T HIC LA DES. — PLANAIRE BLANCHE
l’ovaire restent petites et inactives. L’évolution des ovogonies, comme celle des spermatogonies, se fait donc progressivement du centre à la périphérie.
Les cellules ovariennes sont plongées dans un stroma conjonctif avec noyaux qui, à la périphérie, se continue avec le mésenchyme ambiant. La contraction de ce stroma, sous l'influence des réactifs, donne aux coupes un aspect de réticulum dont les larges mailles sont occupées par une ovogonie.
Mes coupes sériées ne m’ont rien montré qui puisse être rapporté aux organes décrits sous le nom de parovarium chez d’autres Triclades et notamment chez Polycelis.
Coupe d un ovaire. .
Od. , oviducte.
Oviductes. — De chaque ovaire part un oviducte (fig. 238. Od.) qui descend en suivant le nerf longitudinal correspondant contre lequel on le trouve dans les coupes transversales du corps (fig. 235, Od.). Ils vont ainsi jusqu’à une certaine distance en arrière du pore génital. Là ils se dirigent vers la ligne médiane (fig. 237, Od.) où ils se soudent l’un à l’autre pour former un oviducte unique (fig. 237, Od. c .) qui remonte en avant pour finalement aller s’ouvrir dans le cloaque génital, en un point situé en arrière de la gaine du pénis et intermédiaire entre l'orifice du canal utérin et l’orifice de la bourse copulatrice.
L’oviducte est un canal à section circulaire dont la paroi est formée de cellules ciliées. Dans sa partie postérieure, cette paroi présente une seconde couche cellulaire périphérique qui paraît constituée par des cellules du
mésenchyme disposées radiairement autour du canal.
L’oviducte s’ouvre en avant dans l’ovaire. Cet orifice ovarien est souvent plus ou moins oblitéré par le stroma conjonctif de l’ovaire. Sur tout son trajet, il présente de nombreuses ouvertures latérales normalement oblitérées par une grosse cellule piriforme. C’est par ces orifices que les cellules lécithofères pénètrent dans l’oviducte, après la disparition des grosses cellules piriformes.
Dans leur partie postérieure, les oviductes portent de nombreuses glandes, nommées glandes albumineuses (fig. 237, Gl.a.) qui ressemblent beaucoup aux glandes du pénis que nous avons vues précédemment.
Lécithogènes. — Les lécithogènes (vitellogènes des auteurs) se rencontrent depuis la partie antérieure du corps, immédiatement en arrière du cerveau, jusqu’à l’extrémité postérieure (fig. 238, L.). Dans les coupes (fig. 235, X.), on les trouve sur le côté ventral, en dehors et en dedans des oviductes, mais souvent aussi ils envoient des rameaux qui remontent dorsalement entre deux branches secondaires de l’appareil gastrique. Ils sont ramifiés, convergent vers l’oviducte et se terminent dans le voisinage immédiat des orifices latéraux des oviductes.
Au début, les lécithogènes sont des cordons cellulaires pleins, entourés par le mésenchyme. Les cellules qui le constituent (cellules lécithofères) sont arrondies, pourvues d’un beau noyau et d’un cytoplasme très finement granuleux se colorant assez fortement.
Ainsi que pour les ovaires et les testicules, ce sont les cellules centrales qui arrivent les premières à maturité. Celles-ci sont entourées par des mailles d’un stroma con-
TRICLADES.
PLANAIRE BLANCHE
jonctif dont les aréoles s'accroissent à mesure que le nombre des cellules mûres augmente.
A la maturité, les lécithogènes ont envahi la plus grande partie du mésenchyme du corps.
Les cellules lécithofères tout à fait mûres, telles qu’on les observe dans les cocons (fig. 240), sont pourvues d’un gros noyau sphériqne à réseau de chromatine et à plusieurs gros granules de la même substance. Leur cytoplasme contient des vacuoles de diverses dimensions et un grand nombre de granules arrondis, réfringents, qui se colorent fortement parle carmin, l’hématoxyline et l’acide osmique.
Son aspect, suivant les réactifs employés, est spumeux ou aréolaire.
Elles sont pourvues de mouvements amœboïdes. Dans le paragraphe consacré à l’embryologie, nous terminerons l’histoire des cellules lécithofères.
Ces cellules arrivent dans le cloaque génital par l’intermédiaire des oviductes.
Utérus. — L’utérus est une vaste poche située entre la partie postérieure de la gaine du pharynx et la partie antérieure du pénis. Un canal dorsal (fig. 237, c. u.), passant au-dessus de la gaine du pénis, le met en communication avec le cloaque génital dans lequel il s’ouvre à proximité de la bourse copulatrice.
La cavité utérine (fig. 237, U.) est vaste et irrégulière par suite des nombreux replis que présente sa paroi. Celle-ci
Fig. 240.
Cellule lécithofère d'un cocon, à mouvements amœboïdes.
(Préparation suivant la méthode d'HEIDENHAIN .)
est formée intérieurement par un épithélium allongé. La paroi dorsale, qui est celle qui présente le plus de replis, a un épithélium à cellules piriformes pédonculées ; les parois antérieure, ventrale et postérieure ont un épithélium à cellules également allongées, mais non pédiceilées et renfermant des corpuscules réfringents arrondis. Cet épithélium est entouré par le mésenchyme qui présente seulement à la base des cellules une mince condensation quelquefois appelée membrane basale.
Les cellules de l’utérus sont sécrétantes, elles produisent une substance qui est destinée à former la coque ehitineuse des cocons. Leur produit visqueux et contenant des granulations réfringentes se colore par le carmin. On l’observe, dans les coupes, sous forme d’un feutrage granuleux qui obstrue quelquefois le canal utérin. Cette sécrétion s’écoule dans le cloaque génital où, blanche au début, elle ne tarde pas à prendre une couleur jaune clair. Elle perd alors la propriété de se colorer par le carmin, elle devient de moins en moins élastique et, lorsqu’elle a pris une teinte d’un brun marron, elle paraît transformée en chitine.
Lorsqu’on taquine une Planaire au début de la formation du cocon, il n’est pas rare, dans les efforts qu’elle fait pour fuir au plus vite, de voir sortir par le pore génital des tortillons d’une substance blanche qui n’est autre que le produit de sécrétion de l’utérus.
Le canal utérin est tapissé sur toute sa longueur par un épithélium cylindrique, mais moins élevé que celui de l’utérus et qui présente aussi, surtout à sa base, des corpuscules réfringents, semblables à ceux des parois de l’utérus. L’épithélium du canal utérin n’est séparé du mésen-
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chyme environnant, comme celui de l’ utérus, que par une ligne paraissant due à une condensation du mésenchyme.
Bourse copulatrice. — - La bourse copulatrice (fi g. 237, B. c .) est un organe creux, presque aussi grand que le pénis, piriforme. L’extrémité renflée est plongée dans le mésenchyme, tandis que l'extrémité pointue est libre à l'intérieur d’une gaine qui est un diverticule du cloaque génital.
Elle est tapissée intérieurement par un épithélium. Celui-ci est entouré d’un épais feutrage de fibres musculaires et, à l’extérieur, se trouve une couche de fibres circulaires en rapport avec le mésenchyme. D’après Jijima, des cellules glandulaires déversent leurs produits dans la cavité de l’organe.
La bourse copulatrice est un organe copulateur femelle dont le rôle d’ailleurs n’est pas suffisamment défini.
Cloaque génital. — C’est une cavité (fig. 237, Cl. g.) qui est susceptible de se dilater considérablement, dans laquelle se trouvent l’orifice du canal utérin, celui de l’oviducte et les extrémités libres du pénis et de la bourse copulatrice. Elle est en communication avec l’extérieur par le pore génital qui est muni d'un sphincter.
La paroi comprend un épithélium et une mince couche musculaire.
C’est dans le cloaque génital que se forme le cocon chez la Planaire blanche, mais il n’en est pas de même dans toutes les espèces de Paludicoles. Chez Planaria polycliroa , le cocon est pédicellé et il se forme dans l’utérus.
Embryogénie. — Le cocon sphérique et sessile que pond
la Planaire blanche a un diamètre de 3 à 4 millimètres. Il renferme un nombre immense de cellules lécithofères et un nombre d'œufs qui peut dépasser quarante.
Environ dix heures après la ponte, les œufs présentent les deux pronucléi mâle et femelle et sont entourés chacun
par une vingtaine de cellules nutritives radiairement dis-
— Ju .
posées.
L’œuf, qui est alécithe, subit une segmentation totale et égale. Vingt- quatre heures après la ponte, il est au stade deux. Trente heures après la ponte, il est au stade quatre (fig. 241). Dans le troisième jour après la ponte, il est au stade seize. Et la segmentation se continue ainsi à peu près régulièrement.
Après le stade huit, les lécithofères qui entourent l'œuf immédiatement entrent en diffluence et leur fusion en une masse syncytiale constitue un milieu nutritif spécial dans lequel sont plongés les blastomères qui cessent d’être adjacents.
Vers le stade vingt, les lécithofères désagrégés et fusionnés forment une masse à contour assez nettement délimité. Alors les cellules nutritives les plus voisines de cette masse se disposent à leur tour radiairement autour de cette dernière, elles y adhèrent par leur base, de sorte que l’œuf en voie de développement est de nouveau hérissé de cellules nutritives sur toute sa surface.
Fig. 241.
Division d’un œuf en quatre blastomères.
B ., blaslomères. — Z., cellules lecithofères.