‹ Zoologie descriptive; anatomie--histologie et dissection des formes typiques d'invertébrésChapitre 138 sur 139 · CIO · texte numérisé non relu

CIO

Enfin on doit encore mentionner ici, comme jouant un

rôle dans l’accouplement, les papilles cuticulaires que nous avons signalées plus haut sur la queue des males.

Organes femelles. — Les organes femelles se composent d’un ovaire, d’un oviducte, d’un utérus, d’un cæcum utérin et du vagin.

L'ovaire (fig. 278 et 289, ov.) occupe chez la femelle la même place que le testicule chez le mâle. Il est également recourbé ventralement et en arrière. Toutefois, dans un certain nombre d’individus, cet organe est en ligne droite avec l’utérus. Ses parois sont nettement cellulaires.

L 'oviducte (fig. 289, ovd.) est un canal assez court et plus étroit que l’ovaire et l’utérus qu’il relie ensemble.

L'utérus (fig. 278 et 289, ut.) est un long tube dans lequel les œufs mûrs s’accumulent et y séjournent pour y subir leur développement complet. L’utérus est extraordinairement dilatable ; vide, il n’occupe qu’une place très restreinte

ou., ovaire. — ovd., oviducte. — ut., utérus. — c ., cæcum utérin. — vag., vagin. — Q , orifice femelle.

— eut., cuticule de la face ventrale.

l’anguillule

en dessous du tube digestif, mais quand il est gravide, il peut refouler celui-ci et remplir tout le corps dont la cavité cœlomique devient purement virtuelle.

On trouve dans l’utérus non seulement des œufs à tous les degrés de développement, mais encore des embryons libres. Chez certaines femelles l’utérus est rempli de jeunes embryons nouvellement éclos qui grouillent dans les organes maternels. L’espèce est donc bien vivipare.

Dans le voisinage de l’orifice femelle (fig. 289, Q ), l’utérus se rétrécit, sa paroi s’amincit et se recouvre intérieurement d’une couche cuticulaire très manifeste.

Il s’ouvre au dehors par un canal, nommé vagin (fig. 289, vag.), dont la cuticule se continue avec celle des téguments et celle de l’utérus. Le vagin est dirigé de haut en bas et d’avant en arrière ; il est étroit à l’état de repos, mais élastique et facilement dilatable.

En arrière de l’insertion du vagin sur l’utérus, celui-ci se prolonge en un cul-de-sac (fig. 289, c.), ou cæcum utérin. Dans quelques exemplaires, j’ai vu ce cæcum plein de spermatozoïdes et j’en conclus qu’il doit remplir les fonctions de receptaculum seminis. Dujardin a signalé la présence d’un embryon qui s’était introduit dans ce culde-sac. Ce fait est accidentel et ne doit se présenter que lorsqu’on comprime trop fortement l’utérus gravide.

Embryogénie. — Le groupe des Nématodes est un de ceux dont les études embryogéniques ont atteint le plus haut degré de précision. Ce qui frappe surtout, dans les premiers phénomènes du développement de ces animaux, c’est la spécialisation précoce des diverses cellules blasto-

dermiques et la formation hâtive des cellules germinales ou sexuelles initiales.

Ce fait a été mis en évidence par tous les auteurs qui, après les travaux de Bütschli sur Cucullanus elegans , se sont occupés de la question. Il n’y a qu’une seule exception à faire, c’est celle d’une thèse inaugurale qui, sous ce rapport au moins, retarde d’une vingtaine d’années.

Malheureusement la généalogie des cellules blastodermiques n’a pas encore été poursuivie aussi loin pour l’Anguillule du vinaigre que pour Y Ascaris megalocephala, le Rhabdonema nigrovenosa , le Strongylus paradoxus , etc.

L’œuf de l’anguillule n’est entouré que d’une mince coque perméable aux réactifs et aux colorants. Les œufs peuvent être isolés facilement en hachant un paquét d’anguillules dans un fixateur approprié.

Après la formation de deux globules polaires, l’œuf fécondé a une forme ellipsoïdale et son cytoplasme est chargé de granulations lécithiques uniformément répandues.

Les deux premières cellules de segmentation sont légèrement inégales : une des deux (fig. 290, e. c.) engendrera les cellules ectodermiques de la région céphalique et dorsale, l'autre (fig. 290, c. p.) postérieure est encore indifférenciée.

C’est ordinairement l’initiale de l’ectoderme antérieur qui se segmente la première.

Le stade 4 (fig. 291) est constitué par deux cellules ectodermiques dont une antérieure et une dorsale (fig. 291, ec.c. et ec. d.) résultant de la division de la cellule ec. du stade 2, une cellule méso-endodermique (fig. 291, m. en.),

LANG UILLULE

c’est-à-dire une cellule qui, en se segmentant, engendrera l’initiale du mésoderjne et l’initiale de l’endoderme, et enfin une quatrième cellule encore indifférenciée et pos-

Fig. 290.

Stade 2.

coq., coque de l’œuf. — gl. pol., globule polaire. — ec., initiale antérieure de l’ectoderme. — c. p ., cellule postérieure encore indifférenciée.

ec. c., initiale de l’ectoderme cépha lique. — ec. cl., initiale de l’ectoderme dorsal. — m. en., cellule méso-endodermique. — c. p., cellule postérieure encore indifférenciée.

térieure (fig. 291, c.p.). Les cellules m. en. et c.p. du stade 4 résultent de la division de la cellule c. p. du stade 2. Après avoir engendré les initiales de l’ectoderme caudal, la cellule c.

p. du stade 4 deviendra la cellule germinale initiale.

Le stade 6 résulte de la division des deux cellules ectodermiques du stade précédent ; ce qui donne deux ectodermiques céphaliques et deux ectodermiques dorsales (fig. 292).

Puis vient un stade 7 (fig. 293) qui résulte de la division de la cellule m. en. du stade 0. Dès lors l’initiale de l’endoderme (fig. 293 en.) et

Fig. 292.

Stade 6 vu par la face ventrale.

coq., coque de l’œuf. — gl. pol., globule polaire. — ec. c., ectoderme céphalique antérieur. — ec. d., ectoderme dorsal. — m. en., cellule méso-endodermique sur le point de se diviser. — c. p., cellule postérieure indifférenciée.

l'initiale du mésoderme (fîg. 293, m.) sont définitivement constituées. L’initiale du mésoderme est ventrale comme l’initiale de l’endoderme, mais antérieure par rapport à celle-ci. En arrière de l’initiale de l’endoderme et sur la même ligne se trouve la cellule postérieure (fîg. 293. c. p.) plus grosse que les autres et encore indifférenciée.

Dans les stades suivants, la cellule postérieure (c. p.)

Fig. 293.

Stade 7 vu presque de profil.

coq., coque de l’œuf. — ec. c.. ectoderme céphalique. — ec. d., ectoderme dorsal. — m., initiale du mcsoderme. — en., initiale de l’endoderme. — c. p., cellule postérieure encore indifférenciée.

Fig. 294.

Segmentation avancée.

ec. c ., ectoderme céphalique. — ec. d., ectoderme dorsal. — ec. g., ectoderme caudal. — 7n.. mésoderme.

• — en., endoderme. — s., cellule sexuelle initiale.

engendre la cellule initiale de l'ectoderme postérieur et ventral (fig. 294, ec. q.) et devient alors la cellule sexuelle initiale (fig. 294, s.) ; en même temps les cellules ectodermiques prolifèrent ainsi que les cellules endodermiques et mésodermiques.

L’initiale de l’ectoderme postérieur se segmente rapidement et on observe alors à l’extrémité postérieure deux cellules plus grosses que les autres et en saillie.

A ce stade toutes les cellules sont différenciées.

L’œuf segmenté est une sterroblastula, car la cavité de segmentation est purement virtuelle.

NÉMATODES. — L-ANGUI LIGULE 615

L’invagination gastræale, qui est nette chez Ascaris , moins apparente chez Oxysoma , fait défaut chez l’Anguillule comme chez Oxyuris et Strongylus. Ce fait prouve une fois de plus qu’il n’y a pas de différence essentielle entre le processus par invagination et le processus par épibolie.

Chez l’anguillule, le blastopore se ferme graduellement par processus épibolique sans qu’il m'ait été possible de voir s’il existe une relation entre le point où le blastopore se ferme et celui ou apparaît le pore excréteur. C’est ce

Fig. 295.

Première forme embryonnaire.

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