‹ Zoologie descriptive; anatomie--histologie et dissection des formes typiques d'invertébrésChapitre 139 sur 139 · I. c., lobe céphalique. — Tr., tronc. — q ., lobe caudal · texte numérisé non relu

I. c., lobe céphalique. — Tr., tronc. — q ., lobe caudal

môme processus épibolique qui fait que l’endoderme et le mésoderme, puis finalement la cellule sexuelle initiale sont progressivement enveloppés par l'ectoderme qui se développe plus rapidement que les autres feuillets.

Les cellules mésodermiques, après la fermeture du blastopore, forment deux bandes ventrales, tandis que les cellules endodermiques occupent tout l’espace central .

La cellule sexuelle se segmente rapiderfient en deux, et ces deux cellules sexuelles occupent une position ventrale et médiane entre les deux bandes mésodermiques.

Après la fermeture du blastopore, le jeune embryon est une masse cellulaire presque cylindrique. Cette masse ne tarde pas à présenter une courbure, prenant ainsi, vue de profil, la forme d’un haricot (fig. 295).

La ligne convexe correspond à la face dorsale, et la face concave à la face ventrale. Le dos devient de plus en plus

. Fig. 296.

Coupes optiques de la première forme embryonnaire :

A, vue par la face ventrale ; — B, vue de profil.

ec., ectoderme. — en., masse endodermique. — m., mésoderme. — s., cellules

sexuelles initiales.

convexe au fur et à mesure que la face ventrale devient plus concave et que le corps s’allonge.

On peut alors distinguer un lobe céphalique (fig. 295, Le.)

Deuxième forme embryonnaire.

coq., coque de l’œuf. — ect ., ectoderme. — l. c., lobe céphalique. st . ) invagination stomodœale. — q ., queue.

plus épais et un lobe caudal plus aminci (fig. 295, q.). Ces deux lobes sont séparés par une région moyenne, le tronc

NEMATODES.

l’anguillule

(fig. 295, Tr.), caractérisé par une métamérisation extérieure, due à ce que les cellules ectodermiques sont, dans cette région, disposées en quatre ou cinq rangées circulaires.

Vu en coupe optique, ce stade montre, à l’intérieur de

te

Fig. 298.

Embryon commençant à s’enrouler.

ec., ectoderme. — m., mésoderme. — gl. g ., ébauche de la glande génitale. — stom ., stomodeeum. — cœl ., cavité générale. — œ., œsophage. — B ., bulbe œsophagien. — I. p ., intestin postérieur. — t/., queue.

l’enveloppe ectodermique (fig. 296, ec.), une masse endodermique dorsale (fig. 296, en.), deux bandes mésodermiques latérales et ventrales (fig. 296, m.) et l’ébauche génitale sur la ligne médiane ventrale, un peu en arrière du milieu du corps (fig. 296, s.).

Par suite de l’allongement continu du corps, l’embryon change de forme. Le lobe caudal aminci et allongé se

replie ventralement ; les ceintures de cellules du tronc deviennent confuses et disparaissent; le lobe céphalique reste épais, en forme de massue (fig. 297). C'est la deuxième forme embryonnaire.

A ce stade, l’invagination stomodœale est très visible

. au sommet du lobe céphalique (fig. 297, st.).

L’embryon continue à s’allonger et commence à s’enrouler sur lui-même (fig. 298 et 299). Le cœl. proctodœum apparaît (fig. 299,

eo.

ceci

nu

-Ip.

Fig. 299.

Extrémité postérieure du même embryon.

ec., ectoderme. — m., mésoderme. — proct., proctodœum.

— cœZ., cavité générale. — /./?., intestin postérieur. — q., queue.

proct.). A ce moment la lumière de l’appareil digestif n’est bien visible que dans la région du bulbe œsophagien et de l’œsophage (fig. 298, B.), c’est-à-dire dans l'intestin antérieur . L’intestin moyen est constitué par un cordon cellulaire plein. Les deux bandes mésodermiques ventrales se sont rapprochées de la ligne médiane ventrale où l’on voit l’ébauche de la glande génitale (fig. 298, gl. g.).

L’ectoderme se transforme en la couche hypodermique et sa cuticule. Le mésoderme est l’origine des bandes musculaires et de leurs prolongements dans la cavité cœlomique. L'endoderme donne naissance à l’intestin. Les invaginations ectodermiques stomodœale et proctodœale forment, la première, l’œsophage et son bulbe, la seconde, le rectum.

Si l’ébauche d’un système nerveux est produit par un

NÉMATODES. — l’aNGUILLULE 619

refoulement des cellules ectodermiques voisines de l’invagination stomodœale, ce refoulement paraît confiné, dans noire espèce, à la face ventrale, sur le prolongement antérieur des bandes mésodermiques ventrales. En effet, en examinant des embryons à ce stade, de profil et en coupe optique, on voit que le tube digestif se trouve contre l’ectoderme dans toute la région dorsale (fig. 298 et 299). •

Au moment de l'éclosion, la jeune anguillule s’est considérablement allongée. Elle est repliée plusieurs fois sur elle-même et est mobile à l’intérieur de la coque de l'œuf où elle s’enroule de diverses façons.

Méthodes techniques. — Nous en avons déjà indiqué quelques-unes dans le cours de ce chapitre.

Pour obtenir des coupes sériées de l’anguillule, il est indispensable, à cause de la petite taille et de l'imperméabilité de la cuticule de l’animal, de suivre une méthode spéciale. Yoici celle que j’emploie.

Avec une aiguille à cataracte ou la pointe d’un scalpel, on prend un paquet d’anguillules que l’on dépose dans un verre de montre. On verse dessus une goutte d'acide acétique glacial. Les anguillules meurent presque aussitôt dans une position rectiligne. On ne laisse agir l’acide acétique que pendant quinze à vingt secondes et on traite avec quelques gouttes d'une solution saturée de chlorure mercurique.

On laisse agir pendant quelques minutes, puis on verse le contenu du verre de montre sur un tout petit filtre en cellulose pure d’environ 3 centimètres de diamètre.

On lave à l’alcool à 60 degrés. On peut alors procéder à la coloration qui se fait bien si l’acide acétique a suffisamment agi sur la cuticule pour la rendre perméable aux liquides. Pour cela on plonge le filtre dans un tube renfermant le colorant, en ayant soin que le liquide ne passe pas par-dessus les bords du filtre, afin que les anguillules ne tombent pas dans le tube.

Après quinze à trente minutes, suivant la nature du colorant, on retire le filtre du tube, on lave à l’eau, puis à l’alcool faible. L’alcool doit être versé dans le filtre avec une pipette de façon que toutes les anguillules se rassemblent au fond du filtre. Celui-ci est alors étalé dans un verre de montre, on en découpe le fond sur lequel se trouvent les anguillules, et on verse sur celles-ci une goutte d’albumine diluée.

On peut alors à l’aide d’aiguilles orienter les anguillules de façon qu’elles soient parallèles. Puis on verse avec précaution quelques gouttes d’alcool absolu. L’albumine se coagule. On remplit ensuite le verre de montre d’alcool absolu. Une demi-heure après l’albumine est suffisamment dure pour qu’on puisse prendre le morceau de filtre, sur lequel les anguillules sont désormais collées, et le porter dans un tube plein d’alcool absolu.

Au bout de vingt- quatre ou de quarante-huit heures la déshydratation est complète. On procède alors à l’inclusion à la paraffine.

La mince couche d’albumine et la feuille de papier ne nuisent guère à la bonne préparation des coupes.

Il est à remarquer que l’alcool absolu employé d'emblée, sans que la préparation passe par la série des alcools, ne nuit nullement, la mince couche d’albumine qui entoure

N E M ATODES.

l’anguîllüle

les anguillules les préservant sans doute d’une déshydratation trop brusque.

En raison de la consistance des téguments, il est bon d’employer une paraffine dure; celle qui fond à 55 degrés est particulièrement recommandable.

On peut aussi, après avoir traité les anguillules dans le filtre comme précédemment, retirer ces animaux du filtre et les porter dans un verre de montre où on les enrobe dans une couche mince d’albumine sans les fixer sur une feuille de papier.

La première méthode est préférable parce qu’elle facilite beaucoup l’orientation des animaux.

Tous les colorants peuvent être employés. L’hématine à l’alun, l’hématoxyline, le carmin à l’alun ou au borax, le picro-carmin, l’hématoxyline au fer d’Heidenhain, etc., réussissent bien.

Pour monter des anguillules entières, on peut les tuer soit par l’acide acétique, soit par un autre acide ou parla liqueur picro-sulfurique de Kleinenbergh, soit par l’alcool - ou le sublimé acétique. Mais quel que soit le fixateur, il faut, avant de colorer, traiter par l’acide acétique glacial. On peut monter dans la glycérine, mais le montage dans le baume est préférable.

Pour l’étude du développement, il est indispensable, afin d’isoler les œufs et les embryons, de couper les anguillules en plusieurs morceaux avec un bon scalpel ou une aiguille triangulaire. L’opération doit être faite sous un liquide fixateur. Les œufs sont ensuite colorés directement. Il ne faut traiter au préalable par l’acide acétique que les embryons déjà revêtus d’une cuticule imperméable c’est-à-dire les embryons allongés, prêts à éclore.

Bibliographie.

Pour la bibliographie relative à Y Anguillula oxophila , consulter :

A. Schneider. — Monographie, der Nematoden, 1866.

Orley Laszlô-tôl. — As Anguülulidàk magdnrajza. (Természetrajzi fiizetek. Budapest, 1880, p. 99.)

P. H allez. — Recherches sur V Embryogénie et sur les conditions du développement de quelques Nématodes. Lille, 1885. (Mémoires de la Société des Sciences de Lille. 4e série, t. XY, 1886.)

Pallecchi Tito. — Sulla resistenza vitale delV anguillula dell' aceto. (Boll. Musei Zool. Anat. comp. Genova, n° 17.) 1893.

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