R H A B D 0 C OE L ES
LE GYRATOR
des quatre angles duquel partent quatre troncs nerveux, dont deux se dirigent en avant et deux en arrière. Les nerfs antérieurs passent dans le voisinage des yeux, puis continuent leur route en avant. On peut les suivre jusque un peu au delà de la base de la trompe.
Sur le bord antérieur du cerveau, à droite et à gauche de l’échancrure, se détachent deux petits nerfs qui sont peut-être destinés à innerver la trompe.
Quant aux nerfs postérieurs, ils se dirigent de chaque côté du corps, et on peut les suivre aisément jusque vers la région pharyngienne.
Nul doute que ces quatre nerfs se ramifient largement, principalement les antérieurs, ainsi que le montrent les Cerveau, préparations au Golgi malheureusement fort difficiles à obtenir sur d’aussi petits animaux.
Le cerveau est constitué par une substance très finement ponctuée et par des cellules qui sont surtout nombreuses à la périphérie.
Deux yeux existent sous l'épithélium, en arrière de la trompe et en avant du cerveau (fig. 201, y.). Ils sont noirs et formés de grains pigmentaires agglomérés, mais recouverts d’une membrane d'enveloppe. Ils sont dépourvus de corps lenticulaire réfractant la lumière. Aussi le Gyralor paraît-il être à peu près aveugle.
La sensibilité tactile, par contre, acquiert chez lui un haut degré de perfection, et est plus spécialement localisée dans la région céphalique.
Si l’on considère que le Gyralor est capable de reconnaître à une petite distance, et sans qu'il y ait eu contact
ZOOLOGIE DESCRIPTIV E
immédiat, la présence du cyclope dont il fait sa proie, on peut se demander si c'est par l’effet d’une simple sensibilité tactile ou s’il n’est pas guidé encore par un autre sens, l'odorat peut-être.
Description des organes excréteurs.
Les
organes excréteurs ne peuvent être étudiés que sur l'animal vivant. Il faut, pour leur étude, choisir des individus jeunes et à jeun, c'est-à-dire très transparents, et les examiner en les comprimant.
Le mode de compression qui convient le mieux est celui qui consiste à aspirer, à l’aide d'un papier buvard, une partie de l'eau comprise entre la lame et la lamelle de verre, jusqu’à ce que le Gyrator soit immobilisé.
Pour voir les terminaisons des ramifications, il faut employer un objectif à immersion. Les troncs collecteurs sont visibles avec des grossissements relativement faibles.
Les extrémités des dernières ramifications des canaux excréteurs sont constituées par une cellule flagellée. Ce sont les mouvements ondulatoires du flagellum qui doivent guider l’observateur dans la recherche des terminaisons. Dès qu’il aperçoit ce mouvement, il n’a plus qu’à mettre au point.
La cellule flagellée est entourée par le mésenchyme réticuliforme qui semble former aussi la paroi des fins canaux excréteurs ?
Les cellules flagellées terminales paraissent être très
Fig. 213.
Terminaison d'une ramification des canaux excréteurs.
r., réticulum du mcsenclivme.
RII A BDOCOELES .
LE GYRATOR
nombreuses et sont disséminées dans tout le corps. Les fins canalicules dont elles constituent la terminaison s'anastomosent entre eux, forment, par leur réunion, des rameaux un peu plus gros qui se réunissent à leur tour pour, finalement, aller se déverser tous dans les troncs collecteurs latéraux. On voit donc que tout le mésenchyme est sillonné par un réseau compliqué de canalicules excréteurs.
Les troncs collecteurs sont au nombre de deux de chaque côté. On peut les suivre sur toute la longueur du corps. Ils sont plus ou moins tortillés, parfois variqueux; toutefois, les deux troncs d'un même côté ne s’écartent que peu l'un de l'autre, et souvent même sont à peu près parallèles ; ils communiquent d’ailleurs l'un avec l'autre dans la région céphalique.
Je n’ai observé aucune branche réunissant les collecteurs droits et les collecteurs gauches.
Les deux collecteurs situés du même côté de l'animal reçoivent des rameaux. Toutefois, il en estunquien reçoit un plus grand nombre que l’autre et qui, vers le tiers postérieur du corps, se perd en ramifications multiples. L’autre, au contraire, peut être suivi jusqu'à l'extrémité postérieure du corps où il se recourbe en avant et se termine en ampoule un peu en avant et sur le côté de l’orifice génital femelle.
Les canaux excréteurs sont transparents et paraissent remplis d'un liquide incolore dans lequel je n'ai pas pu observer de corpuscules solides.
La question de la position des pores excréteurs mériterait d’être reprise. Ces orifices externes très petits sont normalement fermés, de sorte que la chance seule peut
permettre de les voir, lorsqu'ils veulent bien s'ouvrir sous les yeux de l’observateur. Peut-être les trouverait-on sur des coupes? Mais il faudrait, je crois, en faire un grand nombre. Celles que j’ai faites ne les mettent pas en évidence. Max ScnuLTZE considère les ampoules postérieures, situées de chaque côté et un peu en avant de l’orifice femelle, comme étant les orifices externes de l’appareil excréteur. Je crois, au contraire, que ces orifices sont situés à l'autre extrémité des troncs collecteurs, dans la région céphalique, à droite et à gauche de la trompe.
D’ailleurs la position des pores excréteurs est très variable dans le groupe des Rhabdocœles.
Description des organes génitaux. — Le Gyrator est hermaphrodite et possède, comme nous l’avons vu, deux orifices génitaux.
Nous étudierons successivement les organes mâles et, comme une dépendance de ceux-ci, l’appareil à venin, puis les organes femelles.
Tous les organes reproducteurs du Gyrator sont
impairs.
Appareil male. — Il comprend un testicule, un canal déférent, une vésicule séminale et un canal éjaculateur.
Le testicule est volumineux. Il s’étend depuis la partie postérieure du cerveau jusque vers la spatule de l’aiguil- Ion ou stylet. Il est situé ventralement et légèrement à gauche. Sa position explique pourquoi l’intestin est rejeté vers la droite, comme nous l’avons vu plus haut. Il a la forme d’un sac présentant seulement quelques replis à sa surface.