CO
Fig. 259.
Coupe transversale d’une ramification intestinale.
n., noyaux. — co., concrétions. — c. j , , cellules jaunes. — S., syncytium.
POLVC LAD ES.
distances régulières et assez rapprochées, des muscles sphincters formés, comme toujours, de fibres circulaires et de fibres rayonnantes.
G est la contraction de ces muscles sphincters qui donne aux ramifications intestinales l’aspect moniliforme qu’elles présentent le plus ordinairement (fîg. 260).
Ces muscles sphincters sont visibles sur l’animal vivant, grâce à sa transparence. Lorsque les branches intestinales
Fig. 260.
Disposition des muscles sphincters dans la paroi des branches intestinales (schéma de Lang).
sont injectées de matières alimentaires, elles se présentent sous forme de colliers de perles, et on les voit se contracter et se dilater alternativement, en produisant ainsi des mouvements en quelque sorte péristaltiques.
Lang explique le mécanisme de ces mouvements de la manière suivante.
La bouche étant fermée, l’intestin principal, par la contraction de ses muscles circulaires, chasse, dans les troncs principaux de l’appareil gastrique dont les muscles sphincters sont alors en état de relâchement, l’eau de mer et les substances alimentaires qu’il contient. Puis les sphincters des racines des branches intestinales, en se contractant, empêchent le retour des substances alimentaires dans l’intestin principal.
Le même mécanisme envoie le liquide intestinal dans les branches secondaires et tertiaires vers la périphérie.
Le liquide arrive ainsi finalement jusque dans les dernières branches terminées en culsde-sac, lesquelles se gonflent tellement que les intervalles entre les branches voisines peuvent disparaître.
Le relâchement successif des muscles sphincters de la périphérie des branches intestinales vers leur origine dans l’intestin principal permet au liquide de retourner vers l’estomac, et la contraction successive des sphincters de la périphérie vers le centre refoule le liquide dans l’intestin principal.
Respiration et circulation. — La respiration s’effectue par toute la surface cutanée ciliée et aussi par la surface intestinale qui est également ciliée. En effet la Trémellaire avale toujours une quantité d’eau de mer assez importante avec ses aliments.
11 n’y a pas d’appareil circulatoire sanguin.
Description du système nerveux et des organes des sens. — Le cerveau (fig. 251, c .) est visible sur les animaux vivants, surtout si on les examine à la loupe sous le compresseur. Il apparaît sous la forme d’une masse bilobée, transparente, dans la région des yeux, au-dessous de
Un étranglement d’une branche intestinale, (schéma de Lang).
sph . , muscle sphincter. — c., épithélium de la branche intestinale. — L, lumière de la branche intestinale. — A., partie qui se gonfle. — B., partie qui se vide.
POLYCLADES. — TRÉMELL AIRE
la branche intestinale médiane antérieure (fîg. 255, c.).
Chaque lobe présente un contour ovale allongé, plus large en arrière qu’en avant, et peut même paraître piriforme quand le corps est fortement étendu. Les deux lobes sont réunis par une large commissure.
Chacun des lobes du cerveau envoie en avant un nerf qui va se ramifier dans la région antérieure du corps.
Fig. 262.
Coupe transversale du corps (d’après Lang).
Pli., pharynx. — g. ph., gaine pharyngienne. — I. p ., intestin principal. — br. i., branches intestinales. — n., nerfs longitudinaux. — T. testicules. — c. d., gros canaux déférents. — ou., ovaires. — Z7., utérus.
Latéralement naissent plusieurs nerfs qui se rendent dans les parties latérales aliformes de la tête.
Enfin en arrière chaque lobe se continue en un gros nerf longitudinal ventral.
Les deux nerfs longitudinaux sont visibles dans toutes les coupes transversales (fîg. 262, n) du corps, de chaque côté de la ligne médiane ventrale.
Assez rapprochés l’un de l’autre en arrière du cerveau, ils s’écartent considérablement dans la région pharyngienne, pour se rapprocher de nouveau un peu en arrière de celle-ci.
Tous les nerfs qui partent du cerveau se ramifient abondamment, et leurs ramifications, en s’anastomosant, forment des mailles qui sont d’autant plus étroites et serrées qu’on les observe plus à la périphérie du corps.
Le cerveau est entouré d’une capsule conjonctive. On y observe plusieurs groupes de cellules nerveuses bipolaires et multipolaires, pourvues d'un gros noyau à contour net. Ces cellules ganglionnaires se trouvent pour la plupart à la surface du cerveau.
La partie centrale de cet organe est formée d’une substance fibrillaire très fine, qui se colore faiblement. C'est cette même substance fibrillaire qui forme presque complètement la commissure qui réunit les deux lobes cérébraux.
Les nerfs et leurs anastomoses sont également constitués par une substance fibrillaire et par des cellules ganglionnaires bipolaires et multipolaires en général superficielles.
Les préparations faites suivant la méthode de Golgi (lig. 263) montrent que de nombreuses fibres nerveuses, présentant sur leur parcours des cellules bipolaires et même multipolaires, vont se terminer dans l’épithélium cutané.
Le grand nombre- des fibres nerveuses qui traversent ainsi la membrane basale parallèlement aux prolongements filiformes des cellules épithéliales, concourt, avec ces derniers, à donner à la membrane basale l'aspect strié qui la caractérise.
La sensibilité tactile de la Trémellaire est très vive sur toute la surface cutanée où abondent les terminaisons nerveuses. Elle est plus particulièrement développée dans
POLYCL ADES.
TRÉMELLAIRE
la région antérieure et sur les parties latérales aliformes de la tête.
Les jeunes Trémellaires (fig. 276) présentent un grand nombre de cils raides, beaucoup plus longs que les cils vibratiles. Ces cils raides sont sans doute des cils tactiles.
Les seuls organes sensoriels différenciés sont les yeux.
Fig. 263.
Cellules et terminaisons nerveuses dans les téguments, d’après une préparation faite suivant la méthode de Golgi.
ép., épithélium. — m. b., membrane basale.
Nous avons vu, dans le paragraphe consacré à la morphologie externe, la disposition de ces yeux. Il ne nous reste plus qu’à les étudier au point de vue histologique.
Les yeux sont sphériques ou, le plus souvent, ovoïdes. Situés directement sous les couches musculaires de la paroi dorsale du corps, ils reçoivent du cerveau un filet nerveux (fig. 264, n. opt.), le nerf optique.
Chaque nerf optique s’épanouit en une couche de cellules rétiniennes nucléées, petites et relativement peu élevées qui forment le fond de la capsule oculaire (fig. 264, c. r.).
Tout l'intérieur de la capsule est rempL par des bâtonnets rétiniens (fig.. -64, b.
r.), homogènes, dépourvus de noyaux réfringents, qui ne se colorent que très faiblement et sont disposés parallèlement les uns aux autres et perpendiculairement à la membrane des cellules rétiniennes. Ces bâtonnets paraissent être des prolongements des cellules de la rétine.
Enfin la capsule oculaire est limitée extérieurement par une couche de granulations de pigment noir (fig. 264, c. p.) contenues dans une membrane d’enveloppe en avant de laquelle on observe un noyau (fig. 264, n. c. p.).
Description des organes excréteurs . — Les
organes d’excrétion, souvent désignés aussi par les auteurs sous le nom de système des vaisseaux aquifères, doivent être étudiés par la même méthode que les organes analogues des Triclades.
On choisit un individu bien transparent, avant la maturité sexuelle, et on l'observe sous le compresseur, avec un objectif â immersion.
Le système excréteur comprend de nombreuses cellules à flamme vibratile, de fins canicules capillaires, de gros canaux excréteurs et des orifices externes.
n.opt
Fig. 264.
Coupe longitudinale d’un œil, d’après une préparation à l’hématine alunée.
c. p . , coupe pigmentaire. — n. c. p., noyau de la coupe pigmentaire. — b. r., bâtonnets rétiniens. — c. r., cellules rétiniennes. — n. r.. noyaux des cellules rétiniennes. — n. opt., nerf optique.
POLYGLADES. — TRÉMELL AIRE
Les cellules à flamme vibratile (fig. 265, A) sont nombreuses et disséminées un peu partout dans le mésoderme mésenchymateux du corps. Elles sont piriformes. Leur extrémité renflée en massue présente des tractus protoplasmiques (fig. 265, tr.), sortes de pseudopodes immobiles , qui vont s’atta¬
cher sur les organes voi-
■Ÿbr,
sins.
La lumière , dans la partie renflée, est plus large que dans la partie amincie en forme de pédicule, et renferme une flamme vibratile (fig. 265, fl.). C’est dans cette partie que se trouve le noyau (fig. 265 A. n.) de la cellule, ainsi qu’un certain nombre de vacuoles et de corpuscules d’excrétion (fig. 265. v.).
Les canaux capillaires
(fig. 265, c.) semblent être les prolongements des parties amincies des cellules excrétrices. Leur paroi est formée par un protoplasme finement granuleux comme celui des cellules ; elle ne contient pas de noyau et la lumière y
Fig. 265.
Organes d’excrétion.
A., cellule à flamme vibratile. — B., gros canal excréteur cilié. — ??., noyaux. — fl., Flamme vibratile. — tr., tractus protoplasmiques. — v . , vacuoles et granulations d’excrétion. — c., canaux capillaires.
est très étroite.
Ces canaux présentent parfois des tractus protoplasmiques comme les cellules à flamme, mais bien plus rarement. Ils sont ramifiés et vont déboucher dans les gros
canaux.
Lang compare chaque canal capillaire des Polyclades au conduit excréteur d’une glande unicellulaire.
Les gros canaux excréteurs (fig. 265, B.) qu’on observe avec plus de facilité sur les bords du corps, ont une paroi ciliée, à double contour, dans l’épaisseur de laquelle on observe de distance en distance des noyaux ovoïdes (fig. 265. B. n.) qui font saillie à la surface.
Lang considère ces canaux comme intracellulaires.
Ce sont des canaux collecteurs ramifiés, dans lesquels viennent déboucher tous les canaux capillaires, et qui doivent s’ouvrir au dehors.
Les orifices externes se trouvent, selon toute probabilité, dans l’épithélium cutané dorsal.
Description des organes génitaux. — La Trémel-
laire est hermaphrodite. Les organes mâles arrivent les premiers à maturité. Le Leptoplana tremellaris est donc d’abord mâle, et ce n’est que plus tard, quand les organes femelles se sont développés à leur tour, qu’il devient hermaphrodite.
Nous étudierons d’abord les organes mâles qui comprennent les testicules, les spermiductes, les canaux déférents et l’organe copulateur. Puis nous aborderons la description des organes femelles composés des ovaires, des oviductes, de deux utérus et de l’organe copulateur femelle.
Organes males. — Testicules. — Les testicules sont des follicules arrondis. Ils sont extrêmement nombreux, disséminés dans tout le mésoderme mésenchymateux du corps, depuis l’extrémité céphalique jusqu’à l’extrémité
l'OLYC LAD ES.
caudale, sauf dans la région médiane correspondant au pharynx et aux organes copulateurs mâle et femelle.
Ils sont disposés, en général, entre les branches intestinales et, sur les coupes (fig. ^262 T7.), on reconnaît qu’ils sont situés ventralement.
Les follicules testiculaires sont entourés d’une membrane propre ; ils contiennent un grand nombre de spermatomères et de spermatocytes à divers degrés de développement, ainsi que des spermatozoïdes filiformes.
Les spermiductes. — De chaque follicule testiculaire part un lin canal capillaire appelé spermiducte. Tous les spermiductes aboutissent à d’autres canaux capillaires semblables qui s’anastomosent, formant un réseau compliqué qui finalement va aboutir aux gros canaux collecteurs ou canaux déférents.
Les spermiductes capillaires ont une lumière étroite et une paroi à double contour dans laquelle on observe de nombreux noyaux. Il est probable que ces canaux capillaires, comme les canaux du système excréteur, sont constitués par des cellules perforées et que, par conséquent, leur lumière est intracellulaire.
Les canaux déférents (fig. 266, c. d.) sont bien visibles à un faible grossissement et meme à l’œil nu, quand ils sont remplis de spermatozoïdes.
Ils sont au nombre de deux, symétriquement situés. On peut les suivre, de chaque côté, depuis le niveau de l’orifice femelle et même en arrière de cet orifice. Ils remontent latéralement jusque vers le milieu du corps, puis se recourbent vers la région pharyngienne pour redescendre ensuite vers l’organe copulateur male.
A une faible distance de l’organe copulateur et en dessous de celui-ci, sur la ligne médiane du corps (fig. 260, o. c. d.), les canaux déférents se réunissent en un court canal commun (fi g. 266, c. c .), qui remonte d’arrière en avant et de bas en haut pour se continuer avec l’organe copulateur.
Il résulte de cette disposition que, quand on examine l’appareil copulateur sur un animal comprimé vu par la face dorsale, les deux canaux déférents semblent s’ouvrir isolément de chaque côté de la partie rentlée de l’organe copulateur.
Les canaux collecteurs, à chacun desquels aboutissent tous les spermiductes capillaires du côté correspondant, sont très sinueux sur tout leur trajet. C’est pourquoi, sur les coupes transversales (fig. 262, c. d .), on ne voit pas seulement, de chaque côté de la ligne médiane, deux simples sections représentant la branche ascendante et la branche récurrente, mais plusieurs sections intéressant chacune de ces branches.
Les canaux déférents servent à emmagasiner les spermatozoïdes mûrs, ils jouent donc le rôle de vésicules séminales.
Au point de vue histologique, ce sont de larges tubes à paroi formée par un épithélium.
L 'organe copulateur male , examiné sur un animal comprimé ou sur un individu monté dans le baume, présente l'aspect d’une grosse vésicule étirée dans sa partie postérieure en forme de canal musculeux allant aboutira l’orifice mâle.
Cet organe copulateur piriforme est situé à une faible distance en arrière de la gaine pharyngienne, sur la ligne médiane.