CLE P SINE
d’une commissure reliant transversalement les 2 connectifs et de 6 capsules nerveuses : 2 médianes et ventrales et 4 latérales dont 2 antérieures et 2 postérieures.
Entre les capsules latérales de chaque côté naissent 3 nerfs de grosseur inégale provenant de points différents des ganglions.
Masse nerveuse péri -œsophagienne. A, face dorsale.
B, face ventrale.
La masse péri-œsophagienne (fl g. 321) se compose de 36 capsules soit 6 pour le ganglion cérébroïde et 30 pour la masse sous-œsophagienne formée par conséquent de 5 ganglions.
La masse acétabulaire postérieure (fig. 322) est formée par 7 ganglions, comme le démontre bien nettement l’étude du développement et ses connexions. Elle renferme 40 capsules au lieu de 42, les deux dernières sont probablement atrophiées.
Les ligures 322 montrent les rapports que présentent les différentes capsules. Remarquons en passant qu’aux
deux extrémités du corps, probablement à cause de la condensation des ganglions, les capsules ventrales, au lieu d'être placées l’une derrière l'autre, sont disposées à droite et à gauche de la ligne médiane.
Masse ganglionnaire postérieure.
Les commissures qui réunissent les connectifs sont extrêmement courtes, elles sont le lieu d’entre-croisement des fibres nerveuses venues des connectifs et des capsules nerveuses (fîg. 320, 2, 3, 4).
Les connectifs sont des cordons nerveux, étroits, dont la longueur s’accroît jusque dans la partie moyenne du corps. Dans la région postérieure, ils se réduisent considérablement, de sorte que les quatre derniers ganglions sont si rapprochés qu’on peut les désigner avec Apathy sous le nom de ganglion anal.
Nerfs. — Des ganglions cérébroïdes et sous-œsopha-
II I R r D I N E E S . — G L E PST X E
giens partent six: paires de nerfs dont l’importance est très grande pour l’étude de la métamérisation.
Le ganglion de la ventouse postérieure fournit à ce dernier organe sept paires de nerfs.
Tous les ganglions de la chaîne ventrale donnent naissance à trois paires de nerfs (fig. 320). L’examen des coupes (1, 2, 3, 4) nous permet de constater que l’origine de la 3e paire est beaucoup plus ventrale que celle de la seconde.
Peu après leur émergence, les trois nerfs du meme côté se réunissent (fig. 323) en un plexus ganglionnaire et se répandent de là dans les différents organes.
Fig. 324.
Origine (en haut) et terminaison (en bas) du nerf de Faivre.
Plexus ganglionnaire formé par les nerfs peu après leur envergence.
11 est donc impossible d’admettre les idées de Whitman sur la distribution périphérique de ces nerfs.
Le nerf intermédiaire de Faivre est assez facile à voir
sur des portions de chaîne nerveuse colorées au bleu de méthylène.
Il se distingua toujours sur des coupes transversales (fig. 320), enfin des coupes sagittales (fîg. 324) pratiquées aux deux extrémités de la chaîne nerveuse permettent de reconnaître son mode d’origine et sa terminaison. Il s'interrompt au niveau de chaque ganglion et s’individualise ensuite entre deux ganglions consécutifs.
Le système stomato-gastrique est représenté par deux petits filets nerveux qui se détachent du collier œsophagien (fig. 315, E) et se portent sur la gaine de la trompe.
Préparation anatomique. — Elle doit se faire sur des animaux ayant séjourné dans l'acide nitrique à 10 p. 100. Les plexus nerveux apparaissent alors très facilement.
Histologie. — Les centres nerveux sont composés de cellules nerveuses volumineuses, unipolaires, dont les prolongements se rendent dans les commissures et les connectifs. Ces derniers sont formés de fibrilles nerveuses très déliées que l’on peut mettre en évidence par le chlorure d’or ou le bleu de méthylène.
Tous ces éléments sont engainés par une masse conjonctive abondante, le névrilème, qui en plusieurs points se fusionne avec les parois conjonctives du corps. On y rencontre de nombreuses cellules étoilées, déchiquetées et des muscles curieusement anastomosés (François).
Organes des sens. — On peut faire dériver tout l’appareil sensoriel de la Clepsine d’un organe des sens
HIRUDINÉES.
primitif : la papille sensitive segmentaire de Whitman.
Cette dernière n’est à l'origine qu’un simple épaississement épidermique (fig. 325, B) dont les éléments se diffé-
Fig.
cupule, yigmentaire'
Développement et histologie des organes sensoriels (fig. A, B, C, d’après Wiiitman).
rendent ensuite en grosses cellules réfringentes visuelles et en cellules tactiles ciliées très effilées. Suivant les points du corps où l’on étudie ces papilles, on observe une prédominance plus ou moins grande de ces divers éléments.
A la partie tout à fait antérieure, sur le premier somite,
7 0 0 L 0 G l E DESCRI P TI V E
les cellules visuelles font complètement défaut; sur les trois somites suivants au contraire elles sont très abondantes, s’enfoncent dans les téguments et forment les yeux qui restent toujours en connection avec les cellules tactiles (fig. 325, C).
Dans tous les autres segments du corps il y a une prédominance marquée de ces dernières cellules.
Ces faits sont faciles à vérifier par des éludes embryogéniques et anatomiques.
Yeux. — Les yeux de l’espèce de Clepsine qui fait l’objet de cette étude sont au nombre de trois paires; les anomalies dans leur nombre sont assez fréquentes. Ils sont orientés de telle façon que ceux de la lre paire regardent en haut et en avant, ceux de la 2e en haut et latéralement, enfin ceux de la 3e en haut et en arrière.
Leurs nerfs respectifs pénétrant toujours par la concavité de la cupule pigmentaire proviennent du groupe ganglionnaire péri-œsophagien.
Les organes cyathiformes de Leydig ou prostomiaux de Vhitman se rencontrent dans le premier somite ; ils sont formés par des amas de longues cellules tactiles ciliées (fig. 325, D).
Préparation anatomique. — Les organes des sens ne peuvent s’étudier complètement que sur des coupes en série, sagittales et transversales.
Histologie. — L’œil (fig. 325, E) aune structure extrêmement simple. Il se compose d’une cupule pigmentaire protégeant un certain nombre de cellules visuelles. Ces
HIRUDINEES. — G LEP SINE
cellules sont reliées aux centres nerveux par un nerf qui pénètre par la partie excavée de la cupule.
Appareil génital. — La Clepsine, comme toutes les llirudinées normales, est hermaphrodite.
L’appareil mâle se compose de 10 paires de sacs testiculaires vidant leur contenu dans les canaux déférents qui prennent le nom de canaux éjaculateurs à partir du XIe somite où ils deviennent libres dans la lacune médiane ventrale.
Ces canaux se réunissent au-dessous de la chaîne nerveuse en une partie commune très courte aboutissant à l’orifice mâle placé entre le second et le troisième anneau du XIe segment.
Les sacs testiculaires sont disposés segmentairement à partir du XIIIe somite, ils affectent avec les cæcums du tube digestif des rapports qui ont été précédemment signalés. Ils renferment un grand nombre de spermospores en voie de développement et d’un aspect tout à fait caractéristique (fig. 326).
Ils débouchent dans les canaux déférents par un petit canal très grêle situé à leur partie supérieure. — Les canaux déférents très délicats ne se voient que sur les coupes
Les canaux éjaculateurs sinueux occupent tout l’espace laissé libre dans la lacune médiane ventrale; ils pénètrent sous les cæcums intestinaux, entre les sacs testiculaires, etc. Leur partie commune légèrement rentlée sécrète la paroi des spermatophores.
L’appareil femelle se compose de deux sacs ovariques
Fig. 326. — Anatomie et histologie des organes génitaux.
HIRUDINÊES. — CLEPSINE 47
très dilatables dans lesquels se trouve l’ovaire filamenteux libre.
Ces sacs se réunissent au-dessus et au-dessous de la chaîne nerveuse qu’ils entourent d’un véritable collier. La commissure ventrale seule aboutit à l’oritice femelle situé entre le premier et le second anneau du XIIe somite.
Les sacs ovariques allongés, contractiles peuvent se distendre énormément au moment de la ponte. L’ovaire est un long filament claviforme qui se meut librement dans leur cavité.
Préparation anatomique. — La dissection des organes génitaux est extrêmement facile. Il est cependant tout à fait indispensable de faire des coupes sagittales pour étudier les canaux déférents à leur origine.
Histologie. — Les sacs testiculaires sont formésd’une enveloppe conjonctive assez épaisse tapissée par un épithélium très aplati (épithélium germinatif). Les sacs ovariques conjonctifs et musculaires sont également revêtus d'un épithélium; ils renferment un liquide dans lequel fi o tient des cellules binucléées différant des éléments figurés du liquide cœlomique.
Les canaux éjaculateurs sont revêtus d’une enveloppe musculeuse qui s’accroît à mesure que l’on s’éloigne de leur origine. Leur épithélium glandulaire augmente considérablement de volume dans la portion commune ter minale (lig. 326 en haut et à gauche) de ces canaux où se produisent les spermatophores dont ils sécrètent l’enveloppe chitineuse.
Remy Saint-Loup a démontré d’une façon générale chez les Hirudinées que l’épithélium germinatif des sacs testiculaires se modifie au moment de la spermatogenèse. Ses cellules tombent et donnent naissance à des spermospores (fig. 326) qui par fragmentation de leur noyau produisent des bouquets de spermatozoïdes. Ceux-ci sont de petits filaments grêles à tête très peu distincte s’enroulant fréquemment en crosse à leur partie supérieure (Robin).
Le même auteur a suivi le développement de la glande génitale femelle. L’ovaire filamenteux prend naissance en un point de la paroi des sacs ovariques par une active prolifération de l’épithélium germinatif. Le bourgeon ainsi formé ne tarde pas à se différencier. Il tombe alors et devient libre dans la cavité du sac.
Les cellules les plus internes se fusionnent en une masse anliyste (rachis). Les plus externes revêtues par une membrane limitante grossissent et donnent les œufs qui se détachent et continuent leur évolution jusqu’au moment de la fécondation.
Fécondation. — Il n’est pas rare de trouver au printemps des Clepsines portant, sur leur face dorsale, généralement, un spermatopliore d’un blanc plus ou moins pur.
Cet organe produit sur les tissus des phénomènes particuliers qui aboutissent à la perforation de l’épiderme et à l’injection des spermatozoïdes dans la cavité générale du
corps.
Ce mode de pénétration est considéré comme normal par Whitman qui a publié un travail très intéressant sur ce sujet.
de 17 à 19 d’après Whitman).
Ponte. — La ponte suit de quelques jours la fécondation. Les œufs sont expulsés en assez grand nombre dans de petits sacs hyalins (cocons) au nombre de cinq à six que la Clepsine fixe sur un corps étranger quelconque, et qu'elle couve jusqu’à l’éclosion.
Cette ponte se fait très normalement en captivité.
J’ai observé plusieurs fois que la Clepsine séparée brusquement de ses œufs revient les couver après un certain temps de relâche.
Les embryons quittent le cocon aussitôt après s’être dégagés des membranes de l'œuf et se fixent à la face ventrale de leur parent.
Segmentation. Développement des feuillets. — Ces phénomènes ont été scrupuleusement décrits par Ch. Robin d’abord, par Whitman ensuite.
Nous empruntons au mémoire de ce dernier auteur les détails qui suivent.
Les deux premiers plans de segmentation donnent quatre blastomères, trois antérieurs relativement petits et un quatrième postérieur volumineux. Une prolifération apicale active des premiers donne l’épiblaste; le dernier se divise en deux cellules, l'une dorsale ou neuroblaste, l'autre ventrale, l’initiale du mésoblaste. Le neuroblaste se divise en dix cellules, les deux antérieures se réunissent à l’épiblaste, les huit autres cellules de l’entoderme postérieur de Nusbaum (fig. 327, \1") se disposent symétriquement à droite et à gauche de la ligne médiane; elles se divisent activement et donnent naissance aux huit rangées cellulaires neuroblastiques (17", 1, 2,3, 4). Les initiales