LE G Y R A T O U
Appareil a venin. — L'appareil à venin se' compose d’une glande volumineuse et d’un réservoir à paroi épaisse communiquant avec un organe compliqué, l’aiguillon.
La glande venimeuse (fig. 214, G l) occupe une place considérable, s’étendant presque jusque dans la région pharyngienne. Elle est formée par une grappe de cellules nombreuses, toutes pourvues d’un beau noyau. Ces cellules, de forme variable suivant qu’elles sont plus ou moins gorgées du liquide granuleux qu’elles sécrètent, sont généralement piriformes. Toutes les extrémités amincies de ces cellules se réunissent les unes aux autres et viennent finalement se mettre en relation avec le réservoir par un seul conduit.
Le réservoir à venin (fig. 214, R) est grand, renflé en avant, à paroi musculaire très épaisse. La disposition des fibres musculaires est la même que dans la vésicule séminale, mais l'épaisseur de la couche musculaire y est beaucoup plus importante. Par sa partie antérieure, le réservoir communique avec le canal excréteur de la glande par une ouverture qui est ordinairement fermée. Postérieurement il se rétrécit en forme de canal et va s’insérer sur la spatule du stylet (fig. 214 et fig. 215, A et C).
Le réservoir à venin est rattaché à la paroi du corps par des fibres conjonctives ou musculaires.
Le venin est un liquide contenant une infinité de fines granulations arrondies et réfringentes.
h' aiguillon se compose de deux pièces chitineuses : le stylet et la gaine du stylet.
Le stylet est la partie la plus essentielle. Il comprend une spatule (fig. 215, A), le stylet proprement dit qui est
creux (fîg. 214 et 215, St.) et une tige de soutien pleine (fig. 215, G, s.).
La spatule est une sorte d'entonnoir échancré d’un coté. C’est sur ses bords que vient s’insérer le réservoir à venin. Sa cavité est en communication, d'une part, avec la cavité du réservoir et, d’autre part, avec le canal central du sty-
Détails de l’aiguillon.
A. Spatule de l'aiguillon vue de face. — C, la même vue de trois quarts. — B, stylet et sa gaine. — St., stylet creux. — s., tige île soutien. — Ga gaine du stylet. — T. gel., tige de la gaine.
let proprement dit. La spatule est de nature chitineuse, mais moins dure que le stylet et sa tige de soutien.
A la base de la spatule se trouvent des apophyses et des rugosités qui servent à l'insertion des muscles protracteurs du stylet (fig. 215, A et G).
Le stylet est un cylindre chitineux, très résistant, avec canal central, fortement acéré à sa pointe et propre à percer les téguments des copépodes dont le Gyrator se nourrit. Son canal central donne passage au venin.
Il est efficacement consolidé par sa tige de soutien
11HABD0C0ELES.
LE GYRATOR
(fig. 215, G, s.). C’est une tige pleine, très résistante aussi, légèrement arquée et qui est soudée au stylet en deux points : d’une part, à la base de la stapule et, d’autre part, un peu en avant de la pointe du stylet.
La seconde pièce chitineuse de l’aiguillon comprend deux parties : la gaine du stylet et la tige de soutien.
La gaine du stylet est un cylindre chitineux creux, fendu sur toute sa longueur (fig. 214 et 215, B, Ga.) dans lequel le stylet est constamment engagé. Elle donne passage aux spermatozoïdes et est en relation avec l’orifice sexuel mâle situé exactement à l’extrémité caudale. Elle peut être considérée comme le prolongement du canal éjaculateur.
A sa partie antérieure, la gaine du stylet est soudée à un long levier qui se coude très légèrement à sa base, à peu près à la manière de nos anciennes baïonnettes. 11 y a en ce point des rugosités pour l’insertion des muscles protracteurs du stylet.
Cette tige de la gaine (fig. 214 et fig. 215, T. ga.) est longue, creuse, mais close de toutes parts. Sa partie antérieure renflée est couverte de rugosités sur lesquelles s’insèrent de longs muscles rayonnants qui vont se fixer aux téguments (fig. 214, T. ga.). Il est évident que la contraction d’un ou de plusieurs de ces muscles fera changer la direction de la gaine et, par suite, du stylet. Et comme ces faisceaux de fibres sont nombreux et rayonnent dans tous les sens, on voit avec quelle facilité l’animal peut varier la direction des coups qu’il porte.
Le stylet est mis en mouvement par un puissant muscle protracteur qui s’insère, en avant, sur la spatule et, en arrière, sur la gaine du stylet. Lorsque ce muscle est au repos, il maintient le stylet dressé, avec la pointe simple-
ment engagée dans la gaine ; mais, lorsqu’il se contracte, il entraîne le slylet en arrière avec une très grande force et le fait sortir par l’orifice mâle. C'est alors que le canal éjaculateur se plisse en accordéon.
Morphologiquement, l'appareil à venin est une dépendance de l’appareil génital mâle. La glande à venin est homologue de la glande accessoire mâle ou glande granuleuse des autres Rhabdocœles, le réservoir à venin n'est autre que le réservoir des glandes granuleuses, dont le contenu est éjaculé avec les spermatozoïdes chez beaucoup de Rhabdocœles, chez lesquels il constitue alors un milieu propre â entretenir la vitalité des spermatozoïdes. Quant à l'aiguillon, il doit êlre considéré comme correspondant à l’organe copulateur mâle. Mais ici toutes les parties accessoires des organes mâles se sont hautement différenciées dans un sens très spécial.
Appareil femelle. — Il se compose d’un ovaire, d’une glande lécithogène, d’un receptaculum seminis, d'un utérus et d’un cloaque avec de nombreuses cellules glandulaires.
V ovaire (fig. 216, Ov.) est à peu près cylindrique, transparent; il débouche dans le cloaque génital par un court oviducte (fig. 216, Od.).
Les œufs sont plus gros â mesure qu'ils s’éloignent du cul-de-sac ovarien. Leur cytoplasme est finement granuleux, transparent.
Ce sont des œufs alécithes. A maturité, ils mesurent en moyenne cinq centièmes de millimètre. Polyédriques par pression réciproque dans le cul-de-sac, ils deviennent oblongs dans la partie moyenne de l’ovaire et enfin sphériques quand ils sont isolés.