrêmement étroite qui met la chambre en communication avec l’extérieur.
Chez les femelles (fig. 453), la glande à venin de l’aiguillon semble, par les caractères de ses cellules sécrétrices, rentrer dans la catégorie des glandes dont il est ici question, et nous en trouvons encore un groupe bien caractérisé, situé à la naissance des valves du gorgeret.
Chez les mâles (fig. 452) il y a deux groupes de ces cellules dans l’anneau 2 9. L'un d'eux est dans la région d’union des deux valves internes, près de l'orifice génital.
Enfin, dans les trois formes, il y a un groupe dorsal
Z U 0 L U G 1 E D Jî S C R 1 P T 1 V E
de cellules glandulaires situé à la terminaison de la membrane articulaire de l'anneau z 6 (fig. 452 et 453).
Histologie. — Les cellules de toutes ces glandes tégumentaires sont volumineuses, pourvues d’un gros noyau et d'une vacuole claire. Elles produisent, dans leur inté-, rieur, un fin canal excréteur, cliitineux, plus ou moins long et contourné, qui se prolonge au dehors. Ces cellules sont généralement libres et bien séparées les unes des autres. Dans la glande labiale, elles s’accolent par paquets, et les lins canaux émis par les cellules, au lieu d'aboutir séparément à un cribellum, se réunissent en troncs de plus en plus gros. Le canal excréteur commun est formé d’une couche de cellules aplaties, pourvues de larges noyaux, et il est tapissé d'une intima chitineuse, spiralée : il a tout à fait la structure d’une trachée (fig. 440).
Appareil respiratoire. — Lorsqu'on voit avec quelle profusion les ramifications trachéennes pénètrent dans tous les organes, on est amené à admettre que la respiration est tout à fait diffuse et que, partout, tous les tissus, y compris le sang, trouvent à se débarrasser de leur acide carbonique et à le remplacer par de l’oxygène. La circulation est donc moins intimement liée à la respiration que cela a lieu lorsque cette dernière est plus localisée, en sorte que l’étude de l’appareil respiratoire peut, sans inconvénient, être séparée de celle de l’appareil circulatoire.
Trachées. — Les trachées qui constituent l’appareil respiratoire sont des invaginations tégumentaires qui se
forment sur un certain nombre d’anneaux thoraciques et post- thoraciques, et qui laissent, sur chacun de ces anneaux, une paire d'orifices appelés stigmates. Ces invaginations, dont la portion voisine du tégument constitue les troncs stigmatiques (fig. 448), émettent des ramifications longitudinales qui, pendant le développement embryonnaire, se sont réunies de manière à former deux gros troncs longitudinaux qui parcourent le corps d’une extrémité à l’autre (fig. 440 et 455).
Dans l’abdomen (fig. 448) les troncs longitudinaux émettent, chacun, une branche dorsale et une branche ventrale qui fournissent des ramifications à tous les organes. Les branches ventrales forment, dans chaque anneau, un petit tronc transversal (fig. 436). A Ja partie supérieure de l’abdomen, les deux troncs longitudinaux se dilatent en deux vastes sacs visibles, par transparence, chez les individus vivants.
Dans chacun des trois premiers anneaux post- thoraciques, il y a un assez gros tronc transversal dorsal (fig. 435 et 436).
Dans la région thoracique il y a quatre troncs longitudinaux. Ce dédoublement est du à la présence des muscles du vol qui reçoivent d’innombrables ramifications trachéennes. Ces quatre troncs existent aussi chez les ouvrières, mais ils ne prennent pas, chez elles, le développement qu'on leur voit prendre chez les Fourmis ailées.
Du côté ventral les troncs longitudinaux émettent, dans chaque anneau thoracique, une trachée qui se rend direc-
tement dans la patte, et, plus bas, une deuxième trachée, qui va également dans la patte, mais passe d’abord sous le ganglion de l’anneau et lui fournit de fines ramifications.
Les troncs longitudinaux restent au nombre de quatre à leur arrivée dans le cou. Ils viennent former, à la base du cerveau (fig. 4-38), un carrefour d’où partent des troncs qui remontent au-dessus du cerveau, et d'autres qui desservent les muscles de chaque appendice et pénètrent ensuite dans ces derniers.
Les variations du volume de l’abdomen, sous l'influence de la musculature motrice de ses arceaux, suffisent pour contracter et dilater le volume des trachées et en particulier celui des deux grands sacs abdominaux. Il y a ainsi une inspiration et une expiration de l'air, et les mouvements qui les produisent peuvent être appelés mouvements respiratoires.
Appareil de fermeture des stigmates. — A la suite de chaque orifice stigmatique se trouve un vestibule compliqué, dont les parois chitineuses sont épaisses et couvertes de prolongements épineux, protecteurs, et qui est accompagné d’un appareil de fermeture. Prenons comme exemple le 10e et dernier stigmate (fig. 446, A) qui se trouve situé sur l’arceau dorsal de l’anneau z 8. Un petit orifice rond, bien abrité par le prolongement écailleux de l’arceau précédent z 7, conduit dans une chambre antérieure, à parois rigides, pourvue de nombreuses aspérités. Un étranglement sépare cette chambre de la suivante qui porte l'appareil de fermeture. Cet appareil consiste en
un levier obturateur, courbé, creux, en forme de doigt de gant, mû par un adducteur qui produit la fermeture et un abducteur qui produit l'ouverture (fig. 442, 446, 448). Sous l’action de l'adducteur le point N vient en N’ et le point M en M’ où se trouve un petit butoir. L’orifice de la
Fig. 446.
A, coupe de l’appareil de fermeture du 10° et dernier stigmate (anneau s,8). — B, noyaux des ramifications trachéennes. — C, structure d’un tronc trachéen.
trachée se trouve alors complètement masqué par la base du levier. Quant à la trachée, elle débute par un anneau de raidissage qui l’empêche de se déformer lors des mouvements du levier, et c'est seulement à la suite de cet anneau que le tronc stigmatique reprend la flexibilité et la minceur nécessaires pour sa fonction.
Histologie des trachées. — Les gros troncs trachéens (fig. 446, C) sont formés d’une couche épithéliale de cel-
Iules, qui est en continuité avec l’hypoderme et qui est tapissée d’une cuticule chitineuse annelée.
Sur les ramifications plus petites (fig. 446, B) les noyaux sont relativement énormes et entourent souvent plus de la moitié de la trachée.
Ces ramifications annelées deviennent de plus en plus fines. Elles finissent par perdre leur annulation et par ne plus contenir d’air. Au point où cela a lieu, elles aboutissent à une cellule étoilée, à gros noyau, et en apparence terminale. D’après les recherches récentes faites par Holmgren sur les chenilles, la trachée se ramifierait dans cette cellule et produirait ainsi son aspect étoilé. Quant aux fines ramifications qui en sortent, ce seraient de véritables capillaires pourvus de petits noyaux et qui tantôt se termineraient librement et tantôt aboutiraient, encore, par l'intermédiaire d'une cellule étoilée, à d’autres trachées remplies d’air.
Appareil digestif. — L'appareil digestif se divise en trois régions qui sont : le tube digestif antérieur , le tube digestif moyen ou estomac , le tube digestif postérieur.
Tube digestif antérieur (fig. 435, 436, 447). — Au tube buccal , qui est aplati dans le sens dorso-ventral, qui porte des aspérités internes et est pourvu de muscles protracteurs et rétracteurs, fait suite un pharynx, également aplati, dont l’armature chitineuse se relève, à droite et à gauche, en deux ailes. Dans la série des muscles qui mettent en mouvement ce pharynx, les trois principaux sont
II y M E X 0 P T E U E S .
LA FOURMI
(fi g. 435) l'adducteur des ailes du pharynx, qui tend à fermer l'organe par application de sa paroi supérieure sur sa paroi inférieure ; la paire de grands dilatateurs supérieurs; le long dilatateur inférieur qui, après avoir traversé l’anneau œsophagien, va s’insérer, par un tendon, sur le milieu du tentorium. Les mouvements de dilatation et de constriction, qui sont accompagnés de mouvements de bascule ayant pour effet de fermer l’arrière du pharynx pendant la dilatation, et son avant pendant la constriction, produisent l’eft'et d’une pompe aspirante et foulante, et les liquides, tamisés par les aspérités du tube buccal, sont refoulés vers les parties suivantes du tube digestif.
Trois orifices se présentent à la suite du pharynx : un orifice médian qui est l'entrée de l'œsophage, et deux latéraux qui sont les orifices de deux sacs, ramifiés en doigts de gant (fig. 451, B), qui s’étalent devant et au-dessus du cerveau. Ces sacs sont les glandes pharyngiennes dans l’intérieur desquelles, chez certaines Fourmis, des Nématodes à générations alternantes viennent accomplir un stage larvaire. La paroi de ces sacs est glandulaire et leur contenu est généralement un liquide jaunâtre. L’expérience montre que la nourriture liquide peut pénétrer dans ces sacs et y subir une élaboration utile au nourrissage de la colonie.
L'œsophage (fig. 435, 438) traverse l’anneau œsophagien, passe au-dessus de la traverse du tentorium et, accolé aux autres viscères pour son passage dans le cou (fig. 440, B), arrive dans le corselet. Là (fig. 435, 440), il trouve assez d'espace pour pouvoir se dilater un peu. Il se rétrécit de
nouveau, et s’aligne dans un meme plan avec les autres viscères, pour pouvoir franchir (fig. 440, G), en se prêtant cependant à des mouvements de charnière, le passage si étroit qui se trouve à l’articulation du corselet avec le pédoncule du pétiole. Dans le pétiole (fig. 436) il retrouve une place suffisante pour pouvoir reprendre sa place normale par rapport aux autres viscères. Arrivé à l’abdomen (fig. 436), il se rende immédiatement en un jabot si extraordinairement extensible, pour l'emmagasinement d’une forte provision de nourriture destinée au nourrissage de la colonie, qu'il peut arriver à refouler tous les autres organes vers la région anale, et à remplir plus de la moitié de l’abdomen qui, dans ces circonstances, se dilate, lui-même, au point de gêner considérablement la marche de la Fourmi.
Une sorte de tubulure latérale, très compliquée et pourvue d'un puissant appareil de fermeture chez les Formicinæ, très simplifiée, mais pouvant cependant encore, empêcher le passage de la nourriture, chez les Myrmicinæ, termine cette partie qui, dérivant tout entière de l'invagination stomodæale, est une dépendance de l’anneau oral et constitue, morphologiquement, la portion antérieure du tube digestif.
Tube digestif moyen. — Cette portion, qui est aussi appelée estomac, est celle où se fait la digestion. L’estomac présente une forme parfois tout à fait sphérique. Peu extensible, il reçoit, au fur et à mesure des besoins, la petite portion de nourriture nécessaire au nourrissage de l’individu. Cette portion est prélevée sur l’approvision-
HYM ÉNOPTÈRES,
LA FOURMI
nement qui est emmagasiné dans le jabot et qui est destiné au nourrissage de la colonie.
Tube digestif postérieur (Pig. 436, 447, 452, 453). — La
Fig. 447.
A, coupe sagittale de l'estomac. — 11, coupe transversale
de l’intestin grêle.
portion postérieure du tube digestif est formée par l’invagination proctodæale.
C’est seulement à la fin de la vie larvaire, que cette partie se met en communication avec l’estomac. Auprès de la jonction nous voyons les six tubes de Malpighi.
pighi. La partie sur laquelle débouchent ces tubes se prolonge, en conservant un faible diamètre, et constitue Y intestin grêle. A la suite de l'intestin grêle vient V ampoule rectale , renflement piriforme, dont la partie renflée porte trois glandes rectales à contour circulaire, et dont la partie rétrécie, pourvue d’un puissant sphincter , aboutit à Y anus.
Histologie du tube digestif. — La portion antérieure du tube digestif est formée d’une couche cellulaire, qui est, surtout dans le jabot, assez mince. Elle est tapissée intérieurement d’une intima chitineuse couverte, en plusieurs endroits, de nombreux poils fins, droits et longs. Extérieurement elle est pourvue de muscles annulaires particulièrement visibles sur l’œsophage (fig. 440).
La portion qui unit le jabot à l’estomac a, seule, des parois épaisses et le rôle de l’appareil de fermeture si compliqué des Formicinæ est rempli, ici, simplement par les muscles annulaires qui forment un véritable sphincter.
Les glandes pharyngiennes sont formées d’une couche de grandes cellules aplaties, à très gros noyau, et elles constituent la seule région réellement glandulaire qui puisse être considérée comme appartenant, morphologiquement, à la portion antérieure du tube digestif. •
L'estomac ou portion moyenne (fig. 447) est enveloppé d’une membrane musculaire, bien limitée en continuité avec la couche de muscles circulaires de la portion antérieure du tube digestif. Cette membrane revêt une couche assez épaisse de grosses cellules glandulaires. Les plus
externes de ces cellules sont jeunes et destinées à remplacer les plus anciennes qui, fortement gonflées, font saillie vers l'intérieur de l'organe.
Dans la portion postérieure du tube digestif, l’intestin grêle est tapissé, intérieurement, d'une cuticule chitineuse sans poils, produite par une couche de grosses cellules qui est cerclée de muscles circulaires. Des muscles longitudinaux, extérieurs aux circulaires, se détachent de l’intestin grêle et vont, comme des haubans, se fixer et se prolonger sur l'ampoule rectale (fi g. 436). La lame cellulaire qui forme la paroi épithéliale de cette ampoule, est très mince, mais, en trois points, ses cellules deviennent volumineuses et glandulaires et prennent une disposition rayonnante. L'ampoule rectale, y compris ses trois glandes, est tapissée intérieurement d'une fine intima chitineuse et revêtue, extérieurement de fibres musculaires transversales, anastomosées.
Organes excréteurs. — La Myrmica possède trois groupes d'organes excréteurs (fig. 447, 448, 449, 453), qui sont :
1° Le tissu péricardial (rein de transformation) ;
2° Les cellules à urates du tissu adipeux (rein d'accumulation) ;
3° Les tubes de Malpighi (rein d’élimination).
Le tissu péricardial consiste en cellules multinucléées qui sont attachées sur les filaments conjonctifs des muscles aliformes du cœur. Ces cellules ont une réaction acide. Elles semblent extraire du sang et, après les avoir transformés, y rejeter certains produits de désassimilation.
Cuénot, qui a étudié ces cellules sur les Orthoptères, pense que leur produit est probablement repris et rejeté par les tubes de Malpighi.
Le corps adipeux est un ensemble de grosses cellules
cerceau, dorsal
füxrmf suspens rs / * a
cLu cœur i
tissu i ‘ x. 5
.usent. des P^icardial^
/ dani.trrnun .
tronc, dorsal,
. trôner
stigmatùjiUL
tronc-
lorujduuinal
tronc, ventral '''
.cellule, a urates "
cellule.
enter codeur e. '
cellule , .
adipeuse,
tubes, de. Malpighi,
duxphragmet'
ventral ,■
, .Mftngüvn. /
de l ormeau K 5 ; gangl.sympath, arceau, ventral
m.dm..
i.ctL
apophyse, r stigmate,
muscle, de fermeture
- membr. artieul.
muscle d’ouvert.
- apophyse,
- intestin grele,
rn.oa,.
nerf Connectifs
ut. v. m,.
Fig. 448.
Coupe transversale de l’abdomen, le jabot et l’estomac étant supposés enlevés.
qui forment des paquets ou des nappes entre les organes ou entre ceux-ci et les parois du corps. Ces cellules sont ainsi plongées dans le sang et elles sont entourées d’un grand nombre de fines trachées. A l’état normal, ces cellules sont remplies de gouttelettes de graisse qui constituent une substance de réserve.
Entre les cellules adipeuses se trouvent les œnocytes,
H Y M E X 0 P T E ltES.
cellules intercalaires plus petites, dépourvues de graisse et contenant un gros noyau. Ces cellules jouent, sans doute, un rôle soit dans la phagocytose, soit dans la transformation des matières que les cellules adipeuses sont susceptibles d'emmagasiner.
Les cellules adipeuses sont d'origine mésodermique. Les œnocytes sont des cellules émigrées de l’ectoderme. Je considère ces dernières comme étant des glandes, tégumentaires qui ne sont pas restées reliées à l'hypoderme.
Un certain nombre de cellules adipeuses, jouant le rôle d’un véritable rein d’accumulation, se remplissent complètement de concrétions d’urate de soude. Les individus récemment éclos ont les téguments assez peu colorés pour laisser voir, par transparence, sous forme de petites taches d’un blanc opaque, ces cellules à urates.
Les tubes de Malpighi , au nombre de six, sont de longs tubes cylindriques qui débouchent, chacun séparément, dans l'intestin grêle au contact de l’estomac. Leurs circonvolutions s’étendent au loin dans l’intérieur de l’abdomen, entourent l’estomac et longent le tissu péricardial et le cœur. Ce sont des invaginations de la paroi cellulaire de l’intestin grêle. Les cellules de ces tubes ont un noyau volumineux ; les coupes montrent ces cellules disposées, au nombre de trois ou quatre, autour d’un étroit lumen. Par suite de la présence de produits d'excrétion, ces tubes sont légèrement colorés en jaune. Les produits
Appareil circulatoire. — Le sang remplit le cœlome
et baigne tous les organes. Sa circulation est assurée par le vaisseau dorsal.
Vaisseau dorsal. — Dans le vaisseau dorsal on peut distinguer deux parties : celle qui est située dans l’abdo-
Fig. 449.
Cœur. — A, coupe frontale. — B, vue de côté. — C, coupe
transversale.
men, le cœur ; celle qui est logée dans les anneaux précédents, l’aorte.
Le cœur (fîg. -436, 448, 449, 433) est un tube dont l’extrémité inférieure, close, se trouve dans l’anneau zi. Cette extrémité, ainsi que toute la face dorsale du cœur, est attachée aux téguments dorsaux par de fins filaments conjonctifs. La face ventrale est reliée, de la même
HYMENOPTERES
manière, à cette lame, en forme de losange, qui constitue, dans chaque anneau, un muscle aliforme du cœur (fig. 448 et 449, C). Dans chacun des anneaux abdominaux qu'il traverse, le cœur présente, de chaque côté, un orifice valvulaire, à lèvres rentrantes, disposé pour permettre l’entrée et empêcher la sortie du sang (fig. 449). L 'aorte (fig. 435, 440) est le prolongement antérieur du cœur. C’est un tube étroit, dépourvu d’orifices latéraux, qui, accolé à' la face dorsale de l’œsophage, traverse le pétiole, le corselet et le cou. Il vient s’ouvrir, dans la tête, au droit de l’ouverture postérieure de l’anneau œsophagien.
Muscles aliformes et diaphragme ventral. — Les muscles aliformes (fig. 442 et 448) sont des muscles plats qui traversent le cœlome de part en part. Leur insertion fixe est très condensée et se trouve sur les arceaux dorsaux, un peu au-dessous des apophyses. Leur partie moyenne, qui s’étale de manière à donner au muscle la forme d’un losange plié suivant son petit axe, vient passer très près de la face ventrale du cœur. Dans le pétiole et l’abdomen, un diaphragme contractile, continu, sépare du reste du cœlome un vaste sinus ventral (fig. 436, 448). Ce diaphragme s'attache sur les côtés des arceaux tégumentaires ventraux et vient passer entre le tube digestif et la chaîne nerveuse.
Circulation. — Les grands vides que les muscles aliformes laissent entre eux ne permettent pas de considérer l’ensemble de ces muscles comme constituant un diaphragme. Leurs mouvements de contraction ne peuvent donc avoir pour eflêt que de tendre les tilaments d'attache
du cœur qui se trouve ainsi dilaté en tous sens. Les valvules laissent entrer, pendant cette diastole, une quantité de sang égale à celle qui a été refoulée en avant lors de la systole précédente. Pendant la systole, qui est produite par une contraction des fibres circulaires du cœur, le sang, qui est retenu par les valvules, est poussé dans l'aorte et lancé dans Panneau œsophagien. 11 traverse ce dernier et se déverse, de tous côtés, dans la tête. Il en sort par le cou, descend dans le corselet et, arrivé dans le pétiole, passe, en partie, dans le sinus ventral. Il en sort vers l’extrémité abdominale, extrémité que le diaphragme n'atteint pas, et se trouve alors en contact, non seulement avec ces innombrables ramifications trachéennes qu'il rencontre partout, mais, de plus, avec le tube digestif, avec les lames viscérales et tégumentaires de cellules adipeuses et d'œnocytes, avec les tubes de Malpighi et, enfin, avec les cellules péricardiales. C'est donc un sang enrichi de substances assimilables, modifié et purifié par les organes excréteurs, que le cœur prend et refoule vers l'avant du corps.
Le sac frontal (fig. 435 et 451, B), situé immédiatement au-dessous de cette région externe de la tête que l’on appelle faire frontale, envoie des prolongements dans les antennes. Je suppose qu’il joue, pour assurer la circulation du sang dans ces appendices, un rôle analogue à celui qui a été attribué (Pawlowa) à deux sacs propulseurs qui existent à la base des antennes des Periplaneta.
Histologie de l’appareil circulatoire. — Le sang est un liquide incolore qui, en outre des substances d’assimilation et de désassimilation qu’il tient en dissolution, con-
Il Y M E N 0 1* T E UES.
tient des globules extrêmement petits, incolores, amiboïdes, nucléés, qui se reproduisent par division.
Le vaisseau dorsal est un tube à parois minces, formé de deux rangées de cellules. Les noyaux de ces cellules forment une file sur chacun des côtés droit et gauche du vaisseau. Extérieurement à ces cellules, on distingue, très difficilement, des filaments musculaires, annulaires, qui produisent la systole.
Les muscles aliformes sont formés d'une lame de filaments conjonctifs portant des filaments musculaires striés. Les filaments tenseurs du cœur présentent un noyau sur leur parcours.
Le diaphragme ventral est formé d’une nappe conjonctive, continue, extrêmement mince, à la surface de laquelle courent, transversalement, des fibres musculaires striées.
Système nerveux. — Le système nerveux (fig. 435, 436, 455) est formé d 'une chaîne de ganglions dans laquelle on peut distinguer trois régions.
La première constitue le cerceau ; la deuxième, la masse ganglionnaire sous-œsophagienne ; la troisième, la chaîne ganglionnaire post- céphalique.
Cerveau. — Dans la coupe représentée par la figure 450, coupe qui est la plus instructive parmi celles que l’on peut pratiquer dans le cerveau, nous voyons, à droite et à gauche d'un corps central les deux lobes cérébraux qui sont réunis par une commissure fibreuse et qui se continuent, vers l’extérieur, par les masses médullaires des ganglions optiques.
ZOOLOGIE DESCRIPTIVE. — Il
ZOOLOGIE DES G LM lJ TI VE
Du coté ventral, on voit les deux lobes olfactifs , bien reconnaissables aux glomérules caractéristiques qui les forment et auxquels aboutit la branche olfactive du nerf antennaire. Un pédicule fibreux se dirige des glomérules vers le corps central.
Cerveau de l’ouvrière. Coupe frontale par un plan voisin de celui de la figure 438, p. 246.
(Les nerfs du labre et du ganglion frontal sont marqués ou pointillés parce qu'ils se trouvent non pas dans la coupe figurée, mais dans celle qui vient au-dessus. )
Dorsalement, le corps central émet de chaque côté une tige du corps pédonculé , partie qui se termine par une paire de calices.
Le cerveau émet (fig. 435, 438, 450, 451, B) : en arrière, les racines du système viscéral pair ; en haut, les nerfs des tro is ocelles; sur les côtés, les nerfs des yeux; en avant, les nerfs des antennes , du labre et du ganglion frontal . Les deux derniers de ces nerfs partent à peu près du même point de la surface du cerveau.
11 résulte de l’étude de types plus favorables que la
Il YM E X 0 P XERES.
My rmica, que l'on doit distinguer trois parties dans le cerveau (Viallanes).
Le protocérébron qui appartient à l’anneau oculaire et émet les nerfs des ocelles et des yeux.
Le deutocérébron qui appartient à l’anneau antennaire (anneau de la petite antenne des Crustacés) et fournit les nerfs de l’antenne.
Le tritocérêbron , qui appartient à l’anneau post-antennaire (anneau de la grande antenne des Crustacés), anneau, qui bien reconnaissable chez l’embryon ne l’est plus chez l’imago.
Masse ganglionnaire sous-œsophagienne (lig. 435, 438, 4oô). — Le cerveau est relié par les connectifs œsophagiens à la masse ganglionnaire sous-œsophagienne . Ces connectifs sont, ici, englobés dans les parties voisines, et ils ne laissent, entre eux, qu’un trou œsophagien étroit.
Le cerveau, les connectifs et la masse sous-œsophagienne sont logés dans la capsule céphalique et forment un encéphale qui, chez les Fourmis, présente une structure bien plus condensée que chez les Insectes inférieurs.
La masse sous-œsophagienne est formée par la coalescence des trois ganglions des anneaux mandibulaire , maxillaire et labial. Elle émet, en avant, les nerfs mandibulaire, maxillaire et labial, lesquels, avant d’arriver aux appendices, envoient des rameaux aux muscles moteurs de ces derniers. La grosse branche qui pénètre dans l'intérieur des mandibules est purement sensitive.
En arrière, le ganglion labial émet une paire de petits
nerfs pour la glande labiale. Ces nerfs se bifurquent, chacun, en deux rameaux dont l’un se dirige en arrière. Ce dernier se soude à son congénère, et le rameau impair qui résulte de cette soudure pénètre dans le prothorax en suivant le canal impair de la glande.
Chaîne ganglionnaire postcéphalique. — Le reste de la chaîne ganglionnaire (fîg. 435, 436, 440, 453, 455) est situé en dehors de la tête et comprend un ganglion pour chaque anneau post-céphalique. Les ganglions pro , méso et métatlioracique sont restés au niveau des anneaux auxquels ils appartiennent. Ils émettent, chacun, pour les pattes, une paire de gros nerfs à la fois sensitifs et moteurs, et, pour la musculature contenue dans l’anneau et les organes sensitifs de sa surface, une paire de nerfs plus petits.
A la suite du ganglion métatlioracique, et soudé avec lui , se trouve le ganglion du 4e anneau du corselet ; puis, également soudé à celui qui le précède, le ganglion du 4er nœud du pétiole. Les nerfs de ce nœud ont ainsi, pour arriver à destination, à traverser le pédoncule du pétiole.
Le ganglion logé dans le premier nœud ne lui appartient pas, il appartient au deuxième nœud , auquel il envoie une paire de nerfs.
Les ganglions suivants sont logés dans l’abdomen. Le ganglion du 4e anneau post-thoracique est bien resté dans l’anneau auquel il appartient. Le ganglion du 5e anneau est resté indépendant des ganglions voisins, mais ceux des 6e et 7G anneaux se touchent et ceux des #e, 9e et 1 de anneaux se sont soudés en un ganglion, en apparence
Il YMENOPTERES.
LA FOURMI
unique, qui émet cependant trois paires de nerfs aboutissant aux stylets, au gorgeret, et à la région anale.
Système nerveux sympathique. — Le système nerveux sympathique (fig. 435, 438, 440) comprend trois parties : 1 q. système impair , le système pair , le système annexe de la chaîne ventrale.
Le système dit impair (fig. 435) prend naissance sous forme de deux troncs assez volumineux qui partent de l’encéphale au niveau du trou œsophagien et aboutissent à deux ganglions accolés dont l’ensemble est appelé ganglion frontal. Ces deux ganglions émettent, vers l’avant, une paire de nerfs qui se soudent presque immédiatement en un nerf unique ( nerf clypéal ) et, en arrière, le nerf récurrent, nerf impair qui longe la face dorsale de l’œsophage et qui, après avoir franchi le trou œsophagien et s’être renflé en un ganglion, se divise en deux troncs qui suivent les côtés du tube digestif jusqu'à l’estomac, sur l’enveloppe externe duquel ils se terminent.
Le système pair (fig. 435, 438) prend naissance à la partie inféro-postérieure du cerveau et débute par une paire de ganglions fusiformes. Les deux nerfs qui prolongent ces ganglions sont très difficiles à suivre.
Le système sympathique annexe de la chaîne ventrale ne se laisse reconnaître, chez la Myrmica, que par un certain nombre de petits ganglions sphériques qui accompagnent le ganglion de l’anneau métathoracique et les quatre ganglions suivants (fig. 435, 436, 440, 441, 448). Ils semblent contribuer à l'innervation du système trachéen et, peut-être, du cœur.
Je n’ai pas pu reconnaître avec certitude si les nerfs de l’intestin postérieur proviennent, comme on peut le supposer, du ganglion terminal de la chaîne nerveuse.
Histologie. — Le cerveau, comme les ganglions qui lui font suite, est enveloppé d’un mince névrilemme et formé de masses ganglionnaires externes entourant des masses internes de substance ponctuée.
Les masses ganglionnaires sont formées d’une gangue névroglique remplie de noyaux ganglionnaires et d’un fouillis de cylindraxes.
La substance ponctuée est formée d’une gangue névroglique remplie de cylindraxes qui, dans quelquesr égions, se groupent en faisceaux.
Organes sensitifs. — Les ocelles (fig. 451, A) sont situés sur cette région dorsale de la tète que l’on appelle le vertex. Il y en a deux qui forment une paire et un troisième qui est médian et antérieur. En réalité, cet ocelle impair résulte de la réunion de deux ocelles dont les nerfs, séparés par la trachée supra-cérébrale, ne se sont pas soudés à leur origine. La partie du squelette qui correspond à un ocelle est transformée en une lentille transparente, très bombée, sous laquelle se trouve une rétine formée de nombreux bâtonnets cachés par une zone de pigment. Audessous des bâtonnets, et dans leur prolongement, se trouvent des noyaux allongés.
Les yeux (fig. 438 et 450) sont formés par la réunion d’un assez grand nombre d’éléments appelés ommatidies. Devant chaque ommatidie le squelette chitineux devient transparent et se bombe en une lentille biconvexe, la cor-
poil sensitif
organe chordotonaL
gl, anLennatre,
sac. frontale
nerf (lntpnjiiiiri'
acoustique
n . cintci m, olfactif'
nerf moteur
trachée,.- ajutenneure.
lame cfdtineuse.
trachée, antennaire,
glande, ngienne,
a lomerxdes olfactifs
cero&aiL,
i origine des nerfs f moteurs anieiuicures
l nerfs moteurs -> - du. scape.
tube cfutmeiux,
- - ( squelette interne. )
muscles ma Leur du, scape
chitine.
traehee.
hgpoderme, f oceZLaife.
cerveau.
traehee.
gang lions sensitifs tl . sensitif membrane wüculairti.
Mm
Fig. 451. — À, coupe frontale de l’ocelle impair. — B, ensemble des organes qui pénètrent dans l’antenne. — C, coupe des deux derniers articles de l’antenne de la reine. Les petits muscles moteurs du dernier article qui s'insèrent sur la bordure de son col et se fixent sur la paroi de l’avant-dernier article ne sont pas figurés. — D, E, F, squelette chitineux d’organes sensatifs du tégument. — G, H, 1, organes sensitifs antennaircs.
née, qui, par suite de sa juxtaposition avec les cornées voisines, présente un contour hexagonal. Au-dessous de la cornée se trouve un cône (cristallin) divisé en quatre parties égales par deux plans axiaux. Ce cône est coiffé, à son sommet, par une cellule allongée (: retinula ) dont l'extrémité proximale contient une formation axiale appelée rhabdôme.
Des organes chordotonaux se trouvent : près du cadre articulaire de l’antenne (fig. 451, B), devant le ganglion prothoracique (fig. 435 et 440), devant le ganglion métathoracique, dans le premier nœud, dans les pattes (fig. 444, A). Ces organes sont formés : l°d’un nerf; 2° d’un ganglion; 3° d’un groupe de corpuscules caractéristiques ( corpuscules scolopaux) accompagnés chacun cl’un noyau proximal et d’un noyau distal; 4° de filaments terminaux qui aboutissent aux téguments. Ils sont, presque toujours, en rapport avec des trachées, et on les considère comme des organes auditifs.
La cuticule chitineuse ne présente aucun point de discontinuité, mais elle s’amincit considérablement, au droit de certaines terminaisons nerveuses, pour constituer toute une série d 'organes sensitifs tégumentaires. Bien que très variés, ces organes dérivent d’un même type fondamental. La figure 444, B et G, nous donne un exemple de poils articulés qui présentent un orifice et une cavité pour le logement d’une terminaison nerveuse, laquelle est précédée d’un petit ganglion accolé à l’hypoderme. La cupule d'insertion de ces poils peut prendre un très grand développement (fig. 444, C; 451, D). La figure 45 l, E, repré-
HYMENOPTERES
LA FOUR M I
sente un des organes sensitifs qui sont groupés près du coulisseau de l'aiguillon (fîg. 454, A).
En certains points du corps, par exemple sur le cou et sur les tibias (fîg. 444, A ; 451, F), l’organe perd absolument l'aspect d’un poil et, prenant une forme qui rappelle celle d’une méduse, se loge, tout entier, dans le tégument. Le petit manubrium axial est le centre autour duquel la terminaison nerveuse vient s'épanouir pour s'étaler sur la face interne de l’ombrelle qui est formée d'une chitine molle et perméable.
Sur les derniers articles de l’antenne (fîg. 451, C), articles qui sont remarquables par l’épanouissement du nerf antennaire et par l’énorme développement des ganglions nerveux qu'ils contiennent, nous retrouvons (lig. 451, I) des poils sensitifs courts.
Sur ces mêmes articles, nous voyons encore des organes qui sont, pour ainsi dire, des poils invaginés (H) et, pour quelques-uns d’entre eux (G), l’invagination est si accentuée que l’organe, suspendu au bout d'un long tube, est reporté bien loin dans l’intérieur de l’article.
Organes génitaux mâles. — Les organes génitaux mâles (tig. 452, A, B) sont formés de deux groupes de quatre testicules qui chez les jeunes individus sont bourrés de faisceaux de spermatozoïdes. Les quatre testicules de chaque groupe aboutissent à un canal déférent qui conduit à une vésicule séminale à parois très épaisses. Les canaux qui sortent des deux vésicules, d’abord distincts, se soudent en un canal èjaculateur impair, qui vient déboucher sur l’armure génitale.
Z 0 0 L O G I E DES G lt I P T I V E
h' armure génitale mâle (lig. 452, A, B, G) appartient à l’arceau ventral de l’anneau s9, c’est-à-dire à celui qui, chez les femelles, fournit le gorgeret et ses deux valves.
testicule.
ouneri.
œsophag
estomac.
- tub ■ de. Malpighi
x il
ampoule-
rectale
chaîne nerot tubes de malpighi X 5 '
inl^grcle,-'
o fs ici de, séminale ql.pehùxlg * tanlr. e '
(j canal/ ..
yaculaheur |
armure, génitale
value intm?.
value .
moyenne
\.orjflçe , 9 \
-\genxlaLo orifice. ■ génital a
o cil oc eæt’t
téguments
anus x îo
values moyennes
• Doives estemej
valves internes
arceau/
oentraVxg
Fig. 452.
arcecuju dorsale
™*™«. rectum/
values int?
Daines est9
A, abdomen du mâle. Coupe sagittale. — B, organes génitaux mâles, vus de face. — • C, coupe transversale de l’armure génitale mâle. — ;4 ;i z 10, 4e à 10e zoonites post-céphaliques. — t, testicules.
L’ensemble de cette armure exsertile présente une forme ovoïde. Elle est formée de deux grandes pièces protectrices ( valves externes ), de deux pièces terminées par un
HYMENOPTERES
crochet ( valves moyennes) et enfin de deux lames ( valves internes) qui sont garnies, sur leur bord ventral, de dents aiguës comme celles d’une scie et qui sont destinées à empêcher la séparation des individus accouplés. Ces deux valves dentées se soudent en arrière, laissant, entre elles, un profond sillon à la partie supérieure duquel débouche le canal éjaculateur.
Organes génitaux femelles. — Les organes génitaux femelles ne sont complets que chez les reines (fig. 453). Dans la région supérieure de l'abdomen (z 4), sur les filaments conjonctifs qui supportent le tissu péricardial, s’attachent deux faisceaux de tubes ovariens qui vont passer à droite et à gauche du jabot et de l’estomac. Chaque faisceau contient douze tubes chez les reines normales. Chez un certain nombre de petits individus, ce nombre n’est pas atteint et, chez l’ouvrière, il n’y a plus qu’un seul tube de chaque côté du corps. Ces tubes se rétrécissent à leur partie inférieure et viennent déboucher dans deux vastes oviductes , qui sont séparés par l’extrémité de la chaîne nerveuse et qui aboutissent aux deux angles supérieurs d’un utérus en partie recouvert de muscles. C’est là que débouche le canal du réceptacle séminal qui tient les spermatozoïdes en réserve pendant plusieurs années et qui reçoit, lui-même, les canaux de deux glandes appendiculaires (; glandes du réceptacle). Une poche copulatrice qui s’étend horizontalement au-dessous de la vésicule séminale, constitue le prolongement du vagin. La vulve se trouve sur la membrane articulaire qui fait suite à l’écaille de l’anneau zl.
Chez les jeunes reines, les tubes ovariens sont minces
Z () 0 L 0 (’. 1 K DES c R I l» T I V E
et à surface unie. Après la fécondation, le germigène , qui forme l’extrémité en cul-de-sac de chaque tube, donne naissance aux cellules qui doivent devenir des œufs, et à
ganglions si/mpathigué' -
ganglion/,
de, x Ij. '
tissu, péricardiaL
insertion, des filam..
teminciUsXs
ovaires..
gangl.
sgmpath,-,
gangl.de xS
ov niiictr
gangl, de, x 6 ' gangl.de x.
ganghons . de x 8àxio
utérus réceptacle sérninoil
poche cop ulnJrice paguis -
oiilues —
Stylet !x S J
orif. de la gl. , accessoire,' orif.de la gl. à, venin, '
appareil de. fermeture, gorgeret Z g
... , tissu, ,-'axLipeusxy
glandes agpendiculaires
glande, à, venin
prolongement
invaginés
cmq.
'agi
reserol du venin, g lande tégiuiu! Z 6 )
- gl. accessoire, dé VaiguiLLon,
----gl. te'gumenUihe txgl
•-anus (X îo )
piftOTL de refoul f' du venins
Fig. 453.
Coupe sagittale de l’abdomen de la reine.
celles qui doivent fournir, à ces derniers, les substances nécessaires à leur accroissement. Les œufs descendent, s’alignent les uns à la suite des autres et gonflent le tube
HYMÉNOPTÈRES
LA FOURMI
de manière à lui donner l’aspect d'un chapelet à grains de plus en plus gros. Les cellules nutritives qui séparent les œufs deviennent, au contraire, de plus en plus petites et finissent par disparaître. Les œufs qui se trouvent à l'extrémité inférieure des tubes sont arrivés à maturité ; ils tombent dans l’oviducte, passent dans l'utérus, où ils peuvent être fécondés, et, poussés par la musculature de ce dernier, sont expulsés par le vagin.
L 'armure génitale femelle des Hyménoptères est formée par l'ensemble d’une paire d’appendices émis par l’anneau et de deux paires d’appendices émis par l’anneau 2:9. Le rôle originel de cette armure est de conduire l’œuf au point, souvent peu accessible, où il doit se développer. Chez les Fourmis, dont les œufs sont recueillis et soignés par les ouvrières, il ne remplit plus cette fonction ; il s’est transformé en un appareil vulnérant (fig. 453 et 454).
La lre paire d'appendices s’est transformée en deux stylets aigus. Sur l’extrémité proximale, en forme de crosse, de ces stylets, s’insèrent des muscles protracteurs et des rétracteurs. Du côté distal, et sur environ la moitié de leur longueur totale, les stylets s'accolent l'un à l'autre. Ils portent chacun deux lamelles qui jouent le rôle de piston pour le refoulement du venin. Ils présentent, sur toute leur longueur, une rainure de guidage.
Les deux appendices de la 2e paire se soudent, au cours du développement, en une pièce impaire, le gorgeret dont les bords portent deux languettes en forme de rail à champignon. Ces languettes se logent dans les rainures